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2016/10/07

Le modèle cosmologique Janus

J'avais évoqué la crise scientifique en particulier dans le domaine de la cosmologie dans plusieurs articles de 2012 (notamment Une théorie et un homme en crise : les cordes et Alain Riazuelo et Les réseaux Euro-BRICS comme réponse à la crise scientifique) en évoquant comme sortie de crise le développement en cours du modèle JANUS. Je vous y renvoie pour la bibliographie scientifique.

Son auteur principal, le Dr Jean-Pierre Petit, a animé vendredi premier octobre en soirée une conférence de deux heures sur ce sujet dans les locaux de l'Association Andromède, de Marseille, intitulée : "Une interprétation de la matière noire de notre univers en tant que copie de notre propre matière, mais dotée d'une masse et d'une énergie négative."

Il a mis déjà en ligne le support de sa conférence, en deux pdf téléchargeables, à dévorer sans attendre :
L'enregistrement vidéo intégral de sa conférence sera bientôt mis en ligne.
Bien que s'appuyant sur des résultats scientifiquement validés de très haut niveau et publiés, la compréhension du contenu cette conférence, dans un effort remarquable de pédagogie, reste accessible pour des bacheliers scientifiques. Les plus curieux et aguerris pourront creuser tous les aspects dans la bibliographie que j'ai mentionnée.
[Mise à jour: le Dr. Petit a conçu et mis en ligne une série de vidéos pédagogiques pour expliquer les faiblesses des modèles cosmologiques actuels et les réponses apportées par son propre modèle JANUS, à partir de ses publications scientifiques qui ont été acceptées. Vous trouverez le lien de chaque épisode dans les commentaires de cet article.]

Cette conférence sur JANUS arrive à point nommé pour commenter une actualité scientifique: dans une galaxie très, très lointaine des astronomes français ont découvert le premier trou noir "vagabond"

Voici une esquisse d'explication de ce "mystère" qui serait à développer avec le modèle cosmologique Janus, et la nouvelle théorie du trou noir développée par Petit et d'Agostini qui en est issue : 
le premier trou noir supermassif GJ 1417 transforme d'énormes quantités de matière traditionnelle (masse positive) en masse négative (émettant des photons d'énergie négative donc invisible de nous). Cette matière négative reste "localisée"(*) dans un volume autour de GJ 1417, et sa quantité repousse le deuxième astre XJ 1417 de masse positive suivant la loi anti-Newton, lequel devient vagabond. 
Les caractéristiques physiques de cette répulsion pourraient servir à préciser indirectement la distribution de la masse négative générée par GJ 1417. 

Update:
Today 6/11/2016, J.P. Petit has just uploaded the english translation of his public presentation :
Presentation for the public at large of the Janus Cosmological Model

(*) : lire attentivement les références bibliographiques si vous voulez comprendre ce que recouvre cette expression dans le modèle JANUS.

2015/09/03

Enregistrement, émission et compte-rendu de notre conférence sur le mystère de la Croix des Pénitents


Voici le support de la conférence du 17/08/2015 au format PDF (recommandation: utilisez Firefox pour une meilleure compatibilité) :


19/08/2016 : après une première mise en ligne réalisée en septembre 2015, l'enregistrement vidéo intégral de la conférence de 2015 (lien) en streaming est désormais disponible sur YouTube ; durée: 1h45 (cette vidéo fonctionne avec tous les navigateurs modernes si vous activez le javascript, mais vous pouvez rencontrer des difficultés avec IE version 8 ou antérieure). Un grand merci à Michel Jacob pour le matériel de prise de vue et l'encodage!

En complément indispensable, voir plus bas la mise à jour du 28 octobre 2016. 


Les suites de la conférence de 2015:

Tout d'abord un premier petit reportage diffusé lors des JT de France3 le 17 août à 19h et 18 août à midi.

Voici le compte-rendu par le journal Haute-Provence Info du 21 août de notre conférence :



Le journal "La Provence" a également publié un long article le 26 août en page 4, dans les pages régionales, qui a le mérite de rappeler que la datation se rapproche de certains aspects de la légende
On se rapportera au PDF et à l'enregistrement pour corriger certains détails: par exemple au lieu de 910 il faut comprendre 885; pour les "deux datations" il ne s'agit que de la plage d'incertitude donnée par le laboratoire par rapport à la courbe de calibration.





Voici un reportage beaucoup plus long lors d'une émission sur France3, diffusée en direct sur la TV et sur le web:
Jean-Pierre Petit a représenté notre association pour présenter les résultats et enjeux de cette recherche historique lors de l'émission PACA Matin sur France 3 le 8 septembre à 10h15.


Vous pouviez visionner cette émission en différé pendant 6 jours sur ce lien, à partir du repère 2:10.
Depuis le 25/09 elle est accessible sur YouTube.

L'émission commence par une rapide rediffusion du reportage réalisé à la Toussaint 1968 avec la fin de l'escalade réussie sous le regard de la caméra par Patrick Cordier (archives INA), qui a ramené l'échantillon dont nous avons analysé un fragment. D'après Sylvain Jouty, que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors de la journée du 17 août, aucun des alpinistes de cette cordée (ni aucune personne de mon entourage) ne connaissait ces images. On reconnait Claude Deck avec ses cheveux blonds (29 ans à l'époque), et on voit brièvement Sylvain Jouty (19 ans). Ce dernier a notamment dirigé la rédaction collective du Dictionnaire encyclopédique des Alpes paru en 2006.

Signalons aussi une prochaine chronique de Claude Deck sur ce sujet, qui a été contacté par l'intermédiaire de Sylvain Jouty à son initiative, laquelle devrait être publiée dans La Montagne et Alpinisme, revue trimestrielle de la fédération des Clubs alpins français. 

