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2016/02/13

Entre Tigre et Euphrate, là où tout a commencé


En note de l'article "Fin de partie : les BRICS jouent et gagnent" publié le 28 septembre 2015 j'écrivais comme anticipation : 
j'ai personnellement annoncé à mon entourage le 14 septembre que d'ici 5 mois (donc d'ici le 14 février 2016) "l'Etat Islamique" ne serait plus une menace pour les pays environnants. Il ne resterait que quelques petits groupes de combattants parias dispersés.
Le moment est donc venu de tirer quelques conclusions de cette anticipation.

D'aucuns iraient vite en besogne pour déclarer non vérifiée cette anticipation politique. Il est vrai qu'elle n'est pas complètement vérifiée aujourd'hui, mais c'est oublier qu'il s'agit bien d'une anticipation valide.

C'est le paradoxe de l'anticipation politique: quand elle est valide, elle appelle certains acteurs en position défavorable à prendre conscience qu'il faut complètement changer d'approche tactique ou stratégique. 

Rappelons tout d'abord qu'il y a 5 mois -c'est à dire avant l'intervention de Poutine à l'ONU- aucune analyse publiée n'avait établi un tel pronostic sur le retournement complet de la situation face à un "Etat Islamique" (IS/ISIL/ISIS/Daesh) dont les experts et media nous abreuvaient les avancées sur le terrain, et annonçaient chaque jour la chute imminente du Président Assad. 

Depuis notre anticipation, nous avons pu constater:
  • l'annonce de l'intervention militaire de la Russie, sous l'accord du Président Assad;
  • la formation d'une coalition Syrie-Russie-Iraq-Iran et son alliance avec les Kurdes;
  • une position de la France a mi-chemin entre cette coalition et celle dirigée par les USA;
  • une campagne de frappes aériennes par cette coalition qui a totalement surpris l'OTAN par son déclenchement et surtout par sa réussite (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7). La tentative de stratégie des USA pour affaiblir la riposte de la Russie est restée totalement inopérante;
  • un gain territorial par les troupes gouvernementales déjà très conséquent, au point qu'aujourd'hui Assad est confiant de pouvoir récupérer le contrôle de tout son territoire;
  • une rupture de la chaîne logistique entre Al-Quaïda -province de Idlib-, ISIS (à l'est d'Aleppo), et la Turquie (à la frontière nord) grâce à la jonction Aleppo-Nubl-Kurdes d'Afrin, qui condamne les djihadistes d'Idlib à court terme;
  • un contrôle raffermi de la poreuse frontière jordanienne avec la prise de Daraa, et de la frontière turque avec la prise de la région montagneuse à l'arrière de Latakia;
  • la reprise de Homs, d'Aleppo (en majeure partie - la poche se referme sur Anadan et Hreytan), d'Al-Salamiyah et d'autres villes stratégiques;
  • l'avancée en tenaille des Kurdes au nord vers Manbij (ils viennent de prendre Jubb al Kalb aş Şaghīr) et vers A'zaz, après celle en Irak où ils ont regagné le Sinjar. Les Kurdes sont à 10 km de Mosul;
  • la pression continue à Deir-ez-Zur, qui menace de couper complètement la principale route logistique pour ISIS entre Raqqah et l'Irak si l'armée d'Assad franchit le fleuve;
  • et enfin l'offensive en cours vers Al-Tabqah, à seulement 50 km de Raqqah en Syrie... en attendant celle des Kurdes, des Irakiens et des USA sur Mosul en Irak. 
Raqqah sur l'Euphrate, et Mosul sur le Tigre. Là où tout a commencé. Là où tout doit finir.


Cette déroute lors de la guerre-proxy menée et financée par la Turquie et l'Arabie Saoudite (au premier chef) les a obligé à faire brutalement tomber leur masque et à durcir leur politique étrangère vis-à-vis de leurs alliés occidentaux. Mais ceux-ci ont beau jeu de réagir mollement, pensant qu'il est urgent d'attendre, et de courber le dos, à défaut de soutenir pleinement Assad. Le départ de Fabius est à ce titre de très bon augure pour un renouveau de l'engagement diplomatique de la France. 

