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2017/06/01

Non à l’acédie égoïste


l'EXHORTATION APOSTOLIQUE 
EVANGELII GAUDIUM
DU PAPE 
FRANÇOIS 
AUX ÉVÊQUES 
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES 
AUX PERSONNES CONSACRÉES 
ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS 
SUR L'ANNONCE DE L'ÉVANGILE
DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI


81. Quand nous avons davantage besoin d’un dynamisme missionnaire qui apporte sel et lumière au monde, beaucoup de laïcs craignent que quelqu’un les invite à réaliser une tâche apostolique, et cherchent à fuir tout engagement qui pourrait leur ôter leur temps libre. Aujourd’hui, par exemple, il est devenu très difficile de trouver des catéchistes formés pour les paroisses et qui persévèrent dans leur tâche durant plusieurs années. Mais quelque chose de semblable arrive avec les prêtres, qui se préoccupent avec obsession de leur temps personnel. Fréquemment, cela est dû au fait que les personnes éprouvent le besoin impérieux de préserver leurs espaces d’autonomie, comme si un engagement d’évangélisation était un venin dangereux au lieu d’être une réponse joyeuse à l’amour de Dieu qui nous convoque à la mission et nous rend complets et féconds. Certaines personnes font de la résistance pour éprouver jusqu’au bout le goût de la mission et restent enveloppées dans une acédie paralysante.

82. Le problème n’est pas toujours l’excès d’activité, mais ce sont surtout les activités mal vécues, sans les motivations appropriées, sans une spiritualité qui imprègne l’action et la rende désirable. De là découle que les devoirs fatiguent démesurément et parfois nous tombons malades. Il ne s’agit pas d’une fatigue sereine, mais tendue, pénible, insatisfaite, et en définitive non acceptée. Cette acédie pastorale peut avoir différentes origines. Certains y tombent parce qu’ils conduisent des projets irréalisables et ne vivent pas volontiers celui qu’ils pourraient faire tranquillement. D’autres, parce qu’ils n’acceptent pas l’évolution difficile des processus et veulent que tout tombe du ciel. D’autres, parce qu’ils s’attachent à certains projets et à des rêves de succès cultivés par leur vanité. D’autres pour avoir perdu le contact réel avec les gens, dans une dépersonnalisation de la pastorale qui porte à donner une plus grande attention à l’organisation qu’aux personnes, si bien que le “tableau de marche” les enthousiasme plus que la marche elle-même. D’autres tombent dans l’acédie parce qu’ils ne savent pas attendre, ils veulent dominer le rythme de la vie. L’impatience d’aujourd’hui d’arriver à des résultats immédiats fait que les agents pastoraux n’acceptent pas facilement le sens de certaines contradictions, un échec apparent, une critique, une croix.

83. Ainsi prend forme la plus grande menace, « c’est le triste pragmatisme de la vie quotidienne de l’Église, dans lequel apparemment tout arrive normalement, alors qu’en réalité, la foi s’affaiblit et dégénère dans la mesquinerie ». La psychologie de la tombe, qui transforme peu à peu les chrétiens en momies de musée, se développe. Déçus par la réalité, par l’Église ou par eux-mêmes, ils vivent la tentation constante de s’attacher à une tristesse douceâtre, sans espérance, qui envahit leur cœur comme « le plus précieux des élixirs du démon ». Appelés à éclairer et à communiquer la vie, ils se laissent finalement séduire par des choses qui engendrent seulement obscurité et lassitude intérieure, et qui affaiblissent le dynamisme apostolique. Pour tout cela je me permets d’insister : ne nous laissons pas voler la joie de l’évangélisation !

Donné à Rome, près de Saint Pierre, à la conclusion de l’Année de la foi, le 24 novembre 2013, Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers, en la première année de mon Pontificat.

Commentaire : 
L'action du pape François depuis son élection pourrait être mise en lumière par cet extrait de La crise du monde moderne (1927) de René Guénon :


2017/05/23

La clef de l'Histoire moderne

Diablerie de foule
[dernière mise à jour : 18/6/2017]

Cet opuscule de Pierre-Yves Lenoble donne une partie de la clef de l'Histoire moderne, en s'appuyant sur des citations très pertinentes, dont cinq que je reprends ici. Qu'il me soit permis de compléter cette clef autant que possible, c'est-à-dire par de nouvelles références et des liens vers des articles de fond sur chaque point majeur.

« Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, une forme nouvelle de guerre est née. Appelée parfois guerre subversive ou guerre révolutionnaire, elle diffère essentiellement des guerres du passé en ce sens que la victoire n'est pas attendue uniquement du choc de deux armées sur un champ de bataille. Ce choc, qui visait autrefois à anéantir une armée ennemie en une ou plusieurs batailles, ne se produit plus. La guerre est maintenant un ensemble d'actions de toutes natures (politiques, sociales, économiques, psychologiques, armées, etc.) qui vise le renversement du pouvoir établi dans un pays et son remplacement par un autre régime. Pour y parvenir, l'assaillant s'efforce d'exploiter les tensions internes du pays attaqué, les oppositions politiques, idéologiques, sociales, religieuses, économiques, susceptibles d'avoir une influence profonde sur les populations à conquérir. »
(Roger Trinquier, La guerre moderne, Ed. La table ronde, 1961, Pp.15)


« Aujourd'hui, on ne conquiert plus le terrain pour avoir les hommes, on conquiert les âmes, on conquiert le psychisme. Une fois qu'on a le psychisme, on a l'homme. Quand on a l'homme, le terrain suit. La plus grande astuce du diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas. Le moment est venu d'utiliser le mot "subversion". Arme redoutable car elle essaie de ne pas se montrer. [...] Cette méthode redoutable s'inscrit dans l'infiltration d'une partie des médias, d'une partie de ceux qui enseignent aux âmes, aux cœurs et aux cervelles, je veux dire le clergé, l'école, l'Université. Jadis, pour tenir le pouvoir il fallait contrôler l'Eglise, donc les âmes ; au XIXe siècle, c'est l'instruction, donc les cerveaux. Aujourd'hui c'est l'audiovisuel qui prime, et l'Université. En Occident, on n'apprend plus, comme on le fait dans les pays de l'Est, l'amour de la patrie, du travail, mais le laxisme, l'indiscipline, le non-respect des vertus anciennes, la recherche des paradis artificiels. En un mot ce que j'appelle "l'ordre inverse". »
(Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Ed. Stock, 1986, Pp. 376-377)


« La Révolution française a été la première révolution de la classe bourgeoise et moyenne ; de ce que l’on appelait le Tiers-Etat, dans l’histoire.
La Commune de Paris devait être la première révolution de la classe prolétarienne, restée relativement dans l’ombre jusqu’à cette époque. Elle fut la première réalisation dans l’histoire - essai encore éphémère et précipitamment étouffé - de la dictature du prolétariat, forme jusque-là inédite de la subversion.
Elle fut le premier avènement du Quart-Etat, ce qui était un progrès sur tout ce qui avait précédé. A ce titre, elle marqua une date dans l’évolution des procédés employés par l’esprit de révolte. Tous les pontifes de la subversion contemporaine, de la phase dite socialiste et communiste, furent unanimes à le déclarer. Les plus grands en tête, Marx et Lénine, répudiaient avec ostentation toute attache avec les révolutions bourgeoises, républicaines et démocratiques, du type de 1789 et 1848. Ils n’y voyaient qu’un moyen, un acheminement, non le but. Tous proclamaient leur filiation directe à l’égard de la Commune parisienne, même lorsqu’ils en critiquaient le manque de préparation technique.
Tous, sans exceptions s’inclinent devant elle comme devant une sorte de chef de file et lui consacrent de nombreux discours, brochures et livres. Elle a été le premier son de cloche de ce que devait être la révolution bolcheviste. Marx, Lénine, Trotsky, Kautsky, Lawrof et beaucoup d’autres traitent ce sujet et polémiquent sous ce rapport.
La grande erreur consiste à supposer que la Commune de Paris fut un mouvement spontané, et cette erreur se répète à propos de toutes les révolutions.
Chaque fois, il se trouve des hommes, par centaines de milliers, assez naïfs pour croire qu’une chose peut se faire toute seule, et qu’elle peut sortir du néant sans avoir été faite par quelqu’un. Pour peu qu’on y réfléchisse c’est une absurdité philosophique et un défi au bon sens. Surtout à une époque qui prétend être scientifique et où l’on devrait savoir que même ces processus qu’autrefois on croyait automatiques et réglés par des lois abstraites de la nature, - tels que la décomposition d’un cadavre, la maladie, la vieillesse, la mort dite naturelle - , sont déterminés par des agents concrets et vivants, appelés bacilles, toxines, qui travaillent à cet effet. Sans eux il n’y aurait ni décomposition, ni fièvre, ni décrépitude, ni mort, et si ces agents nous sont invisibles, cela ne veut pas dire qu’ils soient moins réels.
Il en est de même pour la société, qui est l’humanité dans l’espace, et pour l’histoire, qui est l’humanité dans le temps.
Des bacilles, des toxines, à forme humaine, que l’œil des générations ne discerne pas, que l’œil des historiens ignore, ou plus souvent, feint d’ignorer, - mais dont l’existence n’est pas un mystère pour le bactériologiste de la société et de l’histoire - , provoquent les fièvres, la décrépitude ou la décomposition, les paralysies ou les convulsions, la vieillesse, l’avarie et la mort.
Les victimes croient que le processus se fait tout seul, en vertu des lois inéluctables et consubstantielles à la nature des choses, et c’est pourquoi elles ne réagissent point. En effet, comment réagir, sans être insensé, contre l’inéluctable et la nature des choses ?...
Il n’y a pas eu plus de spontanéité dans la Commune de 1871 qu’il n’y en avait eu en 1789, en 1793, en 1848, en 1905 ou en 1917 et qu’il n’y en a dans les troubles chinois, hindous, soudanais, syriens, turcs, marocains et afghans. Il n’y en a pas davantage dans toutes les grèves de notre époque. Il n’en est pas moins vrai que, de même que dans l’organisme animal, pour que les bacilles et les toxines puissent manifester efficacement leur action meurtrière, il est nécessaire que cet organisme soit affaibli et délabré par des intempéries ou du surmenage. Sans quoi, cet organisme sain et dans la plénitude de ses forces, aurait des ressorts pour se défendre et réduire à néant l’action nocive. »
(Emmanuel Malynski et Léon de Poncins, La guerre occulte, édition de 1940, Pp.19-20 ; cette partie est un résumé par de Poncins de La mission du peuple de Dieu - 6ème partie - La grande conspiration mondiale, 1928)


« Maniement de l'opinion publique
52 - A cela s'ajoute ce qui se révélait déjà dans l'évolution antérieure mais qui, à présent, se découvre à plein : la mise au pas uniforme de l'opinion publique. Et cela par tous les moyens : par la parole et par l'écrit, par la presse et le théâtre, par le cinéma et la radio, par l'art et même par la science, par l'école et les métiers, et encore, trait répugnant, par la pression, au moyen des œuvres d'assistance, sur les pauvres. Et de tout cela, voilà le lamentable résultat : l'homme de masse moderne. Celui-ci n'a plus d'opinion à lui, plus de volonté propre ; il n'est qu'un instrument passif aux mains du chef. Prendre n'importe quelle initiative un tant soit peu en vue lui est pratiquement impossible ; et pourtant, sans cet esprit d'initiative, impossible à l'homme de se donner cette culture personnelle qui est un élément de vie pour la communauté humaine. »
(Humani Generis Unitas. Pope Pius XI - Ineditum, 1938, §52 ; in Georges Passelecq, Bernard Suchecky, L'Encyclique cachée de Pie XI, Ed. La Découverte, 1995, Pp. 242-243)

Quelques explications métaphysiques


Ici comme dans les précédents ouvrages de M. Léon de Poncins dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, il y a, pour tout ce qui se rapporte à la critique du monde moderne, beaucoup de considérations très justes ; les auteurs, qui dénoncent avec raison des erreurs communes comme celle qui consiste à croire que les révolutions sont des « mouvements spontanés », sont de ceux qui pensent que la déviation moderne, dont ils étudient plus spécialement les étapes au cours du XIXème siècle, doit nécessairement répondre à un « plan » bien arrêté, et conscient tout au moins chez ceux qui dirigent cette « guerre occulte » contre tout ce qui présente un caractère traditionnel, intellectuellement ou socialement. Seulement, quand il s’agit de rechercher des « responsabilités », nous avons bien des réserves à faire ; la chose n’est d’ailleurs pas si simple ni si facile, il faut bien le reconnaître, puisque, par définition même, ce dont il s’agit ne se montre pas au dehors, et que les pseudo-dirigeants apparents n’en sont que des instruments plus ou moins inconscients. En tout cas, il y a ici une tendance à exagérer considérablement le rôle attribué aux Juifs, jusqu’à supposer que ce sont eux-seuls qui en définitive mènent le monde, et sans faire à leur sujet certaines distinctions nécessaires ; comment ne s’aperçoit-on pas, par exemple, que ceux qui prennent une part active à certains événements ne sont que des Juifs entièrement détachés de leur propre tradition, et qui, comme il arrive toujours en pareil cas, n’ont guère gardé que les défauts de leur race et les mauvais côtés de sa mentalité particulière ? Il y a pourtant des passages (notamment pp. 105-110) qui touchent d’assez près à certaines vérités concernant la « contre-initiation » : il est tout à fait exact qu’il ne s’agit pas là d’ « intérêts » quelconques, qui ne peuvent servir qu’à mouvoir de vulgaires instruments, mais d’une « foi » qui constitue « un mystère métapsychique insondable pour l’intelligence même élevée de l’homme ordinaire » ; et il ne l’est pas moins qu’ « il y a un courant de satanisme dans l’histoire »… Mais ce courant n’est pas seulement dirigé contre le Christianisme (et c’est peut-être cette façon trop restreinte d’envisager les choses qui est la cause de bien des « erreurs d’optique ») ; il l’est aussi, exactement au même titre, contre toute tradition, qu’elle soit d’Orient ou d’Occident, et sans excepter le Judaïsme.
(René Guénon, Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, t. I, Compte-rendu juillet 1936).


Un autre point qui est à retenir, c’est que les Supérieurs Inconnus, de quelque ordre qu’ils soient, et quel que soit le domaine dans lequel ils veulent agir, ne cherchent jamais à créer des « mouvements », suivant une expression qui est fort à la mode aujourd’hui ; ils créent seulement des « états d’esprit », ce qui est beaucoup plus efficace, mais peut-être un peu moins à la portée de tout le monde. Il est incontestable, encore que certains se déclarent incapables de le comprendre, que la mentalité des individus et des collectivités peut être modifiée par un ensemble systématisé de suggestions appropriées ; au fond, l’éducation elle-même n’est guère autre chose que cela, et il n’y a là-dedans aucun « occultisme ». Du reste, on ne saurait douter que cette faculté de suggestion puisse être exercée, à tous les degrés et dans tous les domaines, par des hommes « en chair et en os », lorsqu’on voit, par exemple, une foule entière illusionnée par un simple fakir, qui n’est cependant qu’un initié de l’ordre le plus inférieur, et dont les pouvoirs sont assez comparables à ceux que pouvait posséder un Gugomos ou un Schroepfer. Ce pouvoir de suggestion n’est dû, somme toute, qu’au développement de certaines facultés spéciales, quand il s’applique seulement au domaine social et s’exerce sur l’ « opinion », il est surtout affaire de psychologie : un « état d’esprit » déterminé requiert des conditions favorables pour s’établir, et il faut savoir, ou profiter de ces conditions si elles existent déjà, ou en provoquer soi-même la réalisation. Le socialisme répond à certaines conditions actuelles, et c’est là ce qui fait toutes ses chances de succès ; que les conditions viennent à changer pour une raison ou pour une autre, et le socialisme, qui ne pourra jamais être qu’un simple moyen d’action pour des Supérieurs Inconnus, aura vite fait de se transformer en autre chose dont nous ne pouvons même pas prévoir le caractère. C’est peut-être là qu’est le danger le plus grave, surtout si les Supérieurs Inconnus savent, comme il y a tout lieu de l’admettre, modifier cette mentalité collective qu’on appelle l’ « opinion » ; c’est un travail de ce genre qui s’effectua au cours du XVIIIème siècle et qui aboutit à la Révolution, et, quand celle-ci éclata, les Supérieurs Inconnus n’avaient plus besoin d’intervenir, l’action de leurs agents subalternes était pleinement suffisante. Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, empêcher que de pareils événements se renouvellent, et c’est pourquoi, dirons-nous avec M. Copin-Albancelli, « il est fort important d’éclairer le peuple sur la question maçonnique et ce qui se cache derrière».
(René Guénon, Réflexions à propos du « Pouvoir Occulte », 11 Juin 1914, La France antimaçonnique)


Bien plus, la « subversion » la plus habile et la plus dangereuse est certainement celle qui ne se trahit pas par des singularités trop manifestes et que n’importe qui peut facilement apercevoir, mais qui déforme le sens des symboles ou renverse leur valeur sans rien changer à leurs apparences extérieures. Mais la ruse la plus diabolique de toutes est peut-être celle qui consiste à faire attribuer au symbolisme orthodoxe lui-même, tel qu’il existe dans les organisations véritablement traditionnelles, et plus particulièrement dans les organisations initiatiques, qui sont surtout visées en pareil cas, l’interprétation à rebours qui est proprement le fait de la « contre-initiation » ; et celle-ci, comme nous l’avons signalé dernièrement, ne se prive pas d’user de ce moyen pour provoquer les confusions et les équivoques dont elle a quelque profit à tirer. C’est là, au fond, tout le secret de certaines campagnes menées, soit contre l’ésotérisme en général, soit contre telle ou telle forme initiatique en particulier, avec l’aide inconsciente de gens dont la plupart seraient fort étonnés, et même épouvantés, s’ils pouvaient se rendre compte de ce pour quoi on les utilise ; il arrive malheureusement parfois que ceux qui croient combattre le diable se trouvent ainsi tout simplement, sans s’en douter le moins du monde, transformés en ses meilleurs serviteurs !
(René Guénon, Du double sens des symboles, Études Traditionnelles, juillet 1937)


« Risque de catastrophe complète par la renonciation à l'esprit
67 - Notre société moderne est donc malade ; et les nouvelles formules d'unité, les nouveaux types d'unité, loin de la guérir, ne peuvent que la rendre encore plus malade. Car ils décomposent, avec la pensée et l'idéal de vie, d'eux-mêmes devenus mécaniquement dissociateurs, la consistance interne de la vie sociale humaine ; et pareillement les facteurs naturels de sa constitution, tout comme son fondement naturel, l'unité de la personnalité humaine. Ils risquent, en dernière analyse, d'acheminer l'humanité vers une catastrophe, par leur conception mécanique atomistique du genre humain, par la renonciation radicale à l'Esprit, au fond à l'Esprit de Dieu. 
Faut-il encore, dans le même sens, au sujet de ces formes d'Unité du Totalitarisme extensif, une dernière preuve. La pensée, avec ses procédés de pure mécanique, était désormais incapable, parce que déspiritualisée, de percevoir les divers facteurs naturels de l'édification de la société et leur interdépendance essentielle, ainsi que l'Unité au sein de la Pluralité ; elle ne pouvait plus pousser de l'aant, jusqu'à la véritable Unité et Totalité d'un système complet du monde, comportant une Totalité intensive, c'est-à-dire une authentique Unité dans une authentique Pluralité. Ce qu'elle conservait, pour ainsi dire, de l'Esprit, c'était uniquement l'intelligence, qui précisément ne méritait plus, nous l'avons vu, ce nom-là, pris dans son sens profond, c'est-à-dire dans le sens de l'Esprit, mais en revanche devait s'attendre d'autant plus à ce que la lutte fut engagée contre elle en ces dernières années. »
(Humani Generis Unitas. Pope Pius XI - Ineditum, 1938, §67 ; in Georges Passelecq, Bernard Suchecky, L'Encyclique cachée de Pie XI, Ed. La Découverte, 1995, Pp. 249-250)


Après les considérations que nous avons exposées et les exemples que nous avons donnés jusqu’ici, on pourra mieux comprendre en quoi consistent exactement, d’une façon générale, les étapes de l’action antitraditionnelle qui a véritablement « fait » le monde moderne comme tel ; mais, avant tout, il faut bien se rendre compte que, toute action effective supposant nécessairement des agents, celle-là ne peut, pas plus qu’une autre, être une sorte de production spontanée et « fortuite », et que, s’exerçant spécialement dans le domaine humain, elle doit forcément impliquer l’intervention d’agents humains. Le fait que cette action concorde avec les caractères propres de la période cyclique où elle s’est produite explique qu’elle ait été possible et qu’elle ait réussi, mais il ne suffit pas à expliquer la façon dont elle a été réalisée et n’indique pas les moyens qui ont été mis en œuvre pour y parvenir. Du reste, il suffit, pour s’en convaincre, de réfléchir quelque peu à ceci : les influences spirituelles elles-mêmes, dans toute organisation traditionnelle, agissent toujours par l’intermédiaire d’êtres humains, qui sont les représentants autorisés de la tradition, bien que celle-ci soit réellement « supra-humaine » dans son essence ; à plus forte raison doit-il en être de même dans un cas où n’entrent en jeu que des influences psychiques, et même de l’ordre le plus inférieur, c’est-à-dire tout le contraire d’un pouvoir transcendant par rapport à notre monde, sans compter que le caractère de « contrefaçon » qui se manifeste partout dans ce domaine, et sur lequel nous aurons encore à revenir, exige encore plus rigoureusement qu’il en soit ainsi. D’autre part, comme l’initiation, sous quelque forme qu’elle se présente, est ce qui incarne véritablement l’« esprit » d’une tradition, et aussi ce qui permet la réalisation effective des états « supra-humains », il est évident que c’est à elle que doit s’opposer le plus directement (dans la mesure toutefois ou une telle opposition est concevable) ce dont il s’agit ici, et qui tend au contraire, par tous les moyens, à entraîner les hommes vers l’« infra-humain » ; aussi le terme de « contre-initiation » est-il celui qui convient le mieux pour désigner ce à quoi se rattachent, dans leur ensemble et à des degrés divers (car, comme dans l’initiation encore, il y a forcément là des degrés), les agents humains par lesquels s’accomplit l’action antitraditionnelle; et ce n’est pas là une simple dénomination conventionnelle employée pour parler plus commodément de ce qui n’a vraiment aucun nom, mais bien une expression qui correspond aussi exactement que possible à des réalités très précises.

