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2016/07/24

Faut-il craindre une guerre avec la Russie à l'horizon 2030?

(source de l'image)
L’Express a publié cette semaine un article de Fredrik Wesslau et Andrew Wilson du CFR Européen intitulé ‘Faut-il craindre une guerre avec la Russie à l'horizon 2030?’ que j’estime typique de la doublepensée. [1] 

La doublepensée est en bref caractérisée par une inversion de la logique. La victime est ciblée comme étant l’agresseur, etc. Il est aisé de replacer les choses dans l’ordre correct quand vous connaissez cette recette. C’est ce que j’ai décidé de faire avec l’article de Wesslau et Wilson, à l’identique du procédé que j’avais déjà employé, en veillant pour cette démonstration à rester aussi proche que possible des phrases d’origine, et en ajoutant ou  modifiant certains liens URL.

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L'objectif des Etats-Unis est de conserver son statut de grande puissance. Pour ce faire, ils ne cessent d'user de stratégies économiques, militaires et diplomatiques qui font craindre le pire à ses vassaux et à l'Union européenne. L'analyse de Bruno Paul fondateur de l’initiative Conscience-sociale.org consacrée notamment aux sciences politiques.

D'après l'agence spatiale russe, la Russie colonisera la lune en 2030, les cosmonautes y construiront une base dotée d'une centrale solaire et d'un laboratoire scientifique au-dessus desquels orbitera un satellite. La NASA estime quant à elle à 70% de chances de succès la construction leur nouveau lanceur spatial d’ici 2023, après les abandons des programmes précédents qui menacent singulièrement leur souveraineté dans l’espace. Donald Trump sera peut-être parti depuis longtemps -ou peut-être sera-t-il toujours président. Les Etats-Unis compteront 10% d’habitants en plus qu'aujourd'hui -sauf si Trump bouleverse la politique migratoire- et la croissance restera impossible à prédire. Reste la question de la position du pays sur la scène internationale... 
Dans un article publié par le Magazine d’Anticipation Politique en mars 2013, nous avions expliqué pourquoi les Etats-Unis connaitraient une contre-révolution en 2016. L’actualité nous a hélas donné pleinement raison. Dans le présent article nous examinons comment les Etats-Unis et ses vassaux de l'Est de l'Union européenne pourraient se développer d'ici 2030. 

Pour se légitimer, la Maison Blanche a recourt au conflit

Depuis que G.W. Bush est devenu président en 2000, le contrat social des présidents avec les Américains repose sur la protection contre la menace terroriste au détriment des améliorations régulières de la qualité de vie et des libertés individuelles. Les inégalités de richesse ont explosé aux Etats-Unis, la classe moyenne d'érode rapidement, alors que de 1999 à 2013 le salaire moyen en Russie est passé de 60 à 940 dollars. Mais ce bilan social américain pourrait encore plus se déliter.  
Après l’absence de rebond les deux prochaines années, l'économie européenne stagnera. Les sanctions occidentales, si elles perdurent, influenceront cette impasse économique mais de plus gros problèmes impacteront l'économie américaine, notamment le déclin migratoire, la corruption, la faiblesse de l'État de droit et la mauvaise gestion. D'ici 2030, les Etats-Unis auront perdu plusieurs places et ne devrait plus être dans les 2 premières économies du monde. 
LIRE AUSSI >> Confidence in US institutions | Gallup
Pour renforcer sa légitimité, la Maison Blanche se repose sur le nationalisme, l'aventurisme dans ses affaires étrangères et la désignation d'ennemis extérieurs. Il y aura davantage de "petites guerres avec de courtes victoires" -dans les pays dans la sphère d’influence, dans certains pays du Moyen-Orient - comme on l'a vu en Ukraine et au Brésil. Leur but est de susciter de la légitimité, de détourner l'attention de l'économie et de renforcer le discours selon lequel les Etats-Unis sont toujours une grande puissance. 

Une recherche de l'escalade si ce n'est de la guerre

De ses aventures militaires récentes (Syrie, Afghanistan, Libye, Iraq), Washington n’a pas appris que la force militaire n’est un instrument de politique étrangère efficace pour atteindre des objectifs diplomatiques et politiques qu’à court terme. La modernisation des forces armées se heurte aux restrictions des ressources, mais confère encore à la Maison Blanche un instrument puissant. 
LIRE AUSSI >> NATO Must Stop Crowding Russia | The National Interest
Les forces armées de l’OTAN continueront de cibler principalement l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et les pays limitrophes. Les régions les plus exposées sont les États baltes, les Balkans occidentaux, l’Amérique du Sud, l’Afrique du Sud et l'Asie centrale. L'OTAN ne cherchera pas de manière proactive à entrer en guerre avec l'OCS, mais voit un intérêt à s'engager avec empressement dans une escalade majeure, jusqu'à manifester sa volonté -réelle ou feinte- d'utiliser des armes nucléaires

Ses vassaux de l'Est et de l'Europe Centrale en première ligne

Les Etats-Unis devraient encore tenter de dominer ses vassaux les plus sous influence, notamment l'Ukraine. Des vassaux obéissants sont indispensables à la sécurité de l’Etat profond américain et à ses ambitions de grande puissance. Son but maximaliste est un cercle d'États vassaux s'alignant sur les positions de Washington. Le but minimaliste est un cercle d'États faibles et dysfonctionnels, gérés par des leaders corrompus, incapables de se réformer ou de rejoindre l'OCS, l’Union Economique Eurasienne ou l'ASEAN, donc de facto inféodés à Washington. 
LIRE AUSSI >> Interview with Paul Ingram, Executive Director of the British American Security Information Council: NATO Military Buildup Aimed at ‘Ensuring Reasons' of Alliance's Existence ainsi que This is Why Poland, Baltics Want Additional NATO Troops on Their Territory | Sputnik
La Géorgie, l'Ukraine et la Moldavie devraient patauger entre semi-démocratie et réformes partielles. Le postcommunisme miné par l’Etat profond transnational est bien plus difficile à réformer que le communisme, dans la mesure où les élites locales et les réseaux de corruption ont acquis les moyens de reproduire leur pouvoir. Des oligarques et des hommes politiques contrôlent les organes de presse et manipulent la politique. Des systèmes judiciaires pervertis protègent l'élite et minent l'État de droit. 
La Biélorussie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie éviteront le déclin en dialoguant avec l'UE en tant que membre de l’OCS. La Biélorussie et l'Arménie resteront dans l’alliance OCS, mais l'amenuisement des ressources de l’OTAN provoqueront une recrudescence de tensions et de menaces de la part de Varsovie et même de Kiev soucieux de s'aligner au contraire avec l'OTAN. Les nationalismes biélorusse et arménien, plus nativistes, devraient croître sous l’influence de la guerre réseaucentrique menée par l’Occident. 