Décontenancés, la Turquie et l'Arabie Saoudite tentent une nouvelle provocation : une invasion conjointe de la Syrie par leurs armées. Des jets saoudiens viennent d'arriver en Turquie. Les systèmes de défense russe S-400 et S-500 n'auraient aucun mal à stopper leurs attaques. Cependant on peut penser à une provocation où une formation serrée de jets saoudiens mêlés à des jets turcs seraient envoyés pour être descendus en territoire Syrien. La Turquie irait immédiatement crier à l'agression dans les couloirs de l'OTAN avec l'article 5 en fouettant les membres de l'Alliance -les USA en particulier- pour qu'ils respectent leur engagement d'intervention, en clamant que les jets étaient intervenus dans le cadre de l'alliance anti-Daesh pilotée par les USA. Cela aura beau être complètement faux, les medias occidentaux amplifieront sans réfléchir ces dires pour ajouter à la pression sur les politiques. 

Comme nous l'avons déjà écrit: l'OTAN est désormais une coquille vide, une alliance délitée et chaque tentative de ranimer la flamme ne fera qu'afficher davantage au grand jour ses failles internes.

2015/12/06

Airstrikes in Syria and Iraq

Looking closely at the official figures of airstrikes in Syria or Iraq, we can say that by December 16, 2015 Russia military forces will have conducted more airstrikes in Syria since 09/30/2015 than the whole international coalition led by U.S. (including Australia, Belgium, Denmark, The Netherlands, UK, Bahrain, Canada, France, Jordan, Saudi Arabia, Turkey and UAE) will have conducted in Syria and Iraq since 09/22/2014 - starting more than a year before Russia.

US-led coalition military forces conducted less than 7 airstrikes per day in Syria since 09/22/2014, on average.

Russia is conducting on average more than 111 airstrikes per day in Syria. From 09/30/2015 to 12/4/2015 Russian military forces have conducted 3,561 sorties and destroyed 7,334 targets.

From 09/30/2015 to 12/25/2015 Russian aviation has conducted 5,240 sorties in Syria, including 145 sorties by long-range aviation. More than 10,610 targets were destroyed.

Sources of data: wikipedia, defense.gov.
For a summary of figures and references, read :
http://sputniknews.com/infographics/20151130/1030993895/russia-syria-operation-interactive.html 

Updated 2/5/2016 :
- US-led coalition is reporting the number of damaged or destroyed targets in addition to the number of strikes. When available, we compare numbers of destroyed targets.
- As of Feb. 3, the U.S. and coalition have conducted a total -since 09/22/2014- of 10,113 strikes (6,763 Iraq / 3,350 Syria).
  • U.S. has conducted 7,753 strikes in Iraq and Syria (4,611 Iraq / 3,142 Syria)
  • Rest of coalition has conducted 2,360 strikes in Iraq and Syria (2,152 Iraq / 208 Syria)
- Report on January 15: Since September 30, the Russian Aerospace Forces in Syria have made 5,662 sorties, including 145 sorties made by strategic missile and long-range bomber aviation. The Russian military have also carried out 97 launches of sea-based and air-based missiles.
On January 15-18 Russia’s warplanes have made 157 sorties destroying 579 terrorist targets.
On January 25-31 Russian aviation made almost 470 sorties and attacked more than 1,350 targets.
On February 1-4 Russia’s Aerospace Defense Forces made 237 sorties and attacked 875 targets of terrorist organizations.

2015/11/22

Contre l'Etat Islamique. Contre l'Etat Profond. La Russie et la France en fer de lance.

Il a fallu les plus terribles attentats au cœur de Paris depuis la Libération pour que la plus grande part des Français se secouent enfin de leur torpeur et demandent en colère qu'il soit mis un terme à l'existence du groupe État Islamique [1]. Les politiciens s'en sont immédiatement rendus compte puisque la campagne des régionales est gelée [2] tant que la cérémonie aux Invalides n'aura pas eu lieu [3].

Il faut reconnaître que l'évolution politique de Hollande a lentement distendu les attaches atlantistes profondément nouées par l'administration Sarkozy. Alors que le gouvernail atlantiste de la France [4] a été prépondérant jusqu'à la fin 2014, un courant opposé que l'on peut appeler "la politique de l'Est" s'est amorcé très discrètement depuis 2013. En effet on peut recenser :
  • l'intervention contre les groupes armés islamistes au Mali de la France début 2013 avec le soutien de la Russie [5] -laquelle vient d'être d'ailleurs tout récemment frappée sur ce sol avec la Chine [6] ; 
  • le rôle en coulisses de la France dans la résolution du conflit en Ukraine, dans le format "Normandie", qui tranche avec la posture de la Pologne par exemple ;
  • la longue négociation très diplomatique avec la Russie sur la vente des Mistrals qui ont été cédées à l'Égypte, un pays récemment retourné vers son alliance traditionnelle avec la Russie ;
  • la participation de la France à la signature de l'accord sur le nucléaire iranien, en rupture avec sa position quelques mois plus tôt concernant les frappes contre Assad [7] ;
Si la politique étrangère idéale à laquelle nous appelions [8] n'a pas été choisie, les derniers attentats ont démontré que ce n'était pas pour protéger les Français.