Il est assez remarquable que, dans tout l’ensemble de ce qui constitue proprement la civilisation moderne, quel que soit le point de vue sous lequel on l’envisage, on ait toujours à constater que tout apparaît comme de plus en plus artificiel, dénaturé et falsifié ; beaucoup de ceux qui font aujourd’hui la critique de cette civilisation en sont d’ailleurs frappés, même lorsqu’ils ne savent pas aller plus loin et n’ont pas le moindre soupçon de ce qui se cache en réalité derrière tout cela. Il suffirait pourtant, nous semble-t-il, d’un peu de logique pour se dire que, si tout est ainsi devenu artificiel, la mentalité même à laquelle correspond cet état de choses ne doit pas l’être moins que le reste, qu’elle aussi doit être « fabriquée » et non point spontanée ; et, dès qu’on aurait fait cette simple réflexion, on ne pourrait plus manquer de voir les indices concordants en ce sens se multiplier de toutes parts et presque indéfiniment ; mais il faut croire qu’il est malheureusement bien difficile d’échapper aussi complètement aux « suggestions » auxquelles le monde moderne comme tel doit son existence même et sa durée, car ceux mêmes qui se déclarent le plus résolument « antimodernes » ne voient généralement rien de tout cela, et c’est d’ailleurs pourquoi leurs efforts sont si souvent dépensés en pure perte et à peu près dépourvus de toute portée réelle.

L’action antitraditionnelle devait nécessairement viser à la fois à changer la mentalité générale et à détruire toutes les institutions traditionnelles en Occident, puisque c’est là qu’elle s’est exercée tout d’abord et directement, en attendant de pouvoir chercher à s’étendre ensuite au monde entier par le moyen des Occidentaux ainsi préparés à devenir ses instruments. D’ailleurs, la mentalité étant changée, les institutions, qui dès lors ne lui correspondaient plus, devaient par là même être facilement détruites ; c’est donc le travail de déviation de la mentalité qui apparaît ici comme véritablement fondamental, comme ce dont tout le reste dépend en quelque façon, et, par conséquent, c’est là-dessus qu’il convient d’insister plus particulièrement. Ce travail, évidemment, ne pouvait pas être opéré d’un seul coup, quoique ce qu’il y a peut-être de plus étonnant soit la rapidité avec laquelle les Occidentaux ont pu être amenés à oublier tout ce qui, chez eux, avait été lié à l’existence d’une civilisation traditionnelle ; si l’on songe à l’incompréhension totale dont les XVIIe et XVIIIe siècles ont fait preuve à l’égard du moyen âge, et cela sous tous les rapports, il devrait être facile de comprendre qu’un changement aussi complet et aussi brusque n’a pas pu s’accomplir d’une façon naturelle et spontanée. Quoi qu’il en soit, il fallait tout d’abord réduire en quelque sorte l’individu à lui-même, et ce fut là surtout, comme nous l’avons expliqué, l’œuvre du rationalisme, qui dénie à l’être la possession et l’usage de toute faculté d’ordre transcendant ; il va de soi, d’ailleurs, que le rationalisme a commencé à agir avant même de recevoir ce nom avec sa forme plus spécialement philosophique, ainsi que nous l’avons vu à propos du Protestantisme ; et, du reste, l’« humanisme » de la Renaissance n’était lui-même rien d’autre que le précurseur direct du rationalisme proprement dit, puisque qui dit « humanisme » dit prétention de ramener toutes choses à des éléments purement humains, donc (en fait tout au moins, sinon encore en vertu d’une théorie expressément formulée) exclusion de tout ce qui est d’ordre supra-individuel.

Il fallait ensuite tourner entièrement l’attention de l’individu vers les choses extérieures et sensibles, afin de l’enfermer pour ainsi dire, non pas seulement dans le domaine humain, mais, par une limitation beaucoup plus étroite encore, dans le seul monde corporel ; c’est là le point de départ de toute la science moderne, qui, dirigée constamment dans ce sens, devait rendre cette limitation de plus en plus effective. La constitution des théories scientifiques, ou philosophico-scientifiques si l’on veut, dut aussi procéder graduellement ; et (nous n’avons, ici encore, qu’à rappeler sommairement ce que nous avons déjà exposé) le mécanisme prépara directement la voie au matérialisme, qui devait marquer, d’une façon en quelque sorte irrémédiable, la réduction de l’horizon mental au domaine corporel, considéré désormais comme la seule « réalité », et d’ailleurs dépouillé lui-même de tout ce qui ne pouvait pas être regardé comme simplement « matériel » ; naturellement, l’élaboration de la notion même de « matière » par les physiciens devait jouer ici un rôle important. On était dès lors entré proprement dans le « règne de la quantité » ; la science profane, toujours mécaniste depuis Descartes, et devenue plus spécialement matérialiste à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, devait, dans ses théories successives devenir de plus en plus exclusivement quantitative, en même temps que le matérialisme, s’insinuant dans la mentalité générale, arrivait à y déterminer cette attitude, indépendante de toute affirmation théorique, mais d’autant plus diffusée et passée finalement à l’état d’une sorte d’« instinct », que nous avons appelée le « matérialisme pratique », et cette attitude même devait être encore renforcée par les applications industrielles de la science quantitative, qui avaient pour effet d’attacher de plus en plus complètement les hommes aux seules réalisations « matérielles ». L’homme « mécanisait » toutes choses, et finalement il en arrivait à se « mécaniser » lui-même, tombant peu à peu à l’état des fausses « unités » numériques perdues dans l’uniformité et l’indistinction de la « masse », c’est-à-dire en définitive dans la pure multiplicité ; c’est bien là, assurément, le triomphe le plus complet qu’on puisse imaginer de la quantité sur la qualité.

Cependant, en même temps que se poursuivait ce travail de « matérialisation » et de « quantification », qui du reste n’est pas encore achevé et ne peut même jamais l’être, puisque la réduction totale à la quantité pure est irréalisable dans la manifestation, un autre travail, contraire en apparence seulement, avait déjà commencé, et cela, rappelons-le, dès l’apparition même du matérialisme proprement dit. Cette seconde partie de l’action antitraditionnelle devait tendre, non plus à la « solidification », mais à la dissolution ; mais, bien loin de contrarier la première tendance, celle qui se caractérise par la réduction au quantitatif, elle devait l’aider lorsque le maximum de la « solidification » possible aurait été atteint, et que cette tendance, ayant dépassé son premier but en voulant aller jusqu’à ramener le continu au discontinu, serait devenue elle-même une tendance vers la dissolution. Aussi est-ce à ce moment que ce second travail, qui d’abord ne s’était effectué, à titre de préparation, que d’une façon plus ou moins cachée et en tout cas dans des milieux restreints, devait apparaître au jour et prendre à son tour une portée de plus en plus générale, en même temps que la science quantitative elle-même devenait moins strictement matérialiste, au sens propre du mot, et finissait même par cesser de s’appuyer sur la notion de « matière », rendue de plus en plus inconsistante et « fuyante » par la suite même de ses élaborations théoriques. C’est là l’état où nous en sommes présentement : le matérialisme ne fait plus que se survivre à lui-même, et il peut sans doute se survivre plus ou moins longtemps, surtout en tant que « matérialisme pratique » ; mais, en tout cas, il a désormais cessé de jouer le rôle principal dans l’action antitraditionnelle.

Après avoir fermé le monde corporel aussi complètement que possible, il fallait, tout en ne permettant le rétablissement d’aucune communication avec les domaines supérieurs, le rouvrir par le bas, afin d’y faire pénétrer les forces dissolvantes et destructives du domaine subtil inférieur ; c’est donc le « déchaînement » de ces forces, pourrait-on dire, et leur mise en œuvre pour achever la déviation de notre monde et le mener effectivement vers la dissolution finale, qui constituent cette seconde partie ou cette seconde phase dont nous venons de parler. On peut bien dire, en effet, qu’il y a là deux phases distinctes, bien qu’elles aient été en partie simultanées, car, dans le « plan » d’ensemble de la déviation moderne, elles se suivent logiquement et n’ont que successivement leur plein effet ; du reste, dès que le matérialisme était constitué, la première était en quelque sorte virtuellement complète et n’avait plus qu’à se dérouler par le développement de ce qui était impliqué dans le matérialisme même ; et c’est précisément alors que commença la préparation de la seconde, dont on n’a encore vu actuellement que les premiers effets, mais pourtant des effets déjà assez apparents pour permettre de prévoir ce qui s’ensuivra, et pour qu’on puisse dire, sans aucune exagération, que c’est ce second aspect de l’action antitraditionnelle qui, dès maintenant, passe véritablement au premier plan dans les desseins de ce que nous avons d’abord désigné collectivement comme l’« adversaire » et que nous pouvons, avec plus de précision, nommer la « contre-initiation ».
(René Guénon, Le Règne de la quantité et les signes du temps, 1945, chap. XXVIII : Les étapes de l’action antitraditionnelle, Pp.187-191)

Si vous n'aviez pas encore compris...


« On peut imaginer que chaque individu accepte, volontairement ou sans le savoir, une puce en lui, qui contiendrait tout un tas d'information sur lui qui permettrait à la fois de payer tout, de tout savoir... Mais donc d'être libéré d'un certain nombre de contraintes. [...] Le vrai luxe de demain, ce sera d'être isolable, de pouvoir s'isoler, et la vraie liberté, ce ne sera pas d'être relié aux autres, mais d'avoir le droit de ne pas être branché. »
(Jacques Attali, interview à la chaîne Public Sénat, 2008)

« L'homme, comme l'objet, y sera nomade, sans adresse ni famille stable, porteur sur lui, en lui, de tout ce qui fera sa valeur sociale. (...) Devenu prothèse de lui-même, l'homme se produira comme une marchandise. La vie sera l'objet d'artifice, créatrice de valeur et de rentabilité. »
(Jacques Attali, Lignes d'horizon, Fayard, 1990, Pp. 50 et 179)




« Quand un peuple perd le contrôle de ses propres affaires, est réduit comme en esclavage et devient un instrument aux mains d'autrui, l'apathie le submerge. Il perd, peu à peu, tout espoir. [...] Les vaincus s'affaiblissent et deviennent incapable de se défendre. Ils sont victimes de quiconque veut les dominer et la proie des gros appétits. [...] Voyez aussi les animaux de proie, qui ne se reproduisent pas en captivité. Ainsi, le groupe tribal qui a perdu le contrôle de ses propres affaires continue de s'affaiblir et finit par disparaître. »
(Ibn Khaldoun, Al-Muqaddima [Introduction à l'histoire universelle], 1377 ; II, 23)


2017/01/02

Paul Valéry, René Guénon, Nicolas Berdiaev et la crise de l'Occident

Dans le deuxième article de notre série sur l'Esprit européen, nous écrivions:

Dans sa lettre célèbre La Crise de L'Esprit de 1919, Paul Valéry est le premier à notre connaissance à parler de l’Esprit européen d’une part, et d’autre part de la « physique intellectuelle et sociale » qui pourrait décrire l’évolution de cet Esprit. Il tire de cette intuition physique une très étonnante prédiction pour l’époque, qui pourrait se généraliser sous la forme d’une conjecture :
« Je prétendais que l’inégalité si longtemps observée au bénéfice de l’Europe devait par ses propres effets se changer progressivement en inégalité de sens contraire. C’est là ce que je désignais sous le nom ambitieux de théorème fondamental. »
Valéry pose la question fondamentale du devenir de l’Europe. Il la pose au sortir de la Grande Guerre. 
Sa deuxième lettre évoque le repositionnement de l’Europe vis-à-vis de la Grande Asie, face à l’inéluctable retour de balancier de ce que l’on appelle aujourd’hui en géopolitique la puissance, mais –insistons bien sur ce point– que Valéry argumente comme étant la résultante du développement de l’Esprit des peuples. 

Michel Vâlsan nous proposait une synthèse de cette perspective dans son article "La fonction de René Guénon et le sort de l'Occident", paru dans le N° spécial des Etudes Traditionnelles consacré à René Guénon (1951), et qui a été publié à nouveau dans le N° spécial René Guénon de la revue Science Sacrée (2003). Je reprends les extraits qui sont en résonance avec Valéry (1) :
Dès la conclusion de son premier livre, paru en 1921, l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, René Guénon avait formulé trois hypothèses principales quant au sort de l'Occident.  
La première, "la plus défavorable est celle où rien ne viendrait remplacer cette civilisation, et où, celle-ci disparaissant, l'Occident, livré d'ailleurs à lui-même, se trouverait plongé dans la pire barbarie." (Pp. 307-308) 
La seconde serait celle où "les représentants d'autres civilisations, c'est-à-dire les peuples orientaux, pour sauver le monde occidental de cette déchéance irrémédiable, se l'assimileraient de gré ou de force, à supposer que la chose fût possible, et que d'ailleurs l'Orient, y consentît, dans sa totalité ou dans quelqu'une de ses parties composantes.  
Nous espérons que nul ne sera assez aveuglé par les préjugés occidentaux pour ne pas reconnaître combien cette hypothèse serait préférable à la précédente : il y aurait assurément, dans de telles circonstances, une période transitoire occupée par des révolutions ethniques fort pénibles, dont il est difficile de se faire une idée, mais le résultat final serait de nature à compenser les dommages causés par une semblable catastrophe ; seulement, l'Occident devrait renoncer à ses caractéristiques propres et se trouverait absorbé purement et simplement.  
C'est pourquoi, il convient d'envisager un troisième cas comme bien plus favorable au point de vue de l'ensemble de l'humanité terrestre, puisque, s'il venait à se réaliser, l'effet en serait de faire disparaître l'anomalie occidentale, non pas par suppression comme dans la première hypothèse, mais, comme dans la seconde, par retour à l'intellectualité vraie et normale ; mais ce retour, au lieu d'être imposé et contraint, ou tout au plus accepté et subi du dehors, serait effectué alors volontairement et comme spontanément."  
Pour que ce troisième cas devienne une possibilité, et "pour en venir à l'application et la réaliser dans toute son ampleur, il faut pouvoir s'appuyer sur une organisation fortement constituée, ce qui ne veut pas dire que des résultats partiels, déjà appréciables, ne puissent être obtenus avant qu'on en soit arrivé à ce point.  
Si défectueux et si incomplets que soient les moyens dont on dispose, il faut pourtant commencer par les mettre en oeuvre tels quels, sans quoi l'on ne parviendra jamais à en acquérir de plus parfaits ; et nous ajouterons que la moindre chose accomplie en conformité harmonique avec l'ordre des principes porte virtuellement en soi des possibilités dont l'expansion est capable de déterminer les plus prodigieuses conséquences, et cela dans tous les domaines, à mesure que ses répercussions s'y étendent selon leur répartition hiérarchique et par voie de progression indéfinie." (Orient et Occident, Pp. 184-185)
La France peut jouer un rôle clé dans cette recomposition fondamentale des rapports des pays européens avec le Moyen Orient et l'Asie, dès les prochaines élections présidentielles. La participation active aux nouvelles Routes de la Soie seraient une concrétisation de ce sursaut spirituel si nécessaire. C'est le cœur du débat.


(1) : On pourra en trouver une autre continuité chez Edmund Husserl, La crise de l'humanité européenne et la philosophie, trad. fr. (1977). Ce texte remanie une conférence donnée à Vienne le 7 mai 1935. Nathalie Depraz notait en 2012 : "Husserl date de la deuxième moitié du XIXe siècle le devenir positiviste explicite des sciences et vise ici sans doute les scientifiques héritiers de la philosophie positive d’Auguste Comte. [L'] auteur du Cours de Philosophie positive (1830-1842), fonde une philosophie en rupture avec toute métaphysique. Il promeut en effet une attitude fondée exclusivement sur l’expérience et mue par une confiance sans bornes envers la science. [Husserl écrit qu'] ayant laissé tomber les questions que l’on avait incluses dans le concept de métaphysique, la question du sens de l’Histoire, de la raison, la question de Dieu comme source téléologique de toute raison dans le monde, la question du sens du monde ou de l’immortalité, la « crise des sciences européennes » est en fait tout entière le symptôme d’une crise plus profonde encore, et qui est celle de la philosophie elle-même." C'est-à-dire une crise de l'Esprit, Husserl refaisant exactement le constat à l'origine de l'œuvre de Guénon.

Le philosophe et historien des sciences Gilles Gaston Granger, dans la conclusion de Sciences et Réalité (2000), évoque un pont nécessaire vers la métaphysique pour sortir de la crise des sciences :
"Nous ne prétendons pas que la réalité des objets des sciences soit supérieure à tout autre réalité, mais seulement qu'il soit possible, avec plus ou moins de succès, d'en appliquer les critères pour constituer et reconnaître en quelque sorte un substrat aux autres réalités, sans pour autant vouloir que ce substrat s'identifie aux réalités mêmes."
De son côté, riche d'un parcours de philosophie religieuse et politique, le franco-russe Nicolas Berdiaev a bien auparavant publié La crise spirituelle de l'Intelligentzia (1910), Le destin de la Russie (1918), La fin de la Renaissance (1921), Le sens de l'histoire (1923), Le nouveau Moyen Age (1924), De la Destination de l'homme (1931), Le Destin de l'Homme dans le monde actuel (1934), puis Esprit et Réalité (1937). Ces œuvres, issues d'une profonde réflexion sur la période révolutionnaire russe au prisme de la tradition philosophique de ce peuple (Khomiakov, Soloviev, Dostoïevski en particulier) nous apparaissent comme les plus pertinentes et les plus complémentaires avec celles de Guénon, son contemporain, pour comprendre ce que nous devons retrouver.
Liaison subtile et croisement entre Guénon issu d'un Occident ayant perdu ses repères et qui partira vivre au Proche-Orient (au Caire) en 1930, et Berdiaev issu d'un Orient partiellement occidentalisé (mais qui n'a jamais perdu ses traditions), réfugié politique à partir de 1922 en France, apportant et développant cette initiation dont se nourrira Emmanuel Mounier, fondateur de la revue Esprit. Entre 1948 et 1951, tous les trois nous ont quitté. Il nous reste leurs enseignements.



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Liens vers les autres articles du thème l'Esprit Européen :
Partie 1

2015/12/15

Le Réveil de la Force

"Je vais finir ce que tu as commencé...
et revenir du côté obscur!"

Ce titre, bien qu'il rappelle l'actualité de la Guerre des Etoiles, signifie essentiellement le réveil de l'esprit de souveraineté et en conséquence l'émergence progressive de la puissance continentale eurasiatique, de Lisbonne au Kamchatska et d'Oslo à Singapour.

Le cœur de cette puissance réside désormais dans le triangle Russie-Inde-Chine. Il bat concrètement dans de multiples institutions (Union Economique Eurasiatique, BRICS, SCO, ASEAN/APT, AIIB, NDB, CSTO...) qui ont inventé la dé-dollarisation du système financier international et dans de multiples accords de libre échange qui s'y sont développés depuis la fin des années 90, structurant la politique de voisinage de ces géants. Il est intéressant de noter que la création de la Commission Eurasiatique s'est inspirée de la Commission Européenne mais en prenant en compte les expériences tant positives que négatives de l'UE d'après les mots de Medvedev. C'est ainsi que la Commission Eurasiatique est présidée par un Conseil, composé des vice-Premiers ministres de chaque pays membre, ou que le nombre d'officiels est proportionnel à la population de chaque pays membre.

