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2017/01/02

Paul Valéry, René Guénon, Nicolas Berdiaev et la crise de l'Occident

Dans le deuxième article de notre série sur l'Esprit européen, nous écrivions:

Dans sa lettre célèbre La Crise de L'Esprit de 1919, Paul Valéry est le premier à notre connaissance à parler de l’Esprit européen d’une part, et d’autre part de la « physique intellectuelle et sociale » qui pourrait décrire l’évolution de cet Esprit. Il tire de cette intuition physique une très étonnante prédiction pour l’époque, qui pourrait se généraliser sous la forme d’une conjecture :
« Je prétendais que l’inégalité si longtemps observée au bénéfice de l’Europe devait par ses propres effets se changer progressivement en inégalité de sens contraire. C’est là ce que je désignais sous le nom ambitieux de théorème fondamental. »
Valéry pose la question fondamentale du devenir de l’Europe. Il la pose au sortir de la Grande Guerre. 
Sa deuxième lettre évoque le repositionnement de l’Europe vis-à-vis de la Grande Asie, face à l’inéluctable retour de balancier de ce que l’on appelle aujourd’hui en géopolitique la puissance, mais –insistons bien sur ce point– que Valéry argumente comme étant la résultante du développement de l’Esprit des peuples. 

Michel Vâlsan nous proposait une synthèse de cette perspective dans son article "La fonction de René Guénon et le sort de l'Occident", paru dans le N° spécial des Etudes Traditionnelles consacré à René Guénon (1951), et qui a été publié à nouveau dans le N° spécial René Guénon de la revue Science Sacrée (2003). Je reprends les extraits qui sont en résonance avec Valéry (1) :
Dès la conclusion de son premier livre, paru en 1921, l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, René Guénon avait formulé trois hypothèses principales quant au sort de l'Occident.  
La première, "la plus défavorable est celle où rien ne viendrait remplacer cette civilisation, et où, celle-ci disparaissant, l'Occident, livré d'ailleurs à lui-même, se trouverait plongé dans la pire barbarie." (Pp. 307-308) 
La seconde serait celle où "les représentants d'autres civilisations, c'est-à-dire les peuples orientaux, pour sauver le monde occidental de cette déchéance irrémédiable, se l'assimileraient de gré ou de force, à supposer que la chose fût possible, et que d'ailleurs l'Orient, y consentît, dans sa totalité ou dans quelqu'une de ses parties composantes.  
Nous espérons que nul ne sera assez aveuglé par les préjugés occidentaux pour ne pas reconnaître combien cette hypothèse serait préférable à la précédente : il y aurait assurément, dans de telles circonstances, une période transitoire occupée par des révolutions ethniques fort pénibles, dont il est difficile de se faire une idée, mais le résultat final serait de nature à compenser les dommages causés par une semblable catastrophe ; seulement, l'Occident devrait renoncer à ses caractéristiques propres et se trouverait absorbé purement et simplement.  
C'est pourquoi, il convient d'envisager un troisième cas comme bien plus favorable au point de vue de l'ensemble de l'humanité terrestre, puisque, s'il venait à se réaliser, l'effet en serait de faire disparaître l'anomalie occidentale, non pas par suppression comme dans la première hypothèse, mais, comme dans la seconde, par retour à l'intellectualité vraie et normale ; mais ce retour, au lieu d'être imposé et contraint, ou tout au plus accepté et subi du dehors, serait effectué alors volontairement et comme spontanément."  
Pour que ce troisième cas devienne une possibilité, et "pour en venir à l'application et la réaliser dans toute son ampleur, il faut pouvoir s'appuyer sur une organisation fortement constituée, ce qui ne veut pas dire que des résultats partiels, déjà appréciables, ne puissent être obtenus avant qu'on en soit arrivé à ce point.  
Si défectueux et si incomplets que soient les moyens dont on dispose, il faut pourtant commencer par les mettre en oeuvre tels quels, sans quoi l'on ne parviendra jamais à en acquérir de plus parfaits ; et nous ajouterons que la moindre chose accomplie en conformité harmonique avec l'ordre des principes porte virtuellement en soi des possibilités dont l'expansion est capable de déterminer les plus prodigieuses conséquences, et cela dans tous les domaines, à mesure que ses répercussions s'y étendent selon leur répartition hiérarchique et par voie de progression indéfinie." (Orient et Occident, Pp. 184-185)
La France peut jouer un rôle clé dans cette recomposition fondamentale des rapports des pays européens avec le Moyen Orient et l'Asie, dès les prochaines élections présidentielles. La participation active aux nouvelles Routes de la Soie seraient une concrétisation de ce sursaut spirituel si nécessaire. C'est le cœur du débat.


(1) : On pourra en trouver une autre continuité chez Edmund Husserl, La crise de l'humanité européenne et la philosophie, trad. fr. (1977). Ce texte remanie une conférence donnée à Vienne le 7 mai 1935. Nathalie Depraz notait en 2012 : "Husserl date de la deuxième moitié du XIXe siècle le devenir positiviste explicite des sciences et vise ici sans doute les scientifiques héritiers de la philosophie positive d’Auguste Comte. [L'] auteur du Cours de Philosophie positive (1830-1842), fonde une philosophie en rupture avec toute métaphysique. Il promeut en effet une attitude fondée exclusivement sur l’expérience et mue par une confiance sans bornes envers la science. [Husserl écrit qu'] ayant laissé tomber les questions que l’on avait incluses dans le concept de métaphysique, la question du sens de l’Histoire, de la raison, la question de Dieu comme source téléologique de toute raison dans le monde, la question du sens du monde ou de l’immortalité, la « crise des sciences européennes » est en fait tout entière le symptôme d’une crise plus profonde encore, et qui est celle de la philosophie elle-même." C'est-à-dire une crise de l'Esprit, Husserl refaisant exactement le constat à l'origine de l'œuvre de Guénon.

Le philosophe et historien des sciences Gilles Gaston Granger, dans la conclusion de Sciences et Réalité (2000), évoque un pont nécessaire vers la métaphysique pour sortir de la crise des sciences :
"Nous ne prétendons pas que la réalité des objets des sciences soit supérieure à tout autre réalité, mais seulement qu'il soit possible, avec plus ou moins de succès, d'en appliquer les critères pour constituer et reconnaître en quelque sorte un substrat aux autres réalités, sans pour autant vouloir que ce substrat s'identifie aux réalités mêmes."
De son côté, riche d'un parcours de philosophie religieuse et politique, le franco-russe Nicolas Berdiaev a bien auparavant publié La crise spirituelle de l'Intelligentzia (1910), Le destin de la Russie (1918), La fin de la Renaissance (1921), Le sens de l'histoire (1923), Le nouveau Moyen Age (1924), De la Destination de l'homme (1931), Le Destin de l'Homme dans le monde actuel (1934), puis Esprit et Réalité (1937). Ces œuvres, issues d'une profonde réflexion sur la période révolutionnaire russe au prisme de la tradition philosophique de ce peuple (Khomiakov, Soloviev, Dostoïevski en particulier) nous apparaissent comme les plus pertinentes et les plus complémentaires avec celles de Guénon, son contemporain, pour comprendre ce que nous devons retrouver.
Liaison subtile et croisement entre Guénon issu d'un Occident ayant perdu ses repères et qui partira vivre au Proche-Orient (au Caire) en 1930, et Berdiaev issu d'un Orient partiellement occidentalisé (mais qui n'a jamais perdu ses traditions), réfugié politique à partir de 1922 en France, apportant et développant cette initiation dont se nourrira Emmanuel Mounier, fondateur de la revue Esprit. Entre 1948 et 1951, tous les trois nous ont quitté. Il nous reste leurs enseignements.



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Liens vers les autres articles du thème l'Esprit Européen :
Partie 1

2015/12/15

Le Réveil de la Force

"Je vais finir ce que tu as commencé...
et revenir du côté obscur!"

Ce titre, bien qu'il rappelle l'actualité de la Guerre des Etoiles, signifie essentiellement le réveil de l'esprit de souveraineté et en conséquence l'émergence progressive de la puissance continentale eurasiatique, de Lisbonne au Kamchatska et d'Oslo à Singapour.

Le cœur de cette puissance réside désormais dans le triangle Russie-Inde-Chine. Il bat concrètement dans de multiples institutions (Union Economique Eurasiatique, BRICS, SCO, ASEAN/APT, AIIB, NDB, CSTO...) qui ont inventé la dé-dollarisation du système financier international et dans de multiples accords de libre échange qui s'y sont développés depuis la fin des années 90, structurant la politique de voisinage de ces géants. Il est intéressant de noter que la création de la Commission Eurasiatique s'est inspirée de la Commission Européenne mais en prenant en compte les expériences tant positives que négatives de l'UE d'après les mots de Medvedev. C'est ainsi que la Commission Eurasiatique est présidée par un Conseil, composé des vice-Premiers ministres de chaque pays membre, ou que le nombre d'officiels est proportionnel à la population de chaque pays membre.