L'Europe dispose de très peu d'options politiques

L'influence que l'Europe peut avoir sur le comportement russe et américain a ses limites. Notamment compte tenu du fait que l'assurance des Etats-Unis est de plus en plus animée par le désir de la Maison Blanche de se légitimer face au déclin économique. 
Cela laisse très peu de bonnes options politiques à l'Europe. Les sanctions économiques sont brutales, ont un coût pour l'Europe et alimentent le story telling de la Maison Blanche. Encourager la dissidence vis-à-vis de l’OTAN des pays-refuzniks de l'Est pose un dilemme sécuritaire classique et fait également le jeu de l’Etat profond américain. Mais en dépit de leurs inconvénients, ces mesures d’émancipation sont nécessaires face à l'agressivité de l’Etat profond américain pour protéger les nouveaux principes sous-jacents à l'ordre sécuritaire de l'Europe. 
Le dialogue est vital, mais doit être approprié. Il ne doit pas signifier une acceptation implicite des transgressions des Etats-Unis en Ukraine ou être synonyme de "business as usual". Si la tendance est aux conflits, alors l'ouverture des canaux de communication avec Moscou et avec Washington sera indispensable pour éviter des calculs fatals.

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[1] Georges Orwell l’a défini ainsi dans son œuvre célèbre ‘1984’ : 
Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer. La compréhension même du mot « double pensée » impliquait l’emploi de la double pensée. (chapitre III)
La doublepensée est le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires, et de les accepter toutes deux. Un intellectuel du Parti sait dans quel sens ses souvenirs doivent être modifiés. Il sait, par conséquent, qu’il joue avec la réalité, mais, par l’exercice de la doublepensée, il se persuade que la réalité n’est pas violée. Le processus doit être conscient, autrement il ne pourrait être réalisé avec une précision suffisante, mais il doit aussi être inconscient.
Sinon, il apporterait avec lui une impression de falsification et, partant, de culpabilité.
La doublepensée se place au cœur même du socialisme Anglo-saxon, puisque l’acte essentiel du Parti est d’employer la duperie consciente, tout en retenant la fermeté d’intention qui va de pair avec l’honnêteté véritable. Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tous les faits devenus gênants puis, lorsque c’est nécessaire, les tirer de l’oubli pour seulement le laps de temps utile, nier l’existence d’une réalité objective alors qu’on tient compte de la réalité qu’on nie, tout cela est d’une indispensable nécessité.
Pour se servir même du mot doublepensée, il est nécessaire d’user de la dualité de la pensée, car employer le mot, c’est admettre que l’on modifie la réalité. Par un nouvel acte de doublepensée, on efface cette connaissance, et ainsi de suite indéfiniment, avec le mensonge toujours en avance d’un bond sur la vérité.
Enfin, c’est par le moyen de la doublepensée que le Parti a pu […] arrêter le cours de l’Histoire.
Toutes les oligarchies du passé ont perdu le pouvoir, soit parce qu’elles se sont ossifiées, soit parce que leur énergie a diminué. Ou bien elles deviennent stupides et arrogantes, n’arrivent pas à s’adapter aux circonstances nouvelles et sont renversées ; ou elles deviennent libérales et lâches, font des concessions alors qu’elles devraient employer la force, et sont encore renversées. Elles tombent, donc, ou parce qu’elles sont conscientes, ou parce qu’elles sont inconscientes.
L’œuvre du Parti est d’avoir produit un système mental dans lequel les deux états peuvent coexister. La domination du Parti n’aurait pu être rendue permanente sur aucune autre base intellectuelle. Pour diriger et continuer à diriger, il faut être capable de modifier le sens de la réalité. Le secret de la domination est d’allier la foi en sa propre infaillibilité à l’aptitude à recevoir les leçons du passé.
Il est à peine besoin de dire que les plus subtils praticiens de la doublepensée sont ceux qui l’inventèrent et qui savent qu’elle est un vaste système de duperie mentale. Dans notre société, ceux qui ont la connaissance la plus complète de ce qui se passe, sont aussi ceux qui sont les plus éloignés de voir le monde tel qu’il est. En général, plus vaste est l’information, plus profonde est l’illusion. Le plus informé est le moins normal.
Le fait que l’hystérie de guerre croît en intensité au fur et à mesure que l’on monte l’échelle sociale illustre ce qui précède. Ceux dont l’attitude en face de la guerre est la plus proche d’une attitude rationnelle sont les peuples sujets des territoires disputés. Pour ces peuples, la guerre est simplement une continuelle calamité qui, comme une vague de fond, va et vient en les balayant. Il leur est complètement indifférent de savoir de quel côté est le gagnant. Un changement de direction veut simplement dire pour eux le même travail qu’auparavant, pour de nouveaux maîtres qui les traiteront exactement comme les anciens.
Les travailleurs légèrement plus favorisés que nous appelons les prolétaires ne sont que par intermittences conscients de la guerre. On peut, quand c’est nécessaire, exciter en eux une frénésie de crainte et de haine, mais laissés à eux-mêmes, ils sont capables d’oublier pendant de longues périodes que le pays est en guerre.
C’est dans les rangs du Parti, surtout du Parti intérieur, que l’on trouve le véritable enthousiasme guerrier. Ce sont ceux qui la savent impossible qui croient le plus fermement à la conquête du monde. Cet enchaînement spécial des contraires (savoir et ignorance, cynisme et fanatisme) est un des principaux traits qui distinguent la société océanienne. L’idéologie officielle abonde en contradictions, même quand elles n’ont aucune raison pratique d’exister.

[…] Ce n’est en effet qu’en conciliant des contraires que le pouvoir peut être indéfiniment retenu. L’ancien cycle ne pouvait être brisé d’aucune autre façon. Pour que l’égalité humaine soit à jamais écartée, pour que les grands, comme nous les avons appelés, gardent perpétuellement leurs places, la condition mentale dominante doit être la folie dirigée. (chapitre IX)


2015/03/10

Was gold really out between 1971 and 2015 ?

A short comment on Koos's last articles.