[Mise à jour le 10 septembre 2015: j'ai reçu ce jour un chèque de la Mairie des Mées et de l'Association des Amis des Mées, qui contribuent conformément à leurs engagements quant au financement de l'analyse.]

Si vous voulez contribuer financièrement à cette aventure archéologique, voir ici.

[Mise à jour le 27 décembre 2015: Après autorisation de son propriétaire, j'ai exploré ce jour avec mon frère un ancien tunnel privé aux Mées qui conforte la possibilité de creuser de longues distances dans le poudingue avec peu de moyens.
Il s'agit d'un tunnel de captage de sources pour alimenter la fontaine d'une ferme. Il présente une longueur de 102 m d'après nos mesures, dont les premiers 78 m sont pratiquement rectilignes. Il est pratiquement horizontal, en légère pente positive pour que l'eau s'écoule. Sauf les premiers mètres qui sont creusés dans la terre, il est entièrement creusé manuellement dans le poudingue. La hauteur sous plafond atteint jusqu'à 2 m, pour environ 70 cm de large. Il n'y a aucun soutènement, aucun étais ni trace d'emplacement pour en poser. Le plafond est arrondi en une légère voûte régulière. Le plafond est en très bon état sans trace d'écroulement.
Il a été creusé en plusieurs époques, remontant au moins au XVIIème siècle, pour capter progressivement de nouveaux filons d'eau. Aujourd'hui ces points de captage sont pratiquement taris. Il s'agit d'un ouvrage qui n'a nécessité que le travail d'une famille et pas de tout le village, au sein duquel son existence n'est connue que d'une poignée de personnes. Il est resté strictement privé depuis sa création.]

Cette enquête historique et archéologique continue par le volet des investigations photographiques.

[Mise à jour le 28 octobre 2016]
j'ai animé une deuxième conférence, cette fois privée, sur ce sujet au Monastère de Ganagobie.
Voici le support utilisé, intégrant nos dernières investigations :




2015/07/29

Le mystère de la Croix des Pénitents

Vous trouverez facilement le village de Les Mées dans les Alpes de Haute-Provence, situé au sud de Sisteron. C'est un village pittoresque mais qui recèle surtout, pour qui sait bien chercher, de curieux mystères.
Si vous passez dans la région ce mois d'août, c'est une occasion unique d'approcher l'Histoire de la Provence d'une manière tout à fait particulière. Voici pourquoi.

Le village de Les Mées lové autour de ses rochers. Dans le rond bleu une mystérieuse anfractuosité, que nous allons découvrir. Au loin, la Durance.

C'est d'abord une curiosité géologique. Le village se trouve dans la vallée de la Durance. Le massif des rochers des Mées est dans la continuité du plateau de Valensole. Il s'est formé il y a 3 millions d'années à partir de ce que les géologues appellent du "poudingue" (déformation francophone du mot anglais "pudding"). Il a été érodé par les pluies, le gel et le vent. Curieusement, dominant le village est restée cette étrange falaise dont les "capucins" atteignent 117 mètres de haut et qui se dressent, en surplomb, au dessus de la vallée.

MAJ 19/02/2017: Il se trouve que la formation géologique des ces Rochers a fait l'objet d'un sujet au bac 2016! Vous pouvez le découvrir  dans les pages 3 à 6 du lien suivant:
http://www.sujetdebac.fr/annales-pdf/2016/s-svt-obligatoire-2016-asie-sujet-officiel.pdf

A gauche, vous voyez l'amorce d'une combe verdoyante, qui se comporte en fait comme un bassin de collecte des pluies. Avant la révolution française de 1789 ce bassin était exempt de végétation. Quand de fortes pluies déboulaient, le village était noyé. A cette époque les Méens ont demandé d'arranger cela. Des ingénieurs ont alors fait creuser une galerie de près de 250 mètres de long, dont vous découvrirez aisément la sortie presque à l'aplomb de la grotte, au niveau du sol. C'est une balade amusante, à faire avec une simple lampe de poche et des baskets, en famille. Ce tunnel débouche dans la combe, où les ingénieurs avaient disposé des digues pour briser la violence des flots et rediriger toute cette eau vers cette "conduite forcée". Elle se prolongeait par un aqueduc, dont il reste aujourd'hui quelques vestiges, et qui renvoyait l'eau vers la Durance. Mais c'est le reboisement qui a davantage sauvé le village de l'eau que tous ces ouvrages. 

Ce qui est fort étrange dans cette falaise, et peu connu, c'est ceci :

L'anfractuosité se situant à près de 60 mètres de hauteur, au milieu de la falaise. Totalement inaccessible.

Rapprochons-nous un peu.




Gros plan sur la Croix des Pénitents : un mystère complet depuis des siècles!

Mais que fiche cette croix là-haut, qui l'a posée, quand et comment ? De mémoire de Méens, nul ne le sait... sauf les légendes.

Le problème n'est pas simple car, même avec les moyens techniques d'aujourd'hui le poudingue est impossible à escalader. Cette croix, on trouve sa trace dans des chroniques du XVIIe siècle, et son origine était déjà décrite comme étant un mystère complet. Le Dr Jean-Pierre Petit, à qui j'emprunte ce texte, a été le premier à l'approcher, il y a 47 ans, en descendant en rappel. Impossible alors de la toucher : la falaise est en surplomb, et c'est d'ailleurs cette situation qui a pu protéger ces bois de la pluie. Quelques mois plus tard un alpiniste, Patrice Cordier, a pu la toucher pour la première fois après 2 tentatives infructueuses et 2 jours d'efforts avec son équipe, en descendant en rappel le long d'un canyon latéral, puis en effectuant une traversée horizontale en plantant force pitons créés spécialement pour l'occasion dans ce matériau problématique. Ce faisant, il a réussi à ramener un fragment de la croix, coupé en deux une fois au sol... hélas l'analyse du carbone 14 d'un des fragments par le laboratoire du CEA à Saclay quelques temps plus tard a été un échec. 

