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2013/08/29

Les banquiers centraux et leurs émotions

[MAJ le 30/08]

Le Financial Times vient de publier un article que j'attendais depuis 2007: Central bankers have given up on fixing global finance. Vous avez bien compris: les banquiers centraux réunis à Jackson Hole renoncent à trouver une solution pour améliorer le système monétaire international et sortir de la crise globale: c'est l'abandon au statu quo.

Bien sur, même maintenir ce statu quo leur est impossible. C'est juste un aveu de leur perte totale de contrôle, ce que nous décrivons depuis des années.
Mais commençons tout d'abord notre analyse par la partie facile: ce renoncement est une émotion qui s'inscrit dans le cadre de l'acceptation du changement induit par la crise systémique globale, et son choc depuis 2007. Les banquiers centraux(*) sont passés par les émotions classiquement associées aux étapes de la courbe du changement de Kübler-Ross qu'elle a appliquée à toute forme de perte catastrophique. 

Immédiatement après le choc, l'étape de déni est celle où continue de s'exprimer le sentiment de stabilité: les banquiers centraux sont dans un état stable, ils maitrisent généralement leur travail, possèdent des habitudes, mais surtout une expertise dans ce qu’il fait. On annonce que la crise n'existe pas, ou bien qu'elle ne sera que très passagère.

Puis vient la confusion : le changement se précise, les faillites se font retentissantes (2008). Les banquiers centraux restent droits dans leurs bottes à ce stade, et ne croient pas encore au caractère systémique de la crise. On communique pour essayer de se convaincre soi-même d'un découplage des économies.

Puis vient le rejet : les banquiers centraux essayent systématiquement de défendre l’ancienne façon de faire (QE) et rejette les nouvelles idées (comme rebâtir le système monétaire international sur un panier de devises, ce qui a été proposé dès 2009).

Puis vient l’agressivité : passant par un sentiment d’amertume, et parfois de colère, les banquiers centraux peuvent devenir agressifs et prendre des décisions contraires à l'intérêt des autres. C'est la phase de guerre monétaire (currency war) depuis 2010.

Puis vient la négociation : les banquiers centraux tentent de négocier pour minimiser les impacts sur leur situation actuelle. C'est le travail de réflexion multilatérale sur la refonte du système monétaire international qui connait son point culminant en 2011. On pourra consulter :
Puis vient l'acceptation de l'échec : les banquiers centraux passent par un sentiment de frustration ou de tristesse, puisque la négociation ne donne pas de résultats. Le bilan de la réunion de Jackson Hole cette semaine en est un très bon exemple. 
On doit ici citer le dernier communiqué du FMI du 5 Août sur la modification des droits de vote et des quotas. L'application de toute la réforme de 2010 est désormais suspendue à la seule décision des Etats-Unis. En effet, un minimum de 85% des votes doivent l'entériner. 75% sont déjà réunis, et les U.S. refusent toujours de voter alors qu'ils sont les seuls à disposer d'un vote bloquant (16%). Comme le résume parfaitement Thomas Bernes :
"The failure by the Unites States to deliver on its agreement after almost three years, seriously weakens the credibility of the Unites States to exercise leadership in the future, and leaves the IMF in limbo on its resources and governance reforms."
Cette acceptation de l'échec peut présenter plusieurs facettes: une pour la communication officielle, comme à Jackson Hole, et l'autre pour des dernières actions résiduelles d’agressivité, menées sans y croire vraiment, comme la remontée des taux et le rapatriement de capitaux de tous les pays émergents vers les U.S. et menaceraient de les faire s'écrouler, à en croire certains commentateurs. La belle blague. Non seulement cette pauvre stratégie n'a eu aucun succès contre la seule zone euro, et là il s'agirait de s'attaquer à tous les autres pays à la fois, alors qu'un fonds de réserve commun de 100 milliards de dollar est déjà en préparation entre les BRICS depuis le début de l'année, lesquels avaient justement anticipés cette possibilité? La suite est parfaitement prévisible: cette campagne anti-BRICS fera rapidement long feu et va accélérer encore la dynamique intra-BRICS. Il s'agit donc en ce moment pour l'Europe, et l'Euroland en particulier, de faire comprendre aux BRICS que nous les aiderons à passer ce moment, tout comme ils nous ont aidé à passer la crise de l'euro. C'est aussi comme cela que les partenariats stratégiques prennent corps.

Puis vient pour nos banquiers centraux la phase de test : les plus progressistes essayent tour à tour de nouvelles solutions de façon limitée, ou sans concertation générale. La dislocation amorcée par la phase d'agressivité s'amplifie. Les actions s’égrènent suivant le moment où chaque banque centrale est entrée dans cette phase. C'est ainsi que se développent les accords de swaps bilatéraux, les fonds de réserve de devises comme celui annoncé par les BRICS en mars dernier, le rachat d'or par certaines banques (Russie, Chine...) et son leasing par d'autres (Inde). Ou encore l'annonce par Poutine de vouloir modifier (cette fois-ci considérablement) le mode de calcul des quotas au FMI lors du prochain G20. C'est pour être synchrone avec ce moment que j'ai proposé dernièrement l'Initiative Multipolaire de Résilience Stratégique. 

Puis viendra ensuite la phase d’acceptation du changement par les banquiers centraux, mais ils en auront encore une perception négative ou de regret de "l'ancien temps". 

Puis viendra enfin la phase d’engagement : les banquiers centraux percevront les avantages du changement, et agiront positivement.


Explorons maintenant la partie plus délicate de notre analyse: celle des chemins politiques alternatifs.

