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2016/04/04

La Guerre Réseaucentrique révèle l’ère du totalitarisme ultime et planétaire

[Cet article a d'abord été publié par le Centre de Recherche sur la Mondialisation le 3/04/2016]
Cet article est une introduction au paradigme de la « guerre réseaucentrique » (Net-centric warfare), dont les concepts ont été formalisés et élargis depuis les années 1990 par le ministère de la défense américain, en s’inspirant d’autres sources. A la différence de ce qu’indique le contenu actuel de sa page Wikipedia, ce terme est bien loin de seulement refléter « l’utilisation d’Internet sur les champs de bataille ». Le DoD a utilisé à son propos le terme de « Révolution en matière d’affaires militaires ».[1a] 
Les travaux entamés à la fin du XXème siècle ont connus leur mise en pratique très concrète à partir de 2003. En effet, il s’agit d’une théorisation qui englobe les opérations comme les Révolutions de couleur, ainsi que tous les moyens d’influence dont l’objectif explicite est la conquête géopolitique et la domination séculaire. En cela, l’utilisation des opérations définies par cette théorie s’oppose à l’intuition de « volonté prévalente des peuples », proposée par le Pr. P.D. Scott.[1b] Il est alors symptomatique de noter le rapprochement de la guerre réseaucentrique avec la lutte qu’entretiennent les entités politiques de l’État profond vis-à-vis de l’État visible.[2a] Selon nous, la théorie de la guerre réseaucentrique trouve un champ d’application dans la description de la structure et des opérations de l’État profond, en plus de celles du Pentagone. C’est pourquoi la compréhension de la guerre réseaucentrique est d’une immense importance pour l’organisation défensive de la société civile et d’un État visible qui souhaite rester souverain. En effet, nous devons comprendre que si certaines de ces opérations profondes ont été conduites depuis des siècles contre l’État visible, la formalisation de ces concepts et leur intégration méthodique depuis la fin des années 90 n’a pour objectif explicite que de passer à une toute autre échelle et de systématiser ces approches.[2b] Ainsi, c’est la paix qui disparaît complètement, puisque le modus operandi de la guerre réseaucentrique est de ne plus différencier la conduite de la guerre et celle de la paix, les forces amies, alliées, ou neutres des ennemis. La guerre, c’est la paix, désormais plus personne ne peut l’ignorer à l'ère de la démocratie téléguidée et de l'hypercontrôle des sociétés humaines.
Nous avons choisi comme approche pour cette introduction à la guerre réseaucentrique de traduire un article original du Pr. Dr. Vladimir Prav publié en anglais par SouthFront.org le 25/02/2016, ainsi que par le Centre de Recherche sur la Mondialisation le lendemain.[3] Nous l’avons commenté au moyen de l’ajout de toutes les notes de bas de page, prolongé par les URL, ainsi que par l’addition d'une compilation bibliographique des ouvrages de recherche militaire sur la guerre réseaucentrique et ses prolongements.[5a, 5b, 5c]
Dr. Bruno Paul


”Révolutions de couleur” et ”Guerres réseaucentriques” : luttes géopolitiques et fonctionnement des « réseaux »