Cet esprit souverain se dilate naturellement dans toutes les directions, obéissant à des invariants géographiques (ce que l'on appelle en géopolitique « la permanence de la carte ») :
  • vers l'Asie du sud-Est, où cette influence se déploie dans les accords commerciaux et les nouvelles positions stratégiques en mer de Chine. On peut associer cet élan à la poussée vers l'Arctique par la Russie et vers l'Antarctique par la Chine ;
  • de l'Asie Centrale vers le Moyen-Orient, où elle s'appuie fortement sur l'Iran -représentant de l'esprit souverain depuis la Révolution de 1979 face aux forces dissolvantes de la mondialisation promulguée par les néo-conservateurs- pour défendre fermement la Syrie ; 
  • vers l'Europe de l'Ouest, où cette poussée de souverainisme entraîne l'obsolescence rapide des institutions du bloc occidental; 
  • et vers l'extrême Occident, où elle s'appuie sur Cuba -représentant de l'esprit souverain depuis la Révolution de 1953- et sur la culture Bolívarienne en Amérique du Sud.
À titre d'exemple, la crise depuis 2008 démontre que les institutions de l'Union Européenne sont incapables de réforme et de remise en question, et les peuples européens en condamnent désormais massivement la logique castratrice. Citons également les accords commerciaux comme le TTIP qui est vécu par les Européens comme une camisole de force et une trahison, ou encore l'OTAN qui comme anticipé se révèle désormais totalement paralysée en interne, comme le prouve l'absence de tout soutien effectif de « l'alliée » Turquie par les pays membres de l'OTAN après le traquenard du SU-24 qui a été abattu.

L'émergence de Corbyn est également un signe de cette émergence du souverainisme, du rejet des fondements de la politique présente en Europe depuis 70 ans. Dernier exemple et non des moindres, celui de la poussée historique du Front National aux élections régionales en France, qui dès les résultats au soir du dimanche 13/12/2015 a fait se cristalliser toute la campagne présidentielle de 2017, en polarisant le « camp des patriotes » contre « celui des mondialistes qui veulent dissoudre le sentiment national ». 

Il ne reste aux technocrates qu'à instaurer des coupes-feux (loi Urvoas en France, état d'urgence, menaces de guerre civile par le Premier Ministre…) pour diminuer encore les règles démocratiques, et gagner un peu de temps. Cela ne changera pas la trajectoire implacable de l'Histoire, qui fait que l'obsolescence éclatante des institutions les condamnent au placard et à l'oubli. Comme Camus l'a proclamé: seuls les esprits indépendants forment l'Histoire.

La crise systémique globale dont la phase aiguë a duré de 2007 à 2015 a dépassé son point haut et vient d'atteindre un nouveau stade, celui de la recomposition, dans un contexte géopolitique mondial où les BRICS jouent et gagnent.

C'est dans cette libération des nouvelles forces politiques en Europe, enfin affranchis de la tutelle américaine, que sont présents plusieurs scénarios de recomposition dans les années à venir.
  • soit les peuples européens gagnent une indépendance exacerbée et restent divisés : ils se condamnent alors à n'être que de simples satellites lointains des géants asiatiques, sans influence extérieure ; 
  • soit la force issue de leur nouvelle indépendance alliée à une compréhension les conduit à adhérer à l'Union Eurasiatique, garante de la stabilité sur le continent ; 
  • soit cette indépendance acquise ne sera qu'une mascarade de plus, dans laquelle le maître derrière le rideau sera encore la City -mais cette fois sans l'alliance avec Wall Street- et où la plupart des dirigeants partageront la même chemise brune, pour afficher des velléités de plus en plus agressives vis à vis de l'Union Eurasiatique, rebouclant en pure perte sur la tragédie du XXème siècle.
Nous nous attacherons au fil des mois à déchiffrer et anticiper les tendances en Europe qui vont nous orienter vers l'un ou l'autre de ces scénarios. La direction est claire, le point de chute encore incertain.



2015/01/29

Conscience sociale et la résilience des peuples européens

Belle synthèse que voilà, et qui propose un lien entre comportement individuel et survie des grandes structures humaines.


Cependant les auteurs n'évoquent pas ce qui constitue le point de fuite des neuro-sciences: l'esprit.
Or, dans le cadre du développement de chaque esprit humain et de sa résilience, personne ne peut faire l'impasse longtemps sur la qualité de la philosophie morale, telle qu'enseignée par les religions. Celle-ci forme la base la plus profonde qui soit à la culture.

C'est ainsi que l'enracinement du christianisme orthodoxe chez les peuples russes explique la résilience extraordinaire dont ils ont fait preuve depuis 1905, et plus près de nous suite à l'effondrement de 1990.

Une leçon historique doit en être tirée, déjà exprimée par d'autres: les peuples de l'Europe ne se relèveront pas tant qu'ils n'auront pas décidé de renouer pleinement avec leurs racines chrétiennes. 

Une seconde leçon peut en être tirée, jamais évoquée à ma connaissance: la qualité de la philosophie morale d'une religion, et son maintien dans le temps, dépend très fortement de la gouvernance qui est organisée pour la faire vivre. 
En la matière pour l'Eglise catholique, la concentration du pouvoir spirituel aux mains du seul pape, assisté par la Curie, a conduit depuis le schisme de 1054 peu à peu à l'incurie et à la déchéance que le pape François entend désormais stopper.
Il est significatif de noter la toute autre organisation de la gouvernance de l'Eglise Chrétienne Orthodoxe, dont l'organisation présente un caractère multipolaire.

Le nouvel essor que je pense inévitable de la spiritualité chrétienne en Europe va entraîner du même chef un effort sur la réunification des patriarcats des Eglises Chrétiennes Orthodoxes et Catholiques, par l'organisation d'un grand concile. 

L'esprit européen est à la charnière entre relaxation et réorganisation.


[Les précédents articles de cette série sur l'Esprit Européen sont accessibles ici]

2014/10/22

La philosophie morale pour acquérir la sagesse et l’intelligence


Dernière mise à jour des références: 23/2/2017


“...Having desire without light, curiosity without wisdom, seeking God by strange ways, by ways traced by the hands of men; offering rash incense upon the high places to an unknown God, who is the God of darkness.” — Ernest Hello, Les plateaux de la balance, 1880, Pp. 314. [i0]


"The hope for the twentieth [NDR: now the twentieth-first] century rests on recognition that war and depression are man-made, and needless. They can be avoided in the future by turning from the nineteenth-century characteristics just mentioned (materialism, selfishness, false values, hypocrisy, and secret vices) and going back to other characteristics that our Western Society has always regarded as virtues: generosity, compassion, cooperation, rationality, and foresight, and finding a increased role in human life for love, spirituality, charity, and self discipline." — Carroll Quigley, Tragedy and Hope, 1966, Pp. 1310-1311.


Le Livre des Proverbes [i] est un des livres peu connus composant l’Ancien Testament. Il s'agit de plusieurs collections de paroles de sagesse en rapport avec l'expérience humaine. Suivant les exégètes et archéologues sa période de rédaction varie, remontant au Xème siècle av. J.-C mais plus vraisemblablement au Vème siècle av. J.-C. 

À titre de comparaison temporelle, mentionnons Thalès né en Asie Mineure (Turquie) vers -625 et mort vers -547, le plus ancien des philosophes présocratiques. Il fut l'un des «Sept sages» de la Grèce antique. Il passe pour avoir effectué un séjour en Égypte, où il aurait été initié aux sciences égyptienne et babylonienne. Ces deux cultures directement voisines de la Judée ont également eu un profond impact sur les rédacteurs de l'Ancien Testament. 

Là où Thalès et la plupart des philosophes grecs s'intéressent à la compréhension de la nature comme voie de développement de la sagesse, les rédacteurs de l'Ancien Testament s'intéressent à l'esprit. Ils proposent ici une philosophie morale pour acquérir la sagesse et l’intelligence. Ce sont les deux chemins que nous avons emprunté dans les pas de notre éducation chrétienne tout d'abord, puis scientifique ensuite.

Nous reprenons ici les chapitres 1 à 9 (sur 30) du Livre des Proverbes, à l'exception des parties qui traitent des rapports entre hommes et femmes hors mariage. Ces chapitres utilisent peu de tournures poétiques, de métaphores ou de paraboles et sont très explicites.


J'introduis cette réflexion pour vous interroger sur le manque d'enseignement de cette sagesse proverbiale depuis de longs jours en Occident. C'est à n'en pas douter une des origines de la crise de l'esprit européen.

Cet article se termine de manière significative par deux extraits des chapitres 1 et 6, que j'ai trouvés particulièrement adaptés pour décrire la lutte primordiale entre la philosophie morale de l'Ancien Testament et celle dévoyée qui a culminé avec Sabbataï Tzvi et les Sabbataïstes, dont le mouvement s'est prolongé avec les Dönme et les Frankistes, et qui a corrompu la plupart des structures de pouvoir en Occident et au Moyen Orient, qu'elles soient apparentes ou occultes, laïques ou religieuses, chrétiennes, musulmanes ou juives. Il faut noter que ce mouvement historique est resté ignoré du Pr Caroll Quigley, dans sa description de la lutte millénaire entre la conception orthodoxe de la nature humaine et la conception diamétralement opposée qu'il fait remonter jusqu'à Zoroastre (Tragedy and Hope, 1966, chapitre 20). Cet ajout aurait cependant pu constituer le pinacle de son oeuvre, les premières publications en allemand sur ce mysticisme très particulier remontant à 1822, et pour l'anglais à 1895.

Ce mouvement sabbataïste ancré dans le secret n'a pas disparu et persiste jusqu'à nos jours, comme ont persisté diverses formes de crypto-judaïsme pendant des siècles au cours de l'histoire. Des liens historiques irréfutables mais encore à ce jour extrêmement méconnus ont été établis avec l'essor de courants qui ont puissamment participé à la formation de l'histoire occidentale au moins depuis le XVIIème siècle, comme le nazisme, le marxisme-léninisme, le détournement du sionisme [vii]. Nous gardons à l'esprit l'influence historique de l'Occident sur le reste du monde depuis cette période conjointement à la révolution industrielle et au développement du capitalisme financier.