46 ans plus tard, au bout d'une longue chaîne humaine j'ai récupéré l'autre petit morceau, et j'ai trouvé comment l'analyser avec toute la rigueur scientifique qui s'impose pour une datation archéologique.

J'ai fait effectuer la toute première datation au carbone 14 de la Croix des Pénitents. Je présenterai la démarche, son résultat et le contexte historique de la Croix lors d'une conférence le 17 août 2015 à 17h au cinéma des Mées (en face de la mairie).
Entrée libre.

En fait, ça sera une conférence à deux car le Dr. Jean-Pierre Petit a aussi des choses extrêmement intéressantes à raconter sur cette affaire, à laquelle il s'intéresse de très près depuis 1968...

Si vous regardez en détail la photo précédente, vous verrez qu'il y a une formation bizarre, au sommet de cette anfractuosité. Voici une vue au télé-objectif prise dimanche dernier par Michel Jacob, photographe à Sisteron :

.

On distingue en bas et à droite des traînées blanchâtres qui sont des fientes de corneilles, lesquelles nichent là-haut et disparaissent... on ne sait où. Ce sera l'objet de la deuxième partie de la conférence.

Indiana Jones près de chez vous...

*
* *

MISE À JOUR le 03/09/2015:
Le compte-rendu, l'intégralité des informations présentées et l'enregistrement vidéo de cette conférence sont désormais disponibles sur ce lien.




2015/01/25

QE de la BCE: La vraie conférence de presse de Draghi qui n'a jamais eue lieu

 Allocution introductive à la conférence de presse.

Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne
Francfort sur Main, 22 janvier 2015

(Cliquez pour lire le texte officiel de l'allocution délivrée à une audience de journalistes accrédités, ou écoutez la traduction en français. Ci-dessous figurent en italique la traduction des questions-réponses officielles, et le reste est la vérité qui n'a jamais eue lieu.)
...
Nous sommes maintenant à votre disposition pour des questions.

* * *

Question: Vous avez dit que vous continuerez à  acheter des obligations jusqu'à ce que l'inflation soit revenue dans des valeurs acceptables. Donc, fondamentalement, vous annoncez un programme sans fin. Envisagez-vous une quelconque valeur en termes de pourcentage de la dette émise que vous pouvez acheter avant de commencer à trop influencer la formation des prix sur le marché secondaire, ce que la Cour de justice européenne a suggéré que vous devriez éviter?

Draghi: Oui, nous allons acheter la dette publique à hauteur du pourcentage qui permettra une  formation correcte des prix du marché. Par conséquent, nous avons deux limites. Nous n'allons pas acheter plus de 25% de chaque émission, et pas plus de 33% de la dette de chaque pays émetteur.
La limite de 25%, au passage, est celle qui est prévue afin de ne pas être une minorité de blocage telle que définie dans les clauses d'action des assemblées collectives, essentiellement les assemblées de détenteurs d'obligations, et c'est fondamental pour nous que nous soyons en mesure de dire que tous les détenteurs seront traités de manière juridiquement égale.

Bien sur ces limites pourront être modifiées à tout moment par la BCE. Les valeurs annoncées aujourd'hui ne sont données que pour faire illusion qu'il existe une limite. Ce qui veut dire que la BCE est fermement engagée sur un chemin où elle détiendra un jour prochain la quasi-totalité des dettes émises. Exactement comme aujourd'hui la Fed détient une très grande majorité des Bons du Trésor américain (US Treasury) pour les maturités pondérées à 10 ans. Nous irons progressivement sur ce chemin pour mieux anesthésier les sujets-citoyens, mais sans jamais faire machine arrière, à aucun prix. Ce n'est pas un coup de bazooka, c'est une déclaration de guerre totale.

Je voudrais insister encore une fois sur deux aspects fondamentaux: tout d'abord que la BCE prend acte que le fonctionnement normal du marché est celui d'un marché officiellement truqué, où comme je l'ai dit les valeurs sont déterminées par quelques personnes anonymes et activées au travers de la BCE. Les autres acteurs du marché, y compris les sujets-citoyens européens, n'ont aucune liberté. Tout comme l'avis rendu par la Cour Européenne de Justice, nous condamnons ainsi les marchés libres. Nous rentrons dans une économie ouvertement et pleinement planifiée. Nous nous sommes assurés de faire suffisamment pression  pour avoir l'appui officiel des instance européennes qui définissent l'interprétation des lois, de façon que les sujets-citoyens n'aient aucun recours, aucun moyen de modifier la donne. Une économie planifiée est fondamentalement une économie qui rend prisonnier chacun des citoyens qui redeviennent au mieux de simples sujets, de la naissance à la mort. 

Ensuite les sujets doivent comprendre ce que signifie les interventions de la BCE sur le marché secondaire. Cela signifie que la BCE n'achète les titres de dettes qu'aux banques privées. Celles-ci les acquièrent sans aucun risque auprès des Ministères des Finances de chaque pays européen, et sont assurées de les revendre avec une marge à la BCE. Cela signifie l'arrivée de marges confortables sur les bilans de ces banques privées, et des bonus pour les quelques personnes qui en profitent (gros actionnaires, comité exécutif, traders d'obligations), pour une activité quasi-automatique qu'un enfant de huit ans pourrait exécuter. 

Mais ce n'est pas tout: nous rachetons en grande partie des titres déjà actuellement acquis par les banques privées. Ce qui implique directement que nous remplaçons sur les bilans de ces banques privées des assets douteux, peu ou pas liquides, par du cash. 

Question: Ainsi le respect des règles de Bâle III ne sera plus un problème. Mais comment ce cash va-t'il servir ?