Néanmoins, il est indubitable que les attentats de janvier et de novembre -ce dernier avec 3 kamikazes qui terminent leur trajectoire mortelle à moins de 200 m de Hollande au Stade de France- ont un effet d'accélération qui aide la France à recomposer rapidement ses alliances [13, 13b]. On notera par exemple l'activation de l'article 42.7 du traité de Lisbonne [14] à la place de l'article 5 du traité de l'OTAN qui aurait placé la riposte française sous le contrôle de fait des États-Unis, et avec une coordination inévitable avec la Turquie. Par ce geste, même si certains pourraient le juger modeste, la France a rendu concrète l'Europe de la Défense pour la toute première fois de l'histoire de ce continent. C'est le nouveau départ de l'esprit de souveraineté européenne avec la France en fer de lance qui rejoint la Russie [15]. 

La réalité historique [9, 10] renvoie au néant l'illusion grotesque au cœur de toute la politique visible de l'État Profond une fois ce dernier parvenu au pouvoir [11], illusion que décrivait Suskind dès 2004 : 
[Karl Rowe] said that guys like me were "in what we call the reality-based community," which he defined as people who "believe that solutions emerge from your judicious study of discernible reality." I nodded and murmured something about enlightenment principles and empiricism. He cut me off. "That's not the way the world really works anymore," he continued. "We're an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you're studying that reality -- judiciously, as you will -- we'll act again, creating other new realities, which you can study too, and that's how things will sort out. We're history's actors . . . and you, all of you, will be left to just study what we do." [12]
Avez-vous remarqué combien nombre de commentateurs de l'instant ont déjà du mal à se rappeler que le groupe État Islamique était il y a si peu appelé Al-Qaïda en Iraq ? Ont-ils oublié que la nébuleuse Al-Qaïda était une création toujours entretenue par la CIA [16]? Que la CIA a développé AQI [16b] pour mener une guerre proxy afin d'anéantir l'état Syrien [17, 18] ? Que la CIA est le bras armé originel de l'État Profond américain et l'un des deux vecteurs -avec la haute finance [19]- de sa transformation en État transnational invisible ? Le développement du concept d'État Profond en sciences politiques est tel qu'il rend obsolète, ou à tout le moins incomplète, toute analyse politique ou de relations internationales qui en ferait fi.

La définition la plus limpide de l'État Profond américain a été donnée par Daniel Inouye qui a présidé un comité spécial (Senate Select Committee on Secret Military Assistance to Iran and the Nicaraguan Opposition) de 1987 à 1989 dans le cadre de l'enquête parlementaire sur l'affaire Iran-Contra des années 1980. Lors des débats, Inouye a déclaré en 1987, en parlant des opérations qui avaient été révélées :
"[There exists in this country] a shadowy Government with its own Air Force, its own Navy, its own fundraising mechanism, and the ability to pursue its own ideas of the national interest, free from all checks and balances, and free from the law itself." [22b]
On comprend que l'État Profond américain a fait tâche d'huile (oil) en assurant l'essor du groupe État Islamique de Syrie et d'Irak.

Ce que veulent dire tous les politiciens qui attaquent l'État Islamique, c'est qu'ils attaquent l'État Profond américain et ses ramifications internationales. C'est de manière immédiate une offensive pour détruire la logistique et le matériel létal -la guerre contre l'État Islamique- mais ce sont les circuits collectant et recyclant les milliards du budget de ce dernier qui sont également visés partout dans le monde [20, 21, 22]. 