Ces liens historiques mettent également en perspective l'enracinement de l'influence des acteurs de l'Etat Profond en particulier aux USA (et ses pays satellites traditionnels en Asie comme le Japon, la Corée du Sud ou les Philippines), au Canada, en Angleterre, en Allemagne (voir ici, ici et ici), en Italie, en France, en Egypte, en Arabie Saoudite, en Inde et en Turquie. À titre d'exemple pour ce dernier pays les recherches historiques de Prinz restent encore trop méconnues :

Source: Rabbi J. Prinz, "The Secret Jews", 1973, p.122

Ce processus d'acquisition de la sagesse et de l'intelligence nous permet de corriger une erreur de Quigley dans le chapitre de conclusion (p. 1238-1240) de son livre mentionné ci-avant.





Bien que nous nous partageons complètement les premières caractéristiques énumérées -en particulier Evil is absence of God- nous réfutons la façon de décrire la recherche de la liberté dans la séparation des deux modes de pensée page 1239. S'il est exact que la philosophie morale orthodoxe "recherche la vérité par l'expérience et la révélation, interprétée au travers de la tradition", il nous parait tout à fait inexact de déclarer que cette posture est à l'opposé de la "recherche de la vérité par la déduction rationnelle à partir de la révélation". En effet, la deuxième proposition fait partie intégrante de la première. La révélation ne survient qu'à partir de la réflexion issue de l'expérience.

D'une part on doit relire les mots du Pape Léon XIII : « L’Église elle même, non seulement conseille, mais ordonne aux Docteurs chrétiens d’appeler à leur aide la philosophie » (Æterni Patris, 1879).

D'autre part l'apparition des déductions rationnelles les plus profondes, les plus déconcertantes, sont des cas de révélations quand elles s'appuient sur un échafaudage intégral de vérités précédentes. C'est une expérience de pensée que l'on compare souvent à un voile qui se déchire, à une lumière qui se fait jour là où, un instant auparavant, ne régnait dans l'esprit qu'une lutte à l'aveugle, inconsciente. À cet instant précis notre esprit est tout seul pour créer un nouvel espace et repousser le vide un peu plus loin. Vivre une révélation n'est pas réservée aux grands mystiques. C'est l'empreinte persistante de cette expérience intime qui fait que de nombreux chercheurs scientifiques, repoussant précocement le fait religieux ou métaphysique comme composante de l'explication du monde et utilisant le plus des processus d'abstraction conceptuelle -dans les sciences dites dures et en philosophie, se découvrent vers la fin de leur vie le besoin de proclamer une redécouverte de leur propre sens religieux.

A contrario, la philosophie morale sabbataïste ou frankiste est le résultat d’une recherche d'une vérité apparente au moyen de déductions fallacieuses, à partir de la tradition.
Nous appelons ici tradition l’emploi des livres sacrés originels et de certaines techniques de spéculation; nous appelons déductions fallacieuses l'exégèse et l'herméneutique kabbalistiques qui entraînent obligatoirement des conceptions qui n'ont que l'apparence de la vérité.

Du fait que la notation du calcul se faisait avec des lettres, comme en grec, les lettres hébraïques ont de multiples significations: leur valeur numérique est notamment utilisée par la guématrie -pratique très commune dans la kabbale depuis le Sefer Yétsirah du Xème siècle. En effet les trois recettes de l'herméneutique dans les études kabbalistiques sont les suivantes :
  • peser ou donner une valeur numérique aux lettres et aux mots et trouver des mots de valeur équivalente qui peuvent être liés entre eux (la guématrie autorise les additions, les soustractions, l'usage des multiples);
  • transformer, avec de nouvelles règles de substitution; par cette méthode on obtient des mots et des sens nouveaux ("témourah"). Ainsi, si on remplace la première lettre par la deuxième, la deuxième par la troisième etc…, on applique alors la règle dite "abgad" et selon celle-ci, par exemple, le tétragramme (y/h/w/h) devient le "kouzou" (kh/w/z/w)!
  • permuter les lettres et obtenir des anagrammes d'un mot qui génèrent des sens nouveaux de même valeur numérique et donc ayant une certaine affinité ("notarikon" ou "tsérouf"); 
  • certains auteurs vont même s'autoriser à trouver un sens quand une de ces recettes donne un mot qui leur convient à une lettre ou un chiffre près, sachant que les voyelles ne comptent jamais... ou bien utilisent des mots dont l'usage n'était pas connu au moment de la rédaction du texte, ou qui n’existent que dans un autre idiome, ou qui renvoient à des symboles polysémiques.
De plus rappelons que la Torah d'origine a été rédigée en alphabet paléo-hébraïque, comme en témoigne l'amulette de Ketef Innom, ou pour certains textes comme la Guemara en araméen au 6ème siècle après J.-C. Ces deux alphabets sont des ramifications de l'alphabet phénicien. Le paléo-hébraïque a été utilisé pour écrire la langue hébraïque à partir du 10ème siècle av. J.-C. jusqu'à son abandon au 5ème siècle av. J.-C., date de son remplacement par l'alphabet araméen. Le paléo-hébraïque a aussi donné l'alphabet hébreu, lequel a évolué plus tard en alphabet hébreu moderne. Tous ces alphabets comportent 22 lettres. Il semble vraisemblable que si la forme des 22 lettres a évolué, leur rang dans l'ordre alphabétique est resté fixe depuis au moins l'alphabet ougaritique (bien que lui comporte 30 lettres). Si toutes ces écritures ont des points communs, le langage oral ou écrit utilisé à une époque donnée, les mots, les règles de grammaire et de syntaxe, l'éventuelle correspondance des lettres avec des symboles est propre à chaque système de langue et à chaque époque.
Aucune étude de guématrie ne repose sur le texte d'origine (perdu) de la Torah en paléo-hébraïque, mais part de textes traduits ou écrits postérieurement en alphabet hébreu ou araméen.
Bref: avec un tel manque de rigueur de raisonnement et de transparence, on peut en toute probabilité faire dire tout et son contraire à n'importe quel texte d'une certaine longueur, en profitant des coïncidences.
On pourra lire à ce propos les articles suivants: « Le miracle ultime » concernant le nombre 19, et « Sous le signe du 7 ». Aucun auteur kabbaliste ne traite de sa méthode numérologique sous l'angle de la statistique ou de l'analyse combinatoire. Une étude à partir du théorème des probabilités de Borel ou de la loi forte des grands nombres ne serait pas de trop.
On peut imaginer l’utilisation de la guématrie comme une technique favorisant la spéculation métaphysique. Mais elle ne peut pas présenter de caractère probant. Au mieux, il ne peut en sortir qu’une intuition, qu’une réflexion métaphysique devra développer.
Le dénouement de la crise actuelle marquera également, selon nous, l'échec de ce détournement antinomique de la morale que l'on reconnait par la formule «C'est en violant la Torah qu'on l'accomplit». [viii] Notons que cette anti-morale est ouvertement enseignée de nos jours. Voici ainsi la présentation que se donne sur son site internet le fondateur de la communauté des "Dönmeh de l'Occident" :
Yakov Leib haKohain is the Hebrew birth-name of the Jewish poet, author, teacher and Sabbatian Kabbalist, Lawrence G. Corey, Ph.D. who also was given the names John-Francis, Aziz Mehemed Effendi and Kali Dass upon his ritual conversions, as a Sabbatian Jew, to the Catholic Church, Islam and Vedanta, respectively. He holds a doctorate in Jungian Studies and Comparative Religion, and his poetry and essays have appeared in literary magazines and scholarly journals such as Midstream, Evergreen Review, Beloit Poetry Journal, The Catholic Critic, Dor L'Dor: Journal of the World Jewish Bible Society of Jerusalem, The Priest: A Journal of Catholic Theology, Newsletter of the Orthdox Jewish Teacher's Association of New York, Library Journal of the C.G. Jung Institute of San Francisco, Choice: A Yearly Anthology of Poetry, Modern Jew in Search of a Soul, and an upcoming issue of Kabbalah: Journal for the Study of Jewish Mystical Texts.

Following in the footsteps of the 17th and 18th century Jewish Avatars Sabbatai Zevi and Jacob Frank, respectively -- as well as the 19th century Hindu Avatar, Sri Ramakrishna Paramahamsa -- all of whom he seeks to emulate, Reb Yakov Leib HaKohain over the course of his 71 years has studied, converted to, practiced and spiritually integrated the four major religions of the world (Judaism, Catholic Christianity, Islam and Hinduism) in order to perform the Kabbalistic Tikkun of "Repairing the Face of God" -- which means the intentional spiritual reconciliation, in one's own person, of all religions so that God may again be one and His Name, one.

For the past thirty years, he has been the acknowledged spiritual leader of the Neo-Sabbatian Kabbalists of the West and spiritual heir to the legacy of the 17th century Jewish Avatar, Sabbatai Zevi and his 18th century successor, Avatar Yakov Leib Frank, after whom he is believed to have been named by his Orthodox Jewish family of hereditary Levitical priests, the maternal side of which originally came to America from Istanbul, Turkey where the Sabbatian movement began in the late 17th century.

Presently in his seventy-first year, Reb Yakov Leib HaKohain founded Donmeh West: A Center for the Study & Practice of Neo-Sabbatian Kabbalah in 1972. For a number of years he was the non-ordained but elected Rebbe ("spiritual leader") of the South Bay Kehillah, a small congregation of overtly Orthodox but covertly Sabbatian Jews in Hermosa Beach, California. In addition, he has taught on the Jewish roots of Christianity to parishes in the Roman Catholic Archdiocese of Los Angeles. His work is now exclusively on the internet where he teaches, preaches, counsels and publishes a website dedicated to the teaching, learning and practice of 16th century Lurianic Kabbalah as reconfigured in the 17th century by the Jewish Messiah and Avatar, Sabbatai Zevi and his prophet and chief exegete, Nathan of Gaza.
Qui comprend cette corrosion continue de nos esprits, mère de tous les maux, et s'en émeut ?