Draghi: Je répondrai en séparant deux aspects. En termes de communication tout d'abord, la BCE et tous ses complices ont besoin d'insister sur la possibilité que ce cash se déverse magiquement sur les crédits aux PME. C'est ce que nous appelons le "ruissellement de la richesse", ou bien une "incitation accrue pour les banques à prêter au secteur privé". Le fait qu'il s'agisse d'une pure illusion comme l'a démontré la réalité aux USA ou au Japon qui ont conduit de tels programmes de QE, n'est pas un problème pour nous.  L'histoire de l'économie nous a appris tout d'abord que les fonds sont alloués là où c'est le plus facile, le plus rémunérateur, qu'on ne prêtent qu'aux riches, et c'est ce que nous allons faire à nouveau. Bien sûr les média feront quelques reportages largement diffusés où une PME quelconque a reçu un crédit pour "sauver 10 ou 20 emplois" avec un témoignage d'une banquière pour affirmer que c'est possible uniquement parce que le QE est lancé. Ainsi personne ne demandera des comptes sur ce que deviennent très précisément les 60 milliards mensuels.

Ensuite en termes de flux réel, ce cash à la disposition des banques privées européennes va suivre les chemins déjà connus: achats d'actions sur les bourses occidentales, donc montée des cours et des indices, en particulier au Japon et USA. Les banques de ces pays sont heureuses de revendre leurs titres avec une marge, et acquièrent le cash. Ce cash va alors servir à acheter les Bons du Trésor américain. C'est cela le plus important, car c'est ce marché qui tient tout le système financier occidental. Il lui faut obligatoirement des volumes sans cesse croissants. Nous estimons que 90% au moins des volumes mensuels de cash injectés par le QE en euros se retrouveront rapidement transférés en cascade en achats de Bons du Trésor américain. L'attractivité de ce marché en termes d'absence de risque pour les traders et les bonus associés est irrésistible. Chacun trouvera les arguments fallacieux qu'il faut pour se convaincre et continuer à oublier toute morale et toute raison.
C'est un tour de passe-passe très simple mais qui fonctionne toujours avec un bon public. C'est d'ailleurs pour cela que nous nous entourons de journalistes accrédités par nos soins.

Il est inévitable que la vente de ces Bons du Trésor américain continuellement émis servira à financer les efforts des guerres que mènent les Etats-Unis avec la complicité de tout le groupe occidental: financement du gouvernement nazi en Ukraine qui pousse son propre peuple à la guerre civile, guerre de l'ISIL contre la Syrie sont nos deux priorités de cette année. 

En résumé tout programme d'assouplissement quantitatif ou QE, que l'on devrait nommer plutôt "planche à billets électronique" parce que c'est exactement cela, n'est qu'un moyen puissant de continuer à conduire encore plus longtemps et de manière encore plus appuyée la même politique générale. Notre adage a toujours été "More of the same".

Question: Ma question est à propos de cet engagement à mener des achats d'actifs jusqu'à ce que vous vous estimez être sur un chemin cohérent avec la réalisation de taux d'inflation en dessous, mais proche de 2% à moyen terme. Les gens semblent avoir des opinions très différentes sur ce que signifie "à moyen terme". Serait-il possible de préciser?

Draghi: Je me limite à relire seulement la déclaration officielle. Je ne veux pas spéculer, donnant des horizons de dates, des échéances. Ainsi, ces achats sont censés être effectués jusqu'à la fin septembre 2016, et seront dans tous les cas effectuées jusqu'à ce que nous voyons un ajustement durable de l'évolution de l'inflation. Vous pourriez aussi bien avoir demandé, ce qu'est un ajustement durable? Un ajustement durable dans la progression de l'inflation, qui est cohérent avec notre objectif de parvenir à des taux d'inflation en dessous, mais proche de 2% sur le moyen terme. Vous savez que la notion de moyen terme est une question complexe. J'ai discuté de cette notion. Elle dépend de nombreux paramètres, et à ce stade, nous ne voulons certainement pas spéculer sur des échéances précises.

Question: Pour donner de la perspective, pourquoi le public, pourquoi les marchés financiers devraient penser que ce QE sera un succès en termes de renforcement de l'inflation, en termes de rétablissement de la croissance économique, d'emploi dans la zone euro?

Draghi: Tout d'abord permettez-moi d'ajouter quelque chose maintenant, parce que c'est effectivement très important. Ce qu'une politique monétaire centralisée peut réaliser, je l'ai dit de nombreuses fois, mais je pense que c'est la peine de le répéter. Ce que la politique monétaire centralisée peut réaliser au mieux c'est créer les fondamentaux pour la croissance, mais pour que la croissance décolle, vous avez besoin d'investissements. Pour que les entreprises et particuliers investissent vous avez besoin de confiance, et pour la confiance que vous avez besoin de réformes structurelles. 
Inversement, une politique monétaire différente peut créer les fondamentaux pour empécher la croissance.
Ce QE renforcera-t'il l'inflation? Absolument pas, et c'est bien ce que nous recherchons. Ainsi le QE pourra continuer indéfiniment. Nous comprenons bien que toutes les politiques monétaires accommodantes menées depuis 2007 sont des politiques déflationnistes. Les QE ont pour réel objectif de mener vers une hyper-déflation. Celle-ci provoquera immanquablement une destruction physique du capital, c'est à dire une guerre en Europe. Ceci se produira quand l'érosion de capital que constitue la déflation aura anéanti les autres formes de capital: entreprises, économies personnelles, revenus, propriétés. Cette destruction physique causera alors à une hyper-inflation, mais pas avant. Dans de telles catastrophes, personne n'aura l'occasion de demander des comptes à la BCE et à ceux qui sont nos vrais interlocuteurs.  

Question: Pouvez-vous nous expliquer comment le QE entretient la déflation ?