Firstly about the Western coup against gold in 1971 :

Dr. Kissinger said that one answer to the question asked this morning was this. When the basic proposition is approved will we be prepared to defend the dollar? His impression was yes and that this was the purpose of the new exchange parities. 
President Pompidou said he knew that the President expected him to speak frankly and he would do so. It was not so much for the French at the present time a question of the price of gold. There had been much talk about this. There was the Rueff theory that the price of gold should be doubled. This was not the question at present. For the present we should consider the general interest as between proponents of a liberal economy. That is, the Western World plus Japan.
[...] 
President Pompidou said that we must not fear words. There was no question of the dollar becoming convertible into gold but if there is a consolidation of U. S. balances and the U.S. defends the dollar. Then the dollar is convertible from currency to currency. He understood the President’s reservation on an immediate statement but that is what it means or then there would be no real defense of the dollar. Dr. Kissinger said that we would have to buy dollars with other currencies in order to defend it. President Pompidou replied that this was correct. There was no other defense. Dr. Kissinger said that gold was out and President Pompidou said he understood this.
Excerpt from the minutes of the meeting between Pompidou, Kissinger and Nixon on December 13, 1971 at 4 PM, Azores.
Simply said, the post-Bretton Woods regime and the demise of gold in the International Monetary System was accepted only in the name of the defense of the Western World, that is, of bank owner's interests
It is significant that this ambition is not shared anymore between the Western leaders, or said differently: the official come-back of gold in the IMS will be at the same time a proof that the Western World's domination by its previous so-called elites does not exist any more, or at least is surrendering.


An secondly: 44 years after the Azores meeting, Xu Luode presents the SGE’s international ambitions in the Indian Bullion Bulletin, volume 5, issue 2, Feb. 2015, pp. 34-36. He is the chairman of the Shanghai Gold Exchange (SGE), Vice Chairman of China Gold Association, Vice Chairman of China Payment and Settlement Association, and the Executive Member of China Finance Society :
The International Board lends greater weight to the importance of Asian gold market on the international stage. China, India, Dubai and Singapore all enjoy vibrant trading scenes and comparative advantages; however, in the eyes of many investors, the influence wielded by the Asian markets is still very limited as a whole. Using the International Board as a launch pad, China’s gold market will embrace greater openness and foster stronger ties with its neighbors and, together, elevate the trading and pricing influence of Asia in the world’s gold market. 
[...] SGE and [US-based] CME have recently signed a Memorandum of Understanding with regards to future cooperation efforts. As a perennial major consumer of gold and a close neighbor of China, India will undoubtedly become one of SGE’s most important partners in the coming years. SGE looks forward to forming close partnerships with the Indian market. 
[...] Furthermore, the SGE will focus on enhancing its transit and leasing businesses, gradually roll out foreign currency-based collateral services and FX swaps, accept offshore funds from more varied sources for International Board transactions, further improve the financial services offered to international members and customers in regards to account opening and cross-border funds transfers.
The strategy for Shanghai Gold Exchange is very clear: to become the Global Exchange Center for monetary metals with affiliates, antennas (call them) in London, Tokyo, all Asia, BRICS main gold Exchanges (including NY with CME's MoU as a first step) in order to seek real market-based price synchronisation all over the world.


In short: between 1971 and 2015, gold was not really out of the IMS, Mr. Kissinger. It was simply pulled out from the West and it has flown to Asia. Now gold is ready to gradually emerge back as a basis of international monetary system.


2014/05/02

Kicking the deep state off the US land (The U.S. in 20th/21st c., Part 3)

Foreign Policy has published this week an article by Andrew Foxall titled ‘Kicking Putin off the Island’ that I found typical of doublethink. [1] 

(Image source)
Doublethink is shortly characterized by an inversion of logic. The victim is targeted as being the aggressor, etc. It is easy to replace things in the correct order when you know that. This is thus what I’ve decided to perform with Foxall’s article, keeping as much as possible close to the original sentences for demonstration purpose, and updating links.
A second factor was the relevant mention of the central role of the civil society in the liberation process, what I called in French “peupler l’espoir” in a footnote of the previous part of this serie ('The inevitable counter-revolution of the American people'). P.D. Scott has written about this role too.[1b]

I’ve chosen to not simply replace the name Putin by Obama in the original text because the U.S. political context is much more complex: Obama is the world’s loneliest leader, isolated and surrounded by stupidity. He is the consenting prisoner of the U.S. deep state

The only order that is really worth anything does not come through the enforcement [...] of law, it comes through the establishment of a society which is just and in which harmonious relationships are established and in which you need a minimum of regulation to create decent sets of arrangements among people. But the order based on law and on the force of law is the order of the totalitarian state, and it inevitably leads either to total injustice or to rebellion-eventually. 
"The Problem is Civil Obedience", Howard Zinn (May 5, 1970) 



Kicking the deep state off the U.S. land

The United States of America after Obama don't need to be ruled by the deep state, and driving a wedge between the president and his craven inner circle is the first step. 


The deep state has directly or indirectly ruled the U.S. since 1963. And, after 50 years in power, there are few signs that he will abdicate his position anytime soon. Using the voice of Hillary Clinton, the deep state has stated it may seek re-election in 2016, meaning he would rule until 2020 -- by which time it will rule since 57 years. 

No tyranny, however, lasts forever -- Hitler's 1,000-year Reich lasted all of 12 years -- and it is in this context that we should view the deep state's rule. Its power is not what it once was: The social contract it implicitly built with the American people in his earlier years -- he could do whatever he liked, as long as life improved for many of them -- is broken. High rates of economic growth are long gone, and so too is the increasing standard of living that they provided. Americans are becoming restless and, although the opposition congressmen as a whole are cowed and quiet (with a very few exceptions), opposition movement have performed well in recent election polls. The deep state resorted to destabilizing Ukraine (at least, in part) to boost its falling approval ratings, which are now record low

While many U.S.-watchers cannot imagine the country without the deep state at the helm, it's time for leaders to start. In confronting a moribund, revanchist transnational deep state, the world must have a clear vision of the ideal post-deep state America. 

In a lot of ways, Obama was an unlikely president. As the first African-American President of the United States, his race and culture have played a prominent role in this, both positively and negatively. His relative youth (47 when elected) has alternately resulted in his being praised for his freshness and criticized for his inexperience. His temperament and demeanor have drawn praise for his perceived unflappability and criticism for the perception of his lacking emotional attachment. [2] When G.W. Bush stepped down on January 2009, Obama became acting president. One of his first acts was to order the first two Predator airstrikes of his presidency in Pakistan. The Guardian described the deep state recently as having "brought darkness to America," but, driven and certain of his own staying power, it ascended without hesitation. It hasn't looked back since its inception. 

Since decades, the deep state has fostered a grotesquely decayed, corrupt, illiberal system that constrains democracy, centralizes all power, curtails media freedoms, reins in the judiciary, restricts civil liberties, and treads on human rights. Outside of U.S., the regime carries out extrajudicial murder, engages in the arbitrary use of force, and promotes Washington interests with utter disregard for international norms. 