D'après l'historien Arnold J. Toynbee, le déclin d'une civilisation est habituellement le résultat de son incapacité à répondre aux défis d'ordre moral et religieux plutôt qu'aux défis physiques et environnementaux.  

Toynbee présente l'histoire comme l'essor et la chute des civilisations plutôt que comme l'histoire d'État-nations ou de groupes ethniques. Il identifie les civilisations sur des critères culturels plutôt que nationaux. Ainsi, la civilisation occidentale, qui comprend toutes les nations qui ont existé en Europe occidentale depuis la chute de l'Empire romain d'occident, est traitée comme un tout, et est distinguée de la civilisation orthodoxe, de la Russie et des Balkans.

Toynbee présente l'histoire de chaque civilisation en termes de défis et de réponses. Les civilisations rebondissent en réponse à certains défis d'une extrême difficulté quand les "minorités créatrices" conçoivent des solutions pour réorienter la société entière. Quand une civilisation arrive à relever des défis, elle croît. Sinon elle décline.

«Les civilisations meurent par suicide ou par meurtre, non par des causes naturelles»
(Note de l'éditeur dans une des éditions de A.J. Toynbee A Study of History, 1947)

C'est à ce défi que Conscience Sociale s'est attaché. C'est dans le cadre de ces recherches que nous avons identifié les dimensions caractérisant la Grande Renaissance, que nous allons prochainement décrire.

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~ Le Livre des Proverbes ~

L’objectif de cet enseignement (chapitre 1.1-9)


1 Proverbes de Salomon [ii], fils de David [iii], roi d'Israël, pour connaître la sagesse et l'instruction, pour comprendre les paroles de l'intelligence, pour recevoir des leçons de bon sens, de justice, d'équité et de droiture, pour donner du discernement à ceux qui manquent d'expérience, de la connaissance et de la réflexion aux jeunes.
5 Que le sage écoute, et il augmentera son savoir! Celui qui est intelligent gagnera en habileté pour comprendre les proverbes et les paraboles, les paroles des sages et leurs énigmes.
7 La connaissance commence par la crainte de l’Éternel [iv]. Il faut être fou pour mépriser la sagesse et l'instruction.
8 Mon fils, écoute l'instruction de ton père et ne rejette pas l'enseignement de ta mère!
9 En effet, ce sera une couronne de grâce pour ta tête et un collier pour ton cou. 


L'appel de la sagesse (chapitre 1.20-33)

20-21 La sagesse crie dans les rues, elle parle tout haut sur les places, elle appelle à l'entrée des endroits bruyants. Aux portes, dans la ville, elle fait entendre ses paroles:
22-23 «Jusqu'à quand, vous qui manquez d'expérience, aimerez-vous la naïveté? Jusqu'à quand les moqueurs trouveront-ils leur plaisir dans la moquerie et les hommes stupides détesteront-ils la connaissance? Revenez pour écouter mes reproches! Je veux déverser mon Esprit sur vous, je veux vous faire connaître mes paroles.
24-27 Puisque j'appelle et que vous résistez, puisque je tends la main et que personne n'y prête attention, puisque vous négligez tous mes conseils et n'acceptez pas mes reproches, moi aussi je rirai quand vous serez dans le malheur, je me moquerai quand la terreur fondra sur vous, quand la terreur fondra sur vous comme une tempête et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, quand la détresse et l'angoisse s'empareront de vous.»
28 Alors ils m'appelleront et je ne répondrai pas, ils me chercheront et ils ne me trouveront pas.
29-31 Parce qu'ils ont détesté la connaissance et n'ont pas choisi la crainte de l'Éternel [iv], parce qu'ils n'ont pas accepté mes conseils et ont méprisé tous mes reproches, ils se nourriront du fruit de leur conduite et ils se rassasieront de leurs propres conseils.
32 En effet, l'égarement de ceux qui manquent d'expérience les tue et l'insouciance des hommes stupides provoque leur perte.
33 En revanche, celui qui m'écoute habitera en sécurité. Il vivra tranquille et n'aura à redouter aucun mal.


Les bienfaits de la sagesse (chapitres 2.1-3.35)

1-5 Mon fils, si tu fais bon accueil à mes paroles et si tu retiens mes commandements en prêtant une oreille attentive à la sagesse et en inclinant ton cœur  à l'intelligence, oui, si tu appelles la sagesse et si tu élèves ta voix vers l'intelligence, si tu la cherches comme l'argent, si tu la poursuis comme un trésor, alors tu comprendras ce qu'est la crainte de l'Éternel [iv] et tu trouveras la connaissance de Dieu.
6 En effet, c'est l'Éternel qui donne la sagesse, c'est de sa bouche que sortent la connaissance et l'intelligence.
7 Il tient le succès en réserve pour les hommes droits, il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité.
8 Il protège ainsi les sentiers de l'équité et il veille sur le chemin de ses fidèles.
9 Tu comprendras alors ce que sont la justice, l'équité, la droiture, toutes les routes qui mènent au bien.
10-19 En effet, la sagesse viendra dans ton cœur  et la connaissance fera les délices de ton âme; la réflexion veillera sur toi, l'intelligence te protégera, et ainsi tu seras délivré de la voie du mal, de l'homme qui tient des discours pervers, de ceux qui abandonnent les sentiers de la droiture pour marcher dans des chemins ténébreux, qui éprouvent de la joie à faire le mal, qui mettent leur plaisir dans la perversité, qui suivent des sentiers tortueux et des routes pleines de détours.
20 Tu marcheras ainsi sur la voie des hommes de bien, tu persévéreras sur les sentiers des justes.
21 En effet, les hommes droits habiteront le pays, les hommes intègres y resteront, tandis que les méchants seront exclus du pays, les infidèles en seront arrachés.

Chapitre 3.
1-2 Mon fils, n'oublie pas mon enseignement et que ton cœur  garde mes commandements, car ils prolongeront la durée de tes jours, les années de ta vie, et ils augmenteront ta paix.
3 Que la bonté et la vérité ne t'abandonnent pas: attache-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur.
4 Tu trouveras ainsi grâce et bon sens aux yeux de Dieu et des hommes.
5 Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur  et ne t'appuie pas sur ton intelligence!
6 Reconnais-le dans toutes tes voies et il rendra tes sentiers droits.
7-8 Ne te prends pas pour un sage, crains l'Éternel [iv] et détourne-toi du mal: cela apportera la guérison à ton corps et un rafraîchissement à tes os.
9 Honore l'Éternel avec tes biens et avec les premiers de tous tes produits!
10 Alors tes greniers seront abondamment remplis et tes cuves déborderont de vin nouveau.
11-12 Mon fils, ne méprise pas la correction de l'Éternel et ne sois pas dégoûté lorsqu'il te reprend, car l'Éternel reprend celui qu'il aime, comme un père l'enfant qui a sa faveur.
13 Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse et l'homme qui possède l'intelligence!
14 En effet, le bénéfice qu'elle procure est préférable à celui de l'argent et le profit qu'on en tire vaut mieux que l'or.
15 Elle est plus précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tout ce que tu pourrais désirer.
16 Une longue vie est dans sa main droite, dans sa gauche se trouvent la richesse et la gloire.
17 Ses voies sont des voies agréables et tous ses sentiers sont des sentiers de paix.
18 Elle est un arbre de vie pour ceux qui s'attachent à elle, et ceux qui la possèdent sont heureux.
19-20 C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, c'est par l'intelligence qu'il a affermi le ciel; c'est par sa connaissance que les abîmes se sont ouverts et que les nuages distillent la rosée.
21 Mon fils, que ces conseils ne s'éloignent pas de tes yeux! Garde le discernement et la réflexion!
22 Ils seront la vie de ton âme et l'ornement de ton cou.
23 Alors tu marcheras en sécurité sur ton chemin et ton pied ne heurtera pas d'obstacle.
24 Si tu te couches, tu n'auras rien à redouter et, quand tu seras couché, ton sommeil sera doux.
25-26 N'aie pas peur d'une cause de terreur soudaine ni d'une attaque de la part des méchants, car l'Éternel sera ton assurance et il préservera ton pied de tout piège.
27 Ne refuse pas un bienfait à ceux qui y ont droit quand tu as le pouvoir de l'accorder.
28 Ne dis pas à ton prochain: «Va-t'en puis reviens, c'est demain que je donnerai» quand tu as de quoi donner.
29-30 Ne médite pas le mal contre ton prochain alors qu'il habite en toute confiance près de toi, ne te dispute pas sans raison avec quelqu'un lorsqu'il ne t'a fait aucun mal.
31-32 Ne sois pas jaloux de l'homme violent et ne choisis aucune de ses voies, car l'Éternel a horreur de l'homme perverti, mais il est un ami pour les hommes droits.
33 La malédiction de l'Éternel frappe la maison du méchant, mais il bénit le domaine des justes.
34 Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles.
35 Les sages hériteront de la gloire, mais les hommes stupides récolteront le déshonneur.