Draghi: Il faut d'abord bien comprendre comment mesurer correctement l'inflation. Il ne s'agit certainement pas de mesurer une hausse des prix en euros courants, qui est une autre illusion que les charlatans-économistes diffusent et que nous encourageons.
L'inflation se mesure par rapport à une référence absolue. Celle-ci ne peut pas, et ne pourra jamais être une devise, euro, dollar ou autre. La seule référence absolue existante est l'or métal. Il faut mesurer tous les prix en masse d'or fin. En effet on ne mesure pas un mètre-ruban à l'aide d'une élastique, mais les variations de longueur d'une élastique à l'aide d'un mètre-ruban.

Voyez par exemple sur ce graphique les prix des principales devises mesurées en mg d'or fin:

Prix des devises mesurées en mg d'or fin
échelle de gauche: USDEuroGBPCHF
échelle de droite: Yuan, RupeeReal ;
données mensuelles depuis 04/1968

Je zoome sur les dernières années pour que vous appréciez mieux les mouvements provoqués par l'abandon du peg par la Banque Nationale Suisse et par le QE de la BCE depuis le 22 janvier :

idem; données quotidiennes depuis 01/2010

Les devises occidentales USD, GBP, euro dévissent par rapport à l'or: ces devises s'échangent contre une quantité d'or qui diminue rapidement.
Les devises des pays BRICS et le franc suisse sont stables ou bien grimpent par rapport à l'or. Une devise des pays BRICS s'échange contre une quantité croissante d'or. Il est ainsi évident de voir quel pays gagne et qui perd du pouvoir d'achat.

C'est le graphique le plus fiable pour suivre l'évolution de la guerre actuelle des devises. Nous avons ici utilisé le cours international de l'or à Londres, mais il faudra très bientôt utiliser le cours international de l'or à Shanghaï pour évaluer plus correctement la valeur réelle des devises.

La déflation se lit aussi dans l'évolution des taux d'intérêts des obligations d'Etat. Voici sur ce graphique ce que donne cette évolution à travers plusieurs régimes monétaires.

Valeurs annuelles des taux des obligations d'Etat entre 1860 et juillet 2012.

La baisse est quasi-continue depuis 1982, également pour tous les pays de la zone euro excepté la Grèce. Des plus bas historiques ont désormais été atteints. Le taux allemand à 10 ans est désormais à 0,4%, soit 10 fois moins environ que la valeur idéale. Le taux de l'obligation d'Etat japonais à 10 ans a atteint 0,2% cette semaine et celle à 5 ans a atteint 0,00%, suite à l'abominable "Abenomics". Alors qu'un régime de stabilité des taux caractérise une période de développement sain, on note un effondrement historique des taux allemands au début des années 20, suivie de la période d'inflation dont les origines économiques réelles ne sont jamais approfondies.

La baisse des taux d'intérêts a un effet pervers. En diminuant le service de la dette, pour les Etats, les entreprises ou les particuliers, elle incite ces acteurs à emprunter encore davantage, et à ne surtout rien changer de leurs comportements. Ne répète-t'on pas depuis des années que "les taux n'ont jamais été aussi bas, et qu'il faut en profiter"? Ainsi le volume absolu de dettes s'accroît, et rend impossible la hausse future des taux à moins de risquer une embolie subite. Le piège s'est refermé.

La baisse des taux appelle une nouvelle baisse: les entreprises et particuliers diffèrent leurs investissements de quelques mois, pour bénéficier de taux encore plus avantageux, ou bien parce qu'ils n'ont pas confiance dans la dérive que prend l'économie et les relations internationales. Tous ces retards produisent un ralentissement de l'économie réelle, qui s'accumule. La banque centrale décide alors d'assouplir encore davantage les conditions de crédit toujours avec le même prétexte: "faire repartir la croissance". Les taux rebaissent.

Il est aisé de comprendre que la source problème vient d'un déficit de demande de crédit, d'un déficit de confiance des sujets-citoyens, et non pas d'un déficit d'offre de crédit. Quand chaque acteur économique décide de retarder son action, dans les faits il se retire du jeu. C'est ce qui se passe dans toutes les situations où un acteur veut dominer les autres et impose ses désirs par la force, la loi, la répression ou le monopole n'étant que des expressions de la force. Les autres joueurs préfèrent délaisser le jeu et en recréer un autre sans faire participer le mauvais joueur. L'action du joueur dominant tombe peu à peu dans le vide.

Notre QE qui déverse du cash aux banques n'est activé que pour aider les banques dans leur problème de solvabilité et d'entretien du flux de Bons du Trésor américain. Pour ceux qui attendent tout d'une centralisation socialiste, il aurait été bien plus logique que ce cash soit déversé directement aux foyers et PME afin d'aider réellement la demande.

La planche à billets électronique, c'est-à-dire le QE que nous allons activer, va encore écraser davantage la structure des taux d'intérêts, en particulier pour les taux longs maintenant que les taux courts sont à zéro ou moins. Vous pouvez en avoir une illustration en observant ce qui s'est passé suite aux QE activés par la Fed depuis 2008, qui sont matérialisés par la courbe des obligations rachetées par la Fed :

Taux directeur de la Fed (FF), taux des obligations d'Etat de 1 à 30 ans (DGS1Y à DGS30Y), volume des obligations rachetées par la Fed (TREAST); Données quotidiennes depuis 06/2006

Question: Comment peut-on se prémunir contre une politique déflationniste ?

Draghi: Quand la politique monétaire est centralisée et conduite de façon déflationniste, l'histoire a montré qu'il existe un moyen ultime: acquérir de l'or ou de l'argent métal, et les stocker en dehors du système bancaire, sous forme de pièces ou lingots. Leur valeur réelle quasiment constante leur permettra d'être spontanément remis en circulation, à tout instant, pour réaliser les échanges critiques à l'échelle locale dans une époque particulièrement troublée. Chaque acquisition d'or revient à sortir un peu plus du jeu dont je parlais, et donc hâte sa fin.
Il est particulièrement intéressant pour les acquéreurs de noter que ces métaux monétaires offrent la même protection dans les périodes d'hyper-inflation, pour les mêmes raisons.