Se dresser contre l'État Islamique, c'est se dresser contre toutes les ramifications des l'État Profond américain. La Russie et la France sont désormais engagés en fer de lance, promesse d'une nouvelle alliance continentale [23]. 
L'affaiblissement ainsi causé à cet ennemi des peuples à l'extérieur des frontières américaines va alors inévitablement se traduire par une libération des forces démocratiques à l'intérieur de ses frontières.[24]

2015/10/07

Конец игры : БРИКС играют и выигрывают



Voici la traduction en russe de notre article Fin de partie : les BRICS jouent et gagnent publié le 28 septembre (01h23 CEST).
Traduction par Amandine, du réseau Le Saker Francophone.



Важное выступление Папы Римского Франциска на Открытие 70-Генеральной Ассамблеи Организации Объединенных Наций 25 сентября дает нам повод для нового анализа с геополитической, социальнойи геоэкономической точкек зрения, над которыми мы работаем на блоге « Общественное сознание ».

Наше политическое предположение, в которoм мы говорили 2го января о противостоянии между англо-американским блоком с транснациональным управлением и российско-китайским блоком возглавившим устройство многополярного мира, предложенное БРИКС, полностью подтверждается последними событиями. Вот резюме.


Последние попытки дестабилизации столкнулись с европейской апатией


Англо-американский блок с начала года пытается укрепить своё дестабилизирующее влияние в европейских государствах, находящихся практически под её протекторатом. Мы имеем в виду нападения в Париже, Программу выкупа активов Европейским Центральным Банком по эстафете с Федеральной резервной системой (МРС, центральным банком США), провокации различных движений вызванных наплывом сирийских мигрантов, а также массовыекампании дезинформации на тему атаки « Европейской крепости », в то время как в реальности ситуация совсем иная.


Стратегический поворот

Неожиданное вступление Великобритании в Азиатский банк инфраструктурных инвестиций (АБИИ) было началом глубокого раскола в англо-американской коалиции и стратегическим поворотным пунктом. Обратите внимание, что это заявление было сделано Осборном.

С этого момента, можно идентифицыровать существование двух правящих групп в Великобритании, так же как и в Пентагоне который отдалился от Госдепартамента США:
  • группа под господством США, с глубокой наклонностью к государственной безопасности (английский ЦПС, MI5, MI6, части армии ...) и Кэмерон, который поддерживает англо-американский блок;
  • группа под влиянием банковских кругов, среди которых Осборн (назначенный в мае врорым номером в правительстве), Банк Англии и Лондонская биржа, которые противостоят в настоящее время первой группе, подталкивая, для собственного спасения, на ускоренное сближение с БРИКС и превосходно понимающих неизбежное поражение англо-американской коалиции.

Всвязи с этим, недавние кампании против Кэмерона и Осборна, который все больше и больше занимает позиции на поле внешней политики, в полной противоположности с позициями Кэмерона находят своё объяснение.


Новые альянсы выстраиваются на наших глазах


2 января мы писали следуещее : " Мы предполагаем что в 2015 году Австралия, Саудовская Аравия, Турция, Ватикан, Пакистан, Северная Корея, Южная Корея, Йемен постепенно присоединятся к сфере влияния российско-китайского блока ".

Что касается новой политики папства Ватикана, она очень ясно выражена в речи Папы Франциска в Организации Объединенных Наций. Мы гораздо раньше, ещё 29 января, предугадали историческое сближение между католической и православной церквями, которое складывается на самом высоком уровне (речь Варфоломея I в ДеньЗемли).
В Саудовской Аравии, мы уже паралельно наблюдали:

В Австралии, мы отметили осторожную замену премьер-министра на Тернбулл, гораздо более близкого к китайцам.


В Южной Кореи:

В июле Пакистан присоединился к Шанхайской организации сотрудничества, затем:  


 Движение Меркель-БРИКС набирает обороты


В январе мы думали, что вся Европа будет по-прежнему парализована в 2015 году, но поворот совершенный Осбором стал огромным сдвигом, и европейские государства бросились одно за другим в AБИИ. Это новое свободое пространство привело к дальнейшиму росту амбиций направленных на возврат суверенитета Германии, которая всё быстрее сближаетсся с БРИКС :

Конечно, возмездие не заставило себя ждать и скандал с Volkswagen раразился 20 сентября после судебного давления США. Однако, такое развитие событий способствует всё большему ослаблению связей между Германией и США.
  