L'empreinte des banquiers centraux dans le champ social n'est pas n'importe laquelle. Depuis un siècle exactement, elle est associée à des mécanismes de plus en plus renforcés de communication, qui ont comme fonction première de synchroniser les émotions du public avec celles des messages qui sont diffusés. C'est là que réside une faiblesse que certains peuvent exploiter à leur avantage. Si le public tombe lui aussi dans cet état de renoncement face aux difficultés de cette crise, on peut alors facilement lui faire avaler de belles couleuvres. 
Relisez l'article du FT et notez la phrase "The choice is this: impose capital controls or let the Fed run your economy." Ce qui veut dire en clair: renoncez à la globalisation financière ou bien concentrez toutes les décisions économiques et monétaires globales dans les mains de la Fed. Cette faiblesse humaine de croire facilement à la concentration des pouvoirs comme solution magique à toute crise, au leadership proclamé et à la simplification évidente du processus de décision comme préalable à toute bonne décision a été exploitée maintes fois dans l'histoire. Hélas, c'est un gouffre qui sépare une bonne décision et une décision pour le bien de tous. A retenir donc: à partir de maintenant et plus que jamais, prêter particulièrement attention aux conséquences politiques possibles de toute expérimentation diligentée dans l'urgence pour répondre à la crise "après avoir tout essayé".

Mais l'article du FT contient une autre perle: "A stable international financial system has eluded the world since the end of the gold standard. The first condition for creating one, however, is the ambition to try."
La toute dernière phrase est particulièrement ambiguë, et je vous propose de la comprendre comme suit: Le monde n'a plus connu un système monétaire international stable depuis la fin du standard or. La première condition pour créer un standard or, cependant, est l'ambition d'essayer.

Dans les prochains articles, je montrerai comment un nouveau standard or associé impérativement à d'autres conditions précises est la meilleure réponse possible à la crise systémique globale. Je m'appuierai pour cela sur les travaux de la Nouvelle Ecole Autrichienne d'Economie (NASOE) et du professeur Fekete en particulier. En effet, puisque les banquiers centraux sont découragés, et les institutions de Brettons Woods en panne, c'est la fenêtre d'opportunité tant attendue pour faire percer cette riche idée: phase de test, d'acceptation et d'engagement :)  Nous tiendrons également compte du caractère multipolaire du monde actuel.



(*) : le terme "banquiers centraux" est simplificateur et désigne ici la somme des influences prépondérantes qui s’exercent pour les décisions structurant le système financier et monétaire international. Il ne recouvre pas nécessairement et pas seulement tous les gouverneurs des banques centrales du monde.

2013/08/20

Our Research Pages


Data series, historical data and graphs :



Annexes sur l'étude de la crise écologique globale :


    Publications et travaux 
    (Main list) :
  • Travaux et études publiés | Interventions lors de séminaires
    Published studies | Public seminars
    Studien veröffentlicht | Interventionen in Seminaren
    Los estudios publicados | Las intervenciones en los seminarios






2013/07/11

Qianhai is a toe

 Quand un représentant de la nation qui a inventé les arts martiaux vous dit que "Qianhai est un orteil", ce n'est pas à prendre à la légère.

In January, a dozen banks in Hong Kong signed yuan loan agreements with companies in Qianhai. This is the only channel for overseas yuan to flow back to the mainland. Many are looking closely now whether this will be challenged.
One official from the Qianhai Administration Bureau, however, shrugged off the concern and said Qianhai and Shanghai are positioned differently.
"Beijing is the brain, Shanghai is the heart and Qianhai is a toe," he said. "Financial innovations can be risky. They are not suitable for the heart but can be tried out on the toe."
Les orteils sont en effet indispensables pour maintenir en équilibre le corps. Ils apportent agilité, stabilité et proprioception. Et que vaut un champion s'il ne peut pas se tenir droit?
 La finance est définitivement un sport de combat, surtout en ces années de guerre monétaire. 

C'est dans cet esprit d'agilité que s'est située mon intervention lors du dernier séminaire organisé par le LEAP 2020 et l'université MGIMO à Moscou les 23-24 mai, lequel a réuni des représentants de plusieurs pays de la zone Euro, de la Commision Européenne et de tous les pays BRICS, dans la perspective de la préparation du prochain G20.  Une note de synthèse stratégique a déjà été diffusée.


J'ai évoqué lors de ce séminaire l'utilisation des zones administratives spéciales, déjà connues pour le commerce, pour leur associer les flux de la finance liés au commerce. La zone de Qianhai en est justement une bonne illustration. Nous diffuserons dans quelque temps le texte de cette intervention.

2013/01/25

La crise écologique globale exige une refonte du système monétaire international

 J’ai commencé depuis quelques semaines à rédiger un essai sous licence CC qui exposait les premiers résultats de l’approche transdisciplinaire que j’ai menée. Sa raison d’être est de contribuer aux réponses à la crise écologique globale. Comme je l’ai écrit en 2010 (ainsi que Dupré et Griffon en 2008), la crise systémique actuelle n’est qu’un des symptômes de cette crise ultime. J’écris ultime à dessein : cette crise sera dépassée ou renverra l’humanité dans un tel état de délabrement que toute ambition de libération de l’homme sera définitivement évanouie, tout comme sa propre humanité. En effet, pour résumer la situation en quelques mots simples : les études les plus poussées ont montré que notre planète ne pourra tout simplement pas nourrir et abreuver la population mondiale prévue en 2050, et pour certaines régions du monde dès 2030, dans les conditions actuelles des relations internationales. Les pertes humaines d’une nouvelle guerre comme celle de 1939-1945 (65 millions de victimes) ne changeraient rien à la situation globale. C’est une limite absolue induite par les répartitions dans l'espace et le temps entre la population, les moyens techniques, les ressources disponibles (matières premières et énergétiques). On consultera en priorité à ce sujet L. Brown « Plan B » plusieurs éditions ; D. Dupre, M. Griffon « La planète, ses crises et nous » 2008 ; et les références Agrimonde et MEA citées dans mes articles sur la crise écologique globale et la politique alimentaire internationale