L'acquisition de la sagesse (chapitre 4.1-27)

1-2 Ecoutez, mes fils, l'instruction d'un père, et soyez attentifs pour connaître l'intelligence, car je vous transmets un bon savoir. Ne rejetez pas mon enseignement!
3 J'étais un fils pour mon père, un fils tendre et unique aux yeux de ma mère.
4-6 Il m'enseignait alors et me disait: «Que ton cœur  retienne mes paroles! Obéis à mes commandements et tu vivras. Acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence! N'oublie pas les paroles de ma bouche et ne t'en détourne pas! Ne l'abandonne pas et elle te gardera. Aime-la et elle te protégera.»
7 Voici le commencement de la sagesse: acquiers la sagesse et avec tout ce que tu possèdes acquiers l'intelligence.
8 Tiens-la en haute estime et elle t'élèvera. Elle fera ta gloire, quand tu l'embrasseras.
9 Elle mettra sur ta tête une couronne de grâce, elle t'ornera d'un magnifique diadème.
10 Ecoute-moi, mon fils, fais bon accueil à mes paroles et les années de ta vie seront nombreuses.
11 Je t'enseigne la voie de la sagesse, je te conduis dans les sentiers de la droiture.
12 Pendant ta marche, ton pas ne sera pas gêné, et si tu cours, tu ne trébucheras pas.
13 Attache-toi à l'instruction, ne la délaisse pas! Garde-la, car elle est ta vie.
14 N'emprunte pas le sentier des méchants et ne t'avance pas sur le chemin des hommes mauvais.
15 Evite-le, n'y passe pas! Détourne-toi de lui et passe plus loin!
16 En effet, ils ne dorment pas tant qu'ils n'ont pas fait le mal, le sommeil leur est enlevé s'ils n'ont pas fait trébucher quelqu'un.
17 Oui, le pain qu'ils mangent, c'est la méchanceté, le vin qu'ils boivent, c'est la violence.
18 Le sentier des justes ressemble à la lumière de l'aube: son éclat grandit jusqu'au milieu du jour.
19 La voie des méchants ressemble aux ténèbres: ils n'aperçoivent pas ce qui les fera trébucher.
20 Mon fils, sois attentif à mes paroles, tends l'oreille vers mes discours!
21-22 Qu'ils ne s'éloignent pas de tes yeux! Garde-les au fond de ton cœur , car ils apportent la vie à ceux qui les trouvent, la guérison à tout leur corps.
23 Garde ton cœur  plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la vie.
24 Ecarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours!
25 Que tes yeux regardent bien en face et que tes paupières se dirigent droit devant toi.
26 Fais une route droite pour tes pieds et que toutes tes voies soient bien sûres!
27 Ne dévie ni à droite ni à gauche et détourne ton pied du mal.


La sagesse a plus de valeur que tout ce qu'on pourrait désirer (chapitre 8.1-36)

1 La sagesse ne crie-t-elle pas? L'intelligence ne parle-t-elle pas tout haut?
2 C'est au sommet des hauteurs dominant la route, c'est à la croisée des chemins qu'elle se place.
3-11 A côté des portes, à l'entrée de la ville, à l'intérieur des portes, elle crie: «Hommes, c'est vous que j'appelle, et ma voix s'adresse aux êtres humains. Vous qui manquez d'expérience, apprenez le discernement! Vous qui êtes stupides, apprenez le bon sens! Ecoutez, car ce que je dis est capital et j'ouvre mes lèvres avec droiture. Oui, c'est la vérité que ma bouche proclame et mes lèvres ont horreur de la méchanceté. Toutes les paroles de ma bouche sont justes, elles ne contiennent rien qui soit faux ou perverti. Toutes sont exactes pour celui qui est intelligent, et droites pour ceux qui ont trouvé la connaissance. Préférez mes instructions à l'argent, et la connaissance à l'or le plus précieux! En effet, la sagesse vaut mieux que les perles, elle a plus de valeur que tout ce qu'on pourrait désirer.
12 Moi, la sagesse, j'habite le discernement et je possède l'art de la réflexion.
13 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste.
14-21 C'est à moi qu'appartiennent le conseil et le succès. Je suis l'intelligence, la puissance m'appartient. Par moi les rois règnent et les dirigeants ordonnent ce qui est juste, par moi gouvernent les chefs, les grands, tous les juges de la terre. J'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui me cherchent me trouvent. Avec moi sont la richesse et la gloire, les valeurs élevées et la justice. Mon fruit est meilleur que l'or, que l'or pur, et le profit qu'on tire de moi est préférable à l'argent. Je marche sur le chemin de la justice, au milieu des sentiers du droit, pour donner des biens en héritage à ceux qui m'aiment et pour remplir leurs trésors.
22-31 L’Éternel me possédait au commencement de son activité, avant ses œuvres  les plus anciennes. J'ai été établie depuis l'éternité, dès le début, avant même que la terre existe. J'ai été mise au monde quand il n'y avait pas de mer, pas de source chargée d'eau. Avant que les montagnes ne soient formées, avant que les collines n'existent, j'ai été mise au monde. Il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier grain de poussière du monde. Lorsqu'il a disposé le ciel, j'étais là; lorsqu'il a tracé un cercle à la surface de l'abîme, lorsqu'il a placé les nuages en haut et que les sources de l'abîme ont jailli avec force, lorsqu'il a fixé une limite à la mer pour que l'eau n'en franchisse pas les bords, lorsqu'il a tracé les fondations de la terre, j'étais à l'œuvre  à ses côtés. Je faisais tous les jours son plaisir, jouant [NDR: de mon instrument] constamment devant lui, jouant dans le monde, sur sa terre, et trouvant mon plaisir [NDR: d'être] parmi les Hommes.
32 Et maintenant, mes fils, écoutez-moi! Heureux ceux qui persévèrent dans mes voies!
33 Ecoutez l'instruction pour devenir sages, ne la négligez pas!
34 Heureux l'homme qui m'écoute, qui veille chaque jour sur mes portes et qui garde l'entrée de ma maison!
35 En effet, celui qui me trouve a trouvé la vie, il a obtenu la faveur de l’Éternel.
36 En revanche, celui qui pèche contre moi se fait du tort à lui-même. Tous ceux qui me détestent aiment la mort.»


La sagesse nous invite (chapitre 9.1-12)

1 La sagesse a construit sa maison, elle a taillé ses sept colonnes.
2 Elle a abattu son bétail, mélangé son vin et dressé sa table.
3 Elle a envoyé ses servantes, elle crie sur le sommet des hauteurs de la ville:
4-6 «Qui manque d'expérience? Qu'il entre ici!» Elle dit à ceux qui sont dépourvus de bon sens: «Venez manger de mon pain et boire du vin que j'ai mélangé! Abandonnez la naïveté et vous vivrez, avancez sur la voie de l'intelligence!»
7 Celui qui instruit le moqueur récolte le mépris, et celui qui reprend le méchant s'attire ses insultes.
8 Ne reprends pas le moqueur si tu ne veux pas qu'il te déteste, mais reprends le sage et il t'aimera.
9 Donne au sage et il deviendra encore plus sage, enseigne le juste et il augmentera son savoir. 
10 Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l’Éternel [iv]. La connaissance du Dieu saint, voilà en quoi consiste l'intelligence.
11 Oui, c'est grâce à moi que tes jours se multiplieront et que les années de ta vie augmenteront.
12 Si tu es sage, tu l'es pour toi; si tu es moqueur, tu en supporteras les conséquences tout seul.


Le danger mortel des Sabbataïstes et Frankistes : L'homme double (chapitre 6.12-23)

12 Le vaurien, l'homme injuste, marche la fausseté aux lèvres.
13 Il lance des clins d'œil, s'exprime du pied, fait des signes avec ses doigts.
14 La perversité est dans son cœur, il médite constamment le mal, il provoque des conflits.
15 C'est pourquoi la ruine le surprendra soudain, tout d'un coup il sera brisé sans remède.
16-19 Il y a six choses que l’Éternel déteste, et même sept dont il a horreur: les yeux hautains, la langue menteuse, les mains qui versent le sang innocent, le cœur  qui médite des projets injustes, les pieds qui se dépêchent de courir au mal, le faux témoin qui dit des mensonges et celui qui provoque des conflits entre frères.
20 Mon fils, garde le commandement de ton père et ne rejette pas l'enseignement de ta mère!
21 Lie-les constamment sur ton cœur, attache-les à ton cou!
22 Ils te dirigeront dans ta marche, ils te garderont dans ton lit, ils te parleront à ton réveil.
23 En effet, le commandement est une lampe et l'enseignement une lumière, et les avertissements de l'instruction sont le chemin de la vie.


La folie des Sabbataïstes et Frankistes : tel est pris qui croyait prendre (chapitre 1.10-19)

10 Mon fils, si des pécheurs veulent t'entraîner, ne cède pas!
11-14 Peut-être te diront-ils: «Viens avec nous! Dressons des embuscades pour verser du sang [v], tendons sans raison un piège aux innocents! Engloutissons-les vivants, comme le séjour des morts! Oui, engloutissons-les tout entiers comme ceux qui descendent dans la tombe! Nous trouverons toutes sortes de biens précieux et nous remplirons nos maisons de butin. Tu auras ta part avec nous, il n'y aura qu'une bourse pour nous tous!»
15 Mon fils, ne te mets pas en chemin avec eux, écarte ton pied de leur sentier!
16 En effet, leurs pieds courent au mal et ils sont pressés de verser le sang.
17 Or, il ne sert à rien de poser un piège sous les yeux de tout ce qui peut voler.
18 Eux, c'est contre leur propre vie qu'ils dressent des embuscades, c'est à eux-mêmes qu'ils tendent un piège.
19 Tel est le sentier de tout homme assoiffé de profit: le gain malhonnête cause la perte de son propriétaire.[vi]


_________________ 

[i0] "Ce qui caractérisait le XIXe siècle, c’était le désir de reprendre, de renouer les relations entre le monde visible et le monde invisible. Mais Dieu seul sait la voie qui mène à lui : il n’a dit qu’à l’Église le secret sacré. Pour reprendre la route de Dieu, le XIXe siècle n’avait qu’à se jeter dans les bras de l’Église. Mais comme il avait le désir sans avoir la lumière, et la curiosité sans avoir la sagesse, il chercha Dieu par des routes étrangères, par des routes tracées de main d’hommes, il chercha Dieu par le caprice, parodia le mystérieux au moyen du bizarre, et rencontra l’épouvante au lieu de rencontrer la paix.
Toute passion mène aux abîmes, sans excepter la passion de l’infini. La passion est un amour ténébreux." - source du texte original publié en français.