Cet esprit souverain se dilate naturellement dans toutes les directions, obéissant à des invariants géographiques (ce que l'on appelle en géopolitique « la permanence de la carte ») :
  • vers l'Asie du sud-Est, où cette influence se déploie dans les accords commerciaux et les nouvelles positions stratégiques en mer de Chine. On peut associer cet élan à la poussée vers l'Arctique par la Russie et vers l'Antarctique par la Chine ;
  • de l'Asie Centrale vers le Moyen-Orient, où elle s'appuie fortement sur l'Iran -représentant de l'esprit souverain depuis la Révolution de 1979 face aux forces dissolvantes de la mondialisation promulguée par les néo-conservateurs- pour défendre fermement la Syrie ; 
  • vers l'Europe de l'Ouest, où cette poussée de souverainisme entraîne l'obsolescence rapide des institutions du bloc occidental; 
  • et vers l'extrême Occident, où elle s'appuie sur Cuba -représentant de l'esprit souverain depuis la Révolution de 1953- et sur la culture Bolívarienne en Amérique du Sud.
À titre d'exemple, la crise depuis 2008 démontre que les institutions de l'Union Européenne sont incapables de réforme et de remise en question, et les peuples européens en condamnent désormais massivement la logique castratrice. Citons également les accords commerciaux comme le TTIP qui est vécu par les Européens comme une camisole de force et une trahison, ou encore l'OTAN qui comme anticipé se révèle désormais totalement paralysée en interne, comme le prouve l'absence de tout soutien effectif de « l'alliée » Turquie par les pays membres de l'OTAN après le traquenard du SU-24 qui a été abattu.

L'émergence de Corbyn est également un signe de cette émergence du souverainisme, du rejet des fondements de la politique présente en Europe depuis 70 ans. Dernier exemple et non des moindres, celui de la poussée historique du Front National aux élections régionales en France, qui dès les résultats au soir du dimanche 13/12/2015 a fait se cristalliser toute la campagne présidentielle de 2017, en polarisant le « camp des patriotes » contre « celui des mondialistes qui veulent dissoudre le sentiment national ». 

Il ne reste aux technocrates qu'à instaurer des coupes-feux (loi Urvoas en France, état d'urgence, menaces de guerre civile par le Premier Ministre…) pour diminuer encore les règles démocratiques, et gagner un peu de temps. Cela ne changera pas la trajectoire implacable de l'Histoire, qui fait que l'obsolescence éclatante des institutions les condamnent au placard et à l'oubli. Comme Camus l'a proclamé: seuls les esprits indépendants forment l'Histoire.

La crise systémique globale dont la phase aiguë a duré de 2007 à 2015 a dépassé son point haut et vient d'atteindre un nouveau stade, celui de la recomposition, dans un contexte géopolitique mondial où les BRICS jouent et gagnent.

C'est dans cette libération des nouvelles forces politiques en Europe, enfin affranchis de la tutelle américaine, que sont présents plusieurs scénarios de recomposition dans les années à venir.
  • soit les peuples européens gagnent une indépendance exacerbée et restent divisés : ils se condamnent alors à n'être que de simples satellites lointains des géants asiatiques, sans influence extérieure ; 
  • soit la force issue de leur nouvelle indépendance alliée à une compréhension les conduit à adhérer à l'Union Eurasiatique, garante de la stabilité sur le continent ; 
  • soit cette indépendance acquise ne sera qu'une mascarade de plus, dans laquelle le maître derrière le rideau sera encore la City -mais cette fois sans l'alliance avec Wall Street- et où la plupart des dirigeants partageront la même chemise brune, pour afficher des velléités de plus en plus agressives vis à vis de l'Union Eurasiatique, rebouclant en pure perte sur la tragédie du XXème siècle.
Nous nous attacherons au fil des mois à déchiffrer et anticiper les tendances en Europe qui vont nous orienter vers l'un ou l'autre de ces scénarios. La direction est claire, le point de chute encore incertain.



2015/01/29

Conscience sociale et la résilience des peuples européens

Belle synthèse que voilà, et qui propose un lien entre comportement individuel et survie des grandes structures humaines.


Cependant les auteurs n'évoquent pas ce qui constitue le point de fuite des neuro-sciences: l'esprit.
Or, dans le cadre du développement de chaque esprit humain et de sa résilience, personne ne peut faire l'impasse longtemps sur la qualité de la philosophie morale, telle qu'enseignée par les religions. Celle-ci forme la base la plus profonde qui soit à la culture.

C'est ainsi que l'enracinement du christianisme orthodoxe chez les peuples russes explique la résilience extraordinaire dont ils ont fait preuve depuis 1905, et plus près de nous suite à l'effondrement de 1990.

Une leçon historique doit en être tirée, déjà exprimée par d'autres: les peuples de l'Europe ne se relèveront pas tant qu'ils n'auront pas décidé de renouer pleinement avec leurs racines chrétiennes. 

Une seconde leçon peut en être tirée, jamais évoquée à ma connaissance: la qualité de la philosophie morale d'une religion, et son maintien dans le temps, dépend très fortement de la gouvernance qui est organisée pour la faire vivre. 
En la matière pour l'Eglise catholique, la concentration du pouvoir spirituel aux mains du seul pape, assisté par la Curie, a conduit depuis le schisme de 1054 peu à peu à l'incurie et à la déchéance que le pape François entend désormais stopper.
Il est significatif de noter la toute autre organisation de la gouvernance de l'Eglise Chrétienne Orthodoxe, dont l'organisation présente un caractère multipolaire.

Le nouvel essor que je pense inévitable de la spiritualité chrétienne en Europe va entraîner du même chef un effort sur la réunification des patriarcats des Eglises Chrétiennes Orthodoxes et Catholiques, par l'organisation d'un grand concile. 

L'esprit européen est à la charnière entre relaxation et réorganisation.


[Les précédents articles de cette série sur l'Esprit Européen sont accessibles ici]

2014/10/22

La philosophie morale pour acquérir la sagesse et l’intelligence


Dernière mise à jour des références: 21/06/2017


“...Having desire without light, curiosity without wisdom, seeking God by strange ways, by ways traced by the hands of men; offering rash incense upon the high places to an unknown God, who is the God of darkness.” — Ernest Hello, Les plateaux de la balance, 1880, Pp. 314. [i0]


"The hope for the twentieth [NDR: now the twentieth-first] century rests on recognition that war and depression are man-made, and needless. They can be avoided in the future by turning from the nineteenth-century characteristics just mentioned (materialism, selfishness, false values, hypocrisy, and secret vices) and going back to other characteristics that our Western Society has always regarded as virtues: generosity, compassion, cooperation, rationality, and foresight, and finding a increased role in human life for love, spirituality, charity, and self discipline." — Carroll Quigley, Tragedy and Hope, 1966, Pp. 1310-1311.


Le Livre des Proverbes [i] est un des livres peu connus composant l’Ancien Testament. Il s'agit de plusieurs collections de paroles de sagesse en rapport avec l'expérience humaine. Suivant les exégètes et archéologues sa période de rédaction varie, remontant au Xème siècle av. J.-C mais plus vraisemblablement au Vème siècle av. J.-C. 

À titre de comparaison temporelle, mentionnons Thalès né en Asie Mineure (Turquie) vers -625 et mort vers -547, le plus ancien des philosophes présocratiques. Il fut l'un des «Sept sages» de la Grèce antique. Il passe pour avoir effectué un séjour en Égypte, où il aurait été initié aux sciences égyptienne et babylonienne. Ces deux cultures directement voisines de la Judée ont également eu un profond impact sur les rédacteurs de l'Ancien Testament. 

Là où Thalès et la plupart des philosophes grecs s'intéressent à la compréhension de la nature comme voie de développement de la sagesse, les rédacteurs de l'Ancien Testament s'intéressent à l'esprit. Ils proposent ici une philosophie morale pour acquérir la sagesse et l’intelligence. Ce sont les deux chemins que nous avons emprunté dans les pas de notre éducation chrétienne tout d'abord, puis scientifique ensuite.

Nous reprenons ici les chapitres 1 à 9 (sur 30) du Livre des Proverbes, à l'exception des parties qui traitent des rapports entre hommes et femmes hors mariage. Ces chapitres utilisent peu de tournures poétiques, de métaphores ou de paraboles et sont très explicites.


J'introduis cette réflexion pour vous interroger sur le manque d'enseignement de cette sagesse proverbiale depuis de longs jours en Occident. C'est à n'en pas douter une des origines de la crise de l'esprit européen.

Cet article se termine de manière significative par deux extraits des chapitres 1 et 6, que j'ai trouvés particulièrement adaptés pour décrire la lutte primordiale entre la philosophie morale de l'Ancien Testament et celle dévoyée qui a culminé avec Sabbataï Tzvi et les Sabbataïstes, dont le mouvement s'est prolongé avec les Dönme et les Frankistes. Ces mouvements, qui ne sont pas juifs puisqu'ils ont été officiellement excommuniés par les autorités rabbiniques de l'époque, ont corrompu la plupart des structures de pouvoir en Occident et au Moyen Orient, qu'elles soient apparentes ou occultes, laïques ou religieuses, chrétiennes, musulmanes ou juives. Il faut noter que ce mouvement historique est resté ignoré du Pr Caroll Quigley, dans sa description de la lutte millénaire entre la conception orthodoxe de la nature humaine et la conception diamétralement opposée qu'il fait remonter jusqu'à Zoroastre (Tragedy and Hope, 1966, chapitre 20). Cet ajout aurait cependant pu constituer le pinacle de son oeuvre, les premières publications en allemand sur ce mysticisme très particulier remontant à 1822, et pour l'anglais à 1895.

Ce mouvement sabbataïste ancré dans le secret n'a pas disparu et persiste jusqu'à nos jours, comme ont persisté diverses formes de crypto-judaïsme pendant des siècles au cours de l'histoire. Des liens historiques irréfutables mais encore à ce jour extrêmement méconnus ont été établis avec l'essor de courants qui ont puissamment participé à la formation de l'histoire occidentale au moins depuis le XVIIème siècle, comme le nazisme, le marxisme-léninisme, le détournement du sionisme [vii]. Nous gardons à l'esprit l'influence historique de l'Occident sur le reste du monde depuis cette période conjointement à la révolution industrielle et au développement du capitalisme financier.

Ces liens historiques mettent également en perspective l'enracinement de l'influence des acteurs de l'Etat Profond en particulier aux USA (et ses pays satellites traditionnels en Asie comme le Japon, la Corée du Sud ou les Philippines), au Canada, en Angleterre, en Allemagne (voir ici, ici et ici), en Italie, en France, en Egypte, en Arabie Saoudite, en Inde et en Turquie. À titre d'exemple pour ce dernier pays les recherches historiques de Prinz restent encore trop méconnues :

Source: Rabbi J. Prinz, "The Secret Jews", 1973, p.122

Ce processus d'acquisition de la sagesse et de l'intelligence nous permet de corriger une erreur de Quigley dans le chapitre de conclusion (p. 1238-1240) de son livre mentionné ci-avant.





Bien que nous nous partageons complètement les premières caractéristiques énumérées -en particulier Evil is absence of God- nous réfutons la façon de décrire la recherche de la liberté dans la séparation des deux modes de pensée page 1239. S'il est exact que la philosophie morale orthodoxe "recherche la vérité par l'expérience et la révélation, interprétée au travers de la tradition", il nous parait tout à fait inexact de déclarer que cette posture est à l'opposé de la "recherche de la vérité par la déduction rationnelle à partir de la révélation". En effet, la deuxième proposition fait partie intégrante de la première. La révélation ne survient qu'à partir de la réflexion issue de l'expérience.

D'une part on doit relire les mots du Pape Léon XIII : « L’Église elle même, non seulement conseille, mais ordonne aux Docteurs chrétiens d’appeler à leur aide la philosophie » (Æterni Patris, 1879).

D'autre part l'apparition des déductions rationnelles ou d’intuitions les plus profondes, aux conséquences les plus déconcertantes, sont des cas de révélations quand elles s'appuient sur un échafaudage intégral de vérités précédentes. Les résultats des recettes de la guématrie ne sont pas des vérités, ce ne sont, au mieux, que des indices. 

Une telle révélation est une expérience de pensée que l'on compare souvent à un voile intérieur qui se déchire, à un espace qui se fait jour là où, un instant auparavant, ne régnait dans l'esprit qu'une lutte à l'aveugle, confuse ou inconsciente. À cet instant précis, notre esprit est à l’avant-garde pour explorer ce nouvel espace et repousser le vide un peu plus loin. 

Vivre ce type de révélation n'est pas celle réservée aux grands mystiques. C'est l'empreinte persistante de cette expérience intime qui fait que de nombreux chercheurs académiques, repoussant précocement le fait religieux ou la métaphysique comme composantes de l'explication du monde, et utilisant le plus des processus d'abstraction conceptuelle -dans les sciences dites dures et en philosophie- se découvrent vers la fin de leur vie le besoin de proclamer une redécouverte de leur propre sens religieux, comme à l’issue d’une longue démarche initiatique.

A contrario, la philosophie morale shabbetaïste ou frankiste est le résultat d’une recherche d'une vérité au moyen de déductions fallacieuses, à partir de sources traditionnelles, pour se perdre en sophismes. Nous appelons ici sources traditionnelles l’emploi des textes sacrés originels et de la symbolique ; nous appelons déductions fallacieuses l’abus aveugle de l'exégèse et l'herméneutique kabbalistiques qui entraînent obligatoirement des conceptions qui n'ont que l'apparence d’une vérité métaphysique. 

Du fait que la notation du calcul se faisait avec des lettres, comme en grec, les lettres hébraïques ont de multiples significations: leur valeur numérique est notamment utilisée par la guématrie -pratique très commune dans la kabbale depuis le Sefer Yétsirah du Xème siècle. En effet les trois recettes de l'herméneutique dans les études kabbalistiques sont les suivantes :
  • peser ou donner une valeur numérique aux lettres et aux mots et trouver des mots de valeur équivalente qui peuvent être liés entre eux (la guématrie autorise les additions, les soustractions, l'usage des multiples);
  • transformer, avec de nouvelles règles de substitution; par cette méthode on obtient des mots et des sens nouveaux ("témourah"). Ainsi, si on remplace la première lettre par la deuxième, la deuxième par la troisième etc…, on applique alors la règle dite "abgad" et selon celle-ci, par exemple, le tétragramme (y/h/w/h) devient le "kouzou" (kh/w/z/w)!
  • permuter les lettres et obtenir des anagrammes d'un mot qui génèrent des sens nouveaux de même valeur numérique et donc ayant une certaine affinité ("notarikon" ou "tsérouf"); 
  • certains auteurs vont même s'autoriser à trouver un sens quand une de ces recettes donne un mot qui leur convient à une lettre ou un chiffre près, sachant que les voyelles ne comptent jamais... ou bien utilisent des mots dont l'usage n'était pas connu au moment de la rédaction du texte, ou qui n’existent que dans un autre idiome, ou qui renvoient à des symboles polysémiques.
De plus rappelons que la Torah d'origine a été rédigée en alphabet paléo-hébraïque, comme en témoigne l'amulette de Ketef Innom, ou pour certains textes comme la Guemara en araméen au 6ème siècle après J.-C. Ces deux alphabets sont des ramifications de l'alphabet phénicien. Le paléo-hébraïque a été utilisé pour écrire la langue hébraïque à partir du 10ème siècle av. J.-C. jusqu'à son abandon au 5ème siècle av. J.-C., date de son remplacement par l'alphabet araméen. Le paléo-hébraïque a aussi donné l'alphabet hébreu, lequel a évolué plus tard en alphabet hébreu moderne. Tous ces alphabets comportent 22 lettres. Il semble vraisemblable que si la forme des 22 lettres a évolué, leur rang dans l'ordre alphabétique est resté fixe depuis au moins l'alphabet ougaritique (bien que lui comporte 30 lettres). Si toutes ces écritures ont des points communs, le langage oral ou écrit utilisé à une époque donnée, les mots, les règles de grammaire et de syntaxe, l'éventuelle correspondance des lettres avec des symboles est propre à chaque système de langue et à chaque époque.
Aucune étude de guématrie ne repose sur le texte d'origine (perdu) de la Torah en paléo-hébraïque, mais part de textes traduits ou écrits postérieurement en alphabet hébreu ou araméen.
Bref: avec un tel manque de rigueur de raisonnement et de transparence, on peut en toute probabilité faire dire tout et son contraire à n'importe quel texte d'une certaine longueur, en profitant des coïncidences.
On pourra lire à ce propos les articles suivants: « Le miracle ultime » concernant le nombre 19, et « Sous le signe du 7 ». Aucun auteur kabbaliste ne traite de sa méthode numérologique sous l'angle de la statistique ou de l'analyse combinatoire. Une étude à partir du théorème des probabilités de Borel ou de la loi forte des grands nombres ne serait pas de trop.
On peut imaginer l’utilisation de la guématrie comme une technique favorisant la spéculation métaphysique. Mais elle ne peut pas présenter de caractère probant. Au mieux, il ne peut en sortir qu’une intuition, qu’une réflexion métaphysique devra développer.
Le dénouement de la crise actuelle marquera également, selon nous, l'échec de ce détournement antinomique de la morale que l'on reconnait par la formule «C'est en violant la Torah qu'on l'accomplit». [viii] Notons que cette anti-morale est ouvertement enseignée de nos jours. Voici ainsi la présentation que se donne sur son site internet le fondateur de la communauté des "Dönmeh de l'Occident" :
Yakov Leib haKohain is the Hebrew birth-name of the Jewish poet, author, teacher and Sabbatian Kabbalist, Lawrence G. Corey, Ph.D. who also was given the names John-Francis, Aziz Mehemed Effendi and Kali Dass upon his ritual conversions, as a Sabbatian Jew, to the Catholic Church, Islam and Vedanta, respectively. He holds a doctorate in Jungian Studies and Comparative Religion, and his poetry and essays have appeared in literary magazines and scholarly journals such as Midstream, Evergreen Review, Beloit Poetry Journal, The Catholic Critic, Dor L'Dor: Journal of the World Jewish Bible Society of Jerusalem, The Priest: A Journal of Catholic Theology, Newsletter of the Orthdox Jewish Teacher's Association of New York, Library Journal of the C.G. Jung Institute of San Francisco, Choice: A Yearly Anthology of Poetry, Modern Jew in Search of a Soul, and an upcoming issue of Kabbalah: Journal for the Study of Jewish Mystical Texts.

Following in the footsteps of the 17th and 18th century Jewish Avatars Sabbatai Zevi and Jacob Frank, respectively -- as well as the 19th century Hindu Avatar, Sri Ramakrishna Paramahamsa -- all of whom he seeks to emulate, Reb Yakov Leib HaKohain over the course of his 71 years has studied, converted to, practiced and spiritually integrated the four major religions of the world (Judaism, Catholic Christianity, Islam and Hinduism) in order to perform the Kabbalistic Tikkun of "Repairing the Face of God" -- which means the intentional spiritual reconciliation, in one's own person, of all religions so that God may again be one and His Name, one.

For the past thirty years, he has been the acknowledged spiritual leader of the Neo-Sabbatian Kabbalists of the West and spiritual heir to the legacy of the 17th century Jewish Avatar, Sabbatai Zevi and his 18th century successor, Avatar Yakov Leib Frank, after whom he is believed to have been named by his Orthodox Jewish family of hereditary Levitical priests, the maternal side of which originally came to America from Istanbul, Turkey where the Sabbatian movement began in the late 17th century.

Presently in his seventy-first year, Reb Yakov Leib HaKohain founded Donmeh West: A Center for the Study & Practice of Neo-Sabbatian Kabbalah in 1972. For a number of years he was the non-ordained but elected Rebbe ("spiritual leader") of the South Bay Kehillah, a small congregation of overtly Orthodox but covertly Sabbatian Jews in Hermosa Beach, California. In addition, he has taught on the Jewish roots of Christianity to parishes in the Roman Catholic Archdiocese of Los Angeles. His work is now exclusively on the internet where he teaches, preaches, counsels and publishes a website dedicated to the teaching, learning and practice of 16th century Lurianic Kabbalah as reconfigured in the 17th century by the Jewish Messiah and Avatar, Sabbatai Zevi and his prophet and chief exegete, Nathan of Gaza.
Qui comprend cette corrosion continue de nos esprits, mère de tous les maux, et s'en émeut ?

D'après l'historien Arnold J. Toynbee, le déclin d'une civilisation est habituellement le résultat de son incapacité à répondre aux défis d'ordre moral et religieux plutôt qu'aux défis physiques et environnementaux.  

Toynbee présente l'histoire comme l'essor et la chute des civilisations plutôt que comme l'histoire d'État-nations ou de groupes ethniques. Il identifie les civilisations sur des critères culturels plutôt que nationaux. Ainsi, la civilisation occidentale, qui comprend toutes les nations qui ont existé en Europe occidentale depuis la chute de l'Empire romain d'occident, est traitée comme un tout, et est distinguée de la civilisation orthodoxe, de la Russie et des Balkans.

Toynbee présente l'histoire de chaque civilisation en termes de défis et de réponses. Les civilisations rebondissent en réponse à certains défis d'une extrême difficulté quand les "minorités créatrices" conçoivent des solutions pour réorienter la société entière. Quand une civilisation arrive à relever des défis, elle croît. Sinon elle décline.

« Les civilisations meurent par suicide ou par meurtre, non par des causes naturelles »
(Note de l'éditeur dans une des éditions de A.J. Toynbee, A Study of History, 1947)

C'est à ce défi que Conscience Sociale s'est attaché. C'est dans cette optique que nous avons recherché les dimensions caractérisant le Nouveau Moyen-Âge qui s'ouvre.