Les voies menant à un progrès technique décisif sont interdites : c’est la crise scientifique (cf Ref. 1). La seule voie de sortie satisfaisante pour l’humanité passe par une refondation des relations internationales. Or celles-ci sont actuellement bloquées sur son point le plus fondamental : la réforme du système monétaire international. Si cette réforme n’est pas complètement menée à bien dans les 5 ans à venir, alors les soubresauts de la crise écologique globale imposeront ensuite une adaptation de la population mondiale aux ressources disponibles, malgré les naissances. Cela veut dire au final des centaines de millions de morts non naturelles, davantage encore tant que l’énergie disponible par habitant diminuera par épuisement, et un contrôle draconien des naissances dans les pays qui pourront l’organiser. Moins de rendement agricole, moins d’eau pour les cultures, moins de possibilités d’innovation technique et davantage de migrations incontrôlées des populations. Ce déclin de civilisation face à une crise écologique a déjà été historiquement analysé de manière très fouillée (cf J. Diamond, « Collapse », 2005). Nous connaissons donc toutes les terribles conséquences, étape par étape de cette voie d’un déclin par paliers brutaux. 

Il faut rajouter à ces facteurs celui d’une catastrophe écologique. L’étude de référence Millenium Ecosystem Assessment de l’ONU qui a rassemblé 1300 experts de 95 pays s’est aussi intéressée aux effets des futures catastrophes écologiques (Breakdown in Ecosystem Services). Un des 4 scénarios investigués (Order From Strength) indique une probabilité de 70% pour la survenue d’un accident écologique soudain et catastrophique qui toucherait 1 million de personnes, 40% de probabilité pour 10 millions de victimes, et 10% de probabilité pour 100 millions de victimes (MEA “Ecosystems and Human Well-Being”, volume 2 Scenarios, p.139). Un exemple de ce type de catastrophe serait par exemple la fusion d’un cœur de réacteur de centrale nucléaire, suivie d’un accident de criticité au sein du corium fondu, et d’une dernière explosion qui diffuserait dans l’environnement notamment des dizaines de kilos de plutonium produit lors du fonctionnement normal du réacteur, parmi les substances les plus toxiques. 

Comment imaginer un instant que notre sens de l’humanité, notre nature, resterait intact au travers d’un tel déclin qui déclencherait les pires instincts, même pour les populations des rares pays épargnés? Aucune nation ne peut espérer s’enfermer dans une forteresse et oublier que le reste du monde s’entretue. Ce futur, celui de nos enfants, se détermine de nos jours. Nous savons donc que c’est notre responsabilité dès aujourd’hui. Nous avons déjà argumenté que ne pas agir revient à faire un choix, négatif. Il n’existe pas de position neutre ou en retrait sur les décisions vis-à-vis de notre devenir collectif. Il ne s’agit pas pour autant de dire que « Soit vous faites partie de la solution, soit vous faites partie des freins ». Nous aurons l’occasion d’y revenir dans une prochaine analyse sociologique, plus fine. 

La voie recommandée par de nombreux auteurs ces dernières années (J. Diamond « Collapse » 2005 ; J. Rifkin « Une nouvelle conscience pour un monde en crise » 2010 ; F. Lenoir « La guérison du monde » 2012 ; J. de Rosnay « Surfer la vie » 2012) se limite à proposer de changer soi-même avant tout. Je pense qu’il faut y voir deux moments bien distincts: celui où la volonté de changer spirituellement se manifeste par un désir d’ouverture, par une recherche de supplément de concepts non formés (le terreau dont je parlais dans l'article pour les découvreurs) ; et celui de la création d’idées fécondes, d’un nouveau paradigme, ce qui est d’une toute autre teneur. Une nouvelle conscience est un préalable, mais ce n’est pas une solution. 

Seuls de rares auteurs ont tenté d’aller plus loin dans les propositions de solution : L. Brown « Plan B » plusieurs éditions; D. Dupré, M. Griffon « La planète, ses crises et nous » 2008 ; J. Rifkin « La troisième révolution industrielle » 2011 ; et dans la mesure de scénarios contrastés limités aux ressources agricoles, l’étude Agrimonde de 2010. Examinons les.

L’étude Agrimonde a produit sur cette base deux scénarios agricoles et alimentaires normatifs, visant à nourrir la planète de manière soutenable en 2050. Le scénario de rupture AG1 est basé sur des conditions beaucoup plus proches de la réalité actuelle, notamment sur l’évolution des rendements et des surfaces agricoles. L’une des conclusions principales est qu’AG1 nécessite impérativement une coopération internationale accrue sur les échanges de produits agricoles et la régulation de ce marché. Cette hypothèse est aussi centrale dans les solutions esquissées par Brown, Dupré et Griffon. Mais elle n’est pas conforme au constat de dislocation géopolitique mondiale que l’on a anticipé à la suite des travaux précurseurs du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, et que tout le monde constate aujourd’hui comme une des conséquences historiques de la crise systémique globale. Cette coopération internationale, tout comme le régime de garantie des droits afférents sont majoritairement portés au niveau des institutions internationales. Or " la garantie des droits interroge la nature et la légitimité des pouvoirs " (G. Massiah « Une stratégie altermondialiste », 2011). La dislocation géopolitique mondiale qui est en cours affaiblit les instances onusiennes. Elles sont le plus souvent impuissantes à garantir les droits, au bénéfice de la loi du plus fort et des justices à deux vitesses. L’inégalité de l’accès au droit s’aggrave. 