Les concepts contemporains de la lutte géopolitique comprennent invariablement des mentions concernant la création et le fonctionnement de « réseaux ». La notion de « réseau » ou d’un « principe du réseau » réside dans l’échange d’informations, dans l’expansion maximale possible de la production de l’information, de son accès, de sa distribution et de l’information en retour. Le « réseau » est l’élément principal de l’espace d’information, dans lequel les opérations d’information sont menées dans le but de réaliser des objectifs politiques, économiques, informationnels, techniques, et militaires. Le « réseau » en tant que système, dans la compréhension globale du terme, comprend plusieurs éléments qui auparavant étaient habituellement considérés comme des phénomènes strictement séparés.
Le principe fondamental de la conduite de la lutte géopolitique moderne est celui d’une conception fondée sur le réseau ou « réseaucentrisme ». Ce principe repose sur trois postulats.
1. Le monde moderne est défini non seulement par des couloirs de transport avec des flux associés de biens et services, mais aussi par des réseaux d’information et de communications, qui forment le squelette de l’espace d’information mondial.
2. Le processus historique mondial est un processus mondial unifié de conflit, d’entraide mutuelle, ou de coexistence neutre des sociétés humaines organisées suivant des principes hiérarchiques (verticalité) et aussi en réseau (horizontalité), dans lequel le principe en réseau (horizontal) pouvant devenir dominant dans l’avenir. Les structures verticales et de réseaux horizontaux, avec diverses origines, but, force numérique, frontières géographiques et temporelles, et statut juridique, sont à la fois les objets et les sujets du processus historique mondial dont l’interaction facilite l’émergence de structures et connexions nouvelles.
3. Le développement dynamique des réseaux artificiels (électroniques) qui entrelacent et interagissent avec les réseaux psycho-sociaux et qui constituent un phénomène social qualitativement nouveau, sont une caractéristique unique du squelette du réseau d’information de la future société mondiale. Ce phénomène est identifié au sein du concept de guerre de l’information réseaucentrique comme étant le SPIN -Réseau segmenté, polycentrique, idéologiquement intégré.[4] Il faut noter que Microsoft a proposé une définition plus précise de ce phénomène, à savoir le « système nerveux numérique ».
Le principal acteur mondial utilisant systématiquement le principe du réseaucentrisme dans la lutte géopolitique est les États-Unis. Ses agents exécutifs sont les organismes d’État, les grandes entreprises et les structures internationales en réseau qui sont tous mutuellement entrelacés.
Les structures internationales en réseau, qui sont généralement appelés « les acteurs en coulisses », et qui sont les initiateurs fondamentaux du processus de la mondialisation, sont essentiellement un réseau d’ONG très influentes qui forment la « super-communauté » idéologique des mondialistes Euro-Atlantiques (ou occidentaux) et qui sont fermées aux nouveaux entrants. Une telle structure en réseau peut exercer une pression sérieuse sur l’ensemble de l’environnement politique mondial, le système financier, l’économie, à travers ses représentants et entités internationales de rang inférieur. Ils peuvent aussi décider et mettre en œuvre des décisions pour effectuer un changement de régime et de l’évolution du développement de pays sélectionnés.
En se fondant sur la mobilisation des actifs réseaucentriques situés sous le contrôle de ces représentants, la « super-communauté » des mondialistes Euro-Atlantiques peuvent mettre en œuvre une résolution «douce» d’un large éventail de problèmes politiques nationaux et internationaux clairement définis et coordonnés. La direction et le contrôle global peuvent être effectués grâce à l’existence d’une telle organisation méta-réseaucentrique, distribuée et hiérarchisée, dont les échelons supérieurs sont représentés par des réseaux qui appartiennent à la « super-communauté » occidentale. L’individu étant dirigé peut même ne pas comprendre qu’il est dirigé, et même s’il le comprend, il ne sera pas en mesure de comprendre d’où les instructions émanent et qui en porte la responsabilité.
Le contenu principal de toutes les guerres réseaucentriques se compose d’« opérations basées sur les effets » (Effects-based operations ou EBO). Ceci est le concept le plus important dans toute la théorie de la guerre réseaucentrique développée aux États-Unis.[5a, 5b] Les EBO sont définis par les spécialistes américains comme une « combinaison d’actions visant à la formation d’un modèle spécifique de comportement entre amis, forces neutres, et ennemis en temps de paix, de crise et de guerre ».[6, 7] Le principal résultat des EBO est l’établissement d’un contrôle total et absolu sur toutes les parties prenantes au conflit (y compris lors des conflits armés), et leur manipulation complète en toutes circonstances. Y compris lorsque le conflit est en cours, quand il menace, et quand il y a la paix.[8]
L’essence de la « guerre réseaucentrique » est qu’elle ne dispose pas d’un début ou d’une fin, elle est conduite sur une base permanente, et son objectif est de veiller à ce que les parties prenantes menant la guerre ont la capacité d’effectuer un contrôle complet sur tous les acteurs internationaux. Intégrer le « réseau » prive les pays, les nations, les armées et les gouvernements de tous les vestiges de l’indépendance, de la souveraineté, et même une existence séparée, en les transformant en objets programmés étroitement contrôlés. Il permet la mise en œuvre d’un nouveau modèle de contrôle planétaire direct, d’une domination mondiale d’un nouveau type, où le contenu, la motivation, les actions et les intentions des acteurs internationaux sont tous soumis à une direction extérieure.
Il s’agit d’une conception d’une manipulation globale et d’un contrôle total à l’échelle mondiale. Cela ressort de la définition de l’EBO. Les tâches de l’EBO comprennent la formation d’une structure de comportement non seulement entre amis, mais aussi avec les parties prenantes neutres et ennemies, en d’autres termes, à la fois les ennemis et les parties neutres agissent en conformité avec un scénario qui leur sont imposées et sont conduits non pas par leur propre volonté, mais par la volonté des exécuteurs de l’EBO. Si les ennemis, les amis et les parties neutres font ce que les Américains veulent qu’ils fassent, ils deviennent des marionnettes avant même leur ultime défaite.[9] La bataille est gagnée avant même qu’elle ne commence.[10] Les EBO sont menées simultanément avec les opérations militaires, en période de crise et en temps de paix, ce qui reflète le caractère total des guerres réseaucentriques.
L’objectif stratégique d’une guerre réseaucentrique est le contrôle absolu sur tous les participants au processus politique à l’échelle mondiale. Son objectif tactique est d’établir le contrôle par l’agresseur géopolitique sur les actifs de l’État victime, avec un « transfert » se déroulant en grande partie d’une manière volontaire et consentant puisque l’attaque n’est pas perçue comme une agression, mais plutôt comme un élan vers un développement ultérieur.
Ceci rend la guerre réseaucentrique beaucoup plus complexe à mettre en œuvre qu’une guerre traditionnelle “chaude”, mais elle est aussi beaucoup plus efficace. Les résultats des « guerres chaudes » sont généralement contestés et se dissipent au fil du temps (comme l’ont montré la première guerre mondiale et, en particulier, la deuxième). Les effets des guerres réseaucentriques peuvent durer pendant des siècles, jusqu’à ce que les agresseurs et leurs besoins fondamentaux changent.
Le front principal de la guerre réseaucentrique est situé dans l’espace mental, avec l’objectif de l’ennemi étant de détruire les valeurs fondamentales traditionnelles d’une nation donnée et d’implanter les siennes. L’existence et la structure de ce type de guerre ne peuvent pas être perçues au niveau de la conscience des masses. Si l’élite politique d’une société qui est visée par une guerre réseaucentrique n’est pas suffisamment qualifiée pour identifier ce type d’agression et organiser une réponse appropriée, la société elle-même est vouée à une défaite géopolitique écrasante.
Les spécialistes notent une autre caractéristique propre aux guerres réseaucentriques, à savoir l’absence d’une structure rigide au sein de l’entité qui agresse. Nous aimerions souligner que cela est dû au degré élevé d’hétérogénéité entre les éléments institutionnels de cette entité. Les éléments individuels et les éléments étatiques et non-étatiques de l’agresseur relativement autonomes ne font pas partie d’une certaine hiérarchie verticale. Au lieu de cela ils sont reliés par des interactions horizontales irrégulières. L’absence de hiérarchie et de régularité de l’interaction font qu’il est difficile d’identifier clairement l’existence et les activités de l’agresseur.[11]
En raison de la nature particulière de la guerre réseaucentrique, sa structure technologique (ou la somme totale des technologies sociales utilisées pour attaquer la société ciblée) est très complexe. Les technologies pour la guerre réseaucentrique comprennent des combinaisons d’étapes multiples et des intrigues dont les instigateurs ne sont pas évidents, un large éventail de moyens d’influence, et l’utilisation d’individus qui sont ignorants de leur rôle. Plus important encore, selon les experts américains, la guerre réseaucentrique à l’ère informationnelle post-moderne et post-industrielle diffère des guerres ordinaires de l’ère industrielle moderne par leur désir de parvenir à une répartition des territoires et des ressources vers l’extérieur du pays sans effusion de sang. L’objectif est de maintenir l’image des « démocraties développées » qui mènent les guerres réseaucentriques dans une grande variété de contextes géopolitiques sous le slogan de la protection des droits de l’homme. Dans une ère d’« humanisation » totale [12], conduire des opérations de combat est considéré comme une option déficiente. La société mondiale dort mieux si vu de l’extérieur tout semble aller bien. Grâce aux technologies modernes et à l’expérience acquise, même un génocide peut être entrepris sans chambres à gaz ni fusillades de masse. Il suffit de créer des conditions pour réduire le taux de natalité et augmenter le taux de mortalité.[13] Le succès peut également être obtenu par le nivellement par le bas de la nation au moyen du changement de ses stéréotypes et de ses normes de comportement de sorte que même une escalade des événements jusqu’au niveau de la violence est perçue comme naturelle.
Aujourd’hui, l’une des manifestations caractéristiques de la guerre réseaucentrique dans un monde globalisé sont les « révolutions de couleur ». Une révolution de couleur est une opération réseaucentrique dont l’objectif est la suppression des régimes politiques existants dans un autre pays.[14] Elle est fondée sur les méthodes de « lutte non-violente » développées par Sharp dans les années 1970.[15] Le concept de la révolution de couleur implique l’établissement d’un contrôle complet sur un pays et son territoire sans l’utilisation de la force armée, si possible. Elle peut être obtenue en appliquant la puissance d’influence (« soft power »), que le politologue américain Joseph Nye Jr. définit comme la capacité d’un État (ou d’une coalition ou d’une alliance) à atteindre des résultats souhaités à l’international par la persuasion et non par la suppression, l’imposition, ou la diplomatie coercitive, qui sont caractéristiques de la puissance coercitive (« hard power »). La puissance d’influence atteint son effet en induisant les autres à adhérer à certaines normes internationales de comportement, ce qui conduit au résultat souhaité sans appliquer de diplomatie coercitive.