« Aujourd'hui, on ne conquiert plus le terrain pour avoir les hommes, on conquiert les âmes, on conquiert le psychisme. Une fois qu'on a le psychisme, on a l'homme. Quand on a l'homme, le terrain suit. La plus grande astuce du diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas. Le moment est venu d'utiliser le mot "subversion". Arme redoutable car elle essaie de ne pas se montrer. [...] Cette méthode redoutable s'inscrit dans l'infiltration d'une partie des médias, d'une partie de ceux qui enseignent aux âmes, aux cœurs et aux cervelles, je veux dire le clergé, l'école, l'Université. Jadis, pour tenir le pouvoir il fallait contrôler l'Eglise, donc les âmes ; au XIXe siècle, c'est l'instruction, donc les cerveaux. Aujourd'hui c'est l'audiovisuel qui prime, et l'Université. En Occident, on n'apprend plus, comme on le fait dans les pays de l'Est, l'amour de la patrie, du travail, mais le laxisme, l'indiscipline, le non-respect des vertus anciennes, la recherche des paradis artificiels. En un mot ce que j'appelle "l'ordre inverse" »

(Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Ed. Stock, 1986, Pp. 376-377)


« Évidemment, de tels êtres ne peuvent jamais être des mécanistes ni des matérialistes, ni même des « progressistes » ou des « évolutionnistes » au sens vulgaire de ces mots, et, quand ils lancent dans le monde les idées que ceux-ci expriment, ils le trompent sciemment ; mais ceci ne concerne en somme que l’« antitradition » négative, qui n’est pour eux qu’un moyen et non un but, et ils pourraient, tout comme d’autres, chercher à excuser cette tromperie en disant que « la fin justifie les moyens ». Leur erreur est d’un ordre beaucoup plus profond que celle des hommes qu’ils influencent et « suggestionnent » par de telles idées, car elle n’est pas autre chose que la conséquence même de leur ignorance totale et invincible de la vraie nature de toute spiritualité ; c’est pourquoi il est beaucoup plus difficile de dire exactement jusqu’à quel point ils peuvent être conscients de la fausseté de la « contre-tradition » qu’ils visent à constituer, puisqu’ils peuvent croire très réellement qu’en cela ils s’opposent à l’esprit, tel qu’il se manifeste dans toute tradition normale et régulière, et qu’ils se situent au même niveau que ceux qui le représentent en ce monde ; et, en ce sens, l’Antéchrist sera assurément le plus « illusionné » de tous les êtres. Cette illusion a sa racine dans l’erreur « dualiste » dont nous avons parlé ; et le dualisme, sous une forme ou sous une autre, est le fait de tous ceux dont l’horizon s’arrête à certaines limites, fût-ce celles du monde manifesté tout entier, et qui, ne pouvant ainsi résoudre, en la ramenant à un principe supérieur, la dualité qu’ils constatent en toutes choses à l’intérieur de ces limites, la croient vraiment irréductible et sont amenés par là même à la négation de l’Unité suprême, qui en effet est pour eux comme si elle n’était pas. C’est pourquoi nous avons pu dire que les représentants de la « contre-initiation » sont finalement dupes de leur propre rôle, et que leur illusion est même véritablement la pire de toutes, puisque, en définitive, elle est la seule par laquelle un être puisse, non pas être simplement égaré plus ou moins gravement, mais être réellement perdu sans retour ; mais évidemment, s’ils n’avaient pas cette illusion, ils ne rempliraient pas une fonction qui, pourtant, doit nécessairement être remplie comme toute autre pour l’accomplissement même du plan divin en ce monde ». 
(René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, 1945, chapitre XL - La fin d’un monde)


Naturellement, pour que l’imitation par reflet inverse soit aussi complète que possible, il peut se constituer des centres auxquels se rattacheront les organisations qui relèvent de la « contre-initiation », centres uniquement « psychiques », bien entendu, comme les influences qu’ils utilisent et qu’ils transmettent, et non point spirituels comme dans le cas de l’initiation et de la tradition véritable, mais qui peuvent cependant, en raison de ce que nous venons de dire, en prendre jusqu’à un certain point les apparences extérieures, ce qui donne l’illusion de la « spiritualité à rebours ». Il n’y aura d’ailleurs pas lieu de s’étonner si ces centres eux-mêmes, et non pas seulement certaines des organisations qui leur sont subordonnées plus ou moins directement, peuvent se trouver, dans bien des cas, en lutte les uns avec les autres, car le domaine où ils se situent, étant celui qui est le plus proche de la dissolution « chaotique », est par là même celui où toutes les oppositions se donnent libre cours, lorsqu’elles ne sont pas harmonisées et conciliées par l’action directe d’un principe supérieur, qui ici fait nécessairement défaut. De là résulte souvent, en ce qui concerne les manifestations de ces centres ou de ce qui en émane, une impression de confusion et d’incohérence qui, elle, n’est certes pas illusoire, et qui est même encore une « marque » caractéristique de ces choses ; ils ne s’accordent que négativement, pourrait-on dire, pour la lutte contre les véritables centres spirituels, dans la mesure où ceux-ci se tiennent à un niveau qui permet à une telle lutte de s’engager, c’est-à-dire seulement pour ce qui se rapporte à un domaine ne dépassant pas les limites de notre état individuel. Mais c’est ici qu’apparaît ce qu’on pourrait véritablement appeler la « sottise du diable » : les représentants de la « contre-initiation », en agissant ainsi, ont l’illusion de s’opposer à l’esprit même, auquel rien ne peut s’opposer en réalité ; mais en même temps, malgré eux et à leur insu, ils lui sont pourtant subordonnés en fait et ne peuvent jamais cesser de l’être, de même que tout ce qui existe est, fut-ce inconsciemment et involontairement, soumis à la volonté divine, à laquelle rien ne saurait se soustraire. Ils sont donc, eux aussi, utilisés en définitive, quoique contre leur gré, et bien qu’ils puissent même penser tout le contraire, à la réalisation du « plan divin dans le domaine humain » ; ils y jouent, comme tous les autres êtres, le rôle qui convient à leur propre nature, mais, au lieu d’être effectivement conscients de ce rôle comme le sont les véritables initiés, ils ne sont conscients que de son côté négatif et inversé ; ainsi, ils en sont dupes eux-mêmes, et d’une façon qui est bien pire pour eux que la pure et simple ignorance des profanes, puisque, au lieu de les laisser en quelque sorte au même point, elle a pour résultat de les rejeter toujours plus loin du centre principiel, jusqu’à ce qu’ils tombent finalement dans les « ténèbres extérieures ». Mais, si l’on envisage les choses, non plus par rapport à ces êtres eux-mêmes, mais par rapport à l’ensemble du monde, on doit dire que, aussi bien que tous les autres, ils sont nécessaires à la place qu’ils occupent, en tant qu’éléments de cet ensemble, et comme instruments « providentiels », dirait-on en langage théologique, de la marche de ce monde dans son cycle de manifestation, car c’est ainsi que tous les désordres partiels, même quand ils apparaissent en quelque sorte comme le désordre par excellence, n’en doivent pas moins nécessairement concourir à l’ordre total.
(Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, 1945, chapitre XXXVIII - De l’antitradition à la contre-tradition)


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~ Le Livre des Proverbes ~

L’objectif de cet enseignement (chapitre 1.1-9)


1 Proverbes de Salomon [ii], fils de David [iii], roi d'Israël, pour connaître la sagesse et l'instruction, pour comprendre les paroles de l'intelligence, pour recevoir des leçons de bon sens, de justice, d'équité et de droiture, pour donner du discernement à ceux qui manquent d'expérience, de la connaissance et de la réflexion aux jeunes.
5 Que le sage écoute, et il augmentera son savoir! Celui qui est intelligent gagnera en habileté pour comprendre les proverbes et les paraboles, les paroles des sages et leurs énigmes.
7 La connaissance commence par la crainte de l’Éternel [iv]. Il faut être fou pour mépriser la sagesse et l'instruction.
8 Mon fils, écoute l'instruction de ton père et ne rejette pas l'enseignement de ta mère!
9 En effet, ce sera une couronne de grâce pour ta tête et un collier pour ton cou. 


L'appel de la sagesse (chapitre 1.20-33)

20-21 La sagesse crie dans les rues, elle parle tout haut sur les places, elle appelle à l'entrée des endroits bruyants. Aux portes, dans la ville, elle fait entendre ses paroles:
22-23 «Jusqu'à quand, vous qui manquez d'expérience, aimerez-vous la naïveté? Jusqu'à quand les moqueurs trouveront-ils leur plaisir dans la moquerie et les hommes stupides détesteront-ils la connaissance? Revenez pour écouter mes reproches! Je veux déverser mon Esprit sur vous, je veux vous faire connaître mes paroles.
24-27 Puisque j'appelle et que vous résistez, puisque je tends la main et que personne n'y prête attention, puisque vous négligez tous mes conseils et n'acceptez pas mes reproches, moi aussi je rirai quand vous serez dans le malheur, je me moquerai quand la terreur fondra sur vous, quand la terreur fondra sur vous comme une tempête et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, quand la détresse et l'angoisse s'empareront de vous.»
28 Alors ils m'appelleront et je ne répondrai pas, ils me chercheront et ils ne me trouveront pas.
29-31 Parce qu'ils ont détesté la connaissance et n'ont pas choisi la crainte de l'Éternel [iv], parce qu'ils n'ont pas accepté mes conseils et ont méprisé tous mes reproches, ils se nourriront du fruit de leur conduite et ils se rassasieront de leurs propres conseils.
32 En effet, l'égarement de ceux qui manquent d'expérience les tue et l'insouciance des hommes stupides provoque leur perte.
33 En revanche, celui qui m'écoute habitera en sécurité. Il vivra tranquille et n'aura à redouter aucun mal.


Les bienfaits de la sagesse (chapitres 2.1-3.35)

1-5 Mon fils, si tu fais bon accueil à mes paroles et si tu retiens mes commandements en prêtant une oreille attentive à la sagesse et en inclinant ton cœur  à l'intelligence, oui, si tu appelles la sagesse et si tu élèves ta voix vers l'intelligence, si tu la cherches comme l'argent, si tu la poursuis comme un trésor, alors tu comprendras ce qu'est la crainte de l'Éternel [iv] et tu trouveras la connaissance de Dieu.
6 En effet, c'est l'Éternel qui donne la sagesse, c'est de sa bouche que sortent la connaissance et l'intelligence.
7 Il tient le succès en réserve pour les hommes droits, il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité.
8 Il protège ainsi les sentiers de l'équité et il veille sur le chemin de ses fidèles.
9 Tu comprendras alors ce que sont la justice, l'équité, la droiture, toutes les routes qui mènent au bien.
10-19 En effet, la sagesse viendra dans ton cœur  et la connaissance fera les délices de ton âme; la réflexion veillera sur toi, l'intelligence te protégera, et ainsi tu seras délivré de la voie du mal, de l'homme qui tient des discours pervers, de ceux qui abandonnent les sentiers de la droiture pour marcher dans des chemins ténébreux, qui éprouvent de la joie à faire le mal, qui mettent leur plaisir dans la perversité, qui suivent des sentiers tortueux et des routes pleines de détours.
20 Tu marcheras ainsi sur la voie des hommes de bien, tu persévéreras sur les sentiers des justes.
21 En effet, les hommes droits habiteront le pays, les hommes intègres y resteront, tandis que les méchants seront exclus du pays, les infidèles en seront arrachés.

Chapitre 3.
1-2 Mon fils, n'oublie pas mon enseignement et que ton cœur  garde mes commandements, car ils prolongeront la durée de tes jours, les années de ta vie, et ils augmenteront ta paix.
3 Que la bonté et la vérité ne t'abandonnent pas: attache-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur.
4 Tu trouveras ainsi grâce et bon sens aux yeux de Dieu et des hommes.
5 Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur  et ne t'appuie pas sur ton intelligence!
6 Reconnais-le dans toutes tes voies et il rendra tes sentiers droits.
7-8 Ne te prends pas pour un sage, crains l'Éternel [iv] et détourne-toi du mal: cela apportera la guérison à ton corps et un rafraîchissement à tes os.
9 Honore l'Éternel avec tes biens et avec les premiers de tous tes produits!
10 Alors tes greniers seront abondamment remplis et tes cuves déborderont de vin nouveau.
11-12 Mon fils, ne méprise pas la correction de l'Éternel et ne sois pas dégoûté lorsqu'il te reprend, car l'Éternel reprend celui qu'il aime, comme un père l'enfant qui a sa faveur.
13 Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse et l'homme qui possède l'intelligence!
14 En effet, le bénéfice qu'elle procure est préférable à celui de l'argent et le profit qu'on en tire vaut mieux que l'or.
15 Elle est plus précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tout ce que tu pourrais désirer.
16 Une longue vie est dans sa main droite, dans sa gauche se trouvent la richesse et la gloire.
17 Ses voies sont des voies agréables et tous ses sentiers sont des sentiers de paix.
18 Elle est un arbre de vie pour ceux qui s'attachent à elle, et ceux qui la possèdent sont heureux.
19-20 C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, c'est par l'intelligence qu'il a affermi le ciel; c'est par sa connaissance que les abîmes se sont ouverts et que les nuages distillent la rosée.
21 Mon fils, que ces conseils ne s'éloignent pas de tes yeux! Garde le discernement et la réflexion!
22 Ils seront la vie de ton âme et l'ornement de ton cou.
23 Alors tu marcheras en sécurité sur ton chemin et ton pied ne heurtera pas d'obstacle.
24 Si tu te couches, tu n'auras rien à redouter et, quand tu seras couché, ton sommeil sera doux.
25-26 N'aie pas peur d'une cause de terreur soudaine ni d'une attaque de la part des méchants, car l'Éternel sera ton assurance et il préservera ton pied de tout piège.
27 Ne refuse pas un bienfait à ceux qui y ont droit quand tu as le pouvoir de l'accorder.
28 Ne dis pas à ton prochain: «Va-t'en puis reviens, c'est demain que je donnerai» quand tu as de quoi donner.
29-30 Ne médite pas le mal contre ton prochain alors qu'il habite en toute confiance près de toi, ne te dispute pas sans raison avec quelqu'un lorsqu'il ne t'a fait aucun mal.
31-32 Ne sois pas jaloux de l'homme violent et ne choisis aucune de ses voies, car l'Éternel a horreur de l'homme perverti, mais il est un ami pour les hommes droits.
33 La malédiction de l'Éternel frappe la maison du méchant, mais il bénit le domaine des justes.
34 Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles.
35 Les sages hériteront de la gloire, mais les hommes stupides récolteront le déshonneur.


L'acquisition de la sagesse (chapitre 4.1-27)

1-2 Ecoutez, mes fils, l'instruction d'un père, et soyez attentifs pour connaître l'intelligence, car je vous transmets un bon savoir. Ne rejetez pas mon enseignement!
3 J'étais un fils pour mon père, un fils tendre et unique aux yeux de ma mère.
4-6 Il m'enseignait alors et me disait: «Que ton cœur  retienne mes paroles! Obéis à mes commandements et tu vivras. Acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence! N'oublie pas les paroles de ma bouche et ne t'en détourne pas! Ne l'abandonne pas et elle te gardera. Aime-la et elle te protégera.»
7 Voici le commencement de la sagesse: acquiers la sagesse et avec tout ce que tu possèdes acquiers l'intelligence.
8 Tiens-la en haute estime et elle t'élèvera. Elle fera ta gloire, quand tu l'embrasseras.
9 Elle mettra sur ta tête une couronne de grâce, elle t'ornera d'un magnifique diadème.
10 Ecoute-moi, mon fils, fais bon accueil à mes paroles et les années de ta vie seront nombreuses.
11 Je t'enseigne la voie de la sagesse, je te conduis dans les sentiers de la droiture.
12 Pendant ta marche, ton pas ne sera pas gêné, et si tu cours, tu ne trébucheras pas.
13 Attache-toi à l'instruction, ne la délaisse pas! Garde-la, car elle est ta vie.
14 N'emprunte pas le sentier des méchants et ne t'avance pas sur le chemin des hommes mauvais.
15 Evite-le, n'y passe pas! Détourne-toi de lui et passe plus loin!
16 En effet, ils ne dorment pas tant qu'ils n'ont pas fait le mal, le sommeil leur est enlevé s'ils n'ont pas fait trébucher quelqu'un.
17 Oui, le pain qu'ils mangent, c'est la méchanceté, le vin qu'ils boivent, c'est la violence.
18 Le sentier des justes ressemble à la lumière de l'aube: son éclat grandit jusqu'au milieu du jour.
19 La voie des méchants ressemble aux ténèbres: ils n'aperçoivent pas ce qui les fera trébucher.
20 Mon fils, sois attentif à mes paroles, tends l'oreille vers mes discours!
21-22 Qu'ils ne s'éloignent pas de tes yeux! Garde-les au fond de ton cœur , car ils apportent la vie à ceux qui les trouvent, la guérison à tout leur corps.
23 Garde ton cœur  plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la vie.
24 Ecarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours!
25 Que tes yeux regardent bien en face et que tes paupières se dirigent droit devant toi.
26 Fais une route droite pour tes pieds et que toutes tes voies soient bien sûres!
27 Ne dévie ni à droite ni à gauche et détourne ton pied du mal.


La sagesse a plus de valeur que tout ce qu'on pourrait désirer (chapitre 8.1-36)

1 La sagesse ne crie-t-elle pas? L'intelligence ne parle-t-elle pas tout haut?
2 C'est au sommet des hauteurs dominant la route, c'est à la croisée des chemins qu'elle se place.
3-11 A côté des portes, à l'entrée de la ville, à l'intérieur des portes, elle crie: «Hommes, c'est vous que j'appelle, et ma voix s'adresse aux êtres humains. Vous qui manquez d'expérience, apprenez le discernement! Vous qui êtes stupides, apprenez le bon sens! Ecoutez, car ce que je dis est capital et j'ouvre mes lèvres avec droiture. Oui, c'est la vérité que ma bouche proclame et mes lèvres ont horreur de la méchanceté. Toutes les paroles de ma bouche sont justes, elles ne contiennent rien qui soit faux ou perverti. Toutes sont exactes pour celui qui est intelligent, et droites pour ceux qui ont trouvé la connaissance. Préférez mes instructions à l'argent, et la connaissance à l'or le plus précieux! En effet, la sagesse vaut mieux que les perles, elle a plus de valeur que tout ce qu'on pourrait désirer.
12 Moi, la sagesse, j'habite le discernement et je possède l'art de la réflexion.
13 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste.
14-21 C'est à moi qu'appartiennent le conseil et le succès. Je suis l'intelligence, la puissance m'appartient. Par moi les rois règnent et les dirigeants ordonnent ce qui est juste, par moi gouvernent les chefs, les grands, tous les juges de la terre. J'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui me cherchent me trouvent. Avec moi sont la richesse et la gloire, les valeurs élevées et la justice. Mon fruit est meilleur que l'or, que l'or pur, et le profit qu'on tire de moi est préférable à l'argent. Je marche sur le chemin de la justice, au milieu des sentiers du droit, pour donner des biens en héritage à ceux qui m'aiment et pour remplir leurs trésors.
22-31 L’Éternel me possédait au commencement de son activité, avant ses œuvres  les plus anciennes. J'ai été établie depuis l'éternité, dès le début, avant même que la terre existe. J'ai été mise au monde quand il n'y avait pas de mer, pas de source chargée d'eau. Avant que les montagnes ne soient formées, avant que les collines n'existent, j'ai été mise au monde. Il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier grain de poussière du monde. Lorsqu'il a disposé le ciel, j'étais là; lorsqu'il a tracé un cercle à la surface de l'abîme, lorsqu'il a placé les nuages en haut et que les sources de l'abîme ont jailli avec force, lorsqu'il a fixé une limite à la mer pour que l'eau n'en franchisse pas les bords, lorsqu'il a tracé les fondations de la terre, j'étais à l'œuvre  à ses côtés. Je faisais tous les jours son plaisir, jouant [NDR: de mon instrument] constamment devant lui, jouant dans le monde, sur sa terre, et trouvant mon plaisir [NDR: d'être] parmi les Hommes.
32 Et maintenant, mes fils, écoutez-moi! Heureux ceux qui persévèrent dans mes voies!
33 Ecoutez l'instruction pour devenir sages, ne la négligez pas!
34 Heureux l'homme qui m'écoute, qui veille chaque jour sur mes portes et qui garde l'entrée de ma maison!
35 En effet, celui qui me trouve a trouvé la vie, il a obtenu la faveur de l’Éternel.
36 En revanche, celui qui pèche contre moi se fait du tort à lui-même. Tous ceux qui me détestent aiment la mort.»