It wasn't always this way. 

Up to 1963, the U.S. had the potential to develop along a liberal-democratic path. The country was a multiparty democracy in which officials were chosen in regular elections; its fledgling economy was based on markets and private property, and its media independent and pluralistic. Starting 1989, the Russian military withdrew peacefully from Eastern Europe and the Soviet successor states, pursued cooperation with the West on nuclear disarmament, although Russia was forced to accept the expansion of NATO. To be sure, serious issues remained (not the least of which, U.S. deep state above the legal system and its pervasive nature of organized crime), but the country was headed in a promising direction when its government strongly reduced deficits and curbed debt. U.S. President Bill Clinton described this period as "a time of real possibility and opportunity." 

Except with the visible growing inequality, nowhere is the deep state's impact on U.S. as visible as in the country's political sphere. Since the 1963 parliamentary elections - the last before JFK was killed – the two parties are increasingly polarized. In the most recent parliamentary elections, in 2013, polarization in the House and Senate is at the highest level since the end of Reconstruction. 

Since the ‘Halloween Massacre’ in November 1975, the deep state assembled an inner circle of individuals that would assist the top executives in building a "new" USA. Although the faces have changed over the years, many remain the same, or share the same ideology of Christian Reconstructionism

Pr. P.D. Scott has described this inner circle consists of linked groups of people. It is a cohort of individuals who control key sectors of U.S. kleptocratic economy and its brutal security services, but who've never felt the heat of sanctions over U.S. actions in foreign countries -- something European Court of Human Rights has called a "cruel and inhuman treatment." By targeting these individuals in this inner circle, the world would drive a wedge between the deep state and his closest allies. But it can do more to weaken his standing. 

Sanctions should become the status quo, and they should go further than visa bans and asset freezes, to include asset seizures. Given the choice between siding with the deep state and protecting some of their vast wealth stored in others capitals and financial centers, enough of them will go with the latter. 

The friction and resentment that this creates will demonstrate the growing fissures within the deep state -- over what is needed to improve U.S. economy, what direction the country is headed, and whether international isolation is sensible -- and may even lead to U.S. citizens deciding the country needs new leadership. This would make clear to the next generation of politicians, policymakers, and businessmen that being associated with the deep state and his system comes with a price. 

If the world is going to uproot the deep state, it must remember that past successes employed more subtle strategic campaigns. The West likes to say to have won the Cold War because of the superiority of capitalism over Soviet communism, but one of the most subversive -- and effective -- acts it undertook was to offer visas to Soviet students as part of "cultural exchange" programs. In doing so, the students were exposed to the West's democratic and liberal values and took these back to germinate in the Motherland. When Soviet leader Mikhail Gorbachev's twin reformist policies of glasnost ("openness") and perestroika ("restructuring") took hold, Soviet citizens were equipped to take advantage. In the words of one U.S. foreign service officer involved in these programs, those citizens "came, they saw, they were conquered, and the Soviet Union would never again be the same." 

Now, once again, all countries should liberalize their visa regimes with the West, rather than follow the European Union's lead in freezing talks on a visa-free regime. This will make it easier for the next generation of U.S. decision-makers to expose themselves to liberal-democratic values and, as a result, they will be far better prepared when the deep state leaves power. 

Offering cultural exchanges may seem like a long-term program, but in the short-term the West could pay more attention to countering the deep state's increasingly anti-Russia propaganda in the West. Across the Soviet Union and Eastern Bloc, Radio Liberty and Radio Free Europe broadcasts were an important alternative to the Kremlin's communication. Now, because the Western leaders are reviving a Cold War thinking, all countries must provide money, expertise, technology, and support for English and Spanish-language broadcasting in America. This would meet the deep state's propaganda head-on, and begin to drive out bad information with good. It would send a clear message that the world is not going to give up on the U.S. deep state just yet. 

It is not possible to turn the clock back to a pre-deep state era, but that doesn't mean the world should consign the U.S. to the dustbin of history. Despite what political scientists might claim, it is not inevitable that the post-deep state U.S. will be fascist again. Although politicians are embattled and less prominent than they used to be, there are still capacity to take offense in the U.S.. Even the Soviet Union's Politburo was not as monolithic as many assumed. Whether the end of the deep state's rule is evolutionary or revolutionary, the world must be clear about how it hopes to see U.S. develop; it must be willing to put long-term strategic objectives over short-term economic interests. 

U.S. without the deep state is cloaked in uncertainty, and there is no guarantee it would be more democratic or liberal -- when anti-government protests broke out in the U.S., they had more to do with rejecting the 1% than rejecting the deep state’s take-no-prisoners style of leadership. But the world leaders should help guide a post-deep state U.S. for the sake of the U.S. people, Europe, and the world as a whole. Governments should engage in dialogue with american NGOs and civil society [3], supporting those battling corruption and promoting human rights, civil liberties. They ought to speak to U.S. politicians actively supporting these goals in their country, committed to establish a constitutional convention and a political awakening among citizens

The deep state might be influencing Western governments to flex their military muscles in Ukraine and demonstrating their steely indifference to political demands from the citizens, but in the end it is the others governments and civil society, and not the transnational deep state, who could ultimately determine U.S.'s future. 

___________________ 

[1] As Georges Orwell defined it in his book 1984: “To know and not to know, to be conscious of complete truthfulness while telling carefully constructed lies, to hold simultaneously two opinions which cancelled out, knowing them to be contradictory and believing in both of them, to use logic against logic, to repudiate morality while laying claim to it, to believe that democracy was impossible and that the Party was the guardian of democracy, to forget, whatever it was necessary to forget, then to draw it back into memory again at the moment when it was needed, and then promptly to forget it again, and above all, to apply the same process to the process itself – that was the ultimate subtlety; consciously to induce unconsciousness, and then, once again, to become unconscious of the act of hypnosis you had just performed. Even to understand the word 'doublethink' involved the use of doublethink.[...] 
The power of holding two contradictory beliefs in one's mind simultaneously, and accepting both of them... To tell deliberate lies while genuinely believing in them, to forget any fact that has become inconvenient, and then, when it becomes necessary again, to draw it back from oblivion for just as long as it is needed, to deny the existence of objective reality and all the while to take account of the reality which one denies – all this is indispensably necessary. Even in using the word doublethink it is necessary to exercise doublethink. For by using the word one admits that one is tampering with reality; by a fresh act of doublethink one erases this knowledge; and so on indefinitely, with the lie always one leap ahead of the truth.” 