Ce moyen ultime, cette dernière carte individuelle, est un recours utile en cas de faillite de la société. Il ne doit cependant pas faire oublier des actions collectives préalables et qui restent toujours possibles. Celle du mouvement Syriza en Grèce, par exemple, en est un bon exemple.



2015/01/20

Pour comprendre certaines facettes profondes de notre temps



En complément de la conférence de MM. Dortiguier et Vernochet à Toulouse l'année dernière, voici quelques liens pour approfondir des sujets qui ont été rapidement mentionnés. Faites vos humanités.


Sur Hempher et la création du Wahhabisme, par ordre chronologique :
  • La première mention en langue ottomane de la thèse historique expliquant l'implication profonde des anglais et/ou franc-maçons dans la création du Wahhabisme semble* avoir été rédigée par le contre-amiral ottoman Ayyub/Eyyûb Sabrî Paşa, dans Tarih-i Wahhabiyan (Histoire des Wahhâbites) publié en 1296 A.H. (1879 CE) à IstanbulUne nouvelle édition du texte de Eyyûb Sabrî est parue sous le titre "Tarih-i Vehhabiyan(1992). (*note: non vérifié par mes soins à ce jour)
    • Eyyûb Sabrî a été influencé (d'après l'éditeur) par les écrits rassemblés dans ce livre publié en arabe: Fitnat al-Wahhâbiyya. Il ne doit pas être confondu avec celui-ci.
  • Cette thèse fut reprise par Eyyûb Sabrî dans Mir'ât ul-haramayn, Matba'a-i Bahriyye, Istanbul, pp. 99, vol. III [la série en 5 volumes a été publiée entre 1301-1306 A.H. (1883-1888 CE)] ; Cette édition en script arabe date de 1973 ; Une traduction en anglais du passage sur Hempher est ici.
    • Cette thèse historique semble* auparavant mentionnée par l'historien officiel Ahmet Cevdet Paşa vraisemblablement dans le volume 9 (les pp.312 et suivantes retranscrivent une correspondance diplomatico-religieuse en langue arabe entre le sultan et Saud al kabeer bin Abdul-Aziz bin Muhammad bin Saud; le volume 7 pp.182-212 est aussi cité par d'autres commentateurs comme référence) de son histoire de l'Empire Ottoman (Annales de Cevdet ou Tarih-i Cevdet) publiée en 12 volumes en langue ottomane avec script arabe entre 1854 CE / 1269 AH et 1884. Une autre édition fut publiée en 1874, et une autre en 1309 A.H. / 1891 CE. (*note: non vérifié par mes soins à ce jour). 
    • Extensions et traductions ultérieures: 
      • Memoirs of Mr. Hempher, The British Spy to the Middle East que l'on trouve aussi sous le titre Confessions of a British Spy and British Enmity Against Islam, 12ème édition en anglais (2010), Hakikat Kitabevi Publications No. 14. Ce livre est déclaré être la traduction de Mudhakkarat al-Mister Hempher (appelé Muzakkarat ul-Mister Hempher en turc) qui a été publié en arabe au Caire par Dâr al-kitâb is-sâfi. L'origine du texte des mémoires de l'espion anglais Oliver Hempher/Hemfer qui a vécu un siècle avant Sabrî et Cevdet reste obscure. 
      • Ces mémoires ne doivent pas être confondues avec le livre Hampher's Memoirs (1734), qui sont les mémoires du Duc de Gloucester (confusion que semble faire M. Vernochet dans son dernier livre).
      • Une publication en anglais sous le titre "Wahhabism and its refutation by the Ahl As-Sunna" est parue en 1977. 
      • Une traduction commentée en anglais du texte de Pasa est disponible ici
      • Colonel Sa'id Mahmud Najm AI-'Amiri, The Emergence of AI-Wahhabiyyah Movement And it's Historic Roots (2002); traduction par le DIA américain.

    Sur le Sabbataïsme il faut lire cet article, et les références.

    Sur l'Etat Profond, on pourra lire ces articles qui font désormais référence en tant qu'introduction au sujet.

    Sur les torpilles à cavitation et le Koursk, Vernochet reprend une thèse dont Jean-Pierre Petit était à l'origine et dont j'ai toutes les raisons de penser qu'elle est parfaitement exacte. 


    Et sur la crise de l'esprit occidental je vous conseille en bonus :



    2013/11/02

    Towards a resilient international monetary system (part 1)

    [This is the English translation of the original article published in French.
    Part 2 of this serie is available here: The golden age of our times is the age of gold]

    Foreword:

    The crisis of legitimacy faced by the institutions of the global governance system set up after 1945 is resulting in the collapse of the old framework of international cooperation, with apparently nothing ready to replace it, besides a myriad of more or less successful regional integration projects. The supra-national regional entities that are currently being forged, created in a context of increasing emergency, are indeed the building blocks of tomorrow’s multipolar world. These integration processes are certainly a necessary step, but without a new "global" governance framework, capable of harmoniously combining these new components, conflicts of interest will soon oppose them and will quickly lead the world into the logic that prevailed in Europe in the late nineteenth century and the first half of the twentieth century.

    Today everyone can see these tensions mounting between blocks on the themes of access to commodities, trade, currencies,.. putting high pressure on the fragile world peace and endangering the impressive development of emerging powers and the long period of prosperity of Western powers.

    The next G20 to be held in Saint Petersburg in September is the next opportunity that the world gives itself to find solutions to the growing difficulties facing its equilibrium. But time is running out...