La sagesse nous invite (chapitre 9.1-12)

1 La sagesse a construit sa maison, elle a taillé ses sept colonnes.
2 Elle a abattu son bétail, mélangé son vin et dressé sa table.
3 Elle a envoyé ses servantes, elle crie sur le sommet des hauteurs de la ville:
4-6 «Qui manque d'expérience? Qu'il entre ici!» Elle dit à ceux qui sont dépourvus de bon sens: «Venez manger de mon pain et boire du vin que j'ai mélangé! Abandonnez la naïveté et vous vivrez, avancez sur la voie de l'intelligence!»
7 Celui qui instruit le moqueur récolte le mépris, et celui qui reprend le méchant s'attire ses insultes.
8 Ne reprends pas le moqueur si tu ne veux pas qu'il te déteste, mais reprends le sage et il t'aimera.
9 Donne au sage et il deviendra encore plus sage, enseigne le juste et il augmentera son savoir. 
10 Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l’Éternel [iv]. La connaissance du Dieu saint, voilà en quoi consiste l'intelligence.
11 Oui, c'est grâce à moi que tes jours se multiplieront et que les années de ta vie augmenteront.
12 Si tu es sage, tu l'es pour toi; si tu es moqueur, tu en supporteras les conséquences tout seul.


Le danger mortel des Sabbataïstes et Frankistes : L'homme double (chapitre 6.12-23)

12 Le vaurien, l'homme injuste, marche la fausseté aux lèvres.
13 Il lance des clins d'œil, s'exprime du pied, fait des signes avec ses doigts.
14 La perversité est dans son cœur, il médite constamment le mal, il provoque des conflits.
15 C'est pourquoi la ruine le surprendra soudain, tout d'un coup il sera brisé sans remède.
16-19 Il y a six choses que l’Éternel déteste, et même sept dont il a horreur: les yeux hautains, la langue menteuse, les mains qui versent le sang innocent, le cœur  qui médite des projets injustes, les pieds qui se dépêchent de courir au mal, le faux témoin qui dit des mensonges et celui qui provoque des conflits entre frères.
20 Mon fils, garde le commandement de ton père et ne rejette pas l'enseignement de ta mère!
21 Lie-les constamment sur ton cœur, attache-les à ton cou!
22 Ils te dirigeront dans ta marche, ils te garderont dans ton lit, ils te parleront à ton réveil.
23 En effet, le commandement est une lampe et l'enseignement une lumière, et les avertissements de l'instruction sont le chemin de la vie.


La folie des Sabbataïstes et Frankistes : tel est pris qui croyait prendre (chapitre 1.10-19)

10 Mon fils, si des pécheurs veulent t'entraîner, ne cède pas!
11-14 Peut-être te diront-ils: «Viens avec nous! Dressons des embuscades pour verser du sang [v], tendons sans raison un piège aux innocents! Engloutissons-les vivants, comme le séjour des morts! Oui, engloutissons-les tout entiers comme ceux qui descendent dans la tombe! Nous trouverons toutes sortes de biens précieux et nous remplirons nos maisons de butin. Tu auras ta part avec nous, il n'y aura qu'une bourse pour nous tous!»
15 Mon fils, ne te mets pas en chemin avec eux, écarte ton pied de leur sentier!
16 En effet, leurs pieds courent au mal et ils sont pressés de verser le sang.
17 Or, il ne sert à rien de poser un piège sous les yeux de tout ce qui peut voler.
18 Eux, c'est contre leur propre vie qu'ils dressent des embuscades, c'est à eux-mêmes qu'ils tendent un piège.
19 Tel est le sentier de tout homme assoiffé de profit: le gain malhonnête cause la perte de son propriétaire.[vi]


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[i0] "Ce qui caractérisait le XIXe siècle, c’était le désir de reprendre, de renouer les relations entre le monde visible et le monde invisible. Mais Dieu seul sait la voie qui mène à lui : il n’a dit qu’à l’Église le secret sacré. Pour reprendre la route de Dieu, le XIXe siècle n’avait qu’à se jeter dans les bras de l’Église. Mais comme il avait le désir sans avoir la lumière, et la curiosité sans avoir la sagesse, il chercha Dieu par des routes étrangères, par des routes tracées de main d’hommes, il chercha Dieu par le caprice, parodia le mystérieux au moyen du bizarre, et rencontra l’épouvante au lieu de rencontrer la paix.
Toute passion mène aux abîmes, sans excepter la passion de l’infini. La passion est un amour ténébreux." - source du texte original publié en français.

[i] Source de la traduction : Bible de Segond, édition de 2007 (dite « Segond 21 »).

[ii] L’existence archéologique du roi Salomon n’est pas du tout assurée. Il est donc possible que ce dernier ne soit qu'une construction tardive des rédacteurs de la Bible, écrite de retour de l'exil des Judéens à Babylone (538 av. J.C.), et dont le contenu idéologique répond au besoin d’identification nationale et religieuse de ce moment : la Judée n'est alors qu'une province de l'Empire perse, et il n'y a plus de royaume de Juda du tout.

[iii] Le roi David, dont l'existence archéologique n'a été démontrée qu'en 1993, aurait régné pendant 40 ans autour de l’an 1000 av. J.C.

[iv] Cf §8.13 : « Craindre l’Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. »

[v] Cf §8.36 : « Tous ceux qui me détestent aiment la mort. »

[vi] Les Sabbataïstes et les Frankistes ont voulu piéger nos esprits. « Or, il ne sert à rien de poser un piège sous les yeux de tout ce qui peut voler. » Et qu'est-ce qui peut mieux voler que l'esprit ?

[vii A] Cf en priorité les ouvrages ou articles suivants sur les marranes, le frankisme, le sabbataïsme et le groupe des Dönmeh qui en dérive :
  • Haïm Vital, Traité des Révolutions des âmes - Sepher Ha-Gilgulim d’après Louria (Isaac ben Solomon), 1534-1572. Première tr. fr. par Edgard Jegut, révisée par Francois Secret, Éd. Archè (Milano, 1987) ;
  • Nathan Benjamin ben Elisha ha-Levi Ghazzati, 'Nathan de Gaza', Tiqqun Qeri'ah le-khol Laylah wa-Yom, Amsterdam (1666) ;
  • Thomas Coenen, Ydele verwachtinge der Joden Getoont in den Persoon van Sabethai Zevi, Haren laetsten vermeynden Messias ofte Historisch Verhael van't gene tentijde sijner opwerpinge in't Ottomannisch Rijck onder de Joden aldaer voorgevallenis, en sijn Val, [Exceptional Expectations of the Jews In the Person of Sabethai Zevi...], Amsterdam (1669) ;
  • Thomas Coenen (m.1688), Ṣiypiywt šawwʼ šel hayhẇdiym kpiy šehitgalẇ bidmẇtw šel S̆abtay Ṣbiy, Éd. Yrẇšalayim : Hwṣ. Merkaz Diynẇr, 5758, (1998) ;
  • Sevi Hirsch Chotsch, Hemdat Sevi, Amsterdam (1706) ; frontispiece :
  • Nehemiah Hiyya Hayon, Raza di-Yhuda (Venise, 1711) ; Oz le-Elohim (Berlin, 1713) ; Divrei Nehemyah (Berlin, 1713) ;
  • Rabbi David Nieto (1654–1728), Esh Dat (London, 1715) ;
  • Rabbi Jacob ben Aaron Sasportas, 1610-1698, Ohel Ya'akov (1737), publication posthume ; 
  • Rabbi Jonathan Eybeschutz (Kraków 1690 - Altona 1764), va-avo ha-yom el ha-'ayin / Wâ âbô hayôm 'al ha-' ayin (before 1752) ;
  • Moses Gershon Cohen (1722-?), appelé Carl Anton après sa soit-disante conversion, Kurze Nachricht von dem Falschen Messias Sabbathai Zebhi (Wolfenbüttel, 1752) ; écrits ;
  • Jacob Emden, 1697-1776, Sefer Shimush, Altona (1758-62) ;
    • voir les références des autres écrits de Emden sur le Shabbethaïsme dans l'article de la Jewish Encyclopedia, en particulier Shevirat Luḥot ha-Aven qui est une réfutation du Luḥot 'Edut de Eybeschütz (Altona, 1759), 'Edut be-Ya'aḳov (1756), Torat ha-Ḳena'ot, (Lemberg, 1870)
    • voir en particulier Megilat Sefer (son autobiographie et la biographie de son père Chacham Zwi), publiée de manière posthume en 1810 en hébreu dans le journal Ha-Meassef puis Ed. David Kahana, Warsaw (1896, reprinted 1953), Gelbman, Waldman Tov. La première traduction dans une langue européenne de cette autobiographie est Mémoires de Jacob Emden ou L'anti-Sabbataï Zewi, Cerf (1992) ; First entirely translated into english: Megilat Sefer: The Autobiography of Rabbi Jacob Emden (1697-1776), by Rabbis Sidney B. Leperer and Meir H. Wise (2011) ;
  • Gaudenty Pikulski, Złość żydowska przeciwko Bogu i bliźniemu, prawdzie i sumnieniu, na objaśnienie przeklętych Talmutystów, na dowód ich zaślepienia i religii dalekiej od prawa boskiego przez Mojżesza danego na dwie części opisana [...], Lwów (1758) ;
  • F. Kleyn, Coram iudicio memoria Nicolai... Dembowski... expedita, Leopolis (1758) ;
  • Stanislaw D. Kleczewski, frère franciscain, Dysertacja albo Mowa o Pismach Żydowskich i Talmudzie podczas walnej dysputy contra talmudystów z talmudystami mania we Lwowie Roku Panskiego 1759 [Discussion ou discours des écritures juives et talmudistes pendant la disputation publique entre anti-talmudistes et talmudistes qui a lieu à Lemberg/Lviv en 1759] ; 
  • Constante Audrey, frère jésuite, Opiomanie wszystkich dworniejszych okolicznosci na wocenia do wiary s ContraTalmudystow albo historia krotka ich poczatki i dalsze sposoby prystepowania do wiary s. wyrazajaca [Description de tous les aspects des convertis anti-talmudistes à la Sainte Foi et petite présentation historique de leur adhésion à la Sainte Foi de l’Église], (1760) ; 
  • K. Awedyk (Ks.), Opisaniewszystkich dworniejszych okolicznosci nawrocenia do wiary..., Lviv (1760) ;
  • Eléasar Fleckeles, Ahavat David, Prague (1800) ;
  • Ber de Bolechow, dit 'Ber Birkenthal', Divre binah, (1800), manuscript,  Jewish National Library in Jerusalem (Ms. Heb 8° 7507) ; 
    • The autograph was discovered in Tarnopol during World War I by Abraham Brawer, who published sections of it first as “Makor Ivri hadash le-toledot Frank ve-si’ato,” Ha-Shilo’ah 33 (1918) to 38 (1929) and later incorporated them into his book Galitsiah vi-Yehudehah (Jerusalem, 1956) ;  
    • The Memoirs of Ber of Bolechow (1723-1805), Ed. Mark Wischnitzer : London, Berlin (1922), Jerusalem (1972), NewYork (1973) ;
  • Benjamin Ephraïm Veitel, Über meine Verhaftung und einige andere Vorfälle meines Lebens (Berlin, 1807) ;
  • Peter Beer, Geschichte, Lehren und Meinungen aller bestandenen und noch bestehenden religiösen Sekten der Juden und der Geheimlehre oder Cabbalah (The History, Teachings and Views of All Former and Present Jewish Sects, Including the Secret Teachings or Kabbalah), 2 vol. (1822–1823) ;
  • Pr. Franz Joseph Molitor, Philosophie der Geschichte oder über die Tradition in dem alten Bunde und ihre Beziehung zur Kirche des neuen Bundes, mit vorzüglicher Rücksicht auf die Kabbalah (vol.1: 1827 avec une nouvelle édition corrigée en 1857, vol.2: 1834, vol.3: 1839, vol.4 1ère section: 1853), publiés anonymement. Schabtai Zwi et Jakob Frank sont mentionnés dès le tome 1, édition 1857, Pp. 451 ;
  • Pr. Franz Joseph Molitor, Philosophie de la Tradition (1837) ;
  • Horschetzky, Sabbathey Zwy, eine Biographische Skizze, Allg. Zeit. des Jud. (1838), Pp. 520 ; 
  • Julius von den BrinkenJózef Frank : Patriarcha neofitów. Powieść historyczna z drugiej połowy XVIII wieku przetłómaczona przez śp. Aleksandra Bronikowskiego [Joseph Frank: Neophyte Patriarch. Historical essay from the second half of the 18th century translated by Aleksander Bronikowski], Partie 1Partie 2, en polonais (ca 1845). Bronikowski a traduit un manuscript original de Brinken en allemand ou en français (perdu). Le manuscript de la traduction polonaise est conservé à la bibliothèque de Varsovie, Ms 1345. 
    • Seuls les 3 premiers chapitres furent publiés dans: Biblioteka Warszawska 3 en 1845. Maciejko (The Mixed Multitude, 2011, pp.263) signale ceci : 
      "the publication—largely fctionalized but based on some firsthand oral accounts—portrayed Frankism as a Jesuit plot and compared Frank to Ignatius Loyola. Brinken gave an account of Frank’s biography and followed the development of the sect until his own times.
      The last chapter described secret Frankist conventicles in Prussian-occupied Warsaw. Only the first three chapters appeared, and the publication was halted after the intervention of Maria Szymanowska née Wołowska, who was a renowned pianist and tutor to Alexander’s I daughter, a friend of Goethe, the mother of Mickiewicz’s wife, Celina, and a member of the powerful Shorr Wołowski clan, which had played such an important role in the development of Frankism." 
    • Une autre version sera publiée en 1892 en russe, cf ci-après ;
  • Wolfgang Wessely, Aus den Briefen eines Sabbatianers, Der Orient, 12 (1851), 534-44, 568-74 ;
  • Leopold Löw, Zur Geschichte der ungarischen Sabbathäer, Ben Chananja, 1 (1858) ;
  • Nikolaus Serra archiepiscopus Mytilenensis nuntius apostolicus pontificem de quadam secta Iudaeorum in Polonia, Thalmudum impugnantium, et studium catholicam fidem amplectendi simulantium certiorem reddit, adiectis monumentis eandem sectam concernentibus. Nuntiat. Polon. Vol. 204, lettres en italien, en français et en latin, (1759-60), in Augustino Theiner, éd, Vetera monumenta Poloniae et Lithuaniae gentiumque finitimarum historiam illustrantia : maximam partem nondum edita ex tabulariis Vaticanis, vol. 4, Rome (1864). Scan de la table des matières pp. vi ; scan de la première page de la section LXXXVIII, Pp.151; dernière page Pp.165. Il s'agit de la publication officielle des archives secrètes du Vatican ;
  • H. Skimborowicz, ZiwotSkon u Nauka Franka, [The life, Death and Teachings of Jakob Jozef Frank], Warsaw (1866) ;
  • Rabbi Jacob ben Aaron Sasportas (Yaakov S´AS´PORTAS, 1610-1698), Sefer Tsitsat Novel Tsevi, Odessa, (1867), posthume ; voir un compte-rendu ici ;
  • Heinrich Gräetz, Frank und die Frankisten, Breslau (1868) ;
  • Moritz Güdemann, Lieder zu Ehren Sabbathai Zwi’s, Monatsschrift GWJ, xvii, 117 (1868) ;
  • David Kahana (Kohn), Eben ha-To'im, Ha-Shaḥar, iii, 273 (Vienna, 1872) ;
  • Emil Pirazzi, Bilder und Geschichten aus Offenbachs Vergangenheit, Offenbach (1879) ;
  • Charles Schefer, Journal d’Antoine Galland pendant Son Séjour à Constantinople (1672–1673), Paris (1881) ;
  • Eduard Jellinek, Nachkommen von Frankisten in Warschau, Das jüdische Literaturblatt, Magdeburg Band XI, N.27, (Juli 1882) ;
  • S. Dubnov, Yakov Frank i Yevo Sekta Khristianstvuyuschikh, in Voskhod, (1883) ;
  • Julius von den Brinken, Sekta Judeev-Zoharistov v Polkse i zapadnoj Jevrope. Josif Frank, jego utcenie i posledovateli, également connu sous le titre Sekta iudeev-sogaristov v Polše i Zapadnoj Evrope : Iosif Frank, ego učenie i posledovateli : istoričeskij razskaz [La Secte judéo-zoharite en Pologne et en Europe de l’Ouest : Joseph Frank, ses enseignements, et ses héritiers : récit historique], en russe, Ed. Tipografiâ Ministerstva vnutrennih del, Saint-Pétersbourg (1892). Cette version du manuscrit de 1845 fut éditée par le ministère de l’Intérieur russe ; 
  • Ludwig Geiger, Deutsche Schriften über Sabbatai Zebi, Zeitschrift für die Geschichte der Juden in Deutschland, V, 100-105 (1892) ; 
  • Zygmunt L. Sulima (pseud. Walery Przyborowski), Historya Franka i Frankistóew, Crakow (1893) ;
  • N. Porges, Texte de la lettre adressée par les Frankistes aux communautés juives de Bohème, Revue des Etudes Juives, 29 (1894), Pp. 282-288 ;
  • Heinrich Gräetz, History of the Jews, The Jewish Publication Society of America, Philadelphia (1895) ;
  • Alexander Kraushaar, Frank i Frankisci Polscy 1726-1816, Cracow (1895), 2 vols, polonais ; mauvaise tr. en. (2001) ; tr. abrégée en 1 vol. en he par N. Sokolov, Frank wa'adâtô  (Warsaw, 1895) ; tr. fr. ;  
    • la lettre de dénonciation de Jacob Golinski à Prague en 1776 a été publiée dans le vol. II, chapitre III, Pp. 24-29 ;
    • des extraits du livre Proroctwa Izaiiaszowi, wielkiemu Prorokowi, jednemu z Czlonkow Swietego Sanedrin, przy Jego Tabernakulum, przez wielkiego Szaday z bialej magii objawione, w nastepujace brzmia slowa [Prophéties révélées à Esaïe, le grand Prophète, un des membres du Saint Sanhédrin, à Son Tabernacle, par le grand Szaday/Shaddaï/Shadday de la magie blanche, dans les termes suivants], qui est selon Maciejko (The Mixed Multitude, p.243-4) une paraphrase frankiste du livre d'Esaïe, et composé selon lui peu après la Révolution Française, ont été publiés dans le vol. II, chapitre XV, Pp. 186-218. Kraushaar l'appelle aussi le "Livre d'Offenbach", et indique que ses 23 chapitres sont rédigés dans un polonais correct. Le terme Szaday est aussi présent dans Words of the Lord ;
    • ce livre des Prophéties comprend un post-scriptum signalé par Kraushaar vol.2, p.264 : Dopisek : "Izajasz, Maz tajemnego Bractwa Ducha Swietego, Jego poczatek, Odrodzenie etc., osobno w swojem miejscu opisanemi beda." [Appendix : Isaiah, the secret Mystery of the Brotherhood of the Holy Spirit, His origin, Rebirth, etc., will be described separately in his place] ;
    • La première partie des extraits annonce la disparition du peuple juif et la fin des temps messianiques ; puis Kraushaar précise p.204 du vol.2 que le chap. XVI du livre des Prophéties annonce la Révolution Française, la décapitation de son Roi, et les guerres des pays européens contre la France révolutionnaire ; puis les guerres entre les empires Allemand, Austro-Hongrois, Turc et des pertes humaines comme jamais vu auparavant, qui font penser à la première guerre mondiale ;
    • La date de rédaction de ce livre des Prophéties n'est pas connu avec une extrême précision. Cependant le contenu de son introduction fait explicitement référence au XVIIIe s. Son style littéraire n'est pas du tout celui de la secte du vivant de Jacob Frank (m.1791). De plus Porges le signale dans le témoignage de son séjour à Offenbach en 1794 ; 
  • S. Dubnov, Istoriya Frankizma po Novo-Otkrytym Istochnikam (1896) ;
  • Abraham Danon, Une Secte Judéo-Musulmane en Turquie, R. E. J. xxxv, 264 (1897) ; descriptif
  • Abraham Danon, Documents et Traditions sur Sabbatai Cevi et Sa Secte, R. E. J. xxxvii, 103 (1899) ;
  • Jewish Encyclopedia, article 'Shabbethai Ẓebi b. Mordecai' (1901-1906) ;
  • Jewish Encyclopedia, article 'Jacob Frank and the frankists' (1901-1906) ;
  • H. Adler, The Baal-Shem of London, Berliner Festschrift, p. 2, (Frankfort-on-the-Main, 1903) ;
  • Teodor Jeske-Choinski, Neofici polscy, materialy historyczne (Warsaw, 1904) ;
  • E. Finkel, Sabbatai Z'wi, in Ost und West, v. 51 et seq., Berlin, (1905) ;
  • David Philippson, The Reform Movement in Judaism, Ktav, New York (first edition 1907, new edition 1967) ;
  • Abraham Danon, Etudes Sabbatiennes, Paris, (1910) ;
  • ʿInyaney Šabtaʾy Ṣbiy, Ed Aron Fridman, Berlin, Hẹbrat Meqiyṣey nirdamiym, 5673, (1912) ;
  • David Kahana, Toldoth Ha-mekubalim Ha-shabbetaim V'he-hassidim, Odessa (1913), Tel Aviv (1927), vol. 2, Pp. 64-88 ; 
  • Abraham Jacob Brawer, "A new Hebrew source on the history of Frank and his sect", Ha-shialoach, vol. xxxiii (1917), Pp. 146-56, 330-42, 439-448 ; vol.xxxviii (1921), Pp. 16-21, 231-38, 349-54, 446-57. Il s'agit de la description du manuscript non publié Divrei binah du Dov Birkenthal ;
  • Cyrus Adler, Jacob Henry Schiff - A biographical Sketch, American Jewish Committee (1921) ;
  • Z. Bychowski, "Frank and his sect in the light of psychiatry; An attempt", Ha-tekufah, vol. xiv-xv (1923), Pp 703-20 ;
  • Zalman Shazar, Al tilei beit Frank, (Leipzig, 1923). Zalman fut le 3ème président d'Israël sous le nom de Rubashov ;
  • Majer Balaban, Studien und Quellen zur Geschichte der frankistischen Bewegung in Polen, Varsovie (1927) ;
  • Gershom Scholem, die Theologie des Sabbatianismus im Lichte Abraham Cardozos, in Der Jude, IX, Sonderheft (1928) ;
  • Bernard Lazare, Le Fumier de Job, postface d'Hannah Arendt (1ère édition 1928), rééd. 1990 ;
  • Sur les pratiques orgiaques dönmeh d'Atatûrk, voir Dr. Rıza NurHayat ve Hatıratım, Paris (1929, 1ère édition), Pp.1318-1321 ;
    • Autres éditions : Hayat ve Hatıratım, Altındağ Yayınları, İstanbul (1967) ; Hayat ve Hatıratım 1-2-3, Haz. Abdurrahman Dilipak, İşaret yayınları (1992), ISBN:9753500203
    • Il y a eu différentes branches de Dönmeh. La première fut l’Ismirli constituée à Ismir en Turquie. La seconde, les Jakubi, fut fondée par Jakob Leib Querido, successeur de Sabbataï Tzvi qui se proclamait lui aussi être le Messie. Viennent ensuite vers 1700, les Karakashes fidèles de Othman Baba, et les Lechli, d’origine polonaise. Les Dönmeh ne se marient qu’entre eux. Les membres de la communauté Dönmeh se retrouvent principalement dans les villes d’Adrianople, d’Istanbul, de Salonique et d’Ismir.
  • Joseph Kastein, Messiah of Ismir : Shabbathai Zebi, (1931) ;
  • Cecil Roth, A history of the Marranos (first edition 1932). Traduction française: Histoire des Marranes (1990, à partir de l'édition de 1958) ;
  • The Encyclopedia of Jewish Knowledge in One Volume, Ed: Jacob de Haas, Behrman, articles 'FRANK, JACOB' et 'Pseudo-messiahs' (1934) ;
  • Majer Bałaban, Le-Toldoth ha-Tenuah ha-Frankit (Tel Aviv: Dvir, 1934-35), 2 vols. This book surveys the documentary sources for the Frankists to 1760 and quotes extensively from the disputations and exchanges between the rabbis and bishops ;
  • Abraham Galanté, Nouveaux documents sur Sabbetai Sevi (1935) ; Histoire des Juifs d'Anatolie : les Juifs d'Izmir (Smyrne) - Organisation et Us et Coutumes de ses adeptes (1937) ; Histoire des Juifs d'Istanbul : depuis la puise de cette ville en 1453, par Faith Mehmed II jusqu' a nos jours (1941) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Mitsvah ha-ba'ah ba-averah, "A Commandment through Sin" in Kneseth, Divrei sopherim l'zekher H.N. Bialik, vol.2 (Tel Aviv, 1937), Pp. 347–92. La première version en anglais sera publié sous le titre "Gershom Scholem: Studies in Kabbalah - The Holiness of Sin" dans les Commentary January 1971, par Schocken Books, Pp. 41-70. Cette traduction par Hillel Halkin sera publiée à nouveau sous le titre Redemption through Sin dans The Messianic Idea in Judaism (Schocken Books, 1971) ;
  • Mieses, Mateusz, Polacy–Chrześcijanie pochodzenia żydowskiego, (Wydawn, 1938) ;
  • Ludwik Korwin, szlachta mojzeszowa (Cracow, 1938) ;  szlachta neoficka (Cracow, 1939) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Barukhya, head of the Shabbateans in Salonica, Hebrew, Tziyon 6, (1940-41) 119-147, 181-202 ; 
  • A.Z. Aescoly, Jacob Frank's sons, the False Messiah and the French Revolution, Ha-doar, vol. xxiv (Sept. 7, 1945), Pp. 830 ;
  • Isaac R. Molho, "Additional details about the Sabbataians in Salonica", Tsiyon, n.s., vol. xi (1945-46), Pp. 150-51 ;
  • M. Attias, Gershom Gerhard Scholem, Songs and Praises of the Shabbateans, (Hebrew; Tel-Aviv, 1948) ; 
  • Gershom Gerhard Scholem, Major Trends in Jewish Mysticism (first edition 1941). Traduction française: Les grands courants de la mystique juive (1950) ; 
  • Moshe Arie Perlmutter, Reba Yehonatan Eibeschutz V'yachuso el Hashabtaut - "Rabbi Jonathan Eibeschutz and his attitude towards Sabbatianism", Schocken (1947) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, A Sabbathaian will from New York in Miscellanies of the Jewish Historical Society of England, part v, Essays in memory of E.N. Adler... (London, 1948), Pp. 193-211 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, "The Sabbataian Movement in Poland", Beith Y'israel b'Polin (The House of Israel in Poland), vol. 2 (Jérusalem, 1954), Pp.36-76 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Le mouvement sabbataïste en Pologne (en 3 parties), Revue de l'histoire des religions (1953), volume 143, numéro 143-1, pp. 30-90 ; volume 143, numéro 143-2, pp. 209-232 ; volume 144, numéro 144-1, pp. 42-77 ;
  • Ber of Bolechow, Sefer Divre Binah, en hébreu, (Ms. Hebrew 8 7507, Jewish National Library). Ce manuscrit a été découvert et publié par Abraham Brawer en troisième partie de Studies in Galician Jewry, Jérusalem (1956), Pp. 197-267 ;
  • Abraham G. Duker, Polish Frankism’s Duration: From Cabbalistic Judaism to Roman Catholicism and from Jewishness to Polishness, Jewish Social Studies, 25:4 (1963:Oct.), Pp.287–333 ; cet article majeur est tiré d'une thèse soutenue à Columbia University, The Polish 'Great Emigration' and the Jews. Studies in political and Intellectual History, publication 1627 (1956) ;
  • R.Z. WerblowskiAnmerkungen zu Scholems Sabbataï Tsvi, Molad 15 (novembre 1957) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Shabbatai Sevi, veha tenu ah ha-shabbetha ith bi-yemei hayyav - "Sabbatai Sevi and the Sabbatian Movement during his lifetime", Am Oved, Tel Aviv (1957). Traduction en anglais publiée à Princeton en 1973 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Zum Verständnis der messianischen Idee im Judentum in Eranos Jahrbuch (1959), Band 28 - Die Erneuerung des Menschen, ISBN 3-85630-666-8 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Die Krypto-juedische Sekte der Doenme in der Tuerkei, Numen, vol. vii (1960), Pp. 93-123 ; The Sprouting of the horn of the son of David, a new source of the beginnings of the Doenmeh Sect in Salonica, Tarbiz, vol. xxxii (1962), Pp. 67-69 ; 
  • Max I. Dimont, Jews, God and History, Signet (1962) ;
  • Isaiah TishbyNetive emunah u-minut, (The paths of belief and heresy, in Hebrew), Ramat Gan (Massada, 1964) ;   
  • Paul Arnsberg, Von Podolien nach Offenbach. Die jüdische Heilsarmee des Jacob Frank, Ed. Offenbacher Geschichtsverein (1965) ;
  • Oskar K. Rabinowicz, Jacob Frank in Brno, The Jewish Quarterly Review, Vol. 57, The Seventy-Fifth Anniversary Volume of the Jewish Quarterly Review (1967), pp. 429-445 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Die Krise der Tradition im jüdischen Messianismus in Eranos Jahrbuch (1968), Band 37, Tradition und Gegenwart, ISBN 3-85630-675-7 ;
  • Itsvan Bakony, The Jewish fifth column in Islam (1969) ;
  • Kurzweil, Ba-ma’avak al arkhei ha-yahadut, Tel-Aviv (1969), Pp. 99-134 ;  
  • Nathan Weinstock, Le Sionisme contre Israël. Éd. Maspero (Paris 1969) ;
  • Yosef Hayim Yerushalmi, From Spanish Court to Italian Ghetto (1971). Traduction française: De la Cour d´Espagne au ghetto italien - Isaac Cardoso (1987). Voir aussi cette bibliographie sur les Marranes ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Redemption through Sin, in The messianic idea in Judaism and other essays in Jewish spirituality, Schocken Books (1971) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Encyclopedia Judaica, article 'Frank, Jacob and the Frankists' (1972), 2ème éd. 2007 en 22 vols, voir vol. 7, Pp. 182-191 ;
  • Bernard Weinryb, The Jews in Poland. A social and economic History of the jewish community in Poland from 1100 to 1800, Philadelphie (1972) ;
  • Rabbi Joachim Prinz, The Secret Jews (1973) ;
  • Joseph Bloch, My Reminiscences, Arno (1973) ;
  • Gershom Scholem, Sabbatai Sevi: The Mystical Messiah 1626-1676, Princeton (1973), reed. 2016
  • Gershom Scholem, Studies and Texts concerning the History of Sabbatianism and Its Metamorphoses (in Hebrew), Jerusalem: Bialik Institute (1974) ;
  • Rabbi Marvin S. Antelman, To Eliminate the Opiate (2 vol. 1974, 2002) ;
  • Y. Kaplan, The Attitude of the Leadership of the Portuguese Community in Amsterdam to the Sabbatian Movement, 1665-1671 ; Zion 39, no. 3 (1974), Pp. 198-216 ;
  • Gershom Scholem, Sabbatianism and Mystical Heresy ; in Major Trends in Jewish Mysticism, Schocken (1974), Pp. 287-324 ;
  • Abraham G. Duker, Frankism as a Movement of Polish-Jewish Synthesis, in Tolerance and Movements of Religious Dissent in Eastern Europe, éd. Béla Király (Boulder, Colo., 1975) ; 
  • Moshe Carmilly-Weinberger, Censorship and Freedom of expression in Jewish History (Sepher-Hermon & Yeshiva University, 1977) ;
  • Harry Lenowitz, Sayings of the Lord Jacob Frank, in Alcheringa/Ethnopoetics 3, n°2 (1977), Pp. 32-5 ;
  • Meir Benayahu, Sefunot, The Sabbatian Movement in Greece - Sefunot,
      