[i] Source de la traduction : Bible de Segond, édition de 2007 (dite « Segond 21 »).

[ii] L’existence archéologique du roi Salomon n’est pas du tout assurée. Il est donc possible que ce dernier ne soit qu'une construction tardive des rédacteurs de la Bible, écrite de retour de l'exil des Judéens à Babylone (538 av. J.C.), et dont le contenu idéologique répond au besoin d’identification nationale et religieuse de ce moment : la Judée n'est alors qu'une province de l'Empire perse, et il n'y a plus de royaume de Juda du tout.

[iii] Le roi David, dont l'existence archéologique n'a été démontrée qu'en 1993, aurait régné pendant 40 ans autour de l’an 1000 av. J.C.

[iv] Cf §8.13 : « Craindre l’Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. »

[v] Cf §8.36 : « Tous ceux qui me détestent aiment la mort. »

[vi] Les Sabbataïstes et les Frankistes ont voulu piéger nos esprits. « Or, il ne sert à rien de poser un piège sous les yeux de tout ce qui peut voler. » Et qu'est-ce qui peut mieux voler que l'esprit ?

[vii] Cf en priorité les ouvrages ou articles suivants sur les marranes, le frankisme, le sabbataïsme et le groupe des Dönmeh qui en dérive :
  • Nathan Benjamin ben Elisha ha-Levi Ghazzati, 'Nathan de Gaza', Tiqqun Qeri'ah le-khol Laylah wa-Yom, Amsterdam (1666) ;
  • Sevi Hirsch Chotsch, Hemdat Sevi, Amsterdam (1706) ; frontispiece :
  • Gaudenty Pikulski, Złość żydowska przeciwko Bogu i bliźniemu, prawdzie i sumnieniu, na objaśnienie przeklętych Talmutystów, na dowód ich zaślepienia i religii dalekiej od prawa boskiego przez Mojżesza danego na dwie części opisana [...], Lwów (1758) ;
  • Stanislaw Kleczewski, Dysertacja albo Mowa o Pismach Żydowskich i Talmudzie podczas walnej dysputy contra talmudystów z talmudystami... publico ore miana, Lwów (1759) ;
  • Jacob Emden, Sefer Shimmush, Altona (1758-62). Voir les références des autres écrits de Emden sur le Shabbethaïsme dans l'article de la Jewish Encyclopedia, en particulier Megilat Sefer (autobiographie et biographie de son père Chacham Zwi), publiée de manière posthume en 1810 en hébreu dans le journal Ha-Meassef puis ed. David Kahana, Warsaw (1896, reprinted 1953), Gelbman, Waldman Tov. La première traduction dans une langue européenne de cette autobiographie est Mémoires de Jacob Emden ou L'anti-Sabbataï Zewi, Cerf (1992) ; First entirely translated into english: Megilat Sefer: The Autobiography of Rabbi Jacob Emden (1697-1776) tr. by Rabbis Sidney B. Leperer and Meir H. Wise (2011) ;
  • Eléasar Fleckeles, Ahavat David, Prague (1800) ;
  • Peter Beer, Geschichte, Lehren und Meinungen aller bestandenen und noch bestehenden religiösen Sekten der Juden und der Geheimlehre oder Cabbalah (The History, Teachings and Views of All Former and Present Jewish Sects, Including the Secret Teachings or Kabbalah), 2 vol. (1822–1823) ;
  • Pr. Franz Joseph Molitor, Philosophie der Geschichte oder über die Tradition in dem alten Bunde und ihre Beziehung zur Kirche des neuen Bundes, mit vorzüglicher Rücksicht auf die Kabbalah (vol.1: 1827 avec une nouvelle édition corrigée en 1857, vol.2: 1834, vol.3: 1839, vol.4 1ère section: 1853), publiés anonymement. Schabtai Zwi et Jakob Frank sont mentionnés dès le tome 1, édition 1857, Pp. 451 ;
  • Pr. Franz Joseph Molitor, Philosophie de la Tradition (1837) ;
  • A. Theiner, Vetera Monumenta Poloniœ . . . ex Tabularüs Vaticanis Collecta, Rome (1860) ;
  • Skimborowicz, ZiwotSkon u Nauka Franka, Warsaw (1866) ;
  • Rabbi Jacob Sasportas (Yaakov S´AS´PORTAS, 1610-1698), Sefer Tsitsat Novel Tsevi, Odessa, (1867), posthume ; voir un compte-rendu ici ;
  • Heinrich Gräetz, Frank und die Frankisten, Breslau (1868) ;
  • Emil Pirazzi, Bilder und Geschichten aus Offenbachs Vergangenheit, Offenbach (1879) ;
  • Eduard Jellinek, Nachkommen von Frankisten in Warschau in Das jüdische Literaturblatt, Magdeburg Band XI, N.27, (Juli 1882) ;
  • S. Dubnov, Yakov Frank i Yevo Sekta Khristianstvuyuschikh, in Voskhod, (1883) ;
  • Zygmunt L. Sulima, Historya Franka i Frankistóew, Crakow (1893) ;
  • N. Porges, Texte de la lettre adressée par les Frankistes aux communautés juives de Bohème, Revue des Etudes Juives, 29 (1894), Pp. 282-288 ;
  • Heinrich Gräetz, History of the Jews, The Jewish Publication Society of America, Philadelphia (1895) ;
  • Alexander Kraushar, Frank i Frankisci Polscy 1726-1816, Cracow, (1895), 2 vol. ;
  • S. Dubnov, Istoriya Frankizma po Novo-Otkrytym Istochnikam (1896) ;
  • Jewish Encyclopedia, article 'Shabbethai Ẓebi b. Mordecai' (1901-1906) ;
  • Jewish Encyclopedia, article 'Jacob Frank and the frankists' (1901-1906) ;
  • Teodor Jeske-Choinski, Neofici polscy, materialy historyczne (Warsaw, 1904) ;
  • David Philippson, The Reform Movement in Judaism, Ktav, New York (first edition 1907, new edition 1967) ;
  • David Kahana, Toldoth Ha-mekubalim Ha-shabbetaim V'he-hassidim, Odessa (1913), Tel Aviv (1927), vol. 2, Pp. 64-88 ; 
  • Abraham Jacob Brawer, "A new Hebrew source on the history of Frank and his sect", Ha-shialoach, vol. xxxiii (1917), Pp. 146-56, 330-42, 439-448 ; vol.xxxviii (1921), Pp. 16-21, 231-38, 349-54, 446-57. Il s'agit de la description du manuscript non publié Divrei binah du Dov Birkenthal ;
  • Ber de Bolechow, The Memoirs of Ber of Bolechow (1723-1805), London, Berlin (1922) ;
  • Z. Bychowski, "Frank and his sect in the light of psychiatry; An attempt", Ha-tekufah, vol. xiv-xv (1923), Pp 703-20 ;
  • Zalman Shazar, Al tilei beit Frank, (Leipzig, 1923) ; Zalman fut le 3ème président d'Israël sous le nom de Rubashov ;
  • Majer Balaban, Studien und Quellen zur Geschichte der frankistischen Bewegung in Polen, Varsovie (1927) ;
  • Gershom Scholem, die Theologie des Sabbatianismus im Lichte Abraham Cardozos, in Der Jude, IX, Sonderheft (1928) ;
  • Bernard Lazare, Le Fumier de Job, postface d'Hannah Arendt (1ère édition 1928), rééd. 1990 ;
  • Sur les pratiques orgiaques dönmeh d'Atatûrk, voir Dr. Rıza NurHayat ve Hatıratım, Paris (1929, 1ère édition), Pp.1318-1321 ;
    • Autres éditions : Hayat ve Hatıratım, Altındağ Yayınları, İstanbul (1967) ; Hayat ve Hatıratım 1-2-3, Haz. Abdurrahman Dilipak, İşaret yayınları (1992), ISBN:9753500203
    • Il y a eu différentes branches de Dönmeh. La première fut l’Ismirli constituée à Ismir en Turquie. La seconde, les Jakubi, fut fondée par Jakob Leib Querido, successeur de Sabbataï Tzvi qui se proclamait lui aussi être le Messie. Viennent ensuite vers 1700, les Karakashes fidèles de Othman Baba, et les Lechli, d’origine polonaise. Les Dönmeh ne se marient qu’entre eux. Les membres de la communauté Dönmeh se retrouvent principalement dans les villes d’Adrianople, d’Istanbul, de Salonique et d’Ismir.
  • Joseph Kastein, Messiah of Ismir : Shabbathai Zebi, (1931) ;
  • Cecil Roth, A history of the Marranos (first edition 1932). Traduction française: Histoire des Marranes (1990, à partir de l'édition de 1958) ;
  • The Encyclopedia of Jewish Knowledge in One Volume, Ed: Jacob de Haas, Behrman, articles 'FRANK, JACOB' et 'Pseudo-messiahs' (1934) ;
  • Majer Bałaban, Toldoth ha-tenua ha-Frankit (Tel Aviv, 1934-35), 2 vols. ;  
  • Gershom Gerhard Scholem, Mitsvah ha-ba'ah ba-averah, "A Commandment through Sin" in Kneseth, Divrei sopherim l'zekher H.N. Bialik, vol.2 (Tel Aviv, 1937), Pp 347–92. Version anglaise Redemption through Sin, traduction par Hillel Halkin, in The Messianic Idea in Judaism (1971) ;
  • Mieses, Mateusz, Polacy–Chrześcijanie pochodzenia żydowskiego, (Wydawn, 1938) ;
  • Ludwik Korwin, szlachta mojzeszowa (Cracow, 1938) ;  szlachta neoficka (Cracow, 1939) ;
  • A.Z. Aescoly, "Jacob Frank's sons, the False Messiah and the French Revolution", Ha-doar, vol. xxiv (Sept. 7, 1945), Pp. 830 ;
  • Isaac R. Molho, "Additional details about the Sabbataians in Salonica", Tsiyon, n.s., vol. xi (1945-46), Pp. 150-51 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Major Trends in Jewish Mysticism (first edition 1941). Traduction française: Les grands courants de la mystique juive (1950) ; 
  • Moshe Arie Perlmutter, Reba Yehonatan Eibeschutz V'yachuso el Hashabtaut - "Rabbi Jonathan Eibeschutz and his attitude towards Sabbatianism", Schocken (1947) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, A Sabbathaian will from New York in Miscellanies of the Jewish Historical Society of England, part v, Essays in memory of E.N. Adler... (London, 1948), Pp. 193-211 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, "The Sabbataian Movement in Poland", Beith Y'israel b'Polin (The House of Israel in Poland), vol. 2 (Jérusalem, 1954), Pp.36-76 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Le mouvement sabbataïste en Pologne (en 3 parties), Revue de l'histoire des religions (1953), volume 143, numéro 143-1, pp. 30-90 ; volume 143, numéro 143-2, pp. 209-232 ; volume 144, numéro 144-1, pp. 42-77 ;
  • Abraham G. Duker, Polish Frankism’s Duration: From Cabbalistic Judaism to Roman Catholicism and from Jewishness to Polishness, Jewish Social Studies, 25:4 (1963:Oct.), Pp.287–333 ; cet article majeur est tiré d'une thèse soutenue à Columbia University, The Polish 'Great Emigration' and the Jews. Studies in political and Intellectual History, publication 1627 (1956) ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Shabbatai Sevi, veha tenu ah ha-shabbetha ith bi-yemei hayyav - "Sabbatai Sevi and the Sabbatian Movement during his lifetime", Am Oved, Tel Aviv (1957). Traduction en anglais publiée à Princeton en 1973 ;
  • Gershom Gerhard Scholem, Die Krypto-juedische Sekte der Doenme in der Tuerkei, Numen, vol. vii (1960), Pp. 93-123 ; The Sprouting of the horn of the son of David, a new source of the beginnings of the Doenmeh Sect in Salonica, Tarbiz, vol. xxxii (1962), Pp. 67-69 ; 
  • Max I. Dimont, Jews, God and History, Signet (1962) ;
  • Catholicism and from Jewishness to Polishness , Jewish Social Studies, 
  • Yeshayahu Tishby, The paths of belief and heresy (in Hebrew), Ramat Gan (Massada, 1964) ; 
  • Itsvan Bakony, The Jewish fifth column in Islam (1969) ;
  • Yosef Hayim Yerushalmi, From Spanish Court to Italian Ghetto (1971). Traduction française: De la Cour d´Espagne au ghetto italien - Isaac Cardoso (1987). Voir aussi cette bibliographie sur les Marranes ;
  • Gershom Scholem, Redemption through Sin, in The messianic idea in Judaism and other essays in Jewish spirituality, Schocken Books (1971) ;
  • Rabbi Joachim Prinz, The Secret Jews (1973) ;