Разрушение абсолютно дискредитированной экономической ортодоксальности


В гео-экономическом плане, как и ожидалось 2 января попытка задушить Россию потерпела поражение менее чем за год. Тогда англо-американский блок попытался реализовать свою последнюю надежду : избавиться от китайской экономической мощи путем провоцирования с середины июня серьезного кризиса на финансовом рынке
В конце августа принятые аварийные меры и продажа сотен миллиардов долларов американских госудаственных облигаций стабилизировали ситуацию.

Утратив любую возможность контроля над процентными ставками, ФРС осталась без боеприпасов : возобновление быстрого роста процентных ставок, который в конце 1920-х годов привёл к экономическому краху Европы, более невозможно (см. ФРС и пузырь : Flashback с1927 по 1930).


И не забудем, что наши ожидания на рынке золота так же полностью подтвердились:
Банк Японии, главный партнёр ФРС, резко отказывается от программы выкупа активов до бесконечности, чтобы следовать новой ортогональной политике премьер-министра Абэ : новый экономический план Абэ сбивает с пути аналитиков и больше подходит для БРИКС.

Даже Международный Валютный Фонд (МВФ) официально отвергает денежно-кредитную политику программ выкупа активов.

В результате, ФРС признала себя полностью побежденной: нет повышения ставок, и 27 сентября Йеллен озвучила проблему центрального банка.

Образно говоря, гео-экономическая стратегия англо-американского блока похожа на экономику « трактора-натяжение » со всё более зрелищными программами выкупов активов и всё более низкими ставками:


... что заканчивается так:



Геополитика: разрубить гордиев узел, который душит Украину, Сирию и Иран


Русская школа снова доказала, что выпускает лучших стратегов. Шахматная игра, которая казалось бы увязла, заканчивается следующим образом:

1) после военной зимней кампании, угроза нависшая над Украиной постепенно развеевается с наступлением весны, расширением режима по прекращению огня и подготовкой демобилизации. Европейская инерция и разочарование населения, вступающего в пассивное сопротивление антироссийской пропаганде, неизбежно способствуют этим переменам. Летом, умелые действия дипломатии сменились реальными акциями на месте событий, это поспешная фаза :

12/02: подписание соглашений Минск II с договором о новом прекращение огня


2) резкого поворота было достаточно, чтобы 14 июля достичь соглашения по иранской ядерной программе при поддержке Германии и Франции 

3) что предоставило достаточно времени для решения проблем Сирии и «Исламского государства», методом намного эффективнее американского :

Одновременно Франция торопится показать, что также может активно участвовать в борьбе с ИГИЛ.

[1]

 Западная дипломатия спохватилась - лучше поздно, чем никогда


Нетаньяху встретился с Путиным в Москве выразив свою озабоченность по поводу российской деятельности в Сирии.

И глубоко разделённая по поводу своей позиции в ответ на предложение России объединить силы против исламского государства администрация Обамы (Государственный департамент США против Пентагона) в конце концов соглашается отказаться от своей дипломатической политики изоляции и встречается с Путиным : Обама говорит Путиным о Сирии.
Вот вам и плавно произошедший историческийпереход. Страница перевёрнута.


Нашим так называемым элитам ещё предстоит в спешке принять политику Евро-БРИКС, уже почувствовав свист метлы, которая их сметает. Как я уже писал в своем обращении 18 месяцев назад: решиться или быть вытолкнутым в спину?


Все это подтверждает грядущий апофеоз : принцип новой мировой валютной системы.


Доктор Бруно Поль – 28 сентября 2015 – Источник : conscience-sociale.org


_____________________

[1] Новое предположение: 14 сентября я сказал моим окружающим, что через пять месяцев (февраль 14, 2016) Исламское государство не будет представлять угрозы для соседних государств. Там останется только несколько разрозненных небольших групп боевиков - изгоев.


Основанное в 2008 году, общественное сознание является независимым культурным продюсером, согласно определению и по причинам, изложинными Пьером Бурдье. Среди прочего, это означает, что мы работаем исключительно за счёт собственного капитала. В нашей лаборатории идей мы практикуем ТРАНСДИСЦИПЛИНАРНОСТЬ, скрещиваем наш опыт в различных областях для создания новых перспектив в направлениях, которые соответствуют нашей дорожной карте.
В первую очередь мы оказываем информационную помочь на всех уровнях принятия решений, от гражданина до заинтересованных сторон в международных отношениях.