     Sefer Shanah le-heker kehillot Yisrael bam-Mizrah, Sefer XIV, (Jerusalem, 1977), Pp. 15-557 ;
  • Arthur A. Mandel, The Militant Messiah or the Flight from the Ghetto - The Story of Jacob Frank and the Frankist Movement, Humanities Press, a Peter Bergman book (Atlantic Highlands, 1979) ; édition en italien en 1984; l'édition Archè en français Le Messie Militant Ou la Fuite du Ghetto. Histoire de Jacob Frank et du mouvement frankiste (Milan, 1989) inclut en addition: Franz Josef Molitor, Histoire de l'Ordre des Frères de Saint Jean l'Évangéliste d'Asie en Europe, d'après les souvenirs d'Ephraïm Joseph Hirschfeld (1829, première publication de la traduction de la version longue). Mandel est né polonais en Silésie, il a obtenu un doctorat à Berlin en 1932, a émigré aux USA et a été enseignant en histoire de l'économie à Stanford ;
  • Michael Löwy, Messianisme juif et utopies libertaires en Europe centrale, Archives des sciences sociales des religions, 51/1 (1981), Pp. 5-47 ;
  • Gershom Scholem, Du Frankisme au Jacobinisme. La vie de Moses Dobruska alias Franz Thomas von Schönfeld, alias Junius Frey, Gallimard - Le Seuil (1981) ; lire le compte-rendu in Revue d’histoire des religions, vol. 201 n°2 (1984), Pp. 208-209. Ce livre reprend le texte d'une conférence à l'EHESS de 1979, peu avant la mort de Scholem survenue en 1982 ;
  • Joseph Karniel, Jüdischer Pseudomessianismus und deutsche Kultur. Der Weg der frankistischen Familie Dobruchka-Schönfeld im Zeitalter der Aufklärung, in Jahrbuch des Instituts für deutsche Geschichte, Beiheft 4: Gegensitige Einflüsse deutscher und jüdischer Kultur, Von der Epoche der Aufklärung bis zur Waimarer Republik, Ed. Walter Grab, Tel-Aviv (1982), Pp. 31-54. According to some accounts, about 40% of Prussians spies working in the Habsburg monarchy during the reign of Maria Theresa were Jewish (Maciejko ref 122) ;
  • Harris Lenowitz, An Introduction to the ‘Sayings’ of Jacob Frank, in Proceedings of the 8th World Congress of Jewish Studies (Jerusalem, 1982) ; 
  • Josef Karniel, Jüdisher Pseudomessianismus und deutsche Kultur: Der Weg der frankistischen Familie Dobruschka-Schönfeld im Zeitalter der Aufklärung, Jahrbuch des Instituts für Deutsche Geschichte, 4 (1982), Pp. 31–47 ;
  • Paul Arnsberg, Die Geschichte der Frankfurter Juden seit der Französischen Revolution -L’histoire des Juifs de Francfort depuis la Révolution française-, (Darmstadt, 1983), Roether, vol. 1 ;
  • Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, Vol. 3: de Mahomet à l'âge des Réformes (Paris, 1983) ;
  • Hillel Levine, Ha-kronika: Te’udah le-toledot Ya’akov Frank vetenu’ato [The Kronika, A Document of Jacob Frank and the Frankist Movement] (Jerusalem: Israel Academy of Sciecne and Humanities, 1984). Les Chroniques, document historique en hébreu traduit par Levine, sont également connu en polonais sous le titre Rozmaite Adnotacyie, Przypadki, Czynnoscie i Anekdoty Panskie [Various annotations, cases, activities, and anecdotes of the Lord], Jan Doktór, ed. (1996). Elles ont été traduites en anglais en 2004 ;
  • Gershom Scholem, La mystique juive. Les thèmes fondamentaux, traduction de Maurice R. Hayoun à partir de l'allemand et de l'hébreu, Cerf (Paris, 1985) ;
  • Gershom Scholem, Jacob Frank and the Frankists, in Kabbalah (New York, 1987), posthume ;
  • Klaus Werner, Ein neues frankisten-Dokument, in Frankfürter Judaïstische Beïtrage 16, (Frankfurt, Dezember 1988) ;
  • William O. McCagg, A History of Habsburg Jews, 1670-1918 (1989) ; 
  • Abraham Rabinovich, A Letter From Shabtai Zvi, Jerusalem Post (May 12, 1989), Pp. 10 ;
  • Heiko Haumann, A history of East European Jews (2002), first published in German as Geschichte der Ostjuden (1990) ;
  • Klaus Werner, Die Sekte der Frankisten, in Zur Geschichte der Juden in Offenbach am Main, Vol. 1 ; Von der Anfängen bis zum Ende der Weimarer Republik, Vol. 2, Ed. Magistrat der Stadt, Offenbach am Main (1990), Pp. 106-115 ; 
  • Elisheva Carlebach, The Pursuit of Heresy, Columbia University (1990) ;
  • Emanuel Feldman, The Conversion Crisis: Essays from the Pages of Tradition, Treasury of Tradition Series (October, 1990) ;
  • Georg Langer, L'érotique de la kabbale, Solin (Paris, 1990) ;
  • Jadwiga Maurer, The Omission of Jewish Topics in Mickiewicz Scholarship, in Polin, A Journal of Polish-Jewish Studies, Antony Polonsky, Volume 5 (1990), Pp. 184-193 ;
  • Jörg K. Hoensch, Der Polackfürst von Offenbach, ZRG (1990), Pp. 229-244 ; 
  • Jan Doktór, Jacub Frank i jego nauka (Jacob Frank et son enseignement) avec comme arrière-plan la crise de la tradition religieuse du judaïsme polonais au XVIIIe siècle, Varsovie (1991) ;
  • Jan Doktór, Frankism jako odpowiedz na krysis osiemnastowieczneg zdydostwa Polskiego [Le Frankisme, une réponse à la crise du judaïsme polonais au XVIIIe siècle], Buyletin zdydowskiego Instytutu Historycznego w Polsce, Varsovie (1991), n°2, Pp. 11-27 ;
  • Jan Doktór, Jacob Frank und sein messianisches Reich, Kairos, année 1992-1993, Pp. 218-235 ; 
  • Mysticism, Magic, and Kabbalah in Ashkenazi Judaism: International Symposium held in Frankfürt 1991, Ed. by Karl-Erich Grözinger, Joseph Dan (1995) ;
  • Rabbi Marvin S. Antelman, B'chor Satan - Satan's Heir, Yaron Golan (Tel Aviv, 1992) ;
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  • David B. Ruderman, Kabbalah and the Subversion of Traditional Jewish Society in Early Modern Europe, Yale Journal of Law & the Humanities (1993), Vol. 5: Issue 1, Article 10 ;
  • Hillel Levine, Frankism as Wordly Messianism, in Gerschom Scholem's major Trends in Jewish Mysticism 50 years after, Tübingen (1993), Pp. 283-300 ;
  • Israel Shahak, Jewish History, Jewish Religion (1994) ;
  • Chone Shmeruk, ‘Księga Słów Pana’ Jakuba Franka: Nowe spojrzenie, Teksty Drugie 36 (1995), Pp. 107–119 ;
  • Moshe Idel, Subversive Katalysatoren : Gnosis und Messianismus in Gershom Scholems Verständnis der jüdischen Mystik, in Gershom Scholem, Zwischen den Disziplinen, Eds. Schäfer et Smith (Francfort, Ed. Suhrkamp, 1995), Pp. 105. Reprinted in Moshe Idel, Old Worlds, New Mirrors. On Jewish Mysticism andTwentieth-Century Thought, Chap. VI, Pp. 133, University of Penn. Press (2010) ;
  • Christoph Schulte, Les formes de réception de la kabbale dans le romantisme allemand (1996) ;
  • Abraham Rabinovich, Jew vs. Jew: A historical perspective, Jerusalem Post (Oct 31, 1997) ;
  • Jan Doktór, Księga słów Pańskich: ezoteryczne wykłady Jakuba Franka [Book of the words of the Lord: esoteric lectures of Jacob Frank] vols. 1–2, (1997) ;
  • Ilgaz Zorlu, Evet, ben Selanikliyim (Yes I'm a Salonikan, in Turkish), Istanbul: Belge (1998) ;
  • Moshe Idel, Saturn and Sabbatai Tzevi: a new approach to Sabbateanism, in Peter Schäfer, Mark R. Cohen (Eds.) Toward the Millennium: Messianic Expectations from the Bible to Waco, Studies in the history of religions, vol. 77, Pp.173-202 (1998) ;
  • Elliot R; Wolfson, The Engerderment of Messianic Politics: Symbolic Significance of Sabbatai Sevi's Coronation in Peter Schäfer, Mark R. Cohen (Eds.) Toward the Millennium: Messianic Expectations from the Bible to Waco, Studies in the history of religions, vol. 77, Pp.203-26? (1998) ;
  • Rachel Elior (Ed.) The Sabbatian Movement and Its Aftermath: Messianism, Sabbatianism and FrankismJerusalem Studies In Jewish Thought, Volumes XVI-XVII, Vol. 1-2 (1998) ;
  • Jan Doktór, Śladami mesjasza-apostaty: Żydowskie ruchy mesjańskie w XVII i XVIII wieku a problem konwersji (Wrocław, 1998) ; 
  • Moshe Idel, Messianic Mystics, New Haven: Harvard University Press (1998) ;
  • Dovid Russoff, The Infamous Shabbetai TzviThe Jewish Magazine (1999) ;
  • Moshe Temkin, Shabbtai Tzvi Would Be Proud, The Jerusalem Report (May 24, 1999), Pp. 34-36 ;
  • Israel Shahak, Norton Mezvinsky, Jewish Fundamentalism in Israel (1999) ;
  • Abbé Francesco Ricossa, KAROL, ADAM, JACOB, in Sodalitium, n°48, Pp 61-73 (1999) ;
  • Pr. Joseph Dan, Modern Jewish Messianism: From Safed to Brooklyn, Tel Aviv, Ministry of Defence (1999) ; 
  • Clemens Wergin, Der falsche Messias - Sabbatai Zwi schürte Endzeithoffnung, Tages Spiegel (1999) ;
  • John Freely, The Lost Messiah : In Search of Sabbatai Sevi (2001) ;
  • Rachel  Elior, ed., The Sabbatian Movement and Its Aftermath: Messianism, Sabbatianism and
    Frankism
    , 2 vols (Jerusalem: Institute for Jewish Studies, 2001) ; 
  • Aleksander Kraushaar, Jacob Frank: The End to the Sabbatian Heresy, ed. and trans. Herbert Levy (Lanham, Md., 2001) ; 
  • Bram Mertens, Das Denken Der Lehre: Walter Benjamin, Franz Joseph Molitor And The Jewish Tradition (2001) ;
  • Michał Galas, Sabbatianism in the Seventeenth Century Polish-Lithuanian Commonwealth: A Review of the Sources, in The Sabbatian Movement and Its Aftermath: Messianism, Sabbatianism and Frankism, ed. by Rachel Elior, Jerusalem (2001), vol. II, 2001, Pp. 51-63 ;
  • Millenarianism and Messianism in Early Modern European Culture: Volume I, Jewish Messanism in the Early Modern World, Ed. by M. Goldish, R.H. Popkin (2001) ; lien ;
  • Jewish Religious Life, 1500-1900 in Polin: Studies in Polish Jewry, Volume 15, ed. Antony Polonsky (2002) ;
  • Orly Halpern, In search of followers of the false messiah, Haaretz (2002) ;
  • Leyla Neyzi, Remembering to Forget: Sabbateanism, National Identity, and Subjectivity in Turkey, Comparative Studies in Society and History, Vol. 44, No. 1 (Jan., 2002), Pp. 137-158 ;
  • [אלי שי.] Eli Shai [משיח של גילוי עריות], Mašiyaḥ šel giylwy ʿaraywt - hiysṭwryah ḥadašah wbiltiy mṣwnzeret šel hayswd hamiyniy bamiysṭiyqah hamšiyḥiyt hayhwdiyt, Éd. Tel Aviv: Miskal-Yedioth Ahronoth Books and Chemed Books / Tel-ʾAbiyb: Ydiyʿwt ʾaḥarwnwt : Siprey ḥemed, (2002). Le verso de la page de titre porte la mention : "Messiah of incest : new and uncensored history of the sexual element in Jewish mystical messianism". Voir les commentaires de ce livre publiés par Haaretz, Hofesh, nana10 et par l'universitaire Melila Hellner-Eshed [מלילה הלנר-אשד]. Ce livre utilise plusieurs styles de narration : le journalisme, la recherche académique, et la littérature ; 
  • Michał Galas, The Influence of Frankism on Polish Culture, in: Polin. Studies in Polish Jewry, vol. 15, (2002) ;
  • Pawel Maciejko, The Development of the religious Teachings of Yakov Frank, dissertation (2003) ;
  • Christoph Schulte, Freiheit für die Juden, in Die Zeit (2004) ;
  • Abraham, Akiba, et Joseph Wehle, Zbior Slow Pańskich / Widzeń Pańskich /  Rozmaite Adnotacyie, Przypadki, Czynnoscie i Anekdoty Panskie, polonais, [Collection of The Words of the Lord / The Visions of the Lord (Jacob Frank)], manuscripts écrits entre 1726 - 1790, tr. en. par Harris Lenowitz avec les Kronika (2004). Les 2 premiers manuscrits furent donnés à la bibliothèque de l'Université de Cracovie par Sofi Naimski en 1905. Le 3ème fut retrouvé et publié par Hillel Levine en 1984 ; 
  • Matt Goldish, The Sabbatean Prophets (2004) ;
  • Gershon Hundert, Jews in Poland-Lithuania in the Eighteenth Century, Berkeley (2004) ;
  • Hervé Ryssen, Psychanalyse du judaïsme, Baskerville (2006), en particulier Pp. 158-166 ;
  • Aubrey Ross, The Messiah of Turkey, ISBN-13: 978-0955240454 (2006) ;
  • Sid Zalman Leiman, Simon Schwarzfuchs, New evidence on the Emden-Eibeschuetz controversy : the amulets from Metz (2006) ;
  • David J. Halperin, Sabbatai Zevi: Testimonies to a Fallen Messiah (2007) ;
  • Daniel Tollet, La connaissance du judaïsme en Pologne dans l’œuvre de Gaudencjusz Pikulski « La méchanceté des Juifs » (Lwow 1760) in M. G. Bartolini, G. B. Bercoff (Eds.), Kiev e Leopoli: il « testo » culturale, Bibliotheca di Studi slavistici, vol. 4, (Firenze University Press 2007), p.37-46 ;
  • Sid Zalman Leiman, When a rabbi is accused of heresy : the stance of Rabbi Jacob Joshua Falk in the Emden-Eibeschuetz controversy, Rabbinic Culture and Its Critics (2008) ;
  • Sid Zalman Leiman, When a rabbi is accused of heresy : the stance of Gaon of Vilna in the Emden-Eibeschuetz controversy (2008) ;
  • Sid Zalman Leiman, When a Rabbi is Accused of Heresy : Rabbi Ezekiel Landau's Attitude Toward R. Jonathan Eibeschuetz in the Emden-Eibeschuetz Controversy (2008) ;
  • Frederic P. Miller, Agnes F. Vandome, John McBrewster, Dönmeh: Crypto-Judaism, Hebrew language, History of the Jews in Turkey, Judaism, Jewish messianism, Converso, Marrano (2010) ;
  • Marc David Baer, The Dönme : Jewish converts, Muslim revolutionaries, and secular Turks (2010) ;
  • Shmuel Feiner, The Origins of Jewish Secularization in Eighteenth-Century Europe (2011). Première édition en hébreu : Shorshei hahilun (2010) ;
  • Dr. Pawel Maciejko, The Mixed Multitude - Jacob Frank and the Frankist Movement, 1755–1816 (2011). Cet auteur a également rédigé les articles sur le Frankisme et sur la famille Dobruschka-Schönfeld dans l'Encyclopédie Yivo ;
  • Wayne Madsen, The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret [Part I, Part II], (2011). Traduction en français ;
  • Michaël Freund, The emergence of Turkeys hidden JewsThe Jerusalem Post (2011) ;
  • Moshe Idel, Saturn's Jews: On the Witches' Sabbat and Sabbateanism, The Robert and Arlene Kogod Library of Judaic Studies (2011) ;
  • Charles Novak, Jakob Frank le faux messie : Déviance de la kabbale ou théorie du complot (2012) ;
  • Jan Doktor, MISJONARZE I ŻYDZI W CZASACH MESJAŃSKIEJ ZAWIERUCHY 1648–1792, Żydowski Instytut Historyczny (2012) ;
  • Ramiz Mammadov, Isaiah Berlin, SABBATEANISM (MESSIANIC MOVEMENT-DOUBLE IDENTITY) IN OTTOMAN EMPIRE, The European Institute for Jewish Studies in Sweden (2012) ;
  • Jerry Klinger, The Messiah and Theodor Herzl (October/November 2012) ;
  • Jay Michaelson, Kabbalah and Queer Theology: Resources and Reservations (July 22, 2012) ;
  • Wout van Bekkum, Shinichi Yamamoto, "The Prophet Nathan has Come, with Shabbetay Svi”: An Unknown Praise Poem from the Days of Early Sabbateanism, Frankfurter Judaistische Beiträge Frankfurt, Jewish Studies Bulletin 39, (2014) ;
  • Cengiz Sisman, The Burden of Silence: Sabbatai Sevi and the Evolution of the Ottoman-Turkish Dönmes (2015) ;
  • Mikołaj Gliński, Does Jacob Frank Hold the Key to Polish Culture?, culture.pl, (16 April, 2015) ;
  • Michael L. Miller, Jews, Frankists and Converts in Habsburg Moravia, 1700-1900, published by INTERNATIONAL INSTITUTE for JEWISH GENEALOGY and PAUL JACOBI CENTER at the National Library of Israel, Givat Ram Campus of the Hebrew University, Jerusalem (2016) ;
  • Gershom Scholem, Sabbatai Sevi: The Mystical Messiah 1626-1676, The Princeton Classic Edition, Bolligen Series XCIII (2016) ; Lire en particulier la nouvelle introduction de Yaacob Dweck, Pp. xxix-lxv ; 
  • Malachi H. Hacohen, Jacob and Esau Between Nation and Empire: A Jewish European History, Cambridge University Press (june 2017) ;
  • fiches de Zevi et Jacob Frank à la BNF ;
  • fiche généalogique et biographique de Shabbtaï Zvi, consultée le 23 novembre 2016 (geni.com) ;
  • fiche biographique de Jacob Frank (deutsche-biographie.de).
[vii B] Voir ensuite, à partir de ce point de vue de l'histoire des religions, les ouvrages ou articles suivants dont les faits relatés doivent se jauger à l'aune de l'existence du frankisme - sabbataïsme. Ces ouvrages englobent les rapports entre sociétés secrètes, haute finance et histoire de l'Occident et du Moyen-Orient, et détaillent les racines de l'actuelle christianophobie:
  • Frère Enoch, Le vrai franc-maçon, qui donne l'origine et le but de la franc-maçonnerie, les réponses aux principales objections contre cette société, et les réceptions, cérémonies, ouvrages & usages de tous les grades franc-maçonniques (1773) ;
  • Hans Heinrich, baron von Ecker und Eckhoffen, Freymäurerische Versammlungsreden der Gold- und Rosenkreutzer des alten Systems (Amsterdam, 1779) ; Der Rosenkreuzer in seiner Blösse.  Zum Nutzen der Staaten hingestellt durch Zweifel wider die wahre Weisheit der so genannten ächten Freymäurer oder goldnen Rosenkreutzer des alten Systems (sous le pseudonym Magister Pianco) (Amsterdam, 1782) ;
  • Friedrich Münter, Authentischen Nachrichten von den Ritter- und Brueder-Eingeweihten aus Asien (Copenhagen, 1787) ;
  • Hans Heinrich, baron von Ecker und Eckhoffen, Abfertigung an den ungenannten Verfasser der verbreiteten sogenannten Authentischen Nachrichten von den Ritter- und Brueder-Eingeweihten aus Asien (Hambourg, 1788) ;
  • Lo svegliatoio dei Re o Saggio delli falsi principi degli attuali democratici circa la rivoluzione della Francia, brochure imprimée en Italie, anonyme, (1791). Ces thèses sont reprises par l'Abbé Barruel ;
  • John Robison, FRSE, Proofs of a conspiracy against all the religions and governments of Europe Carried on in the secret meetings of Free Masons, Illuminati, and reading societies (first edition, 1797). John Robison was Professor of Natural Philosophy and first General Secretary to the Royal Society of Edinburgh ;
  • Abbé Augustin de Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (5 vol., 1798) ; voir également son abrégé par Perrenet (1911) ;
  • Johann Wilhelm Schmidt, Die Brüder St. Johannis des Evangelisten aus Asien in Europa oder die einzige wahre und ächte Freimaurerei nebst einem Anhange die Fesslersche kritische Geschichte der Freimaurerbrüderschaft und ihre Nichtigkeit betreffend von einem hohen Obern (Berlin, 1803) ; 
  • Comte d’Allonville, Mémoires secrets de 1770 à 1830, Werdet, Paris (1838-1845), plusieurs tomes ;
  • Benjamin Disraeli, Coningsby (1844), tome III, chap. XV : "the world is governed by very different personages from what is imagined by those who are not behind the scene" ;
  • F.T.B. Clavel, Histoire Pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des Sociétés Secrètes anciennes et modernes (1844, 3ème édition) ;
  • Eduard Emil Eckert, La franc-maçonnerie dans sa véritable signification, ou son organisation, son but et son histoire (1854), trad. par l'Abbé J.G. Gyr ;
  • Abbé Jean Guillaume Gyr, La Franc-Maçonnerie en elle-même et dans ses rapports avec les autres sociétés secrètes de l'Europe, notamment avec la Carbonarie Italienne (1859) ;
  • La première mention en langue ottomane de la thèse historique expliquant l'implication profonde des anglais et/ou franc-maçons dans la création du Wahhabisme (doctrine de Mohammed ibn Abdelwahhab ibn Sulayman ibn Ali, dont le grand-père s'appelait donc Salomon/Sulayman) semble avoir été rédigée par l'historien officiel Ahmet Cevdet Paşa vraisemblablement dans le volume 9 (les pp. 312 et suivantes retranscrivent une correspondance diplomatico-religieuse en langue arabe entre le sultan et Saud al kabeer bin Abdul-Aziz bin Muhammad bin Saud; le volume 7 pp. 182-212 est aussi cité par d'autres commentateurs comme référence) de son histoire de l'Empire Ottoman (Annales de Cevdet ou Tarih-i Cevdet) publiée en 12 volumes en langue ottomane avec script arabe entre 1854 CE / 1269 AH et 1884. Une autre édition fut publiée en 1874, et une autre en 1309 A.H. / 1891 CE. 
  • Cette thèse a été ensuite mentionnée par le contre-amiral ottoman Ayyub/Eyyûb Sabrî Paşa, dans Tarih-i Wahhabiyan (Histoire des Wahhâbites) publié en 1296 A.H. (1879 CE) à IstanbulUne nouvelle édition du texte de Eyyûb Sabrî est parue sous le titre "Tarih-i Vehhabiyan(1992). 
    • Eyyûb Sabrî semble avoir été influencé (d'après l'éditeur) par les écrits rassemblés dans ce livre publié en arabe: Fitnat al-Wahhâbiyya. Ce livre ne doit pas être confondu avec celui-ci.
    • Cette thèse fut reprise par Eyyûb Sabrî dans Mir'ât ul-haramayn, Matba'a-i Bahriyye, Istanbul, pp. 99, vol. III [la série en 5 volumes a été publiée entre 1301-1306 A.H. (1883-1888 CE)] ; Cette édition en script arabe date de 1973 ; Une traduction en anglais du passage sur Hempher est ici
    • Extensions et traductions ultérieures: 
      • Memoirs of Mr. Hempher, The British Spy to the Middle East que l'on trouve aussi sous le titre Confessions of a British Spy and British Enmity Against Islam, 12ème édition en anglais (2010), Hakikat Kitabevi Publications No. 14. 
      • Ce livre est déclaré être la traduction de Mudhakkarat al-Mister Hempher (appelé Muzakkarat ul-Mister Hempher en turc) qui a été publié en arabe au Caire par Dâr al-kitâb is-sâfi. L'origine du texte des mémoires de l'espion anglais Oliver Hempher/Hemfer qui a vécu un siècle avant Sabrî et Cevdet reste obscure. 
      • Ces mémoires ne doivent pas être confondues avec le livre Hampher's Memoirs (1734), qui sont les mémoires du Duc de Gloucester.
      • Une publication en anglais sous le titre "Wahhabism and its refutation by the Ahl As-Sunna" est parue en 1977. 
      • Une traduction commentée en anglais du texte de Pasa est disponible ici
      • Colonel Sa'id Mahmud Najm AI-'Amiri, The Emergence of AI-Wahhabiyyah Movement And it's Historic Roots (2002). Traduction par le DIA américain.
      • On pourra aussi consulter ces articles récents et livres : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 (pdf)
      • voir aussi Isaac Ben Zvi, Les Tribus dispersées, Les Éditions de Minuit (1959) dont un résumé est disponible dans cet article (2012) ;
  • Jacob Brafman, Kniga Ḳahala, (Wilna, 1869) [Le livre du Kahal, matériaux pour étudier le judaïsme en Russie et son influence sur les populations parmi lesquelles il existe], tr. fr. (1873), (Odessa, 1872) en russe ;
  • Frederick Millinger, dit Jean-Adolphe Decourdemanche, dit major Osman Bey, La conquête du monde par les Juifs10e édition internationale, augmentée de Révélations sur l’Alliance israélite universelle avec réponse de M. E. Drumont, Ed. H. Gautier (1ere ed. 1873) ;
  • Lettre de Jean-Baptiste Simonini au Père Augustin Barruel datée de Florence le 5 août 1806, Le Contemporain, Revue Catholique, t. XVI, Pp. 58-61 (juillet 1878) ;