  • Joseph Bloch, My Reminiscences, Arno (1973) ;
  • Gershom Scholem, Sabbatai Sevi: The Mystical Messiah 1626-1676, Princeton (1973) ; 
  • Gershom Scholem, Studies and Texts concerning the History of Sabbatianism and Its Metamorphoses (in Hebrew), Jerusalem: Bialik Institute (1974) ;
  • Rabbi Marvin S. Antelman, To Eliminate the Opiate (2 vol. 1974, 2002) ;
  • Y. Kaplan, The Attitude of the Leadership of the Portuguese Community in Amsterdam to the Sabbatian Movement, 1665-1671 ; Zion 39, no. 3 (1974), Pp. 198-216 ;
  • Gershom Scholem, Sabbatianism and Mystical Heresy ; in Major Trends in Jewish Mysticism, Schocken (1974), Pp. 287-324 ;
  • Abraham Duker, Frankism as a Movement of Polish-Jewish Synthesis, in Tolerance and Movements of Religious Dissent in Eastern Europe, éd. Béla Király (Boulder, Colo., 1975) ; 
  • Moshe Carmilly-Weinberger, Censorship and Freedom of expression in Jewish History (Sepher-Hermon & Yeshiva University, 1977) ;
  • Meir Benayahu, Sefunot, The Sabbatian Movement in Greece - Sefunot,SeferShdnah le-heker kehillotYisrd'elbam-Mizrah,SeferXIV.Jerusalem, I977,Pp.I5+ Sefer Shanah le-heker kehillot Yisrael bam-Mizrah, Sefer XIV, (Jerusalem, 1977), Pp. 15-557 ;
  • Arthur A. Mandel, The Militant Messiah or the Flight from the Ghetto - The Story of Jacob Frank and the Frankist Movement, Humanities Press, a Peter Bergman book (Atlantic Highlands, 1979) ; édition en italien en 1984; l'édition Archè en français Le Messie Militant Ou la Fuite du Ghetto. Histoire de Jacob Frank et du mouvement frankiste (Milan, 1989) inclut en addition: Franz Josef Molitor, Histoire de l'Ordre des Frères de Saint Jean l'Évangéliste d'Asie en Europe, d'après les souvenirs d'Ephraïm Joseph Hirschfeld (1829, première publication de la traduction de la version longue) ; Mandel est né polonais en Silésie, il a obtenu un doctorat à Berlin en 1932, a émigré aux USA et a été enseignant en histoire de l'économie à Stanford ;
  • Michael Löwy, Messianisme juif et utopies libertaires en Europe centrale, Archives des sciences sociales des religions, 51/1 (1981), Pp. 5-47 ;
  • Gershom Scholem, Du Frankisme au Jacobinisme. La vie de Moses Dobruska alias Franz Thomas von Schönfeld, alias Junius Frey, Gallimard - Le Seuil (1981) ; lire le compte-rendu in Revue d’histoire des religions, vol. 201 n°2 (1984), Pp. 208-209. Ce livre reprend le texte d'une conférence à l'EHESS de 1979, peu avant la mort de Scholem en 1982 ;
  • Harris Lenowitz, An Introduction to the ‘Sayings’ of Jacob Frank, in Proceedings of the 8th World Congress of Jewish Studies (Jerusalem, 1982) ; 
  • Paul Arnsberg, Die Geschichte der Frankfurter Juden seit der Französischen Revolution, -L’histoire des Juifs de Francfort depuis la Révolution française- (Darmstadt, 1983), Roether, vol. 1 ;
  • Gershom Scholem, La mystique juive. Les thèmes fondamentaux, traduction de Maurice R. Hayoun à partir de l'allemand et de l'hébreu, Cerf (Paris, 1985) ;
  • Gershom Scholem, Jacob Frank and the Frankists, in Kabbalah (New York, 1987), posthume ;
  • William O. McCagg, A History of Habsburg Jews, 1670-1918 (1989) ; 
  • Abraham Rabinovich, A Letter From Shabtai Zvi, Jerusalem Post (May 12, 1989), Pp. 10 ;
  • Heiko Haumann, A history of East European Jews (2002), first published in German as Geschichte der Ostjuden (1990) ;
  • Elisheva Carlebach, The Pursuit of Heresy, Columbia University (1990) ;
  • Emanuel Feldman, The Conversion Crisis: Essays from the Pages of Tradition, Treasury of Tradition Series (October, 1990) ;
  • Georg Langer, L'érotique de la kabbale, Solin (Paris, 1990) ;
  • Mysticism, Magic, and Kabbalah in Ashkenazi Judaism: International Symposium held in Frankfürt 1991, Ed. by Karl-Erich Grözinger, Joseph Dan (1995) ;
  • Rabbi Marvin S. Antelman, B'chor Satan - Satan's Heir, Yaron Golan (Tel Aviv, 1992) ;
  • Magdalena Opalski, Yiśraʼel Barṭal, Poles and Jews: A Failed Brotherhood (1992), Pp. 152 ;
  • David Musa Pidcock, Freemasons, Doenmeh and Crypto jews, Ed. Mustaqim (August 1992) ;
  • David B. Ruderman, Kabbalah and the Subversion of Traditional Jewish Society in Early Modern Europe, Yale Journal of Law & the Humanities (1993) Vol. 5: Issue 1, Article 10 ;
  • Israel Shahak, Jewish History, Jewish Religion (1994) ;
  • Chone Shmeruk, ‘Księga Słów Pana’ Jakuba Franka: Nowe spojrzenie, Teksty Drugie 36 (1995), Pp. 107–119 ;
  • Christoph Schulte, Les formes de réception de la kabbale dans le romantisme allemand (1996) ;
  • Abraham Rabinovich, Jew vs. Jew: A historical perspective, Jerusalem Post (Oct 31, 1997) ;
  • Ilgaz Zorlu, Evet, ben Selanikliyim (Yes I'm a Salonikan, in Turkish), Istanbul: Belge (1998) ;
  • Moshe Idel, Saturn and Sabbatai Tzevi: a new approach to Sabbateanism, in Peter Schäfer, Mark R. Cohen (Eds.) Toward the Millennium: Messianic Expectations from the Bible to Waco, Studies in the history of religions, vol. 77, Pp.173-202 (1998) ;
  • Elliot R; Wolfson, The Engerderment of Messianic Politics: Symbolic Significance of Sabbatai Sevi's Coronation in Peter Schäfer, Mark R. Cohen (Eds.) Toward the Millennium: Messianic Expectations from the Bible to Waco, Studies in the history of religions, vol. 77, Pp.203-26? (1998) ;
  • Rachel Elior (Ed.) The Sabbatian Movement and Its Aftermath: Messianism, Sabbatianism and FrankismJerusalem Studies In Jewish Thought, Volumes XVI-XVII, Vol. 1-2 (1998) ;
  • Jan Doktór, Śladami mesjasza-apostaty: Żydowskie ruchy mesjańskie w XVII i XVIII wieku a problem konwersji (Wrocław, 1998) ; 
  • Moshe Idel, Messianic Mystics, New Haven: Harvard University Press (1998) ;
  • Dovid Russoff, The Infamous Shabbetai TzviThe Jewish Magazine (1999) ;
  • Moshe Temkin, Shabbtai Tzvi Would Be Proud, The Jerusalem Report (May 24, 1999), Pp. 34-36 ;
  • Israel Shahak, Norton Mezvinsky, Jewish Fundamentalism in Israel (1999) ;
  • Abbé Francesco Ricossa, KAROL, ADAM, JACOB, in Sodalitium, n°48, Pp 61-73 (1999) ;
  • Pr. Joseph Dan, Modern Jewish Messianism: From Safed to Brooklyn, Tel Aviv, Ministry of Defence (1999) ;
  • John Freely, The Lost Messiah : In Search of Sabbatai Sevi (2001) ;
  • Aleksander Kraushar, Jacob Frank: The End to the Sabbatian Heresy, ed. and trans. Herbert Levy (Lanham, Md., 2001) ; 
  • Bram Mertens, Das Denken Der Lehre: Walter Benjamin, Franz Joseph Molitor And The Jewish Tradition (2001) ;
  • Millenarianism and Messianism in Early Modern European Culture: Volume I, Jewish Messanism in the Early Modern World, Ed. by M. Goldish, R.H. Popkin (2001) ;
  • Jewish Religious Life, 1500-1900 in Polin: Studies in Polish Jewry, Volume 15, ed. Antony Polonsky (2002) ;
  • Orly Halpern, In search of followers of the false messiah, Haaretz (2002) ;
  • Eli Shai, Messie de l'inceste, Yedioth Ahronoth, Hemed Books (2002). Voir les analyses de ce livre publiées par Haaretz et Melila Hellner-Eshed ;
  • Christoph Schulte, Freiheit für die Juden, in Die Zeit (2004) ;
  • Matt Goldish, The Sabbatean Prophets (2004) ;
  • Hervé Ryssen, Psychanalyse du judaïsme, Baskerville (2006), en particulier Pp. 158-166 ;
  • Aubrey Ross, The Messiah of Turkey, ISBN-13: 978-0955240454 (2006) ;
  • Sid Zalman Leiman, Simon Schwarzfuchs, New evidence on the Emden-Eibeschuetz controversy : the amulets from Metz (2006) ;
  • Encyclopedia Judaica, 2ème éd. en 22 vol., volume 7, article 'Jacob Frank and the Frankists', Pp. 182-191 (2007) ;
  • David J. Halperin, Sabbatai Zevi: Testimonies to a Fallen Messiah (2007) ;
  • Sid Zalman Leiman, When a rabbi is accused of heresy : the stance of Rabbi Jacob Joshua Falk in the Emden-Eibeschuetz controversy, Rabbinic Culture and Its Critics (2008) ;
  • Sid Zalman Leiman, When a rabbi is accused of heresy : the stance of Gaon of Vilna in the Emden-Eibeschuetz controversy (2008) ;
  • Sid Zalman Leiman, When a Rabbi is Accused of Heresy : Rabbi Ezekiel Landau's Attitude Toward R. Jonathan Eibeschuetz in the Emden-Eibeschuetz Controversy (2008) ;
  • Frederic P. Miller, Agnes F. Vandome, John McBrewster, Dönmeh: Crypto-Judaism, Hebrew language, History of the Jews in Turkey, Judaism, Jewish messianism, Converso, Marrano (2010) ;
  • Marc David Baer, The Dönme : Jewish converts, Muslim revolutionaries, and secular Turks (2010) ;
  • Dr. Pawel Maciejko, The Mixed Multitude - Jacob Frank and the Frankist Movement, 1755–1816 (2011). Cet auteur a également rédigé l'article sur le Frankisme dans l'Encyclopédie Yivo ;
  • Wayne Madsen, The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret [Part I, Part II], (2011). Traduction en français ;
  • Michaël Freund, The emergence of Turkeys hidden JewsThe Jerusalem Post (2011) ;
  • Moshe Idel, Saturn's Jews: On the Witches' Sabbat and Sabbateanism, The Robert and Arlene Kogod Library of Judaic Studies (2011) ;
  • Shmuel Feiner, The Origins of Jewish Secularization in Eighteenth-Century Europe (2011). Première édition en hébreu : Shorshei hahilun (2010) ;
  • Charles Novak, Jakob Frank le faux messie : Déviance de la kabbale ou théorie du complot (2012) ;
  • Ramiz Mammadov, Isaiah Berlin, SABBATEANISM (MESSIANIC MOVEMENT-DOUBLE IDENTITY) IN OTTOMAN EMPIRE, The European Institute for Jewish Studies in Sweden (2012) ;
  • Jerry Klinger, The Messiah and Theodor Herzl, (October/November 2012) ;
  • Cengiz Sisman, The Burden of Silence: Sabbatai Sevi and the Evolution of the Ottoman-Turkish Dönmes (2015) ;
  • Mikołaj Gliński, Does Jacob Frank Hold the Key to Polish Culture?,  culture.pl, (16 April, 2015) ;
  • Gershom Scholem, Sabbatai Sevi: The Mystical Messiah 1626-1676, The Princeton Classic Edition, Bolligen Series XCIII (2016) ; Lire en particulier la nouvelle introduction de Yaacob Dweck, Pp. xxix-lxv ; 
  • fiche généalogique et biographique de Shabbtaï Zvi, mise à jour le 23 novembre 2016 (geni.com) ;
  • fiche biographique de Jacob Frank (deutsche-biographie.de).
Voir ensuite, à partir de ce point de vue de l'histoire des religions, les ouvrages ou articles suivants dont les faits relatés découlent de l'existence du frankisme - sabbataïsme. Ces ouvrages englobent les rapports entre sociétés secrètes, haute finance et histoire de l'Occident et du Moyen-Orient, et détaillent les racines de la christianophobie:
On peut ainsi analyser la politique des dirigeants de l'Etat d'Israël depuis 1947 comme étant celle d'un Etat Sabbataïste, stade le plus avancé de la maladie du corps politique que constitue le développement sans frein de l'Etat Profond.