Conséquences des Révolutions de couleur.

Pour les États et les systèmes politiques, les révolutions de couleur présentent des aspects du colonialisme. Les intérêts de la société ciblée ne sont pas pris en considération, ils sont remplaçables, interchangeables. Les « révolutionnaires » sont les premiers à disparaître de la scène et, souvent, de la vie elle-même. Les gens qui commencent sincèrement à croire en les idéaux de la révolution de couleur sans se douter que ces idéaux ont été induits pour être le carburant pour de telles révolutions, sont aussi remplaçables. La société elle-même est déstabilisée, les fondements sociaux sont compromis, le respect pour le gouvernement disparaît, l’insatisfaction augmente, et l’économie est tout sauf dans un état normal. Ce sont les conditions idéales pour imposer des modèles sociaux occidentaux. Les États-Unis entrent dans le pays.
Les révolutions de couleur n’apportent aucun avantage aux forces politiques ou à la société du pays. Le seul bénéficiaire est les États-Unis, qui établit un contrôle indolore, non-violent, “soft” sur son nouveau territoire.[9]
La Géorgie moderne est un exemple. Elle a perdu sa souveraineté après que la « révolution des roses » a déclenché des transformations graves, déstabilisant la société, et conduisant à la perte d’environ 20% du territoire du pays. La Géorgie est la plus importante tête de pont des États-Unis dans le Caucase. Il en est ainsi pour plusieurs raisons:
  • La Géorgie est un élément de l’isthme du Caucase par lequel la Russie obtient un contact direct avec l’Iran avec lequel il veut établir une relation stratégique ;
  • La Géorgie est une base pour la constitution et la projection d’une force dans toute la région de la Caspienne, y compris la Fédération de Russie ;
  • La Géorgie est un pays de transit pour les ressources énergétiques de la Caspienne vers l’Europe.
Poursuivant la tâche principale de la géopolitique des États-Unis relative à la Russie et la mer Caspienne, les États-Unis ont fait disparaître en Géorgie les derniers restes de l’influence géopolitique de la Russie [NDT : en 2003] et l’ont soumise à son propre contrôle géopolitique direct. La Géorgie a adopté un vecteur de développement Atlantiste et a perdu les derniers lambeaux de sa souveraineté.

Il existe un certain nombre d’autres facteurs importants.