[1b] Peter Dale Scott ; see also his conclusion chapter in "Road to 9/11 - Wealth, Empire, and the Future of America”, Peter Dale Scott, University of California Press, 2007.

[2] Wikipedia.org; accessed 5/1/2014. 

[3] A short list of insightful initiatives or articles:
 National Liberty Alliance successfully promotes a constitutional convention ;
Fighting the Militarized State’, Truthdig (03/2014) ;
Maryland lawmakers want to cripple the NSA's headquarters’, The Verge (02/2014) ;
Corporatocracy: How the Corporate Welfare State Divides & Conquers’, Boiling Frogs Post (02/2014) ;
How to Dismantle the American Empire’, von Mises Institute (02/2014) ;
Get ready: the day we fight back against mass surveillance is coming’, The Guardian (02/2014) ;
The costume of Constitutionality’, Justice On Line (01/2014) ;
Restoring Our American Legacy. A politically incorrect guide to building wealth, security and effective political action in the 21st century’, The Daily Bell, Fall 2013 ;
Were America’s Founders ‘unhinged’ and suffering from a ‘meltdown’? Foreign Policy Journal, (01/2014) ;
The Fight of Our Lives’, Anti War (01/2014) ;
The Last Gasp of American Democracy’ Truthdig, (01/2014) ;
The Greatest Gift for All’, Foreign Policy Journal (12/2013) ;
How to Democratize the US Economy: A long-term plan to renovate the American dream begins at the local level and scales up’, The Nation (10/2013) ;
How the NSA Made Your Legal Defense Illegal’, von Mises Institute (03/2014) ;
Citizens’ Grand Jury initiative ;
"The Problem is Civil Obedience", Howard Zinn (May 5, 1970); a 2012 video is available ;
Olivier Stone’s Untold History of the United States ;
Let’s Get This Class War Started’, Truthdig (10/2013) ;
Stand up, Americans’, Paul Craig Roberts (10/2013) ;
Re-Decentralizing the Fed’, Project Syndicate (10/2013) ;
The Banality of Systemic Evil’, NY Times (09/2013) ;
Government Nullification: The Rightful Remedy and How to Resist Federal Tyranny in the 21st Century’, Foreign Policy Journal (09/2013) ;
Initiatives like Consensus911 / AE911 / Reopen911 / 9/11 & War on Terrorism (on GlobalResearch).


2014/03/17

La crise ukrainienne, un évènement de la politique profonde


Oleh Tyahnybok faisant le salut de son parti Svoboda
La plupart des commentaires sur la situation en Ukraine se résume au choix d’un camp, ou des deux ensembles, pour trouver une solution à cette crise. Par solution, il faut hélas entendre solution de continuité de la crise, et non pas sa résolution.

Nous pensons qu’il est utile de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Cela pourrait éviter de nous enfermer dans des impasses, victimes d’une confusion généralisée.

Face à l'écroulement historique du système Dollar [1], et pour comprendre la stratégie actuelle de l’administration américaine, il faut d’abord souligner le contexte politique intérieur de ce pays, qui n’est plus depuis 1963 [2] qu’un simulacre de démocratie.[3] 

Nous devons le caractériser suivant les sciences politiques comme étant un Etat dual dans lequel l’Etat profond (deep State [4]) influence l’Etat public, dans une logique de lutte de pouvoir.[5] Le premier a pris un ascendant quasi complet. 
Nous avons précisé les définitions exactes et les preuves irréfutables de l’existence de cet Etat profond dans la synthèse bibliographique précédemment publiée.[6] En particulier, soulignons que l’Armée américaine (le Pentagone) est une composante de l’Etat public et non de l’Etat profond, bien que ponctuellement certaines équipes ou gradés en aient fait ou en font encore partie. C’est une distinction similaire à celle des membres de l’OAS au sein de l’Armée française.

L’évolution de la politique interne des USA au cours du siècle passé est évidemment très inquiétante et nous lui avions consacré un article l’année dernière.[7] 
Nous nous intéressons ici à l’influence de cet Etat profond sur la politique extérieure des USA.

La stratégie du chaos

Il est devenu évident depuis le début de la crise systémique globale que la stratégie choisie par le gouvernement des USA ne se fait plus en fonction des intérêts du peuple américain. Elle vise avant tout à préserver l’existence de l’Etat profond – à l’instar de toute structure institutionnalisée - à tout prix y compris celui de sacrifier tour à tour ses vassaux (car un tel pouvoir n’a véritablement pas d’alliés ou d’amis).

L’acuité de la crise ukrainienne et l’escalade des menaces de la part de Washington font resurgir la perspective d’un retour de la guerre froide, et également du spectre de frappe nucléaire qui l’accompagne.

Nous pensons pour notre part que s’il était vraiment dans le pouvoir des membres de l’Etat profond de lancer eux-mêmes une offensive nucléaire contre la Russie, l’Iran ou la Chine, ils l’auraient fait depuis longtemps. Ils ont essayé depuis la crise des missiles de Cuba.[8] Puisque cela ne s’est pas passé, c’est que l’Etat profond ne dispose pas (ou pas complètement) comme il le voudrait de cette chaîne de commandement (voir plus avant). 

Par contre disposant de moyens militaires hors de contrôle de l’Etat public (CIA, NSA, NSC…) il peut à loisir provoquer, créer des troubles, agresser sans cesse d’autres pays dans des conflits asymétriques.[9]

C’est une stratégie du chaos et de l’escalade des tensions internes et régionales pour couvrir le délitement de l’idéologie impérialiste dominante du XXème siècle à laquelle nous assistons. La crise Ukrainienne n’est que le dernier avatar.