  • Abbé Chabauty, Les Francs-Maçons et les Juifs : sixième âge de l'Eglise selon l'Apocalypse (181) ; Les Juifs nos maîtres (1882) ;
  • Nicolas Deschamps, Claudio Jannet, Les sociétés secrètes et la société ou philosophie de l'Histoire contemporaine , 3 vol., 6ème édition (1882) ;
  • HUMANUM GENUSLettre Encyclique de S. S. le Pape Léon XIII condamnant le relativisme philosophique et moral de la Franc-Maçonnerie (1884) ;
  • Gougenot des Mousseaux, Le Juif, le Judaïsme et la judaïsation des peuples Chrétiens (1886) ;
  • L.B. Woolfolk, The Great Red Dragon, or London Money Power (1890) ;
  • Abbé H. Desportes, Le Juif franc-maçon, Paris (1890) ; 
  • Lajos (ou Ludwig) Abafi, Geschichte der Freimaurerei in Österreich Ungarn, Aigner, Budapest, Tome 1 (1890), Tome II (1891), Tome III, et IV (1893) ;
  • Léon Bloy, Le Salut par les Juifs (1892), chap. XXXIII ;
  • Docteur Bataille, Le Diable au XIXe siècle ou les Mystères du spiritisme, mensuel, numérotation : 1re/2e séries (déc. 1892) - 24e fascicule (nov./déc. 1894) ; ne pas confondre avec la publication de Léo Taxil citée ci-après.
    • ces numéros ont été réunis et publiés à nouveau en 2 vol. (960, 960 p.), Eds. Delhomme et Briguet, (1892-1895) ; tome 1, tome 2 (voir en particulier le Chap XXXV : Le plan des chefs secrets) ;
  • Mgr Léon Meurin, S.J., La Franc-Maçonnerie - Synagogue de Satan (1893) ;
    • L'auteur ne connait pas les hérésies du sabbataïsme-frankisme. Cet extrait prend un sens supplémentaire avec cette information : « L'enfer a déchaîné les erreurs funestes du Paganisme autrefois vaincu ; il a appelé sous son drapeau la haine antique de la Synagogue déchue et l'audace exaspérée du peuple déicide... il a enrôlé dans son armée toutes les passions violentes de l'humanité viciée (...). Toutes ces forces, l'Enfer les a organisées et les dirige contre l'Église de Christ (...). Le Paganisme, le Judaïsme, l'apostasie, les vices et les passions, sous la suprême direction de Lucifer, montent ensemble à l'assaut de l'Église (...). L'Épouse du Sauveur est accoutumée à vaincre par la souffrance. Le peuple d'Israël, qu'il est grand et majestueux tant qu'il marche avec le Seigneur, mais qu'il est terrible et horrible dans sa haine contre son Messie qu'il a méconnu et tué sur la Croix ! S'il voulait seulement s'élever du sens matériel de ses Livres saints au sens spirituel, il serait sauvé.... Mais il ne le veut pas. Son aveuglement est volontaire... l'orgueil en est l'explication. (...) L'orgueil d'une grande intelligence préfère mille fois souffrir que de s'abaisser et reconnaître son erreur. Aussitôt qu'il s'humilie devant Dieu, le Juif voit : "il tombe de ses yeux comme des écailles" (Actes IX, 18)... Pourquoi donc les Juifs ne voient-ils pas la vérité ? Pourquoi - orgueilleusement – la cherchent-ils dans une Cabale foncièrement antirationnelle et ouvertement satanique ? »
  • Domenico Margiotta, Souvenirs d'un Trente-Troisième, Adriano Lemmi chef suprême des francs-maçons (1894) ;
  • Léo Taxil, Revue mensuelle religieuse, politique, scientifique : faisant suite à la publication "Le Diable au XIXe siècle" (1894-1897). La BNF permet la consultation du n° 1 (1894, janv.) au n° 36 (1896, déc.) ; ne pas confondre avec la publication du Docteur Bataille, citée ci-avant.
  • Louis Amiable, Une loge maçonnique d'avant 1789, la R. - L. des Neuf Sœurs, Paris (1897) ; 
  • Anselme Tilloy, Le péril judéo-maçonnique, Paris (1897) ;  
  • Paul-Joseph Copin, dit Paul Copin-Albancelli, La dictature maçonnique. Conférence prononcée le 16 décembre 1899, publiée en 1900 ; Le Drame maçonnique. Le Pouvoir occulte contre la France (1908) ; Le Drame maçonnique. La conjuration juive contre le monde chrétien (1909) ; La Guerre occulte. Les Sociétés secrètes contre les nations (1925) ;
  • F. Trocase, L'Autriche juive,  in-8°, Ed. A. Pierrel au 37, rue Etienne-Marcel, Paris (1899). Ce livre sera réédité par Léon de Poncins, Israël Destructeur d'Empires - Un document prophétique de 1899, Ed. de la légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale (1940/43) ;
  • Isidore Bertrand, La Franc-maçonnerie, secte juive née du Talmud (1903) ; La Trinité d'en bas, confidences d'un haut dignitaire des loges - du jacobinisme des grands ancêtres à la maçonnerie judéo-protestante de 1905 - au pays des carbonari, notes et souvenirs (1905) ;
  • Les Protocoles des Sages de Sion, parfois surtitrés Programme juif de conquête du monde,  extraits publiés dans le journal Znamia - Знамя (1903) ; Ed. Serge Nilus (1905). 
    • Signalons que la campagne de réfutation des Protocoles commença en février 1921 par une interview de la princesse Radziwill, née Catherine Rzewuska. Ces deux familles sont liées au mouvement frankiste (cf Charles Novak, 2012, Pp.183) ; 
    • René Guénon a commenté la traduction italienne des Protocoles : « Compte-rendu : I protocolli dei Savi di Sion, avec la préface de J. Evola », in Études raditionnelles, n° 217, (1938), Pp. 37-39 ; Il mentionne notamment ces romans : 
      • Sidney Vigneaux, Le Baron Jéhova, Paris (1886), Pp. 59 à 87 ; 
      • Hermann Goedsche, dit 'sir John Retcliffe'Biarritz. Historisch-politischer Roman (3 volumes, 1868) ;
      • le Dialogue aux enfers (1864) ;
      • nous rajoutons à cette liste : Félicité De la Mennais, Paroles d'un croyant (1833), Volume 11, Chap. XIII ;
  • Emile Dard, Un Acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, l’auteur des liaisons dangereuses (1741-1803) d’après des documents inédits, Ed. Librairie académique Perrin et Cie, (1905), Pp. 272 ;
  • Arthur Preuss, A Study in American Freemasonry (1908) ;
  • Abbé Emmanuel Barbier, Infiltrations maçonniques dans l'Eglise (1910) ;
  • Mgr Henri Delassus, La conjuration antichrétienne, 3 vol., (1910) ;
  • Saint Pie X, Encyclique Notre charge Apostolique - Sur "le Sillon", donné à Rome, près de Saint-Pierre (25 août 1910) ;
    • Condamnation du Sillon
      Oui, hélas ! l'équivoque est brisée ; l'action sociale du Sillon n'est plus catholique ; le sillonniste, comme tel, ne travaille pas pour une coterie, et " l'Église, il le dit, ne saurait à aucun titre être bénéficiaire des sympathies que son action pourra susciter ". Étrange insinuation, vraiment ! On craint que l'Église ne profite de l'action sociale du Sillon dans un but égoïste et intéressé, comme si tout ce qui profite à l'Église ne profitait pas à l'humanité ! Étrange renversement des idées : c'est l'Église qui serait la bénéficiaire de l'action sociale, comme si les plus grands économistes n'avaient pas reconnu et démontré que c'est l'action sociale, qui, pour être sérieuse et féconde, doit bénéficier de l'Église.
      Mais, plus étranges encore, effrayantes et attristantes à la fois, sont l'audace et la légèreté d'esprit d'hommes qui se disent catholiques, qui rêvent de refondre la société dans de pareilles conditions et d'établir sur terre, par-dessus l'Église catholique " le règne de la justice et de l'amour ", avec des ouvriers venus de toute part, de toutes religions ou sans religion, avec ou sans croyances, pourvu qu'ils oublient ce qui les divise : leurs convictions religieuses et philosophiques, et qu'ils mettent en commun ce qui les unit : un généreux idéalisme et des forces morales prises " où ils peuvent ". Quand on songe à tout ce qu'il a fallu de forces, de science, de vertus surnaturelles pour établir la cité chrétienne, et les souffrances de millions de martyrs, et les lumières des Pères et des Docteurs de l'Église, et le dévouement de tous les héros de la charité, et une puissante hiérarchie née du ciel, et des fleuves de grâce divine, et le tout édifié, relié, compénétré par la Vie de Jésus-Christ, la Sagesse de Dieu, le Verbe fait homme ; quand on songe, disons-Nous, à tout cela, on est effrayé de voir de nouveaux apôtres s'acharner à faire mieux avec la mise en commun d'un vague idéalisme et de vertus civiques. Que vont-ils produire ? Qu'est-ce qui va sortir de cette collaboration ? Une construction purement verbale et chimérique, où l'on verra miroiter pêle-mêle et dans une confusion séduisante les mots de liberté, de justice, de fraternité et d'amour, d'égalité et d'exaltation humaine, le tout basé sur une dignité humaine mal comprise. Ce sera une agitation tumultueuse, stérile pour le but proposé et qui profitera aux remueurs de masses moins utopistes. Oui, vraiment, on peut dire que le Sillon convoie le socialisme, l’œil fixé sur une chimère.
      Nous craignons qu'il n'y ait encore pire. Le résultat de cette promiscuité en travail, le bénéficiaire de cette action sociale cosmopolite ne peut être qu'une démocratie qui ne sera ni catholique, ni protestante, ni juive ; une religion (car le sillonnisme, les chefs l'ont dit, est une religion) plus universelle que l'Église catholique, réunissant tous les hommes devenus enfin frères et camarades dans " le règne de Dieu ".- " On ne travaille pas pour l'Église, on travaille pour l'humanité ".
      Et maintenant, pénétré de la plus vive tristesse, Nous Nous demandons, vénérables Frères, ce qu'est devenu le catholicisme du Sillon. Hélas, lui qui donnait autrefois de si belles espérances, ce fleuve limpide et impétueux a été capté dans sa marche par les ennemis modernes de l'Église et ne forme plus dorénavant qu'un misérable affluent du grand mouvement d'apostasie organisé, dans tous les pays, pour l'établissement d'une Église universelle qui n'aura ni dogmes, ni hiérarchie, ni règle pour l'esprit, ni frein pour les passions et qui, sous prétexte de liberté et de dignité humaine, ramènerait dans le monde, si elle pouvait triompher, le règne légal de la ruse et de la force, et l'oppression des faibles, de ceux qui souffrent et qui travaillent.
      Le Sillon et la révolution
      Nous ne connaissons que trop les sombres officines où l'on élabore ces doctrines délétères qui ne devraient pas séduire des esprits clairvoyants. Les chefs du Sillon n'ont pu s'en défendre : l'exaltation de leurs sentiments, l'aveugle bonté de leur cœur, leur mysticisme philosophique, mêlé d'une part d'illuminisme, les ont entraînés vers un nouvel Évangile, dans lequel ils ont cru voir le véritable Évangile du Sauveur, au point qu'ils osent traiter Notre-Seigneur Jésus-Christ avec une familiarité souverainement irrespectueuse et que, leur idéal étant apparenté à celui de la Révolution, ils ne craignent pas de faire entre l'Évangile et la Révolution des rapprochements blasphématoires qui n'ont pas l'excuse d'avoir échappé à quelque improvisation tumultueuse.                 
  • Semigothaisches genealogisches Taschenbuch ari(st)okratisch-jüdischer Heiraten mit Enkel-Listen (Deszendenz-Verfolgen), München : Kyffhäuser-Verla (1914) ;
  • The Times, History of the War, 22 volumes (1914-1921). Voir vol. 3 (1914), Pp. 281-283 et vol. 14 (1918), Pp. 308 ;
  • Mgr Jouin, Le péril judéo-maçonnique, Emile-Paul (1920) ;
  • Roger Lambelin, le règne d'Israel chez les anglo-saxons (1921) ;
  • Theodore Zlocisti, Moshe Hess der Vorkampfer des Socialismus und Zionismus (Berlin, 1921) ; Moshe Hess Ub'nai Doro, Am Oved (Tel Aviv, 1947) ;
  • Nesta H. Webster, Secret Societies And Subversive Movements (1924) ;
  • Alexandre Dmitrievitch Netchvolodov, L'Empereur Nicolas II et les Juifs: essais sur la révolution russe dans se rapports avec l'activité universelle du judaïsme contemporain (1924) ;
  • A G Michel, La Dictature De La Franc-Maconnerie Sur La France (1924) ;
  • Herbert George Wells, The open conspiracy - Blue Prints for a World Revolution (1928). Une version révisée a été publiée sous le titre 'What Are We to Do with Our Lives?' en 1931 ; 
  • Emmanuel Malynski, La mission du peuple de Dieu - 6ème partie - La grande conspiration mondiale (1928) ;
  • Pr. Herbert Feis, Europe, the World's Banker, 1870-1914 ; An Account of European Foreign Investment and the Connection of World Finance with Diplomacy Before The War (1930, first edition). Voir également les commentaires sur cet ouvrage ;
  • Mgr Ernest Jouin, Papacy and Freemasonry, discours du 8 décembre 1930 ;
  • Edith Starr Miller, dite Lady Queenborough, Occult Theocrasy (1933) ;
  • Sidney Warburg, vertaald door IG Shoup, De Geldbronnen van Het Nationaal-Socialisme (Drie Gesprekkm Met Hitler) [Les sources de financement du national-socialisme (Trois conversations avec Hitler) de Sidney Warburg, traduit par JG Shoup], Van Holkema & Warendorg, Amsterdam (1933). Tr. fr. ;
  • Prince d'Altora Colonna de Stigliano, Méthodes, esprit et doctrines de la franc-maçonnerie française actuelle (1935) ;
  • André Lebey, La Fayette ou le Militant Franc-Maçon, Librairie Mercure, Paris, 2 vols. (1938) ; 
  • René Bergeron, Le corps mystique de l'antéchrist (1940) ; 
  • Emmanuel Malynski et Léon de Poncins, La guerre occulte (1940) ;
  • Pr. Karl Polanyi, The Great Transformation - The political and economic origin of our time (1944). Voir en particulier la partie 1.
  • Rév. Denis Fahey, The Mystical Body of Christ and The Reorganization of Society (1945) ;
  • Archibald Maule Ramsay, The Nameless War (1952, 1st edition) ;
  • Eustace Mullins, Mullins On The Federal Reserve, Kasper and Horton, New York (First edition 1952). Il s'agit d'un livre commandé par Ezra Pound en 1948. The Federal Reserve Conspiracy, une édition par Christian Educational Association, a été publiée en 1954 dans le New-Jersey. Une édition par l'éditeur Guido Roeder en langue allemande en 1956 a été saisie à 90% et détruite sur ordre de la justice allemande. Une nouvelle édition augmentée est parue en 1985 sous le titre The secrets of the Federal Reserve - The London Connection. Pour les rares publications avant 1952 concernant la réunion secrète à l'île Jekyll ayant conduit à la création de la Fed, voir ce lien. On sait que les quelques propriétaires de cette île possédaient 1/6 de la fortune mondiale au tout début du XXème siècle ;
  • José Landowski, Sinfonia en Rojo Mayor, tr. Mauricio Carlavilla (1952). Tr. en. ;
  • Elizabeth Dilling, The Jewish Religion - Its Influence Today, formerly titled The plot against Christianity (1954) ;
  • William Guy Carr, Pawns in the Game, Gadsby-Leek Co., first edition, (1955), trad française complète Éd. Saint-Rémi (2002) ; The Conspiracy to destroy all existing Governments and Religions, Sons of Liberty, (1960 ? ; écrit en 1958) ; trad. française : La Conspiration mondiale dont le but est de détruire tous les gouvernements et religions en place, Éd. Delacroix, (1998) ;
  • Isaac Ben Zvi, Les Tribus dispersées, Les Éditions de Minuit (1959) ;
  • Arthur Herzberg, The Zionist Idea, JPSA (1960) ;
  • Maurice Pinay, Complot contre l'Eglise (1962) traduit en plusieurs langues dont The Plot Against the Church ;
  • W. Cleon Skousen, The Naked Communist (1962) ; The Naked Capitalist (1971) ;
  • John A. Stormer, None dare call it Treason  (1964) ;
  • Robert K. Spencer, The Cult of the All-Seeing Eye, Omni (1964) ;
  • Jacob Katz, Zion, XXX, 5727, Pp. 204-205 (1965) ; il s'agit de la publication de la version courte de l'histoire de l'Ordre de St Jean l'Evangéliste d'Asie en Europe ;
  • Pr. Caroll QuigleyTragedy and Hope: A History of the World in Our Time (1966) ; The Anglo-American Establishment: From Rhodes to Cliveden  (1981), publication posthume ;
  • Pierre Virion, Bientôt un gouvernement mondial, une super et contre Église ? (1967) ;
  • Pr. Antony C. SuttonWestern Technology and Soviet Economic Development (3 vol., 1968, 1971, 1973) ; Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974) ; Wall Street and the Rise of Hitler (1976) ; Wall Street and FDR  (1976) ; Trilaterals over Washington (t1: 1979 - t2: 1981); America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (1983) - Traduction française ; The Federal Reserve Conspiracy (1995) ;
  • Jacob Katz, Jews and Freemasons in Europe 1723-1939, Cambridge, Mass. (1970) ;
  • R. Le Forestier, La Franc-Maçonnerie templière et occultiste, (éd. 1970) ; 
  • Elie Kedourie, Young Turks, Freemasons and Jews, Middle Eastern Studies (Jan. 1971), qui inclut Pp 99-100 la lettre "How the East was lost" de l'ambassadeur Sir Gerard Lowther à Sir Charles Harding du 29 Mai 1910. Cette lettre est reproduite dans la correspondance de Stratfor ;
  • Gary Allen, None dare call it Conspiracy (1971) ;
  • Zosa Szajkowski, Jews, Wars and Communism, vol. 1, Ktav (1972) ;
  • Jacques Bordiot, Une Main Cachée dirige - Le système du Mondialisme (1974) ;
  • Isaiah Friedman, Germany, Turkey, and Zionism 1897-1918, (1977), Pp. 150 ;
  • Douglas Reed, The Grand Design of the 20th century (1977), publication posthume ; The Controversy of Sion (1978), rédigé entre 1949 et 1956, publication posthume. Traduction française ;
  • Jean Lombard, La Face cachée de l'Histoire moderne. La montée parallèle du capitalisme et du collectivisme (1984) ;
  • Marguerite Castillon du Perron, Louis-Philippe et la Révolution française, Ed. Pygmalion, Paris (1984) ;
  • William Greider, Secrets of the Temple - How the Federal Reserve runs the Country (1988) ;
  • On lira également avec intérêt la légende "Helen of Troy" in Howard Schwartz, Lilith's Cave: Jewish Tales of the Supernatural, Oxford University Press, (New York, 1988). Elle raconte le destin du rabbi Joseph della Reina ;
  • Olivier Blanc, Les Hommes de Londres, histoire secrète de la Terreur, Ed. Albin Michel, (1989) ;
  • Nina Berberova, Les Francs-maçons russes du XXe siècle, Éd. Actes Sud (1990) ;
  • Pr. Murray N. Rothbard, The Case Against the Fed (1994) ;
  • Serge Monast, Le gouvernement mondial de l'Antéchrist, journalisme d'enquête international, « La conspiration mondiale des Illuminatis », vol. 1, Magog, Éditions de la Presse libre, (1994) ;
  • Massimo Introvigne, Enquête sur le satanisme, Satanistes et antisatanistes du XVIIe siècle à nos jours, Dervy (1997) ;
  • Pr. Murray N. Rothbard, The origins of the Federal Reserve, The Quarterly Journal of Austrian Economics, vol. 2, no. 3 (Fall 1999), Pp. 3–51, publication posthume ;
  • Depuis 1999, un collectif "Comité Invisible/Tiqqun" rédige des articles ouvertement nihilistes et néo-frankistes en français, traduits et diffusés en plusieurs langues. Il a immédiatement été dénoncé comme tel : Dominique Caboret, Philippe Garrone, Avant-garde et Mission - La Tiqqounnerie (diffusé dès février 1999), Ed. Chez l'Auteur, 2000. Alain C. a diffusé un commentaire sur « L’INSURRECTION QUI VIENT » Construction Identitaire et Alternative Existentielle, s.l.s.n. (2009). Certains passages de Tiqqun décrivent cependant avec beaucoup de justesse la situation sociopolitique contemporaine : voir la présentation qu'en fait Giorgo Agamben dont plusieurs de ses concepts métaphysiques sont repris dans Tiqqun. Cette capacité à amalgamer des doctrines disparates et à les défendre toutes avec conviction à tour de rôle est une des caractéristiques du frankisme. Anthony Le Cazals a témoigné en 2014 que Julien Coupat connaissait la Kabbale lourianique. Il l'a étudié en hébreu en Israël pendant 6 mois en 1998 ;
  • Leyb Ben Oyzer, La beauté du Diable. Portrait de Sabbataï Zevi, Présenté, annoté et traduit du yiddish amstellodamois du XVIIIe siècle par Nathan Weinstock, Paris, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque d'Études juives », N°45, 2001, 280 p. ; note de lecture
  • Thierry Zarcone, Secret et sociétés secrètes en Islam. Turquie, Iran et Asie Centrale XIXe-XXe siècles. Franc-Maçonnerie, Carboneria et Confréries soufiesÉd. Archè, Milano (2002) ; 
  • Leonidas Donskis, Forms of Hatred: The Troubled Imagination in Modern Philosophy and Literature (2003). Voir en particulier Pp. 43-44 ; 
  • Gershon David Hundert, Jews in Poland-Lithuania in the Eighteenth Century: A Genealogy of Modernity (2004) ;
  • Marsha Keith Schuchard, Lord George Gordon and Cabalistic Freemasonry: Beating Jacobite Swords into Jacobin Ploughshares in Martin Mulsow and Richard H. Popkin Eds., Secret Conversions To Judaism In Early Modern Europe (2004) ;
  • Pr. Guido G. PreparataConjuring Hitler - How Britain and America made Third Reich (2005) ;
  • Youssef Cassis, Capitals of Capital - The rise and fall of international financial centres 1780-2009 (2006, first edition) ;
  • John J. Mearsheimer, Stephen M. Walt, The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, Middle East Policy, vol. XIII, no. 3 (Fall 2006), Pp. 29-87, revised version of the Working Paper. La réponse des auteurs aux critiques a fait l'objet d'un livre: The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy (2007), Eds: Farrar, Straus et Giroux ;
  • Jean-Philippe Schreiber, Juifs et franc-maçonnerie au XIXe siècle. Un état de la question, Archives Juives, 2010/2, vol. 43 ;
  • Jean-Philippe Schreiber, Les élites politiques juives et la franc-maçonnerie dans la France du XIXe siècle, Archives Juives, 2010/2, vol. 43 ;
  • Wayne Madsen, The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret (Part II), Strategic Culture Foundation (2011) ;
  • Hongbing Song, La guerre des monnaies - La Chine et le nouvel ordre mondial (traduction française 2013), édition originale 2007 en chinois ;
  • Robert Akers, Sibling Rivalry on a Grand Scale: The Devil's in the Details, vol. 2 (2011) ;
  • Piers Paul Read, The Dreyfus Affair, Bloomsbury, Londres (2012) ;
  • Jean-Michel Vernochet, Les égarés - Le Wahhabisme est-il un contre Islam? (2013) ; voir aussi VoltaireNet, 12/2014; HuffingtonPost, 08/2014.
On peut ainsi analyser la politique des dirigeants de l'Etat d'Israël depuis 1947 comme étant celle d'un Etat Sabbataïste, stade le plus avancé de la maladie du corps politique que constitue le développement sans frein de l'Etat Profond, ou celui, pour employer un concept métaphysique guénonien, de la contre-tradition.