1. Les États-Unis cherchent à établir un contrôle direct militaire et stratégique sur l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Les dirigeants de l’Azerbaïdjan sont certains que les manifestations de l’opposition en mars 2011 et les tentatives prévues de s’opposer à l’ordre constitutionnel existant ont été organisées à partir de l’extérieur du pays. 
2. Afin d’assurer un partenariat avec l’UE, et en particulier avec l’Allemagne, les États-Unis ont créé un cordon sanitaire s’étendant des mers froides du nord à travers les pays baltes, l’Ukraine, la Moldavie, vers la Géorgie. La Biélorussie est à l’heure actuelle une brèche dans le cordon, avec la Pologne comblant cette brèche. Le cordon – composée de l’Ukraine, de la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, la Moldavie et la Géorgie – qui coupe la Russie de l’Europe, a été créé par les États-Unis afin d’atteindre leurs objectifs géopolitiques de plus grande priorité au moyen du déclenchement séquentiel de révolutions de couleur dans ces pays, dans le cadre de la guerre réseaucentrique contre la Russie.
Au cours des 20 dernières années, les États-Unis et l’OTAN ont transformé l’Ukraine en un pays hostile à la Russie également au moyen de l’application de technologies réseaucentriques. Le coup d’état de 2014 et la guerre civile de 2014-2015 ont été initiés par les États-Unis, qui a également fourni un soutien informationnel, financier et militaire.[9] Les politiques intérieure et extérieure de l’Ukraine présentent un caractère strictement anti-Russe. 
3. L’Ouzbékistan et la Kirghizie resteront des plates-formes clés pour la présence géopolitique des États-Unis en Asie centrale. Les États-Unis ne renonceront jamais à leur intention d’établir un contrôle total sur la région. Ils déstabiliseront régulièrement la situation régionale pour prendre l’Ouzbékistan et la Kirghizie sous contrôle.
Habituellement, de tels échecs lors des tentatives de ce genre de coup d’état sur du velours que nous avons observé dans la ville ouzbek d’Andijan ou dans la quelque peu confuse cascade de révolutions en Kirghizie [16] sont suivis par des scénarios plus sévères. Le niveau de pression est augmenté progressivement. Le scénario «sur du velours» est remplacé par une ligne plus dure, y compris des affrontements avec la police, les premières victimes, des pogroms, puis, en règle générale, la situation est déstabilisée le long des lignes ethniques puisqu’il s’agit du type de conflit le plus dur à résoudre.[17] Ces actions sont accompagnées par une création en parallèle de plusieurs épicentres d’instabilité sociale, l’augmentation des problèmes économiques, les perturbations de la situation sociale, et une polarisation générale de la politique intérieure. Le but est de forcer les dirigeants de ces pays à reconnaitre qu’ils ont perdu le contrôle, qu’ils n’ont plus le pouvoir.
Le résultat est que le territoire du pays passe sous contrôle américain. La révolution de couleur, devrait-elle être un succès ou un demi-succès, est suivie par des approches plus directes qui peuvent finalement conduire à des opérations militaires comme en Irak et en Libye.
Etant un état possédant des armes nucléaires, la Russie est considérée par les États-Unis et l’OTAN comme l’un de ses principaux adversaires géopolitiques. L’objectif géopolitique clé actuel des États-Unis est un changement de régime en Russie consistant à remplacer Vladimir Poutine et son équipe au pouvoir. L’analyse suggère que pour le moment l’Ukraine, le Caucase et l’Asie centrale sont les endroits les plus favorables à utiliser pour les États-Unis afin d’augmenter la pression sur le leadership russe. Le maintien du potentiel de violence dans ces zones se poursuivra jusqu’à ce qu’ils trouvent une nouvelle source plus fraîche de conflit sur le territoire russe, avec un potentiel de succès pour le séparatisme, qui pourrait devenir une source constante de pression politique extérieurement induite sur le leadership russe.[18]
Vladimir Prav
La source originale de cet article est southfront.org :
“Color Revolutions” and “Net-Centric Warfare”: Geopolitical Struggles and the “Functioning of Networks”, 25 février 2016.
________________________
[1a] “Whereas the MTR [military technical revolution] applies new technology to existing ways of war, the RMA [revolution in military affairs] combines new technology with new tactics, doctrine, and/or organization, e.g. the blitzkrieg, or combines new or existing technologies in a new concept of warfare, e.g. the levée en masse and the Napoleonic revolution.” in Effects Based Operations – Applying Network centric Warfare in Peace, Crisis and War, Edward Allen Smith Jr., Washington, DC: DoD CCRP, novembre 2002, chapitre 2.
[1b] MaximeChaix.info, 17/03/2016
[2a] Conscience-Sociale.org, 15/03/2014
[2b] “But is it not the infostructure that is now the long pole in the tent; it is a lack of understanding about effects-based approaches and a lack of a coevolved organizational processes, trained individuals, and appropriate tools. This book will make effects-based approaches more understandable to many and thus will hasten the day when we will be better able to conduct effects-based operations, a capability much needed in our century.” in Future of C2 – COMPLEXITY, NETWORKING, & EFFECTS-BASED APPROACHES TO OPERATIONS, op.cit., Pp vii.
[3] Cet article mériterait d’être traduit dans toutes les langues. Il est déjà disponible en portugais.
[4] En 2006, M. Bishara définissait le SPIN comme une « structure floue et horizontale, à l’instar des groupes écologistes ou féministes, mais aussi des organisations clandestines comme les mafias, les cartels de la drogue et autres réseaux de trafics illégaux » (Le Monde Diplomatique, 10/2006). Soulignons au passage que l’opinion selon laquelle « Washington se révèle [en 2006] incapable de penser les nouveaux types de conflits » est complètement battue en brèche avec la guerre réseaucentrique.
[5a] Bibliographie à propos de la guerre réseaucentrique en se limitant aux publications du ministère de la Défense américain, du Canada et de l'OTAN (l'appellation officielle de l'OTAN pour les "capacités réseaucentriques" est Network-Enabled Capability – NEC), ce qui permet de comprendre à quand remontent ces recherches :
“What Is Information Warfare?” (Libicki, 1995)
“Operations Other Than War” (Alberts, Hayes, 1995)
“The Unintended Consequences of the Information Age” (Alberts, 1996)
“Defensive Information Warfare” (Alberts, 1996)
“Target Bosnia: Integrating Information Activities in Peace Operations” (Siegel, 1998). This book examines the place of PI and PSYOP in peace operations through the prism of NATO operations in Bosnia-Herzegovina.
“Information Warfare and International Law” (Greenberg, Goodman, Soo Hoo, 1998)