Les dernières pistes proposées par Rifkin (2011) prennent bien en compte cette continentalisation, pour reprendre un terme né en Europe qu’il utilise dans son dernier livre, par opposition à la mondialisation. Il estime aussi nécessaire de « mettre Adam Smith à la retraite », et identifie donc ce volet de la crise scientifique actuelle. Il propose également des solutions de production « latérale » d’énergie, par les citoyens.

A ma connaissance on ne connait pas encore de solution industrielle pour la pile à combustible, ou encore  le stockage prolongé et sécurisé de l'hydrogène dans les matériaux, c'est une barrière forte (bien que l'européen Mc Phy Energy s'attaque sérieusement à ce sujet). Pour le solaire photovoltaïque dispersé sur chaque maison: quel est le coût écologique de fabrication, de distribution et de recyclage des équipements individuels, et leur efficacité? Rifkin n'apporte pas à ce stade de démonstration que ce modèle latéral est la solution la plus viable pour la transition énergétique. Sa vision concernant l'effet latéral est intéressante, mais appliquée à la production et distribution d'énergie est-ce le bon paradigme ? Je ne le vois pas argumenter sur ce point qui est crucial. Pour séduisante qu’elle soit, rien ne prouve que l’énergie totale produite par ces générateurs suffise pour la planète en 2050. Créer de toutes pièces une nouvelle filière énergétique suffisamment efficace, maîtrisée et durable requiert sans nul doute une nouvelle percée en physique fondamentale ; c’est ici que nous sommes confrontés au blocage par cet autre volet de la crise scientifique.

D'autres modèles de production un peu plus centralisés (municipaux par exemple) mais sans nucléaire sont tout à fait possibles à plus ou moins long terme suivant leur maturité, et certaines réalisables immédiatement: les générateurs de vapeur solaires utilisant la technologie de solaire thermique à concentration par exemple, qui bénéficient d'effet d'échelle qui rendent la solution économiquement très intéressante, ou bien les générateurs/récupérateurs d’énergie à zéolithes (système de combustion CREDO par exemple).

Il nous paraît opportun de citer les dispositifs électrochimiques utilisant  les réactions nucléaires à faible énergie (LENR - par exemple le réacteur de Piantelli) dont l'enseignement est présent depuis 2012 à l'université MIT (videos) et fait l'objet de réguliers congrès scientifiques internationaux (vidéos du dernier congrès en Corée sous l'égide de l'initiative Energy, Environment, Water, and Sustainability, vidéos du colloque au CERN en mars 2012), ou le CIHT de l'américain BlackLightPower. Ces derniers bien que séduisants sont des solutions très lentes à maturer :
  • dans la communauté académique - qui a créé son propre lieu de débat (ou bien ici), 
  • dans les médias dominants, y compris les journaux de vulgarisation - pour lesquels la "fusion froide" reste sauf exception un tabou, 
  • et à développer à l'échelle industrielle : l'article précurseur de Fleischman et Pons date par exemple de 1989, et Fleischman est décédé en août 2012.

Enfin, Rifkin se limite à envisager des solutions d'auto-suffisance énergétique par continent. Mettre en place un nouveau système économique autarcique continentalisé ne prend son sens que quand on résout comment le système fonctionne à ses interfaces entre les zones économiques et monétaires: bref, supporter la continentalisation va de pair avec une refonte du système monétaire international puisque c’est lui la clé de voûte des échanges. Cette pièce manque. 

Que l’on ne s’y trompe pas : les propositions de Rifkin peuvent fort bien servir de locomotive à des décideurs qui veulent aller de l’avant, et produire un effet d’entraînement. Leur valeur est déjà immense rien qu’en cela. Mon propos est d’en montrer certaines limites et comment envisager de les dépasser. 

Si la « croissance verte » est un simulacre d’idée pour la résolution de la crise écologique globale, la proposition de retour à la spiritualité est un constat d’absence d’idées : c’est un ensemble de concepts non formés, un préalable. C’est à ce vide que je me suis attaqué. Cependant, je me suis lancé dans ce projet d’essai tout en sondant la réceptivité de ma sphère sociale sur ces orientations. En réponse, je dois rester lucide et tenir compte du constat que le moment n’est pas encore arrivé pour l’accueil de ces idées de nouvelle conception des relations internationales, orientées en priorité autour d’un objectif commun : les solutions pour résoudre les tensions actuelles associées à celles pour pouvoir s’engager ensuite dans la résolution de la crise écologique globale. Cette double projection, le long terme donnant davantage de sens au moyen terme et donc aux priorités stratégiques des agendas, ne rencontre pas l’écho suffisant. Le terrain n’est hélas pas encore prêt. 

Pour être plus en accord avec la capacité de réception, je segmente donc mon projet de publication d’un essai en concentrant mon anticipation politique sur la première étape chronologique de ma feuille de route : la refonte du système monétaire international, dans la continuité d’une partie de mes articles (cf Refs 2, 3, 4, 56). C’est le nœud gordien vers où sont actuellement dirigées toutes les attentions des décideurs, témoin en est la crise émergente au Japon. C’est le cadre de mon prochain article à paraître en mars, avec en perspective les inévitables conséquences sur les USA, un prolongement qui n’apparaît pas encore à l’esprit des analystes (cf Ref 7).

MAJ le 28/01 :
Ajout dans l'article de compléments sur les nouveaux dispositifs de production d'énergie les plus porteurs du mouvement "free energy", dont les multiples lieux de débat se développent justement en réaction à la crise scientifique dans le milieu académique. Dans les multiples initiatives proposées par ce mouvement il faut trier soi-même les bons concepts des approches plus farfelues, mais cela fait partie du débat et de l'appropriation collective.