    The Euro-BRICS strategic alliance :

    For three years now and based on three seminars already, LEAP and MGIMO have been advocating a Euro-BRICS strategic alliance wishes to enable:
    • Europe to turn more resolutely towards the future dynamics that the BRICS bring
    • the BRICS to find the allies they need to achieve a more balanced global governance system.
    In this double simultaneous development, the whole world has everything to gain.

    The last seminar of the Euro-BRICS research network was held in Moscow on 23 and 24 May 2013 and addressed several major issues that the dynamics of Euro-BRICS relations could bring solutions upon, which include monetary and trade issues.

    My presentation was titled "Towards a resilient international monetary system to systemic crises". I presented a strategic overview of the first part of my thoughts on the evolution of the international monetary system, which concerns the short-term. When reading its content (full text below) it may yet seem too much avant-garde or even wacky. This is not the case as demonstrated by recent announcements: first the announcement last July of the use of Qianhai special region for the purpose of innovation in financial flows. And second: in June 2013, the Asian Development Bank, the Centre for International Governance Innovation and the Hong Kong Institute for Monetary Research published a study entitled "A Practical Approach To International Monetary System Reform: Building Infrastructure For Settlement Regional Currencies" (originally presented in a conference December 2012 in Hong-Kong) and exactly aligned with the strategy that I have described.

    Bruno Paul, 08/27/2013.



    Towards a resilient international monetary system to systemic crises

    Back in April 2010, the World Bank member countries agreed to change its severely criticized governance. This text has never been ratified by the U.S. Congress. 

    On 03/26/2013 the BRICS countries announced the opening in 2014 of their own development bank, a fund with more than 100 billion USD, which will be able to substitute to the World Bank when appropriate. 

    In response to the question I asked last 04/19/2013 at the conference #futureecon organized by the IMF, about the possibility of creating a second IMF by the BRICS countries, the IMF Deputy General Manager M. Min Zhu worried about this eventuality, and the question is no longer taboo. We need to remember that the world has witnessed the use of two simultaneously dominant reserve currencies during the interwar period. The U.S. dollar and British pound were used in almost equal parts, each with their own geographic area of influence.[5] To continue only to forecast a single international monetary system and a single reserve currency is therefore probably a reflex or an intellectual habit. 

    IMF has announced a commitment to a review of quotas by January 2014, a proposition championed by BRIC countries since 2008. [1] 

    From the conclusions of their last April and May meetings, G20-Finance, the World Bank, the IMF and the IFMC helped to highlight the strong convergence of international debate and a consensus on three key principles: structural reforms that will manage debt on a sustainable path, deficit reduction over the medium term and reduction of global macroeconomic imbalances. It is explicitly stated the need to restore the resilience of the international economic system. 

    The IFMC press release specifically indicates a commitment to refrain from competitive devaluations.[6] 

    We can then define two groups of countries: those who actually enroll in this consensus, and those for whom it is only words since the beginning of the crisis. Factual analysis of the evolution of macroeconomic indicators since 2008 allows us to isolate in one group: the U.S., Japan, and the United Kingdom, and in another group: all others G20 countries. For instance, efforts towards a fiscal convergence within the eurozone are particularly remarkable. The integrated economic government of Euroland, with a president appointed at its head who would be responsible for a tax harmonization among the member countries and to extend the plan against tax evasion is growing each day a little bit more, these days by the official voice of François Hollande who so wishes to occur before 2015. 

    On the other group, without having to officially using the terms of "competitive devaluation" the weapon of extraordinary monetary policies has already allowed the yen to lose continuously 25% of its value against the dollar, the euro, and the yuan since October 2012. Analysts announce the continuation of this trend throughout 2013.


    Therefore what struck us is the failure of the IMF strategic mission of financial supervision, whose official statements endorse the practices of countries that do not play the multilateral game.

    This has already pushed the BRICS countries to develop a common strategy for the reform of the international monetary system. [4] To my mind it is shared by the political leaders in the Euroland and fully in the logic of closer Euro-BRICS relations. Let’s list the the big milestones of this multilateral strategy for the reform:
    • Reform and entry into force of new quotas and voting rights in the IMF, with an improving weight for countries like the BRICS;
    • Reform of the basket of currencies defining the SDR currency (with gold gram);
    • Development of a very deep and liquid market for international trade based on the new SDR
    • Slow rebalancing of global macroeconomic imbalances in the medium term, is to say 20 years minimum

     The unprecedented political movement created by the creation of a new BRICS development bank, far from appearing as a simple duplication, can be also useful to stimulate diplomatically the progress of this multilateral strategy.

    The key question then becomes, in my opinion: is the necessary delay to ensure the success of this strategy allowed? As stated in the introduction of our seminar: "time is running out." We recently published in the Magazine of Political Anticipation an analysis of U.S. foreign and domestic policies going back over a century, and we showed that the policy of military Keynesianism at work in this country led to a strong erosion of democracy, today already at a level where we can anticipate that a significant portion of U.S. citizens in a few years will be forced to follow the path of an open struggle against their federal government. To the international pressure will follow for the U.S. government a rapidly growing domestic pressure.[7]

    Moreover, the unveiling role of the world systemic crisis has occurred:
    - First, in the recent and anticipated dramatic shifts in the gold market which revealed the price manipulation through short sales contracts on the COMEX in New York, followed by withdrawal of almost all of the eligible physical gold stocks stored by JPMorgan Chase , one of six bullion banks sharing the gold storage and physical delivery for COMEX futures market. 

    Source: ZeroHedge

    In two days, 400 t of gold disappeared from the bullion banks [3]. At the same time appears the loss of correlation between the official quotation of gold (that is to say, gold paper quotation) and the physical gold which is now accessible only through the addition of a premium which greatly increased , and is highly dependent on local supply. And finally we need to point out the historical record for physical gold imports by Asian countries in the first quarter, including 300 t for China. 