Vice Admiral Arthur Cebrowski, John Garstka, "Network-Centric Warfare: Its Origin and Future",   U.S. Naval Institute Proceedings, vol. 124, no 1, janvier 1998, p. 28-35  
“Network Centric Warfare – Developing and Leveraging Information Superiority” (Alberts, Garstka, Stein, 1999)
“Behind the Wizard’s Curtain” (Krygiel, 1999). There is still much to do and more to learn and understand about developing and fielding an effective and durable infostructure as a foundation for the 21st century. Without successfully fielding systems of systems, we will not be able to implement emerging concepts in adaptive and agile C2, nor reap the benefits of NCW.
“Confrontation Analysis: How to Win Operations Other Than War” (Howard, 1999). A peace operations campaign should be seen as a linked sequence of confrontations. The objective in each confrontation is to bring about certain “compliant” behavior on the part of other parties, until the campaign objective is reached.
“Information Campaigns for Peace Operations” (Avruch, Narel, Siegel, 2000). In its broadest sense, this report asks whether the notion of struggles for control over information identifiable in situations of conflict also has relevance for situations of third-party conflict management for peace operations.
“Network Centric Warfare: What’s the Point?”, Naval War College Review, Dr. Edward Allen Smith, Winter 2000-2001
“Understanding Information Age Warfare” (Alberts, Garstka, Hayes, Signori, 2001)
“Information Age Transformation of the DoD” (Alberts, 2002)
“Power to the Edge: Command…Control… in the Information Age” (Alberts, Hayes, 2003). This book articulates the principles being used to provide the ubiquitous network that people will trust and use, populate with information, and use to develop shared awareness, collaborate, and synchronize actions.
“Complexity Theory and Network Centric Warfare” (Moffat, 2003)

"Transformer la guerre de demain : Capacités Réseaucentriques et Systèmes sans pilote" (Pierre Claude Nolin,  2007)
[5b] Bibliographie à propos des opérations basées sur les effets (EBO) et les révolutions de couleur :
Signalons également la théorie de la Guerre Hybride notamment dans l'ouvrage de Andrew Korybko : HYBRID WARS: THE INDIRECT ADAPTIVE APPROACH TO REGIME CHANGE (2015), qui reconstruit un certain nombre d'éléments présents dans la théorie NCW / EBO mais sa propre bibliographie ne mentionne pas les ouvrages fondateurs du DoD sur ce sujet, à part l'édition de Cebrowski et Garstka, op.cit.
Sa bibliographie qui couvre de nombreuses sources comprend néanmoins des références intéressantes pour notre article comme : 