MAJ le 31/01 :

MAJ le 03/06 :
J'ai contribué les 23 et 24 mai au 4ème séminaire Euro-BRICS organisé par le L.E.A.P./E2020 et l'Université MGIMO de Moscou, qui a réunit des participants de haut niveau des pays ou organisations suivants: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, zone euro (France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Belgique), Commission Européenne.
Mon intervention s'intitulait "Vers un système monétaire international résilient aux crises systémiques", et se situe dans la parfaite continuité de ce que j'expose dans cet article. Je publierai bientôt le texte de cette intervention.
A signaler également:
"He called on both sides to deepen cooperation in areas such as financial supervision and regulation, macro policies and improvement of capital market system, and beef up coordination and cooperation within international financial institutions including the International Monetary Fund and the World Bank, in a bid to jointly promote the establishment of a new international financial order featuring fairness, justice, inclusiveness and orderliness."

2013/01/17

Gold, the renminbi and the multiple-currency reserve system

 The Official Monetary and Financial Institutions Forum and the World Gold Council have just released a new report called "Gold, the renminbi and the multiple-currency reserve system".

The foreword is by itself a very good synthesis of the current situation :
" The world is preparing for possible twin shocks from the parlous position of the two main reserve currencies, the dollar and the euro. As China weighs up its options for joining in the reserve asset game, gold – the official asset that plays no formal part in the monetary system, yet has never really gone away – is poised, once again, to play a pivotal role. [...] No other reserve asset seems safe from the coming dollar shock. "
If this new international monetary system preparation and the dollar replacement as the major reserve and international currency still looks incredible for you, here are others synthetic views of the current situation :

ECRI U.S. Weekly Leading Index ;
data serie from 1967 to 1/4/2013; click to zoom

Share of AAA-rates assets as part of the total fixed income markets

...this is the rush towards new safe assets (for instance below Australian AAA sovereign bonds) :


...and out from the U.S. Treasury and Agency securities :



...and add to this the reports about gold massively bought and recycled out from LBMA system or newly claimed by Asian countries.

Now back to the OMFIF report : Chapter 4 summarizes different prospective scenarii for the 2013-2018 timeframe. As usual with prospective-only scenario, they simply ignore the politics, and let the readers do their own choice. More, they do not argument at all why they have chosen these scenario and not others ones, and do not even mention Japan.

I have then to give my own view, based on previous political anticipation about the strenghtening of the eurozone, more political integration into Euroland+ (i.e. EU less UK plus Scotland), more weakness of the Fed blunt monetary policy, increasing defiance towards Fed monetary policy from others interests, and a new monetary policy from Japan following the recent election (cf Yahoo News). 

Currency zone
Macroeconomic developments
Currency effect
Impact on gold
U.S.
US economy in recession due to fiscal tightening and ineffective policies. Public finances remain weak, as does domestic demand.
Dollar drops as fast as the new reverse system is taking momentum.
Gold market manipulation and Euro strength are initially gold negative, but US weakness then cannot avoid to boost gold.
Eurozone / Euroland+
Euro area works through its problems and survives intact, thanks to the new integrated policies and macroeconomics tools.
Euro strengthens as Europe appears to have overcome the crisis.
Euro strength is gold negative, but US weakness then cannot avoid to boost gold.
China and South Asia
China tries to stimulate domestic demand.
Renminbi decouples from dollar as further de-pegging is seen as attractive.
Chinese buying continues. Emerging market central banks continue opportunistically to build up gold stocks.
Japan
Japan tries to stimulate domestic economy using a new monetary policy.
BoJ decouples from Fed policy as further pegging of Yen with Renminbi is seen as attractive.
BoJ have to buy some gold stocks to back their own currency, and/or sell their U.S. Treasury for others bonds.

I will discuss UK geoeconomics in a future article, if this priority increases.


2012/10/19

The international role of the euro remains unchanged after the last crisis : ECB review

This 11th annual review of "The international role of the euro" presents the main findings of the continued monitoring and analysis conducted by the ECB and the Eurosystem looking at the development, determinants and implications of the use of the euro by non-euro area residents. This review also examines in greater depth issues that have a bearing on the euro’s international role, the global currency order and the international monetary system (Part #1). This analysis is also  presented in the form of four special features (articles #2 to #5).

Contents:

1. Recent developments in the international use of the euro.
2. Foreigners’ appetite for euro area securities during the sovereign debt crisis.
3. The Chinese dominance hypothesis and the potential emergence of a tripolar global currency system.
4. When did the US dollar overtake the Pound Sterling as the leading international currency? The “old view” versus the “new view”.
5. Was unofficial dollarization / euroisation an amplifier of the global crisis of 2007-09 in emerging economies?
6. Statistical annex.

PDF Version :  1.64 MB (en)
ePUB Version:  10.3 MB (en)

The 4th article, based on work by Chitu, Eichengreen and Mehl, and the 3rd one, based on work by Fratzscher and Mehl, bring new details on a topic familiar to the readers of Conscience Sociale ( How to replace the world trade reference currency ? ) ;  Part 1.3 proposes updated elements to the topic covered on this page : US Dollar (and Euro) as invoicing currency.
The whole review certainly deserves your strong attention.

2012/02/05

Global supply and demand trend to its lowest since 27 years (Baltic Dry Index)

 We are following the Baltic Dry Index since 2008. This composite index gives insight in global supply and demand trends. The small picture to the left is a 1 year chart updated weekly.
Financial News has recently published a report about its trend since 1 year.