    Source : ZeroHedge

    - Second, the disclosure is evident in the growing number of leaked lists of thousands of owners of bank accounts in tax havens since 2007 (beginning with the Lichtenstein then Switzerland [2]), in the investigations that the States including those of the Anglo-Saxon pole are forced to conduct, and finally in the growing regulation of automatic data exchanges from tax havens banks to the fiscal administration in the state of residence.

    These unveilings are major factors accelerating the global systemic crisis, in its current phase.
    It seems to me therefore essential not to abandon the multilateral strategy to reform the international monetary system, but to quickly add to it another initiative from the Euro-BRICS group. This second initiative draws on the logic currently at work of global geopolitical dislocation, and I call it “Multipolar Strategic Initiative for Resilience”. Its purpose is to minimize the effects of currency war, and to complement the use of the many new bilateral swaps.

    Our proposition is to develop or create Special Administrative Regions for each country of the Euro-BRICS group. These regions would be dedicated to flows of goods traded by each country of the Euro-BRICS with the United States and Japan, like the existing status for Hong Kong or Macau. The inclusion of the UK in this list of special trade partners could be studied as well, but the process is made much longer and uncertain for the euro zone because of the current European treaties. Possible future voluntary exit from the European Union by the UK would call for study its inclusion in this list.

    Euro-BRICS countries would not make any more invoicing or payments for goods selling directly with the United States and Japan. Note that we consider for the moment only flows of physical goods, that is to say, the greater part of the real economy. Import/export flows and re-invoicing would be operated only using transhipment through the Special Administrative Regions (SAR). The idea would be to use in these regions a different currency than the one commonly used in Euro-BRICS countries, in the same way that the Hong-Kong dollar is not the same currency than the yuan or renminbi.  Current currencies would remain convertible on the market. These Special Administrative Regions would concentrate the risk of trading with countries with great variations in currency exchange rates. Euro-BRICS countries would be able to regulate at will the rate of exchange between their own currency and the one in force in their own SAR. These SAR would be developed or created around major ports currently used for trade with the USA and Japan. Registering not strictly necessary financial activities (private funds ...) in these SAR will be discouraged.

    Trade between the Euro-BRICS countries should not be affected by the development of the RAS, and if possible do not pass through them. These areas should be used only to build a “firewall” (like when protecting IT networks) for trade with countries whose observed policies have proven their unwillingness to respect the required governance for an effective multilateral trade dialogue.

    However, it is desirable that the Euro-BRICS countries strengthen their abandonment of the dollar as their international invoicing currency for trade between them, including for oil products. The existing agreements should be amended accordingly.

    The Multipolar Strategic Initiative for Resilience is very flexible. Each country can progress at its own pace in this direction, respecting the new cooperative logic of global governance summarized by the expression of Evgenia Obitchkina: “the multipolarity alongside the diversity." [8]

    The main advantage of such a "string of pearls" of RAS that would interface with the United States and Japan, in addition to reducing the currency risk thanks to the strict control of the exchange rate with the SAR and to the billing terms that can be optimized, lies in the resilience of the international trade system in case of default of major financial institutions in the United States or Japan. For Euro-BRICS countries, financial defeasance structures (Special Purpose Vehicles…) would be registered in the RAS and systemic risk would be more contained without jeopardizing businesses and public debts of the Euro-BRICS countries.

    Finally this initiative can be simply summarized: it is to organize and regulate the interface between the dollar-yen area and the rest of the world. The trade and economic size of the Euro-BRICS countries is sufficient to initiate the successful containment of the systemic risk.

    In a second step, one could think about control of capital flows between the Euro-BRICS countries and U.S. / Japan, but it seems to me less of a priority and can be developed independently. The Asian crisis of 97 and the euro crisis have already raised awareness of required significant exchange reserves or alternative mechanism to dampen currency crises or sudden withdrawal of capital by U.S. companies.

    The world of tomorrow, but also visible prospects out of the current global crisis depends to a large extent on the qualities of the new international monetary system and first its stability. The Multipolar Strategic Initiative for Resilience is a new step towards a dual international monetary system resilient to global systemic crises. As Deng Xiaoping stated: "One World, a dual system" is the horizon to which we should move forward. And as said Richard Fuller, “to change something we need to build a new model that makes the existing model obsolete”. The mere mention of this possibility is already a carried weight argument to improve the effectiveness of the multilateral strategy. This new initiative is a potential source of true political influence for the Euro-BRICS and for a growing synergy by network effect.

    Bruno Paul, 05/23/2013, Moscow.




    [2] Shortly after the agreement with the French fiscal administration is an agreement reached between UBS Switzerland and the USA

    [3] K. Weiner has since proposed a different explanation for this fact. It is seldom known and deserves to be mentioned. 

    [4] M. Otero-Iglesias, M. Zhang, EU-China Collaboration in the Reform of the International Monetary System, RCIF Working Paper No. 2012W07, 04/2012; Mr. Otero-Iglesias, China, the Euro and the Reform of the International Monetary System , 10/2012 

    [5] C. R. Schenk, The Retirement of Sterling as a Reserve Currency after 1945: Lessons for the US Dollar ?, Canadian Network for Economic History conference, 10/2009 ; B. Eichengreen, M. Flandreau, The rise and fall of the dollar, or when did the dollar replace sterling as the leading international currency?, NBER Working Paper 14154, 2008. 


    [7] B. Paul, The inevitable counter-revolution of the American people, Magazine of Political Anticipation, n.8, 03/2013; See also the long version of this article in French. 

    [8] E. Obitchkina, « From the diplomacy of states to that of networks: powers and areas of interest », 3rd Euro-BRICS seminar, Cannes, 09/2012.