Cette forme déliquescente de politique étrangère présente aux yeux de l’Etat profond plusieurs avantages :
  • Elle génère sa propre actualité erratique, qui détourne l’attention de la population intérieure et des pays vassaux envers les vrais problèmes posés par leurs systèmes réels de gouvernement ;
  • Elle rend toujours possible (mais très faiblement probable) une perte de sang-froid du pays agressé qui l’amènerait à attaquer ouvertement, fournissant un prétexte à toute forme d’escalade militaire et d’engrenage destructeur pour l’Etat Profond (puisque celui-ci, par construction des mesures secrètes de Continuité du Gouvernement,[10] sait le mieux se protéger dans les formes de conflits ouverts) ;
  • Si elle ne permet pas de reprendre l’avantage, cette stratégie permet de gagner du temps pour terminer de préparer le terrain à domicile : essayer d’augmenter les moyens de contrôle de sa population,[11] et en particulier essayer de trouver de nouveaux moyens de pression et de manipulation pour désarmer les américains (second amendement)… ce qui est encore loin d’être aisé.
  • Elle stresse les marchés financiers dont les acteurs sont encouragés à liquider leurs positions, c’est-à-dire à les transformer dans des assets liquides (stocks ou obligations, en particulier les Bons du Trésor US).
Notons qu’elle pousse également ces acteurs à thésauriser de l’or mais sur ce terrain l’Etat profond sait qu’il n’y a plus rien à entreprendre de plus que ce qui a déjà été fait :
  • manipulation des cours [12] pour retarder quelque peu l’échéance de la décomposition du système dollar,
  • corruption de la confiance envers la nature métallique des lingots officiels [13] (qu’il faut désormais re-tester [14] et/ou refondre),
  • leasing massif et re-hypothèque [15] de l’or national par les banques centrales pour distordre les prix du marché,
  • spoliation de l’or des citoyens, [16]
  • refus d’audit complet des stocks nationaux, [17]
  • création d’or papier frauduleux [18] car appuyés sur des stocks non audités,
  • manipulation de la publication des stocks officiels du COMEX [19] (depuis juin 2013 plus personne n’est responsable de la validité des données publiées).
Le prochain stade du refus d’honorer les contrats de livraison d’or physique aux marchés COMEX ou LBM ne constituera dans les faits qu’un aveu de reddition.[19bis]

Evolution sur 5 ans du stock d’or physique enregistré pour servir les retraits sur le marché COMEX ; source : 24hgold.com

L’idéologie et la dialectique de l’Etat profond américain

Pour mieux anticiper les évolutions et réactions des acteurs de l’Etat profond, il nous semble justifié d’après les éléments historiques que l’on ne peut pas s’arrêter à l’excuse de l’incompétence généralisée des structures de l’Etat public.[20]

Ces éléments historiques nous autorisent à associer deux tendances idéologiques d’extrême-droite qui irriguent les membres de l’Etat profond depuis des décennies :
  • tout d’abord la proximité [20bis] et le soutien depuis les années 20 des mouvements nazis [21] ou groupes parafascistes [22] dans de très nombreux pays [23] et dernièrement en Ukraine [24] (citons en particulier l’Opération PaperClip, et les réseaux d’insurrection Gladio (Stay-behind) dans toute l’Europe [24bis] – la tuerie en 2011 de Anders Behring Breivik près d’Oslo en Norvège [25] nous rappelant que ces réseaux dormants existent encore bel et bien de nos jours dans nos pays) ; 
  • ainsi que la collusion étroite des néoconservateurs avec le courant extrémiste et antidémocratique du Reconstructionisme Chrétien depuis les années 1980 [26] - ces fidèles sont souvent appelés « Dominionistes »[27] bien que le Reconstructionisme n’en soit qu’une sous-catégorie. L’apogée de leur influence au plus haut niveau de l’Etat se situe sous la présidence de G.W. Bush.[28] Signalons qu’une purge [29] vise ces derniers temps ces fidèles au sein du Pentagone, et en particulier chez les « missiliers »[30] pour notre plus grande sécurité semble t’il. 
La dialectique utilisée par les membres de l'Etat profond reprend en tous points ce qu'Orwell a décrit comme la doublepensée dans 1984 : [30bis]
To know and not to know, to be conscious of complete truthfulness while telling carefully constructed lies, to hold simultaneously two opinions which cancelled out, knowing them to be contradictory and believing in both of them, to use logic against logic, to repudiate morality while laying claim to it, to believe that democracy was impossible and that the Party was the guardian of democracy, to forget, whatever it was necessary to forget, then to draw it back into memory again at the moment when it was needed, and then promptly to forget it again, and above all, to apply the same process to the process itself – that was the ultimate subtlety; consciously to induce unconsciousness, and then, once again, to become unconscious of the act of hypnosis you had just performed. Even to understand the word 'doublethink' involved the use of doublethink.[...] 
The power of holding two contradictory beliefs in one's mind simultaneously, and accepting both of them... To tell deliberate lies while genuinely believing in them, to forget any fact that has become inconvenient, and then, when it becomes necessary again, to draw it back from oblivion for just as long as it is needed, to deny the existence of objective reality and all the while to take account of the reality which one denies – all this is indispensably necessary. Even in using the word doublethink it is necessary to exercise doublethink. For by using the word one admits that one is tampering with reality; by a fresh act of doublethink one erases this knowledge; and so on indefinitely, with the lie always one leap ahead of the truth.
Par exemple:
There is a difference between [political] assassination and killing .... The word 'kidnap' sounds to me like a term used in - in law. Remember that I'm a CIA agent, CIA background. We neutralise these things. We don't think... in criminal terms.
(déposition de B.L. Barker, membre du groupe secret 'Operation 40' de la CIA qui a notamment commis le cambriolage raté du Watergate) [30ter] 
Orwell le précise plus loin: « Si l'on doit gouverner, si l'on doit continuer à gouverner, on doit être en mesure de détruire tout sens de la réalité. Parce que le secret du gouvernement est de combiner la croyance en sa propre infaillibilité, avec le pouvoir d'apprendre des erreurs du passé ». Dès lors, chaque membre de l'Etat profond se transforme en pion crédule sans toutefois jamais manquer d'information vraisemblable, mais qui n'est pas la vérité. [30d]

Retenir fermement l’UE sous contrôle américain

Perdant du terrain et de l’influence sur le terrain domestique et parmi la majeure part des militaires du Pentagone dont le moral est au plus bas,[31] l’Etat profond a lancé plusieurs initiatives qui recouvrent les principes suivants :
  • Retenir fermement l’UE sous contrôle américain 
  • Ecarter l’UE des BRICS en attisant les tensions à toutes les frontières clés 
  • Restreindre la capacité stratégique de la Russie en utilisant l’OTAN et la suite des révolutions colorées 
  • Isoler la Chine de ses voisins asiatiques, attiser les tensions avec le Japon grâce au nationaliste Abe ou en Thaïlande 
  • Eviter le ralliement d’autres pays émergents autour des BRICS par l’arme monétaire (tapering) 
  • Reprendre pied en Amérique Latine (déstabilisation du Vénézuela) 
  • Répandre le chaos au Moyen-Orient (Syrie, puis Iran) en utilisant l’Arabie Saoudite qui se voyait ainsi déjà débarrassée de deux encombrantes puissances régionales (résultat : c’est le prince Bandar ben Sultan qui a été remercié [32] alors que Assad est toujours en place)  
On pourrait croire, comme nos dirigeants européens, que l'alliance avec l’UE (c’est-à-dire en fait sa vassalisation) est essentielle pour les USA. Il n’en est rien. Les dirigeants de l’UE ne pourront pas sauver les USA du naufrage complet du système dollar parce que rien ne le peut, mais ils prolongeront un peu plus les souffrances des peuples américain et européens.