But the situation is even worse : the Baltic Dry Index has reached this week its lowest since 1985 (the year this index was first published) at 647 points, even lower than the previous low at 663 points in december 2008, or in december 2001.

(clic to enlarge the picture)

Handy Shipping Guide has published this week an in-depth article about this multi-decades record low as well as Bloomberg (when the index was at 662 points, its lowest since 1986 - now the index has reached even lower to 647), and businessweek.

2011/10/27

Les 2 prix du pétrole

 La dislocation du monde depuis le début de la crise vaut aussi pour le prix du pétrole. Il est néanmoins frappant de constater à quel point, ainsi que de voir que personne n'en parle, ou alors en terme de simple "anomalie transitoire". La FTC ne semble enquêter que sur les fluctuations de prix et la suspicion de leur manipulation, et moins sur les écarts entre index.

Commençons par regarder les 2 index principaux de ce marché du pétrole, depuis 1 an glissant: à ma gauche le WTI Crude, et à ma droite le Brent Crude.


Alors que l'historique de ces index montre habituellement un écart d'environ 1%, depuis fin février 2011 le WTI a dérivé en quelques semaines pour se situer 20 à 25% moins cher que le Brent. Alors que le Brent persiste depuis cette date au-dessus du palier de 100$, le cours du WTI cherche à s'en éloigner. C'est un comportement extraordinaire pour deux matières premières aussi similaires (et ceci même si l'on compare des bruts avec des densités API équivalentes), si on croit aux vertus des marchés "purs et parfaits" !
Outre l'écart des prix de ces index, c'est bien aussi la durée de persistance de cet écart qui doit être expliquée - si vraie explication il y a, c'est à dire si elle est communicable en toute transparence. Vu le silence assourdissant des spécialistes en place qui se bornent à dire que "le WTI a perdu son statut d'index de référence", nous pensons au contraire que c'est une affaire d'opacité, d'occultation, et qu'il ne faut pas attendre d'explication que l'on ne soit pas allé chercher soi-même.
Cherchons des similitudes: à quoi raccrocher l'index WTI? Aux USA, d'après la définition donnée par Wikipedia. On peut alors s'intéresser aux autres index des bourses au pétrole dans le monde
(note: cette page de l'EIA a ensuite été modifiée en 2012 et ne fait plus apparaître les informations, mais on peut trouver une archive. La nouvelle page (également ici) ne fait désormais apparaître qu'une petite "sélection" de bruts. Remarquons aussi que de nombreux prix, même si ils datent d'une année, sont "Withheld to avoid disclosure of individual company data". On appréciera ici la transparence du marché du pétrole, qui est pourtant une caractéristique essentielle au concept de marché).

Et on remarque immédiatement que :
  • la plupart des index évoluent avec une faible différence entre eux, sur toute la durée de l'historique, y compris par rapport à la moyenne de l'index composite de l'OPEC. Les variations plus importantes, dues à des ruptures logistiques, ne durent pas.
  • les seuls index présentant un autre comportement sont ceux du Canada, et du Mexique
  • et ces derniers présentent cet écart exactement depuis juillet 2008, date du plus haut sommet des prix du pétrole, avec une tendance nettement accélérée depuis fin février 2011 :


note: Ces images ont ensuite été retirées du site web de l'EIA en 2012. Je les remplace par les copies suivantes, mais qui ne présentent l'historique que jusqu'à fin 2008. Cliquez sur le lien pour voir l'historique complet de chaque index. ]

Mexico Maya Spot Price FOB (full history with monthly data)



Canadian Par Spot Price FOB (history of Lloydmonster prices with monthly data)
(cliquez pour agrandir)

Ces 3 index représentent une partie très importante (28%) de l'approvisionnement en pétrole brut des USA. Le Canada est le premier fournisseur de pétrole des USA en volume, et le Mexique le 3ème. A cette part il faut rajouter la production locale des USA, au prix du WTI, équivalente à 60% des importations de pétrole brut. La facture pétrolière des USA est donc d'au moins 20% plus faible que s'ils se fournissaient au prix normal du spot, comme les autres pays. Pour un cours moyen à 100$ le baril cela représente une économie d'environ 107 milliards USD par an en ne comptant que le pétrole brut, au détriment en partie des revenus du Canada et du Mexique. Ces distorsions du marché permettent d'amoindrir les hausses du prix à la pompe, et une inflation qui reste galopante dans un pays aussi consommateur :

 (cliquez pour agrandir)

On peut donc bien définir deux zones géographiques qui partagent le monde, chacune avec un prix du pétrole sensiblement différent. L'Amérique du Nord d'un côté avec un prix artificiellement bas, et de l'autre côté le reste du monde avec un prix sensiblement plus élevé. Et on comprend que, apparue lors du franchissement de la barre symbolique des 3$ le gallon, "l'anomalie" du WTI ne va pas disparaître puisqu'il s'agit de maintenir par ce biais gigantesque le prix à la pompe le plus bas possible. Ceci expliqué, vous pourrez regarder les jolies explications de l'EIA d'un autre oeil.
(Note: depuis ce billet, l'EIA - qui consulte Conscience Sociale - diffuse des informations complémentaires tous les deux mois sur les prix)

Mise à jour 6/1/2013 :
ajouts des notes, MAJ des liens et images

Mise à jour 28/6/2013 :
suivi du spread BRENT-WTI au quotidien (en %, échelle de droite; échelle de gauche: prix du WTI) :



2011/06/26

How to replace the world trade reference currency ?