2015/09/28

Fin de partie : les BRICS jouent et gagnent


[Cet article a été publié le 28/09/2015, 01h23 CEST. Une traduction en russe est disponible sur ce lienрусский перевод]

L'ouverture de la 70ème assemblée générale des Nations Unies par le discours significatif du pape le 25/09 nous donne l'occasion de diffuser une nouvelle analyse, dans la grille de lecture géo-politique, sociale et géo-économique que nous développons chez Conscience Sociale.

Notre anticipation politique du 2 janvier dernier, où nous avions précisé comment s'opposait l’axe anglo-américain gouverné par l’état profond transnational et l’axe russo-chinois comme fer de lance du monde multipolaire proposé par les BRICS, est pleinement confirmée par les événements survenus depuis lors. En voici une synthèse. 

Les dernières tentatives de déstabilisation confrontées à l'apathie européenne 

L'axe anglo-américain a entamé l'année en tentant de renforcer son influence déstabilisatrice dans les états européens sous quasi-protectorat, par les attentats de Paris,  le QE de la BCE en relai de celui de la Fed, et en suscitant divers mouvements par les flots de migrants syriens et les campagnes de désinformation de masse sur une forme d'attaque de la "forteresse Europe", alors que la réalité de la situation est toute autre.

Le tournant stratégique

Puis le tournant stratégique a été la révélation d'une fracture profonde dans l'axe anglo-américain, par l'adhésion inattendue du Royaume-Uni à l'AIIB. Remarquons que cette annonce a été faite par Osborne.
Il faut depuis lors identifier l'existence visible de deux groupes dirigeants au Royaume-Uni, tout comme le Pentagone s'est démarqué du département d'Etat américain :
  • un groupe sous domination US, avec l'état profond sécuritaire anglais (GCHQ, MI5, MI6, une partie de l'armée...), et Cameron, qui est partie prenante de l'axe anglo-américain ;
  • un groupe sous influence de l'establishment bancaire, avec Osborne (nommé numéro 2 du gouvernement en mai), la BoE, la City, désormais opposé au premier groupe et qui pousse à un rapprochement accéléré avec les BRICS pour sauver leur peau, ayant compris la défaite inéluctable de l'axe anglo-américain.
On comprend mieux ainsi les récentes campagnes contre Cameron, et le fait que Osborne se positionne de plus en plus sur le champ de la politique étrangère, avec des positions à l'opposé de celles de Cameron.

Un ordre nouveau d'alliances se construit sous nos yeux

Nous écrivions le 2 janvier : "En 2015 nous estimons que les pays suivants rejoindront graduellement la sphère d'influence de l'axe russo-chinois: Australie, Arabie Saoudite, Turquie, Vatican, Pakistan, Corée du Nord, Corée du Sud, Yémen."

Pour le Vatican, la nouvelle politique de la papauté apparaît très clairement dans son discours aux Nations Unies. Nous avions de plus anticipé le 29 janvier un rapprochement historique entre églises catholiques et orthodoxes, qui commence à se concrétiser au plus haut niveau (discours de Bartholomée Ier à la Journée de la Terre).

Pour l'Arabie Saoudite, nous avons effectivement déjà observé :
Pour l'Australie, nous notons le remplacement discret du premier ministre par Turnbull, beaucoup plus proche des chinois ;


Le Pakistan a rejoint l'organisation de coopération de Shanghaï (SCO) en juillet; le 16 août nous observons AIIB to spur infrastructure funding for entire Asia: Dar puis le 1er septembre : UN Chief Ban Ki-moon calls for direct dialogue between India and Pakistan (lire aussi le 27 septembre : Kyaukphyu and Gwadar SEZs to provide sea access to China hinterlands).

Pour la Turquie nous retenons le contenu de deux articles qui dépassent le gel annoncé en août 2015 de la construction du Turkish Stream -gel momentané selon nous, tant que l'Etat Profond turc n'aura pas été réduit:

Le mouvement Merkel-BRICS s'installe

Mais alors que nous pensions en janvier que toute l'Europe resterait encore paralysée en 2015, le "virage Osborne" a libéré un immense frein, et les Etats européens se sont rués au guichet de l'AIIB. Et cet espace de liberté a entraîné d'autres velléités de retour à la souveraineté, en premier lieu l'Allemagne, qui prend la corde pour se rapprocher encore plus vite des BRICS :
Bien sûr la rétorsion ne se fait pas attendre et le scandale Volkswagen éclate le 20 septembre suite aux pressions judiciaires US. Ceci ne fait que distendre davantage les liens entre Allemagne et US.