[5c] Pour une synthèse historique du thème de la guerre hybride depuis la renaissance, on consultera :
Citons également ces extraits particulièrement parlants :
  • "Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, une forme nouvelle de guerre est née. Appelée parfois guerre subversive ou guerre révolutionnaire, elle diffère essentiellement des guerres du passé en ce sens que la victoire n'est pas attendue uniquement du choc de deux armées sur un champ de bataille. Ce choc, qui visait autrefois à anéantir une armée ennemie en une ou plusieurs batailles, ne se produit plus. La guerre est maintenant un ensemble d'actions de toutes natures (politiques, sociales, économiques, psychologiques, armées, etc.) qui vise le renversement du pouvoir établi dans un pays et son remplacement par un autre régime. Pour y parvenir, l'assaillant s'efforce d'exploiter les tensions internes du pays attaqué, les oppositions politiques, idéologiques, sociales, religieuses, économiques, susceptibles d'avoir une influence profonde sur les populations à conquérir." (Roger Trinquier, La guerre moderne, La table ronde, 1961, Pp.15)
  • "Aujourd'hui, on ne conquiert plus le terrain pour avoir les hommes, on conquiert les âmes, on conquiert le psychisme. Une fois qu'on a le psychisme, on a l'homme. Quand on a l'homme, le terrain suit. La plus grande astuce du diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas. Le moment est venu d'utiliser le mot "subversion". Arme redoutable car elle essaie de ne pas se montrer. [...] Cette méthode redoutable s'inscrit dans l'infiltration d'une partie des médias, d'une partie de ceux qui enseignent aux âmes, aux cœurs et aux cervelles, je veux dire le clergé, l'école, l'Université. Jadis, pour tenir le pouvoir il fallait contrôler l'Eglise, donc les âmes ; au XIXe siècle, c'est l'instruction, donc les cerveaux. Aujourd'hui c'est l'audiovisuel qui prime, et l'Université. En Occident, on n'apprend plus, comme on le fait dans les pays de l'Est, l'amour de la patrie, du travail, mais le laxisme, l'indiscipline, le non-respect des vertus anciennes, la recherche des paradis artificiels. En un mot ce que j'appelle "l'ordre inverse". (Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Ed. Stock, 1986, Pp. 376-377)
    • Annie Lacroix-Riz en donne une démonstration marquante dans Le choix de la défaite - Les élites françaises dans les années 1930, Armand Colin, 2e édition, 2010
    • « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » (Marc Bloch, avril 1944)
    [6] “Effects-based operations are coordinated sets of actions directed at shaping the behavior of friends, neutrals, and foes in peace, crisis, and war.“ in Effects Based Operations – Applying Network centric Warfare in Peace, Crisis and War, Edward Allen Smith Jr., Washington, DC: DoD CCRP, Novembre 2002, Pp 108.
    Né en 1946, le Dr. Smith est retraité de l’US Navy en 1998 puis a été embauché par Boeing en tant qu’analyste senior chargé des opérations réseaucentriques et des EBO.
    [7] A rapprocher de la phrase de Carl von Clausewitz dans "De la guerre", 1832 : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Cet auteur est d’ailleurs mentionné dans Effects Based Operations – Applying Network centric Warfare in Peace, Crisis and War, op.cit., Pp 103 : “They are what good generals, admirals, and statesmen have always tried to do: to focus on shaping the adversary’s thinking and behavior rather than on simply defeating his forces. They are at the heart of the writings of Sun Tzu and of Clausewitz on military operations.”
    [8] Il est intéressant de rapprocher cette conception du slogan « La Guerre, c’est la paix » mentionné dans le très célèbre roman « 1984 » de G. Orwell, paru en 1949. Dans cette œuvre il est l’un des mantras du Parti totalitaire au pouvoir ainsi mais c’est aussi le titre d’un chapitre du livre interdit par le Parti de l’Engsoc « Théorie et pratique du collectivisme oligarchique ».
    [9] Conscience Sociale, 2014/03/17 ; Conscience Sociale, 2014/03/10.
    [10] « Une armée est victorieuse si elle cherche à vaincre avant de combattre ; elle est vaincue si elle cherche à combattre avant de vaincre. » Sun Tzu, "L’art de la guerre".
    [11] Conscience Sociale, 2014/03/15.
    [12] Les guillemets de l’auteur indiquent le sens orwellien pour ce terme.
    [13] PressTV, 22/03/2016.
    [14] Parmi les premières révolutions non-violentes citons le renversement du dictateur Jorge Ubico au Guatemala en 1944 et la Révolution des Œillets au Portugal qui a entraîné la chute de la dictature salazariste en 1974.
    À la différence des soulèvements populaires pacifiques précédents, d’autres révolutions, à l’instar des révolutions de couleurs sont davantage inscrites dans une logique géostratégique. L’implication des puissances occidentales, notamment des États-Unis, sont souvent mis de l’avant. On peut citer pour les plus anciennes : Solidarność en Pologne et la Révolution de velours en Tchécoslovaquie.
    Les révolutions de couleur désignent une série de soulèvements populaires ayant causé des changements de gouvernement entre 2003 et 2006 en Eurasie et au Moyen-Orient : la Révolution des Roses en Géorgie en 2003, la Révolution orange en Ukraine en 2004, la Révolution des Tulipes au Kirghizistan en 2005 et la Révolution du Cèdre au Liban en 2005, ainsi que tous les mouvements du Printemps Arabe depuis 2010.
    L’histoire de ces révolutions de couleur suivies par l’expansion orientale de l’OTAN et de l’Union Européenne est une excellente illustration des EBO.
    [15] NDA : Cette production des États-Unis est l’une des technologies réseaucentriques.
    [16] Révolution de 2005révolution d’avril 2010, violences de juin 2010.
    [17] Global Research, 30/03/2016 ; Voltaire Net, 21/05/2011.
    [18] Sputnik, 31/03/2016. Notons également le passage suivant dans Effects Based Operations – Applying Network centric Warfare in Peace, Crisis and War, op.cit, Pp 419 :“The creation of a stable deterrence/reassurance regime may involve prolonged successions of these action-reaction cycles over a period of years and even decades.

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    Mises à jour
    4/04/2016 19:50 : complément de bibliographie [5b] sur la guerre hybride
    22/05/2017 : complément de bibliographie [5c] sur la guerre hybride


    A propos de l’auteur :
    Le Dr Bruno Paul est le fondateur et directeur des études de Conscience-Sociale.org, qui est un producteur culturel autonome pratiquant la transdisciplinarité et développé depuis 2008.
    Il s’agit d’abord de contribuer à éclairer le sens à toutes les échelles de décision, du citoyen jusqu’aux parties prenantes dans les relations internationales. Voici notre manifeste.

    2014/05/02

    Kicking the deep state off the US land (The U.S. in 20th/21st c., Part 3)

    Foreign Policy has published this week an article by Andrew Foxall titled ‘Kicking Putin off the Island’ that I found typical of doublethink. [1] 

    (Image source)
    Doublethink is shortly characterized by an inversion of logic. The victim is targeted as being the aggressor, etc. It is easy to replace things in the correct order when you know that. This is thus what I’ve decided to perform with Foxall’s article, keeping as much as possible close to the original sentences for demonstration purpose, and updating links.
    A second factor was the relevant mention of the central role of the civil society in the liberation process, what I called in French “peupler l’espoir” in a footnote of the previous part of this serie ('The inevitable counter-revolution of the American people'). P.D. Scott has written about this role too.[1b]

    I’ve chosen to not simply replace the name Putin by Obama in the original text because the U.S. political context is much more complex: Obama is the world’s loneliest leader, isolated and surrounded by stupidity. He is the consenting prisoner of the U.S. deep state

    The only order that is really worth anything does not come through the enforcement [...] of law, it comes through the establishment of a society which is just and in which harmonious relationships are established and in which you need a minimum of regulation to create decent sets of arrangements among people. But the order based on law and on the force of law is the order of the totalitarian state, and it inevitably leads either to total injustice or to rebellion-eventually. 
    "The Problem is Civil Obedience", Howard Zinn (May 5, 1970) 



    Kicking the deep state off the U.S. land

    The United States of America after Obama don't need to be ruled by the deep state, and driving a wedge between the president and his craven inner circle is the first step. 