In order to contribute to answer this question, we have chosen to study facts in recent history, i.e. the replacement of Pound Sterling by US dollar during the XXth century. It is difficult to find accurate information about how this change occurred. Central Banks' archives are not available to the general public. But a recent work by Schenk[1] shed new light on this question.

We will introduce relevant data aggregates coming from IMF to figure out the current status and the dire anticipated future for the US dollar.

From a reserve currency to a dominant currency

First, Schenk has pointed to the need to distinguish the reference currency used for the usual international trade from the dominant currency in central banks reserves. The currency used for the international trade is a simple political choice, based on the known currency stability at this time. US dollar was chosen in Bretton Woods, 1944.

Second, the choice of world trade reference currency has only little link with the current dominant currency in central banks reserves. Read the sentence on page 4, Ref[1]: "...the dominant reserve currency shifted from sterling to the USD and back again during the inter-war period." [2]
Technically, this currency used for the international trade can be replaced in a few months with the current computing systems. After the decision is taken at an international level, we only need to modify the currency used in some few key markets including oil, commodities, gold.
The replacement of Sterling by the US dollar has occured when the US$ was less than 30% of central banks reserves. This replacement has driven a huge deflationary pressure onto the Sterling, at this time the dominant reserve currency. This is the reason why a strategic partnership was introduced between US and UK. But also, multiple monetary cooperations have been deployed by the main central banks to avoid a rapid collapse of Sterling. This transition occurred during several tens of years (see graphic below) when we saw the Sterling depreciate slowly step by step, like if we release steam pressure. If this transition has taken so long, we can be sure it was the only way to protect UK banking system (and its owners), who agreed, in return, to change UK policy into a strong ally of US on every future subjects.

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(clic to zoom)

We can draw several conclusions from this historical comparison relevant for our times :
  • First, the second dominant reserve currency deserves a deep attention (see next part below). This currency does not need to become the first dominant reserve currency before becoming the world reference currency
  • Second, as soon as the world trade reference currency has officially changed, an enormous force is liberated leading to the devaluing of the previous reference currency, because it is less used hence less needed into central banks reserves. A lot of people then want to sell a lot of this currency. We can even precise that the speed of devaluing is not in the hands of its emitting country. It is fully in the hands of others central banks who own large assets in this currency. They must negotiate successfully in order to avoid a brutal currency collapse. This deal must be executed during tens of years to release the deflationary pressure step by step, using small devaluings. In our times, the big owners of US dollar reserves, apart Fed, are China, Japan, Gulf Countries, and some countries in Europe. How much of them are nowadays really willing to avoid the US dollar collapse at any price, and have the economy in good health to support this transition's weight during so long ?
  • Third, UK situation up to 1945 was very different than the US current situation, see sovereign debt and unemployment ratio, public services and industrial investments, military infrastructure to sustain. International relations were fully different : UN, IMF were created at this time, and currently UN, G20 and IMF have not succeeded in enforcing any real solution about the global systemic crisis and about the monetary disequilibrium. That's why monetary strategies used for decades to move from Sterling to US dollar and support Sterling with a long transition period cannot be used today.

The dollar, Euro and Unallocated reserves in central banks

We made some simple calculations based on last available IMF COFER data[3], to figure out the different currencies total reserves. Here we want to compare data available for all countries together, for advanced economies, for emerging and developing economies, for USA alone, and for Hong-Kong chinese special administrative region.

1) Composition and growth of official reserve assets (or total foreign exchange holdings) between 1999 and 2011

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(clic to zoom)

The main facts to notice are :
  • Total foreign exchange holdings have increased much more from 2001 to 2007 than from 2007 to 2011 in any countries groups
  • This growth is always much bigger in Emerging and developing economies than in Advanced economies
  • Hong Kong and USA have fully different growth patterns compared to any countries groups : a weaker growth between 2001 and 2007, and a much stronger between 2007 and 2011 (see yellow cells)
  • The Unallocated reserves[4] are quickly becoming the dominant share of official reserve assets in the world, including China
They counted for 22% of world total foreign exchange holdings in 2001, 37% in 2007, 45% in Q4 2010. Growth of the Unallocated reserves is much stronger than growth of allocated reserves anywhere between 2001 and 2011 (see blue cells). Once again, this trend is much bigger in Emerging and developing economies. They own now 91% of all unallocated reserves in the world, when advanced economies own only 9% (see rows : "% unallocated in the world" ).
  • The Emerging and developing economies owns 2 third of the world total foreign exchange holdings. From 38% of the total in 2001, this share climbs to 59% in 2007 and 67% in 2011.
  • The Fed owns a tiny and a shrinking share of world total reserve assets
From 4.1% in 2000, this share has shrunk to 1.2% in 2007. Even with the massive QE program and Treasuries purchases by the Fed since 2008, this share is currently still only 1.5%. They are half of Hong-Kong's reserves since 2001 (see violet cells).

2) Composition and growth of allocated reserves in Euro, dollar and SDR currencies between 1999 and 2011

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(clic to zoom)

Knowing that allocated reserves represent only 55% of world total reserves assets in Q4 2010, the main facts to notice are :
  • Growth for world claims in US dollar is significantly lower than growth for world claims in euros, and continously since 2001. It is even lower than growth for claims in SDR[5] basket currencies in the same period. This trend is observed for advanced economies as well for the Emerging and developing economies (see green cells).
  • If world claims in dollar represent currently 61% (respectively 26% for Euros) of world total allocated reserves, they represent only 34% of world total foreign exchange holdings (respectively 15% for Euros). This means that the exact composition of currencies into the Unallocated Reserves have a decisive weight to determine the really dominant currency in world reserves (see rose cells). Said differently, it could be possible that today already the dominant currency in reserves would actually be Euro. At least, we can only say that dollar is currently only the supposed dominant currency in world reserves.
  • The share of claims in Euro in allocated reserves is similar in advanced economies and in Emerging economies, and same for claims in dollar. (see rows "euros / total allocated reserves" )
  • The difference between claims in dollar and claims in Euros is lower in Emerging economies (64 - 25%) than in Advanced economies (58 – 28%). Said differently, the Emerging economies are willing to report the claims in Euros (instead in dollar) more often than the Advanced economies.
These graphs[6] summarize the situation of the claims in Euros and dollar (clic to zoom) :

