2015/04/05

A la rencontre de Dieu

« L’Église elle même, non seulement conseille, mais ordonne aux Docteurs chrétiens d’appeler à leur aide la philosophie ». 
(Pape Léon XIII, Æterni Patris, 1879)


L'optique particulière assemblée par Conscience Sociale, ainsi que la vision issue de sa culture occidentale, nous sert à percevoir le sens du monde -c'est-à-dire son lent mouvement profond.

Toute perception est elle-même un déplacement, un mouvement de notre être.

Que recèle ce mouvement ?

Charles, tu m'as écrit il y a bien longtemps :
Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan.
L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre.
(C. Baudelaire, 1821 - 1867 ; Mon cœur mis à nu, 1864) 
Tout d'abord, cette conception de deux pôles opposés, sources de mouvements contraires, est-elle justifiée ? 
N'est-ce pas plus limpide, plus direct, comme une évidence, d'écrire plutôt : 
Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre qui éloigne de Dieu.
L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; la restriction de sa spiritualité, ou la mise en avant de l'animalité, est une joie de descendre.

Cette conception permet ainsi de préciser en corollaire:
Dieu est l'origine unique des potentiels. Il ne se manifeste que par une force d'attraction, à laquelle chaque être est sensible, et ceci quelle que soit la distance qui sépare son esprit de celui de Dieu.
L'esprit d'un être est un potentiel, limité et à l'image de celui de Dieu.  
Cette différence de potentiel, entre l'origine et notre esprit, crée l'inspiration. De là naît la volonté, qui se propage en gestes et en actes.

Chaque être est ainsi en mouvement, chacun sur sa propre trajectoire. A toute heure, les rencontres avec les autres esprits, les autres consciences sont autant d'occasion de se rapprocher ou de s'éloigner de Dieu.

Il est tout à fait inutile d'imaginer une force issue de Satan, d'un pôle opposé à celui de Dieu, pour expliquer les comportements qui éloignent de Dieu.

L'opposé de Dieu n'est pas Satan. C'est le néant.  

De notre vivant, nous ne rencontrons pas Dieu. Nous ne pouvons qu'aller à sa rencontre. Nous pouvons rencontrer des chemins, des esprits humains, qui nous rapprochent rapidement de Dieu, et ressentir intimement cette force d'attraction, ce mouvement, cette progression de l'esprit. Je pense que c'est cela que l'on exprime quand on dit "j'ai rencontré Dieu". 

Cette puissance d'attraction est éternelle. Elle a toujours existé.

Bien d'autres choses peuvent être dites sur le mouvement naturel de l'esprit, et les mouvements induits par les fausses idées, telles celles du Sabbataïsme-Frankisme. Nous y reviendrons.

Pour l'heure, exprimons ce même corollaire suivant un modèle issu de la physique.

Il existe un point de référence où le potentiel est le plus petit possible. Ce point de référence est appelé origine des potentiels. Il représente Dieu.


L'esprit d'un être est modélisé par une surface équipotentielle. Soient deux esprits (ou bien un esprit dans deux états consécutifs), deux surfaces équipotentielles et . Le potentiel étant une fonction continue, à un déplacement infiniment petit  de l'esprit correspond une variation infiniment petite du potentiel . Il s'ensuit que les surfaces et sont très rapprochées et d'autant plus que est petit.

Soit un point , quelconque de la surface équipotentielle . M est une idée présente dans l'esprit V. On définit, en ce point, un vecteur appelé gradient de potentiel désigné par , de la façon suivante :
  • Son origine est le point .
  • Il est porté par la normale à la surface équipotentielle passant par le point .
  • Il est orienté dans le sens des valeurs croissantes du potentiel.


Rédigé au petit matin du jour de Pâques 2015.