    The deep state has directly or indirectly ruled the U.S. since 1963. And, after 50 years in power, there are few signs that he will abdicate his position anytime soon. Using the voice of Hillary Clinton, the deep state has stated it may seek re-election in 2016, meaning he would rule until 2020 -- by which time it will rule since 57 years. 

    No tyranny, however, lasts forever -- Hitler's 1,000-year Reich lasted all of 12 years -- and it is in this context that we should view the deep state's rule. Its power is not what it once was: The social contract it implicitly built with the American people in his earlier years -- he could do whatever he liked, as long as life improved for many of them -- is broken. High rates of economic growth are long gone, and so too is the increasing standard of living that they provided. Americans are becoming restless and, although the opposition congressmen as a whole are cowed and quiet (with a very few exceptions), opposition movement have performed well in recent election polls. The deep state resorted to destabilizing Ukraine (at least, in part) to boost its falling approval ratings, which are now record low

    While many U.S.-watchers cannot imagine the country without the deep state at the helm, it's time for leaders to start. In confronting a moribund, revanchist transnational deep state, the world must have a clear vision of the ideal post-deep state America. 

    In a lot of ways, Obama was an unlikely president. As the first African-American President of the United States, his race and culture have played a prominent role in this, both positively and negatively. His relative youth (47 when elected) has alternately resulted in his being praised for his freshness and criticized for his inexperience. His temperament and demeanor have drawn praise for his perceived unflappability and criticism for the perception of his lacking emotional attachment. [2] When G.W. Bush stepped down on January 2009, Obama became acting president. One of his first acts was to order the first two Predator airstrikes of his presidency in Pakistan. The Guardian described the deep state recently as having "brought darkness to America," but, driven and certain of his own staying power, it ascended without hesitation. It hasn't looked back since its inception. 

    Since decades, the deep state has fostered a grotesquely decayed, corrupt, illiberal system that constrains democracy, centralizes all power, curtails media freedoms, reins in the judiciary, restricts civil liberties, and treads on human rights. Outside of U.S., the regime carries out extrajudicial murder, engages in the arbitrary use of force, and promotes Washington interests with utter disregard for international norms. 

    It wasn't always this way. 

    Up to 1963, the U.S. had the potential to develop along a liberal-democratic path. The country was a multiparty democracy in which officials were chosen in regular elections; its fledgling economy was based on markets and private property, and its media independent and pluralistic. Starting 1989, the Russian military withdrew peacefully from Eastern Europe and the Soviet successor states, pursued cooperation with the West on nuclear disarmament, although Russia was forced to accept the expansion of NATO. To be sure, serious issues remained (not the least of which, U.S. deep state above the legal system and its pervasive nature of organized crime), but the country was headed in a promising direction when its government strongly reduced deficits and curbed debt. U.S. President Bill Clinton described this period as "a time of real possibility and opportunity." 

    Except with the visible growing inequality, nowhere is the deep state's impact on U.S. as visible as in the country's political sphere. Since the 1963 parliamentary elections - the last before JFK was killed – the two parties are increasingly polarized. In the most recent parliamentary elections, in 2013, polarization in the House and Senate is at the highest level since the end of Reconstruction. 

    Since the ‘Halloween Massacre’ in November 1975, the deep state assembled an inner circle of individuals that would assist the top executives in building a "new" USA. Although the faces have changed over the years, many remain the same, or share the same ideology of Christian Reconstructionism

    Pr. P.D. Scott has described this inner circle consists of linked groups of people. It is a cohort of individuals who control key sectors of U.S. kleptocratic economy and its brutal security services, but who've never felt the heat of sanctions over U.S. actions in foreign countries -- something European Court of Human Rights has called a "cruel and inhuman treatment." By targeting these individuals in this inner circle, the world would drive a wedge between the deep state and his closest allies. But it can do more to weaken his standing. 

    Sanctions should become the status quo, and they should go further than visa bans and asset freezes, to include asset seizures. Given the choice between siding with the deep state and protecting some of their vast wealth stored in others capitals and financial centers, enough of them will go with the latter. 

    The friction and resentment that this creates will demonstrate the growing fissures within the deep state -- over what is needed to improve U.S. economy, what direction the country is headed, and whether international isolation is sensible -- and may even lead to U.S. citizens deciding the country needs new leadership. This would make clear to the next generation of politicians, policymakers, and businessmen that being associated with the deep state and his system comes with a price. 

    If the world is going to uproot the deep state, it must remember that past successes employed more subtle strategic campaigns. The West likes to say to have won the Cold War because of the superiority of capitalism over Soviet communism, but one of the most subversive -- and effective -- acts it undertook was to offer visas to Soviet students as part of "cultural exchange" programs. In doing so, the students were exposed to the West's democratic and liberal values and took these back to germinate in the Motherland. When Soviet leader Mikhail Gorbachev's twin reformist policies of glasnost ("openness") and perestroika ("restructuring") took hold, Soviet citizens were equipped to take advantage. In the words of one U.S. foreign service officer involved in these programs, those citizens "came, they saw, they were conquered, and the Soviet Union would never again be the same." 

    Now, once again, all countries should liberalize their visa regimes with the West, rather than follow the European Union's lead in freezing talks on a visa-free regime. This will make it easier for the next generation of U.S. decision-makers to expose themselves to liberal-democratic values and, as a result, they will be far better prepared when the deep state leaves power. 