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And the following graph summarizes the question around the currently dominant reserve currency. It is relevant because of the dominant share of Emerging economies in the world reserves :

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(clic to zoom)

Let's have a look now on claims in SDR basket currencies. These shares allow us to compare a little more precisely between US and Hong-Kong reserves, because they report the claims in SDR basket currencies but not in dollar or in euros.
It is important to note that "The initial weights assigned to each currency in the SDR basket have been adjusted to take account of changes in the share of each currency in world exports of goods and services and international reserves."[7] In this respect, Euro share is 37.4% and dollar share is 41.9%.

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(clic to zoom)

Knowing that allocated reserves represent only 55% of world total reserves assets in Q4 2010, the main facts to notice are :
  • The share of Yen and Sterling in reserves is tiny in any group of countries.[8] This means that trends observed using claims in Euro and dollar are still valid.
  • The Hong-Kong's central bank has started to diversify in others currencies since 2007 (it could be asian neighbors currencies, Ruble, Real…). This share currently remains small.
  • The Fed does not claim any asset in Canadian Dollar, or Mexican Peso.
  • The Fed's share of claims in SDR basket currencies in the world represent nearly half of Hong-Kong's one.
  • The growth of claims in SDR basket currencies has suddenly increased (108%) between 2007 and 2011 in US, more than in any group of countries, and even more than Hong-Kong.

People are running faster than bankers

UN and IMF has already published papers about the unavoidable move from US dollar as the world trade reference currency in the following years. Since years, the question is not about IF, but about HOW and WHEN.
From our article's perspective, we can say that the transition period for the US dollar will be fully different compared to the Sterling's one.[9a]
Currently most central banks have only one ideology : how to sustain US dollar reference currency 20 years more, to mitigate their own risks and allow a managed transition towards a (still to be internationally decided) next reference currency or basket of currencies ?
The problem is that the social situation in most countries is so bad[9] that people will never give the time to this 20 years long strategy to maturate and be executed. More and more people in the world become conscious that central banks' interests are opposite to theirs. This will also influence many central banks to not support the strategy decided by the currently leading central banks so far (US and UK).  
This is the main reason why a managed transition to replace US dollar will not take place, and therefore why US dollar will collapse.
The question of WHEN this will take place has already been discussed by LEAP[10] , Lee Adler (see also interview part 2 on ZeroHedge) , Edwin Vieira and others. The collapse is a process which will take some months to complete, not a single day. It  could start as early as in next coming months, or next few years depending on extraordinary monetary decisions (QE3 or similar massive bond purchases, first limited dollar devaluation, tentative short period of hyperinflation...), public results of audit of the Fed or US gold reserves, or massive social unrest in the US.



[1] "The Retirement of Sterling as a Reserve Currency after 1945: Lessons for the US Dollar ?", Catherine R. Schenk, Canadian Network for Economic History conference, 10/2009.
[2] followed by a reference : B. Eichengreen and M. Flandreau, ‘The rise and fall of the dollar, or when did the dollar replace sterling as the leading international currency?’, NBER Working Paper 14154, 2008.
[3] IMF, March 2011 ; At the present, 33 advanced economies and 105 emerging or developing economies report most of their allocations to COFER. Because COFER full data for China mainland are not available, we choose to compare also with Hong-Kong chinese special administrative region data. The "All IMF reporting countries" rows include China mainland figures.
[4] Unallocated reserves represent the total reserves of non reporting countries to COFER, and any discrepancy between countries’ data on total reserves as reported to COFER and to IFS. This covers more than 180 countries.
[5] The SDR was redefined as a basket of currencies, today consisting of the euro, Japanese yen, pound sterling, and U.S. dollar. In the tables, "claims in SDR basket currencies" means the sum of the claims in dollar, euro, Yen, Sterling.
[6] NowAndFutures.com, 06/2011.
[7] IMF, 12/30/2010.
[8] It can be estimated as the difference between claims in SDR basket currencies and claims in euros, minus claims in dollar.
[9a] For another graphical view of this transition, we can refer to the US debt to GDP ratio since 1900, and UK debt to GDP since 1692.
[10] "Last warning before the Autumn 2011 shock, when $15 trillion of financial assets go up in smoke” G.E.A.B number 56, Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, june 2011.


Update 18th of July 2011 :
This article has already been read by many persons from 46 countries !
Here is a summary of the main readers location :

(clic to enlarge)
Update 20th, 22nd, 25th of July :
added  new countries and significant towns : Bangkok (Thailand), New Delhi (India), Warsaw (Poland), Tunis (Tunisia), Hanoi (Vietnam), Geneva (Switzerland), Ljubljana (Slovenia) for a total of 51 different countries ;  31 states and 114 different towns in the United States.

Update 21st of August :
new total of 55 different countries.

Update 07/26/2013 :
updated data can be found on these pages :

Excerpts from The Gold Basis 




Excerpts from The Federal Reserves's Dashboard

Update 05/19/2014 :
Because of this original article, IMF has finally decided to communicate more transparently about these unallocated reserves (see also here). No, IMF: you do not need to thank me.

World: shares of unallocated reserves

 World and EM countries: shares of unallocated reserves