Il importe peu de savoir si l’Etat profond américain pense vraiment que les USA avec l’UE et le Japon peuvent « sauver le système ». Nous savons que c’est impossible : la montée en puissance des BRICS, cumulée avec la fin de course actuelle de l’utilisation du dollar comme monnaie, sont irrésistibles (et au vu des évènements récents on a de bonnes raisons de douter de la solidité de la relation transatlantique : Le « Fuck the EU » de Mme Nuland résume bien la pensée profonde!). L’Etat profond cherche avant tout à gagner du temps, pour organiser au mieux son futur retranchement. 

Dans cette logique de simple pion, le projet Européen sera sacrifié à son tour, tout comme les Commissaires actuels. Ces derniers sachant leur reconduction impossible en juillet prochain, obtempèrent docilement à tous les desideratas de Washington et « poussent les feux » contre l’intérêt manifeste des citoyens européens sur tous les dossiers : Ukraine, Syrie, NSA, Lybie, OGM, TTIP... Ils trouveront certainement bientôt une place confortable dans un think-tank quelconque de Washington ou une université américaine... pour quelques temps. 

La sagesse voudrait que les dirigeants européens et leurs conseillers reconnaissent cette impasse historique et accompagnent le mouvement dans le bon sens. On ne retarde pas une naissance, on peut simplement la rendre plus douloureuse. Mais cela serait faire preuve d’un nouvel esprit européen actuellement en crise [32bis] et qui trouve son pinacle chez les élites européennes, et en particulier françaises. 

L’Ukraine pour éloigner l’UE des BRICS

Ecarter l’UE des BRICS est facile à réaliser : la construction européenne autorisée par Washington, conformément à son idéologie antidémocratique que nous avons décrite, s’articule principalement autour d’une technostructure non élue (la Commission Européenne) où l’influence anglo-saxonne est très forte.

Grâce aux documents de Snowden, nous savons que tous les leaders politiques européens sont étroitement surveillés par la NSA et son équivalent anglais le GCHQ depuis des décennies et, encore pire, que les appareils législatifs (et donc certaines des personnes clés qui étaient en charge) ont été corrompus pour éroder petit à petit le droit des citoyens au fil de certains articles de loi convenablement rédigés (par exemple dernièrement : l’article 20 de la LPM en France) [33]. C’est aussi ce que nous apprend dernièrement le témoignage de Snowden devant le Parlement Européen.[34]

Ces députés craintifs se sont hélas toujours refusés à utiliser leur unique pouvoir réel : celui de censurer la Commission et la forcer à démissionner – ce qui empêche dès lors tout contrôle des citoyens sur la Commission Européenne, même a posteriori. Tout est dit.

Seul dirigeant en Europe, Mme Merkel a osé élever un peu la voix suite au scandale des écoutes de la NSA et du GCHQ, mais se retrouvant isolée elle n’a pas pu utiliser ce moyen de pression. Le Parlement Européen est lancé dans une procédure bien plus longue. Donnera t’il son véto à la signature du TTIP ? François Hollande quant à lui est devenu quelques mois seulement après son élection plus Atlantiste encore que Nicolas Sarkozy, si c’était possible.[35]

Ce contrôle de nos faibles élites politiques a donc permis à l’UE de jouer l’un des rôles les plus honteux de toute l'histoire du continent: celui de soutenir la montée au pouvoir de forces néo-nazis en Ukraine comme nous l’avons vu, ceci contre l’aspiration de tous les peuples européens. 

Encore pire, les représentants de l’UE soutiennent les commanditaires des assassins des 100 victimes de la place Maidan : malgré la fuite de la conversation révélant à Mme Ashton la très probable intervention de snipers dirigés par l’opposition [36] (une tactique d’attaque sous fausse bannière hélas banale de la part de l'Etat profond pour manipuler les foules – ce qui est interdit par le droit international), aucun Commissaire européen ne s’est encore exprimé sur cette question brûlante. Si en Allemagne les médias se sont largement emparés de cette affaire, en France les articles de presse à ce sujet sont bien plus rares.  

C’est une nouvelle démonstration d’un contournement (hacking) politique de la volonté des citoyens Européens rendu possible par l’absence de tout contrôle démocratique effectif  de l’UE.

L’Ukraine sacrifiée, les dirigeants Européens complices

Gaz, pipeline : les aspects énergétiques ou géostratégiques [37] dans cette affaire ukrainienne sont certes historiquement importants mais désormais secondaires pour l'Etat profond.[37bis] Ce dernier ayant prouvé être incapable de dominer militairement l’Iraq ou l’Afghanistan sur le long terme, qui peut sérieusement imaginer un conflit ouvert entre l’Otan et la Russie pour arriver à lui retirer ses bases de Crimée (même sans compter l’appui de la Chine et de l’Inde qui ont déclarés leur support à la Russie) ? 

Là encore, l’objectif réel est la division des peuples et la guerre de l’information, la lutte armée asymétrique. La volonté de puissance s’est transformée en méprisable ambition de chaos sans le moindre égard pour les vies du peuple ukrainien.

Nous pouvons résumer l’évolution prochaine de la situation intérieure de l’Ukraine en trois courtes dépêches :
  • Comme nous l’avions anticipé, le tout premier geste du nouveau « premier ministre » à son retour de Washington a été l’envoi précipité aux USA de la réserve d’or de la banque centrale d’Ukraine [38] (soit tout ou partie des 36 tonnes déclarées en décembre 2013 d’après le WGC). Ils seront aussitôt échangés à vil prix contre de vils dollars, ou bien mis en leasing et re-hypothéqué ce qui permettra au COMEX de tenir un mois de plus. Bref le peuple ukrainien ne le reverra jamais. Il est significatif de remarquer que les nazis se ruaient aussitôt sur l'or des banques centrales dans les pays qu’ils ont envahis au cours de la 2ème Guerre Mondiale. 
  • Dmitry Yarosh, le chef du mouvement nationaliste ukrainien radical « Secteur Droit », a exigé que les autorités de Kiev ouvrent les arsenaux militaires pour armer ses miliciens.[39] On peut s’attendre à des exactions d’escadrons de la mort contre la population (russophone ou non, de confession juive ou non, tout sera bon pour rajouter de la confusion) 
  • Pendant les émeutes de février en Ukraine des dépôts militaires ont été pillés, et des dizaines de systèmes de missile anti-aérien portatifs (MANPADS) ont disparu.[40] Cela a été commenté par le Président du Conseil des ministres de la République autonome de Crimée sur son compte officiel Twitter.
Il faut donc s’attendre à une dispersion de ces armes sur le marché noir international, et à des attentats particulièrement violents sur le sol ukrainien et ailleurs dans le monde là où des gouvernements démocratiques résistent encore. Avec la présence en Ukraine de la NED,[41] une des vitrines de la CIA,[42] leur exportation illégale fait partie de la routine.