On peut de plus remarquer le passage suivant dans l'Evangile de Jean 11:46-53 :
Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait.
Alors les chefs des prêtres et les pharisiens rassemblèrent le sanhédrin et dirent: «Qu'allons-nous faire? En effet, cet homme fait beaucoup de signes miraculeux.
Si nous le laissons faire, tous croiront en lui et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation.»
L'un d'eux, Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là, leur dit: «Vous n'y comprenez rien;
vous ne réfléchissez pas qu'il est dans notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation tout entière ne disparaisse pas.»
Or il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.
Et ce n'était pas pour la nation seulement, c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.
Dès ce jour, ils tinrent conseil pour le faire mourir.
[viii] On lira en synthèse l'article d'Etienne Balibar, 'A propos du sionisme : messianisme et nationalisme', Agenda de la pensée contemporaine, N° 9 (Hiver 2007-2008), éditions Flammarion dont voici un extrait:
"C’est Scholem lui-même qui, dès son installation en Palestine, avait opéré un rapprochement entre le sionisme et le sabbataïsme, dans lesquels il voyait les deux moments politiques de l’histoire du peuple juif à l’époque moderne. Le caractère « historique » de la rédemption dans le judaïsme (par opposition à l’idée chrétienne d’un salut dans l’autre monde), associé à l’espérance d’une fin des persécutions endurées dans l’exil et l’esclavage d’Israël, engendre une idéologie révolutionnaire que Scholem appelle « utopique » et « apocalyptique ». Résultat d’une « attente messianique intense », cette idéologie se représente l’âge messianique comme le moment d’un « affrontement final d’Israël et des Nations », une conflagration dotée d’une signification cosmique dont les cataclysmes forment la condition de la renaissance nationale. A cette représentation (qui se retrouvera dans le marxisme) du rôle de la violence dans l’histoire, identifié aux souffrances d’un enfantement, une tradition particulière issue de la Kabbale ajoute une dimension spécifiquement antinomique : l’ère messianique n’est pas seulement celle de la réunion au sein de la divinité des parties du monde « brisé » depuis la création, c’est aussi, en vue de « hâter la fin », celui d’une inversion de la loi ou de sa réalisation à travers sa transgression (« c’est en violant la Torah qu’on l’accomplit »), forme spécifique de « l’activisme [prenant] l’utopie comme levier en vue de l’instauration du royaume messianique » - si indécise d’ailleurs que demeure la figure du messie lui-même."
Les citations que reprend Balibar sont issues de Gershom Scholem, Le messianisme juif. Essais sur la spiritualité du judaïsme (1974), Calmann Lévy, où figure l’essai sur « La rédemption par le péché », pp. 27-40 ; Version originale en anglais: The messianic idea in Judaism and other essays in Jewish spirituality, Schocken Books (1971).
Scholem a également mis en lumière cette phrase: « Qui a fait davantage pour créer le mouvement historique que ceux qui cherchent et proclament l'immuable ? ».

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Liens vers les autres articles de cette série:
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Partie 3
Partie 4
Partie 5 (cet article)
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