On peut de plus remarquer le passage suivant dans l'Evangile de Jean 11:46-53 :
Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait.
Alors les chefs des prêtres et les pharisiens rassemblèrent le sanhédrin et dirent: «Qu'allons-nous faire? En effet, cet homme fait beaucoup de signes miraculeux.
Si nous le laissons faire, tous croiront en lui et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation.»
L'un d'eux, Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là, leur dit: «Vous n'y comprenez rien;
vous ne réfléchissez pas qu'il est dans notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation tout entière ne disparaisse pas.»
Or il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.
Et ce n'était pas pour la nation seulement, c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.
Dès ce jour, ils tinrent conseil pour le faire mourir.
[viii] On lira en synthèse l'article d'Etienne Balibar, 'A propos du sionisme : messianisme et nationalisme', Agenda de la pensée contemporaine, N° 9 (Hiver 2007-2008), éditions Flammarion dont voici un extrait:
"C’est Scholem lui-même qui, dès son installation en Palestine, avait opéré un rapprochement entre le sionisme et le sabbataïsme, dans lesquels il voyait les deux moments politiques de l’histoire du peuple juif à l’époque moderne. Le caractère « historique » de la rédemption dans le judaïsme (par opposition à l’idée chrétienne d’un salut dans l’autre monde), associé à l’espérance d’une fin des persécutions endurées dans l’exil et l’esclavage d’Israël, engendre une idéologie révolutionnaire que Scholem appelle « utopique » et « apocalyptique ». Résultat d’une « attente messianique intense », cette idéologie se représente l’âge messianique comme le moment d’un « affrontement final d’Israël et des Nations », une conflagration dotée d’une signification cosmique dont les cataclysmes forment la condition de la renaissance nationale. A cette représentation (qui se retrouvera dans le marxisme) du rôle de la violence dans l’histoire, identifié aux souffrances d’un enfantement, une tradition particulière issue de la Kabbale ajoute une dimension spécifiquement antinomique : l’ère messianique n’est pas seulement celle de la réunion au sein de la divinité des parties du monde « brisé » depuis la création, c’est aussi, en vue de « hâter la fin », celui d’une inversion de la loi ou de sa réalisation à travers sa transgression (« c’est en violant la Torah qu’on l’accomplit »), forme spécifique de « l’activisme [prenant] l’utopie comme levier en vue de l’instauration du royaume messianique » - si indécise d’ailleurs que demeure la figure du messie lui-même."
Les citations que reprend Balibar sont issues de Gershom Scholem, Le messianisme juif. Essais sur la spiritualité du judaïsme (1974), Calmann Lévy, où figure l’essai sur « La rédemption par le péché », pp. 27-40 ; Version originale en anglais: The messianic idea in Judaism and other essays in Jewish spirituality, Schocken Books (1971).
Scholem a également mis en lumière cette phrase: « Qui a fait davantage pour créer le mouvement historique que ceux qui cherchent et proclament l'immuable ? ».

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Liens vers les autres articles de cette série:
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Partie 3
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Partie 5 (cet article)
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