Former ces cœurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c'est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l'homme indépendant. Il faut s'y tenir sans voir plus avant. L'histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.
(A. Camus ; Le manifeste de l'Homme Indépendant, 24/11/1939)




[1] Pour une courte synthèse géoéconomique actuelle du système dollar, voir ‘Global Europe Anticipation Bulletin’ n°83, L.E.A.P. (15/03/2014) ; Pour d’autres détails voir les indicateurs clés de Conscience-Sociale.org
[2] Peter Dale Scott, 'The Doomsday Project and Deep Events: JFK, Watergate, Iran-Contra, and 9/11', The Asia-Pacific Journal Vol 9, Issue 47 No 2, (11/2011); Peter Dale Scott, ‘The Doomsday Project for Violent Power: America's Decline from Democracy to Empire since World War II’, Rowman & Littlefield Publishers, 2014
[3] Il n’y a plus de démocratie aux États-Unis’, La Libre, (02/2014)
[4] Peter Dale Scott, ‘The State, the Deep State, and the Wall Street Overworld’, The Asia-Pacific Journal, Volume 12, Issue 10, No. 5, (03/2014) 
[5] Salon.com, 03/2014
[6] La politique profonde et l’Etat profond’, Conscience-Sociale.org (03/2014)
[7] L'inéluctable contre-revolution du peuple américain‘, Conscience-Sociale.org (03/2013)
[8] Voir le dossier ‘Cuban Missile Crisis’, Mary Ferrell Foundation
[9] Peter Dale Scott, ‘La machine de guerre américaine : La politique profonde, la CIA, la drogue, l'Afghanistan’, Editions Demi-Lune, 2012 ;
[10] Peter Dale Scott, 'Continuity of Government' Planning: War, Terror and the Supplanting of the U.S. Constitution, The Asia-Pacific Journal, 21-2-10, (05/2010).
[12] Bloomberg, 03/2014
[13] Business Insider, 09/2012
[15] Silverdoctors.com, 06/2013
[16] Executive Order 6102 de 1933, Wikipedia.org
[17] Conscience-Sociale.org, 10/2012 ; et 11/2012
[18] wealthdaily.com, 11/2011
[19] Silverdoctors.com, 11/2013
[19bis] Conscience-Sociale.org, 10/2013
[20] Ainsi que le laisse pourtant entendre Charles Hugh Smith, 03/2014
[20bis] Robert Parry, 'Secrecy & Privilege: Rise of the Bush Dynasty from Watergate to Iraq', The Media Consortium, 2004
[21] a) The Guardian, 09/2004 ; b) Antony C. Sutton, 'Wall Street and the Rise of Hitler', G S G & Associates Pub, 1976 ; voir aussi cette interview du Pr. Sutton.
[22] Peter Dale Scott, ‘Transnationalised Repression; Parafascism and the U.S.’, Lobster magazine, Issue 12, 1986
[23] Salon.com, 03/2014 ; Pour un aperçu des crimes de guerre commis depuis 1945, lire Jeremy Kuzmarov, 'Bomb After Bomb: US Air Power and Crimes of War From World War II to the Present', The Asia-Pacific Journal, Vol 10, Issue 47, No. 3, November 19, 2012.
[24] Global Research, 03/2014
[24bis] Flux RSS des archives du département ISN à l'Institut Fédéral Suisse de Technologie à Zurich sur les réseaux Gladio ; Interview du Dr Ganser (12/2005) ; Documentaire de la BBC (06/1992)
[25] Global Research, 08/2011
[26] Political Research Associates PublicEye.org, 06/1994
[27] theocracywatch.org, 09/2008
[28] Yurica Report, 02/2004
[29] Veteran Today, 03/2014
[30] NBC News, 05/2013 ; Defense One, 11/2013 ; Clearance Jobs, 01/2014 ; Daily Mail, 09/2013 
[30bis] E.A. Blair, dit 'George Orwell', 1903-1950; '1984', 1949.
[30ter] CBS interview, c.1976.
[30d] A titre d'exemple de la perméabilité de la société à ces faux concepts, voici des extraits du 'Lucifer's lexicon' paru en 1975 dans Reason, p94: 
collective security, n. A system for the maintenance of world peace through world war. 
security, n. Freedom from freedom.
subsidy, n. Government aid to a private commercial enterprise deemed beneficial to the public-but not by the public. Government aid to the Plunderprivileged. 
supplicant, n. One who has the independence to stand on his own two knees.
tax, n. A payment made to a government for servitude, rendered. 
tax, v.t. To fleece the sheep; to pluck the geese; to milk the cowed.
[31] WND, 10/2013
[32] Al-Manar, 01/2014 ; Global Research, 03/2014
[32bis] Conscience-Sociale.org, 02/2014
[33] Voir le dossier sur la Quadrature du Net
[34] Lire la transcription complète ici et en particulier la réponse à la première question posée.
[35] Agile-Democratie.net, 03/2014
[36] Voir les principaux articles de presse consacrés dans chaque pays européen au scandale SniperGate : Conscience-Sociale.org, 03/2014
[37] Michel Collon, 03/2014 ; Gordon T. Long, 03/2014
[37bis] Et ceci depuis bien longtemps comme nous l'apprennent les Archives Nationales US: 
Prs. Richard Breitman et Norman J.W. Goda, "HITLER’S SHADOW Nazi War Criminals, U.S. Intelligence, and the Cold War", 2009, published by the National Archives; voir en particulier le chapitre 5 Collaborators: Allied Intelligence and the Organization of Ukrainian Nationalists
[38] a) Global Research, 03/2014 ; b) voir aussi les articles suivants:
 38.138.238.338.438.538.638.738.838.938.10, 38.11, 38.12  ; nous l'avions anticipé le 7 mars.
[39] Russia Today, 03/2014
[40] Russia Today, 03/2014
[41] al Jazeera, 03/2014
[42] Voir le dossier du Center for Media and Democracy

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Modifications post première publication:
- 17/04/2014: ajouts des références 38b
- 14/05/2014: ajout de la référence 21b
- 12/7/2014: ajout de la référence 30d
- 10/5/2015: ajout de la référence 37bis