L'orthodoxie économique, totalement discréditée, s'effondre

Sur le plan géo-économique, comme anticipé le 2 janvier, la tentative d'asphyxier la Russie a échoué en moins d'un an. L'axe anglo-américain a alors tenté l'opération de la dernière chance: dompter la puissance économique chinoise en précipitant une grave crise des marchés, à partir de mi-juin. Fin août les mesures d'urgence prises et la vente de centaines de milliards de dollars de Bons du Trésor US ont rapidement stabilisé la situation. Les langues des financiers occidentaux se délient de plus en plus vite : il faut savoir quitter le navire à temps.

Après avoir "vidé son chargeur" - c'est-à-dire sa capacité à contrôler réellement les taux d'intérêts - la Fed s'est retrouvée sans munitions. Impossible de reproduire la hausse rapide des taux qui avait fait s'effondrer économiquement l'Europe à la fin des années 20 (cf The Fed and a Bubble: Flashback to 1927-1930).

Et n'oublions pas notre anticipation relative au marché de l'or, pleinement confirmée elle aussi : 
La BoJ, relai principal de la Fed, abandonne brutalement le 24 septembre les QE ad infinitum, pour suivre la nouvelle politique orthogonale du premier ministre: Abe’s New Economic Plan Confounds Analysts, qui convient bien davantage aux BRICS.
Même le FMI désavoue officiellement les politiques monétaires de QE.

Résultat la Fed s'est avouée complètement vaincue : aucune hausse de taux, et le 27 septembre un terrible aveu de faillite intellectuelle par Yellen : This chart illustrates 'a problem faced by all central banks'.

De manière imagée, la stratégie géo-économique de l'axe anglo-américain c'était "l'économie du tracteur-pulling" avec des QE spectaculaires toujours plus gros et des taux toujours plus bas :


... qui se termine comme ceci :


Géo-politique : trancher le nœud gordien qui étrangle l'Ukraine, la Syrie et l'Iran

L'école russe a encore prouvé qu'elle produisait les meilleurs stratèges. La partie d'échecs qui menaçait de s'enliser se termine comme suit :

a) après la campagne militaire de l'hiver, le verrou menaçant en Ukraine a été levé progressivement au printemps par l'extension du cessez-le-feu et la préparation de la démobilisation, en profitant de l'inertie européenne, et d'une population désabusée qui développe une résistance passive aux propagandes anti-russes. Pendant l'été les actions de diplomatie et sur le terrain se sont rapidement succédé, c'est la phase de précipitation : 
b) le basculement de la partie a été suffisant pour parvenir à l'accord sur le nucléaire iranien le 14 juillet, avec l'appui de l'Allemagne et de la France.

c) ce qui a laissé tout le loisir de s'occuper ensuite de la Syrie et de "l'Etat Islamique" de manière bien plus efficace que les américains qui proposent de s'allier à Al-Qaïda !
Du coup la France se dépêche de montrer qu'elle peut participer activement elle aussi au front anti-ISIL.
[1]

La diplomatie occidentale se précipite - mieux vaut tard que jamais 

Un allié US désormais très isolé n'a pas d'autre choix que de commencer à négocier en urgence : Netanyahu meets Putin in Moscow to discuss concerns over Russian activity in Syria.
L'administration Obama, profondément divisée (Etat profond américain vs Pentagone) sur la conduite à tenir en réponse à l'invitation de la Russie à unir leurs forces contre l' "Etat Islamique", accepte finalement de renoncer à sa politique d'isolement diplomatique et rencontre Putin : Obama agrees to Syria talks with Putin


Voilà une transition historique rondement menée. Une page vient de se tourner.

Reste à venir l'adoption accélérée de politiques euro-BRICS par nos soi-disant élites, qui doivent commencer à sentir le vent du balai qui les pousse. Comme je l'écrivais à leur adresse il y a 18 mois : décider ou être poussé dans le dos?

Tout ceci nous confirme la prochaine apothéose : l'émergence d'un nouveau système monétaire international.

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[1] Nouvelle anticipation : j'ai personnellement annoncé à mon entourage le 14 septembre que d'ici 5 mois (donc d'ici le 14 février 2016) "l'Etat Islamique" ne serait plus une menace pour les pays environnants. Il ne resterait que quelques petits groupes de combattants parias dispersés.

[édité le 30/09 : compléments mineurs sur la Turquie; mise en forme]