    Offering cultural exchanges may seem like a long-term program, but in the short-term the West could pay more attention to countering the deep state's increasingly anti-Russia propaganda in the West. Across the Soviet Union and Eastern Bloc, Radio Liberty and Radio Free Europe broadcasts were an important alternative to the Kremlin's communication. Now, because the Western leaders are reviving a Cold War thinking, all countries must provide money, expertise, technology, and support for English and Spanish-language broadcasting in America. This would meet the deep state's propaganda head-on, and begin to drive out bad information with good. It would send a clear message that the world is not going to give up on the U.S. deep state just yet. 

    It is not possible to turn the clock back to a pre-deep state era, but that doesn't mean the world should consign the U.S. to the dustbin of history. Despite what political scientists might claim, it is not inevitable that the post-deep state U.S. will be fascist again. Although politicians are embattled and less prominent than they used to be, there are still capacity to take offense in the U.S.. Even the Soviet Union's Politburo was not as monolithic as many assumed. Whether the end of the deep state's rule is evolutionary or revolutionary, the world must be clear about how it hopes to see U.S. develop; it must be willing to put long-term strategic objectives over short-term economic interests. 

    U.S. without the deep state is cloaked in uncertainty, and there is no guarantee it would be more democratic or liberal -- when anti-government protests broke out in the U.S., they had more to do with rejecting the 1% than rejecting the deep state’s take-no-prisoners style of leadership. But the world leaders should help guide a post-deep state U.S. for the sake of the U.S. people, Europe, and the world as a whole. Governments should engage in dialogue with american NGOs and civil society [3], supporting those battling corruption and promoting human rights, civil liberties. They ought to speak to U.S. politicians actively supporting these goals in their country, committed to establish a constitutional convention and a political awakening among citizens

    The deep state might be influencing Western governments to flex their military muscles in Ukraine and demonstrating their steely indifference to political demands from the citizens, but in the end it is the others governments and civil society, and not the transnational deep state, who could ultimately determine U.S.'s future. 

    ___________________ 

    [1] As Georges Orwell defined it in his book 1984: “To know and not to know, to be conscious of complete truthfulness while telling carefully constructed lies, to hold simultaneously two opinions which cancelled out, knowing them to be contradictory and believing in both of them, to use logic against logic, to repudiate morality while laying claim to it, to believe that democracy was impossible and that the Party was the guardian of democracy, to forget, whatever it was necessary to forget, then to draw it back into memory again at the moment when it was needed, and then promptly to forget it again, and above all, to apply the same process to the process itself – that was the ultimate subtlety; consciously to induce unconsciousness, and then, once again, to become unconscious of the act of hypnosis you had just performed. Even to understand the word 'doublethink' involved the use of doublethink.[...] 
    The power of holding two contradictory beliefs in one's mind simultaneously, and accepting both of them... To tell deliberate lies while genuinely believing in them, to forget any fact that has become inconvenient, and then, when it becomes necessary again, to draw it back from oblivion for just as long as it is needed, to deny the existence of objective reality and all the while to take account of the reality which one denies – all this is indispensably necessary. Even in using the word doublethink it is necessary to exercise doublethink. For by using the word one admits that one is tampering with reality; by a fresh act of doublethink one erases this knowledge; and so on indefinitely, with the lie always one leap ahead of the truth.” 

    [1b] Peter Dale Scott ; see also his conclusion chapter in "Road to 9/11 - Wealth, Empire, and the Future of America”, Peter Dale Scott, University of California Press, 2007.

    [2] Wikipedia.org; accessed 5/1/2014. 

    [3] A short list of insightful initiatives or articles:
     National Liberty Alliance successfully promotes a constitutional convention ;
    Fighting the Militarized State’, Truthdig (03/2014) ;
    Maryland lawmakers want to cripple the NSA's headquarters’, The Verge (02/2014) ;
    Corporatocracy: How the Corporate Welfare State Divides & Conquers’, Boiling Frogs Post (02/2014) ;
    How to Dismantle the American Empire’, von Mises Institute (02/2014) ;
    Get ready: the day we fight back against mass surveillance is coming’, The Guardian (02/2014) ;
    The costume of Constitutionality’, Justice On Line (01/2014) ;
    Restoring Our American Legacy. A politically incorrect guide to building wealth, security and effective political action in the 21st century’, The Daily Bell, Fall 2013 ;
    Were America’s Founders ‘unhinged’ and suffering from a ‘meltdown’? Foreign Policy Journal, (01/2014) ;
    The Fight of Our Lives’, Anti War (01/2014) ;
    The Last Gasp of American Democracy’ Truthdig, (01/2014) ;
    The Greatest Gift for All’, Foreign Policy Journal (12/2013) ;
    How to Democratize the US Economy: A long-term plan to renovate the American dream begins at the local level and scales up’, The Nation (10/2013) ;
    How the NSA Made Your Legal Defense Illegal’, von Mises Institute (03/2014) ;
    Citizens’ Grand Jury initiative ;
    "The Problem is Civil Obedience", Howard Zinn (May 5, 1970); a 2012 video is available ;
    Olivier Stone’s Untold History of the United States ;
    Let’s Get This Class War Started’, Truthdig (10/2013) ;
    Stand up, Americans’, Paul Craig Roberts (10/2013) ;
    Re-Decentralizing the Fed’, Project Syndicate (10/2013) ;
    The Banality of Systemic Evil’, NY Times (09/2013) ;
    Government Nullification: The Rightful Remedy and How to Resist Federal Tyranny in the 21st Century’, Foreign Policy Journal (09/2013) ;
    Initiatives like Consensus911 / AE911 / Reopen911 / 9/11 & War on Terrorism (on GlobalResearch).